Publié le 3 juillet 1986

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à la réception de la communauté française, New York, jeudi 3 juillet 1986.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à la réception de la communauté française, New York, jeudi 3 juillet 1986.

3 juillet 1986 - Seul le prononcé fait foi

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Mes chers compatriotes,
- Je me réjouis de vous rencontrer en cet après-midi, à New York. Ce rendez-vous était pris déjà depuis longtemps avec le Président Reagan et les dirigeants américains pour les grandes cérémonies que vous connaissez. Mais il m'était difficile de venir dans cette ville, en compagnie de ma femme, ainsi que de deux membres du gouvernement de la République, sans venir vous saluer, enfin sans venir saluer celles et ceux des Français qui ont pu venir jusqu'ici.
- Les fêtes du 3 et du 4 juillet ont une signification que vous saisissez mieux que personne, vous qui êtes Français des Etats-Unis d'Amérique et particulièrement de New York £ parce que vous vivez ce que l'histoire évoque, parce que c'est votre présent, votre vie de chaque jour. Vous ramassez en ces quelques instants où l'on se retourne sur soi-même, à la fois tous les souvenirs d'une longue histoire, deux siècles - plus précisément en la circonstance un siècle - où les gestes multiples échangés entre les Etats-Unis d'Amérique et la France ont marqué l'une des amitiés les plus anciennes, les plus solides et les plus constantes dans l'histoire du monde.
- Nous sommes venus aux côtés des Américains lors de leur indépendance. Il y a cent ans, un geste a été fait £ des initiatives populaires ont été prises avec les enfants de France. Une grande sculpture est devenue un symbole pour les Américains et, bien au-delà des Américains, pour le monde entier. Et c'est la France qui a accompli ce geste. Vous en êtes les représentants, les héritiers. Et je suis sûr qu'au-delà de toutes les difficultés de la vie, inévitables dans l'histoire des peuples, cette permanence des sentiments et de la réalité historique domine tout le reste. En tout cas, moi j'en suis sûr et je m'en réjouis. Comment ne pas le dire aussi dans cette maison et dans ce pays !
- Nous avons aussi reçu le -concours décisif du peuple américain quand nous étions nous-mêmes menacés de perdre l'essentiel. On a bien des raisons de se réjouir d'être ce soir rassemblés dans la ville de New York, et pour ceux d'entre nous qui le pourront, d'aller un peu plus loin participer aux cérémonies qui nous attendent.\
Je me trouve devant des Français, devant aussi sans aucun doute des Américains venus ici par amitié. Les questions qui se posent à vous je ne les traiterai pas - je ne suis pas venu pour cela - et d'autre part vos représentants en sont informés. C'est quelquefois difficile de vivre loin de sa terre, loin de sa patrie. Vous représentez une très grande diversité de professions, d'âges, d'expériences, de milieux, mais, tous ensemble, vous êtes une petite partie de la France. Et c'est bien ce qui caractérise notre peuple, comme tous les peuples £ encore le nôtre a-t-il, depuis plus longtemps que d'autres, parmi les plus anciens peuples de la terre, formé une nation. Dans notre diversité, nous sommes un peuple qui a su traverser les siècles et l'histoire. Cela doit bien tenir à quelques vertus profondes qu'il s'agit de préserver. En tout cas j'en ai la charge, avec vous. En tant que citoyennes et citoyens vous partagez cette charge avec moi.
- Laissez-moi vous dire avant de passer quelques moments avec vous, que ce discours a maintenant duré assez longtemps. Je m'en rends compte quand j'entends les autres. Donc, je tiens à vous dire que c'est pour nous un beau jour qui nous permet aussi de célébrer la réalité française. Laissez-moi vous dire, donc, très simplement, Vive la République ! Vive la France !\

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