Publié le 6 février 1990

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert annuel des écoles de la Légion d'honneur à Saint-Denis, le mardi 6 février 1990.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert annuel des écoles de la Légion d'honneur à Saint-Denis, le mardi 6 février 1990.

6 février 1990 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert annuel des écoles de la Légion d'honneur à Saint-Denis, le mardi 6 février 1990. - PDF 156 Ko
Ma femme et moi, nous tenons à vous remercier, vous d'abord, monsieur le Grand Chancelier, mais vous aussi, mesdames, qui assumez la responsabilité de ces établissements, et, en la circonstance, les responsables qui enseignent la musique. Je retrouve avec plaisir, maître Lavagne, mais aussi vous, mesdames £ c'est une excellente habitude, que de se former l'oreille d'une année à l'autre, aux accents des classes qui se succèdent et des talents qui s'affirment.
- Depuis le premier jour pratiquement, lorsque mon attention a été attirée sur la marche des établissements de la Légion d'Honneur, je m'étais promis de suivre de très près le développement de vos études et particulièrement la rénovation, la restauration ou la construction d'immeubles, de classes, de bâtiments comme celui-ci qui vous permettraient durant toutes vos études, de vous sentir à l'aise, dans des conditions confortables, afin que cela participe à la qualité d'études que je sais excellente, il suffit de prendre connaissance des résultats pour le savoir.
- Mais je crois qu'un travail considérable a été accompli. Les plus anciens d'entre vous le savent et vous, mesdames, qui avez la responsabilité de conduire des établissements vers un progrès continu. Nous avons vu ces bâtiments se transformer, il faut dire aussi qu'à l'origine, nous disposions d'une qualité exceptionnelle, valeur historique et esthétique, encore fallait-il harmoniser l'ancien et le nouveau. Et cela a été fait dans des conditions de discrétion, et de respect, qui ont pourtant laissé sa part à l'innovation. Je m'en suis réjoui.\
Je crois que c'est la première fois, il me semble, que je viens dans cette salle de musique. C'est en tout cas la première fois que vous y tenez votre concert annuel. J'en admire les proportions. Il est bon, comme vous le signaliez tout à l'heure, monsieur le Grand Chancelier, qu'un hasard heureux ait voulu que ce bâtiment fût sauvé. Encore fallait-il le parachever, c'est fait et je suppose que pour l'enseignement de la musique, pour le chant, pour les divers instruments, que vous, mesdames et messieurs, qui constituez cet orchestre, très réussi et très complet, je suppose que cela vous met plus encore en harmonie avec vous-mêmes et avec vos instruments. C'est donc un sujet de satisfaction pour nous, que de retrouver en ce rendez-vous, celles et ceux qui contribuent éminemment au développement des établissements de la Légion d'Honneur. Après tout, il s'agit de vous former à toutes les disciplines de l'esprit, intellectuelles et artistiques. Il s'agit de vous préparer à entrer comme on dit dans la vie, dans la vie active, c'est une tâche éminente, aucune ne vaut celle-là. Elle est certainement difficile à tenir. Et les années d'études sont souvent longues. On a l'impression qu'on n'en verra pas la fin. Mais cependant elle vient la fin. Et vite ! Alors, profitez de ce temps qui vous est donné pendant l'enfance et l'adolescence, pour mener à bien une formation dont vous aurez le plus grand besoin par la suite. Ce seront les matériaux de votre existence. Je crois qu'on doit vraiment beaucoup de gratitude à ceux qui s'y consacrent, à ceux qui donnent le meilleur d'eux-mêmes, dont la valeur professionnelle est indéniable, et surtout qui aiment ce qu'ils font.
- D'année en année, moi aussi, je me répète, qu'est-ce que vous faites d'autre ? C'est la continuité nécessaire. Nous ne nous adressons pas toujours aux mêmes, puisqu'il y a un petit corps d'enseignants, d'orchestres, qui restent là presque immuables, pour assurer la réussite d'un enseignement, il n'en reste pas moins que ce sont les générations qui se suivent là à l'égard desquelles nous avons un devoir de présence et de compréhension. En même temps, la société tout autour change, ce n'est pas la même que celle que nous avons connue, ce n'est pas la même que celle que connaissent déjà vos aînés, j'espère que ces établissements tout en observant les règles de la discipline savent rester ouverts sur l'extérieur. C'est très important.
- Enfin, je forme des voeux pour que l'année prochaine et les années suivantes, vous ayez de nouveau l'occasion de vous retrouver comme cela tous ensemble et de célébrer en commun et la musique et la Légion d'Honneur !\

Voir tous les articles et dossiers