Publié le 17 septembre 1986

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'Institut de technologie de Bandung en Indonésie, mercredi 17 septembre 1986.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'Institut de technologie de Bandung en Indonésie, mercredi 17 septembre 1986.

17 septembre 1986 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'Institut de technologie de Bandung en Indonésie, mercredi 17 septembre 1986. - PDF 154 Ko
Monsieur le recteur,
- Mesdames et messieurs les professeurs,
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
- J'ai déjà eu l'occasion de me rendre compte au cours de mes entretiens durant ces premiers vingt-quatre heures passés dans votre pays, que l'Indonésie et la France ont en commun de donner priorité à l'éducation £ plus encore qu'aux richesses naturelles, c'est aux ressources humaines qu'un pays doit sa force et sa grandeur. Il ne saurait y avoir de développement économique, de grandes réalisations industrielles, des usines aéronautiques comme je viens d'en visiter à Bandung, sans des hommes maîtres de leur science pour la créer et la conduire. Il ne peut y avoir non plus de développements politique, social, culturel, sans des creusets, creusets comme celui-ci où des jeunes étudiants apprennent à connaître la tradition de leur pays et brassent les idées qui construiront l'avenir.
- Votre Institut, monsieur le recteur, mesdames et messieurs, a donné à l'Indonésie moderne nombre de ses grands hommes, nombre aussi de ceux qui, moins connus, ont patiemment uni, puis bâti cet archipel. La réputation de l'Institut a dépassé les frontières de votre pays, et la France dont vous connaissez aussi la tradition en éducation, se devait par ma présence aujourd'hui d'en porter témoignage. Pour bien le marquer, sont ici, à mes côtés, quatre membres du gouvernement de la République française, et en particulier le ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur `Alain Devaquet`. Mais ce n'est pas, loin de là, le premier contact de mon pays avec votre institut.\
Il existe aussi des projets de recherche et d'études conjointes en génie électrique, électronique, informatique, pharmacie, pour ne citer que les plus importants. Cela représente un temps fort, un point fort du vaste programme de coopération en formation qui unit désormais l'Indonésie et la France. Ce programme est récent £ il compte cependant déjà des résultats fort importants : plus de 1600 étudiants indonésiens ont déjà reçu dans mon pays une formation scolaire ou universitaire. Près de 700 y sont en cours d'études et 250 nouveaux boursiers les rejoindront cette année, chiffre pour l'instant record qui, je l'espère, sera dépassé et qui démontre la vitalité et le rapide développement de ces programmes. Celles et ceux d'entre vous qui sont des anciens boursiers sont le vivant témoignage de cette oeuvre commune. Merci à vous qui avez bien voulu participer aujourd'hui à cette rencontre amicale et, particulièrement, à celles et ceux qui ont fait un long voyage, car l'Indonésie est très grande, pour y assister.
- Mais au-delà des sciences et des techniques, celles que vous avez apprises dans mon pays, c'est avec une autre culture, une autre forme de pensée que vous avez été en étroit contact. Le développement harmonieux des relations entre les peuples est d'abord affaire de connaissance mutuelle et de compréhension réciproque £ et comment mieux renforcer cette compréhension qu'en vivant ensemble, parfois plusieurs années, nourris aux mêmes disciplines intellectuelles. Après m'être adressé particulièrement aux boursiers que nous célébrons ce jour, je vous dirai, mesdames et messieurs, à quel point j'espère qu'ils seront de plus en plus nombreux.
- Et je m'adresserai en même temps à l'ensemble du corps professoral qui n'est pas nécessairement spécialisé dans les relations avec la France, mais qui contribue, par son effort et par sa science, au développement culturel de ce grand pays.
- Et au-delà de cette salle, j'adresserai mon salut à l'ensemble des étudiants qui sont riches d'énergie, de virtualité : nous devons aimer cette force en mouvement qui s'accomplira au bénéfice du pays. J'espère aussi qu'ils auront le regard porté vers la France pour mieux comprendre, toujours davantage, ce que représente l'apport de mon pays.
- Mesdames et messieurs, vous trouverez toujours la France à vos côtés dans cette voie de l'éducation et de la ressource humaine que vous avez choisie. Recevez mes voeux les plus chaleureux pour votre Institut, pour vos projets, et pour cette coopération dynamique entre nos deux pays qui scellera de la meilleure façon l'amitié que je sens au travers de ces quelques jours. Merci.\

Voir tous les articles et dossiers