Publié le 28 juin 1989

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant les jeunes de la Fédération des oeuvres éducatives de vacances, Paris, mercredi 28 juin 1989.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant les jeunes de la Fédération des oeuvres éducatives de vacances, Paris, mercredi 28 juin 1989.

28 juin 1989 - Seul le prononcé fait foi

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Je vous remercie tout d'abord des initiatives que vous avez prises, de la réflexion qui vous a conduits à définir votre pensée dans des textes très émouvants et fort bien rédigés. Ces initiatives ont représenté beaucoup d'efforts, j'imagine, de la part des élèves que vous êtes et de vos enseignants. Mais elles n'ont pas été artificielles, j'en ai le sentiment. Vous croyez à ce que vous dites. Vous espérez. Vous constatez. Parce que, ainsi vous l'avez dit vous-mêmes, vous écoutez les nouvelles du monde. Elles viennent jusqu'à vous, par les grands moyens modernes. Vous savez ce qui se passe sur la surface de la terre, ce qui détruit les hommes et ce qui détruit la planète, ce qui détruit les choses, ce qui détruit les êtres vivants, quels qu'ils soient, végétaux, animaux, humains.
- Et le mouvement naturel de votre pensée, et peut-être aussi de votre âge, c'est de vous révolter. Aussi avez-vous ressenti la portée de la Révolution française il y a deux cents ans. C'était une libération. Et vous attendez d'autres libérations. Vous me les demandez. C'est beaucoup me demander ! Je ne peux être qu'un artisan de bonne volonté, comme quelques autres, comme vous l'êtes, ou comme vous le serez. Mais je peux contribuer, à la tête d'un pays comme la France, riche d'une si grande histoire, fort de ses cinquante-six millions d'habitants, de sa situation importante comme vous le disiez privilégiée en dépit de ses propres misères, privilégiée par rapport à tant d'autres, puisque nous faisons partie des premiers pays du monde, par leur force économique et industrielle et par leur développement. Vous avez raison d'attendre de la France. Si elle ne le fait pas, qui le fera ?
- Je transmettrai les documents que vous m'avez remis aux différents chefs d'Etat ou de gouvernement que j'aurai l'occasion de rencontrer dans quelques jours. C'est-à-dire les 14, 15, 16 juillet. Mais j'en recevrai beaucoup d'autres. Il y aura de 25 à 30 chefs d'Etat à Paris les 13 et 14 juillet prochains. Les sept grands pays industriels du monde, dont la France seront donc présents. Mais aussi une vingtaine - nous ne savons pas encore exactement qui viendra, il s'en ajoute tous les jours - de chefs d'Etat des pays du tiers monde, des pays les plus pauvres du monde, comme certains pays d'Afrique, comme le Bangladesh, qui ont demandé à se retrouver autour de la France, afin de bien marquer leur volonté de dépasser leurs difficultés actuelles pour bâtir un monde nouveau.
- Il est très important que vous ayez engagé ces compétitions amicales entre vous, et que plusieurs d'entre vous en aient conçu la volonté et l'espérance. C'est par des organisations de ce genre - je m'adresse surtout pour l'instant à M. Forestier - par des engagements de ce type, par des leçons données, des leçons de choses où l'on prêche par l'exemple, que vient la conscience que vous avez, que vous aurez plus encore, de la réalité du monde qui vous attend, et de ce que vous pouvez y faire. C'est par ce moyen que vous apporterez la justification de votre propre vie.\
Je transmettrai les documents, je dirai que c'est de votre part, et j'essaierai de plaider dans le sens que vous souhaitez. Ma femme a pris elle-même quelques responsabilités dans cette aventure puisque dès le point de départ, elle a assumé à vos côtés un rôle moral pour vous permettre d'aboutir à cette journée d'aujourd'hui. Et c'est dire avec quel intérêt et quelle amitié nous suivons vos efforts. Maintenant, vous ne faites que commencer. A vous de continuer. Il y a toujours des révolutions à faire. De bonnes révolutions vont toujours dans le sens de la liberté des hommes. Il n'y a pas de liberté non plus sans un effort constant pour l'égalité des chances. C'est comme cela que l'on bâtit les conditions de la fraternité, de la solidarité sans lesquelles il n'est pas de nation capable de vaincre la difficulté que chaque siècle apporte.
- Je ne vais pas continuer cette allocution. Je vous remercie. Je suis très sensible à votre présence, à votre démarche. Continuez votre tâche. Maintenant, pendant quelques instants, réjouissons-nous. C'est les vacances maintenant. Je vous souhaite de bonnes vacances, du repos - car vous avez travaillé - le plaisir de vous retrouver avec vos amis, vos camarades, vos parents, en dehors des chemins de l'école. C'est bon quelquefois d'en changer ! Quitte, bien entendu, à retrouver, pendant la prochaine année scolaire, le bon élan qui est le vôtre et que je constate aujourd'hui.
- Vous êtes aujourd'hui au Palais de l'Elysée. Depuis le premier Président de la République française, il y a déjà un siècle et demi, cette maison a toujours été habitée par les Présidents de la République. Habitée plus ou moins il est vrai, mais enfin c'est là le lieu de leur travail et souvent de leur résidence. Je continue, d'autres le feront après moi. Eh bien c'est pareil pour vous. C'est une longue chaîne d'une génération à l'autre, qu'un pays, qu'un peuple, qu'une nation. Constituez vous-mêmes votre chaînon, et essayez de faire que notre pays soit plus fort, que ses assises soient plus fermes quand vous aurez achevé votre tâche. C'est tout le voeu que je forme pour vous et pour nous.\

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