Publié le 30 octobre 1991

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, sur la chance de paix au Proche-Orient ouverte par la Conférence de Madrid, Paris, le 30 octobre 1991.

30 octobre 1991 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, sur la chance de paix au Proche-Orient ouverte par la Conférence de Madrid, Paris, le 30 octobre 1991.

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La Conférence de Madrid fait avancer l'histoire. La France souhaite ardemment qu'elle conduise à la paix. Quand on veut faire la paix, il n'y a pas d'autre issue que de parler à l'adversaire. Je me réjouis de voir que cette évidence trop longtemps oubliée devient aujourd'hui réalité.
- L'événement a été attendu trop longtemps pour que nous nous perdions dans de vains débats. Dès 1982 j'avais appelé devant la Knesseth à l'indispensable dialogue. J'ai dit alors que ce dialogue supposait la reconnaissance préalable du droit des autres à l'existence, le renoncement mutuel et préalable à la guerre directe ou indirecte, qu'il supposait aussi que chacun aille jusqu'au bout de son droit.
- L'essentiel est que, pour la première fois, une chance soit donnée à toutes les parties en cause de se retrouver à la table des négociations pour rechercher ensemble les voies de la paix. Nul doute que le chemin sera long et difficile £ tant de souffrances ont été endurées, tant de peurs ont été nourries, dans la recherche de la sécurité par les armes, alors que la seule sécurité qui tienne, et pour tous, procède de la négociation, de la coexistence pacifique et de la coopération.
- Chacun exprimera directement à l'autre ses griefs, ses préoccupations, ses espoirs. Il importe que cette chance qui s'offre enfin ne soit pas gâchée. Toutes les parties ont besoin de la paix, ont droit à la paix.
- Comme elle l'a fait au cours des discussions préparatoires, la France mettra à profit ses relations avec les différentes parties pour leur apporter le concours qu'elles pourraient souhaiter, afin que cette occasion historique d'arriver à un règlement soit saisie.
- Le moment vient où il faut aborder les questions de fond, pour parvenir à une paix juste et durable, pour tous les peuples et tous les Etats de la région.\

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