Publié le 24 août 1985

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la rencontre avec M. Helmut Kohl, chancelier d'Allemagne fédérale, au Fort de Brégançon, Port-Cros, samedi 24 août 1985.

24 août 1985 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la rencontre avec M. Helmut Kohl, chancelier d'Allemagne fédérale, au Fort de Brégançon, Port-Cros, samedi 24 août 1985.

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Avec le Chancelier nous avons continué la série de nos rencontres qui ont lieu, vous le savez, soit en Allemagne, soit en France, plusieurs fois par an en dehors des sommets européens et des sommets franco - allemands. Il s'agit donc d'un type de réunion dont la signification se comprend tout de suite : nous préparons les décisions futures, nous examinons la situation bilatérale et la situation générale, et cela ne fait jamais l'objet de grandes déclarations publiques. Pendant tous nos entretiens, nous n'avons été qu'en compagnie de nos deux interprètes £ c'est dire que c'est véritablement une rencontre de caractère personnel. Bien entendu, nous n'en sommes pas moins responsables de la politique de nos pays, mais la façon dont nous nous rencontrons, en particulier cette fois-ci à Brégançon, ou à Port-Cros, et nos relations personnelles confiantes, donnent à ces entretiens une grande résonnance.
- Bon, alors aujourd'hui les sujets s'imposaient d'eux-mêmes. Nous avons parlé des relations Est-Ouest. Et les relations Est-Ouest, parmi bien d'autres choses, comprennent les équilibres stratégiques. Et nous avons décidé, ou plutôt continué de décider, que la relation franco - allemande dans ce domaine, en particulier, devait être approfondie, que le champ de notre action devrait être élargi.
- Quant à entrer dans le domaine concret, il appartiendra aux gouvernements - au pluriel - de s'en saisir et d'en discuter, aux ministres compétents d'en discuter. Nous préparons la conclusion, nous ne la décidons pas à deux, même dans un beau pays comme celui-ci. Bref, ce sont des rencontres qui permettent d'avancer, d'éclairer le chemin et de préparer les réponses aux questions qui se posent. Jusqu'ici, cela a bien marché.
- Nous avons donc posé les problèmes de sécurité, puisque la sécurité de l'un intéresse la sécurité de l'autre. Nous avons décidé en particulier de faciliter nos communications. Nous allons mettre en place sur le -plan technique un moyen infiniment plus commode de disposer du téléphone direct et protégé qui tiendra compte de tous les progrès technologiques considérables en ce domaine.\
L'autre sujet principal a été celui de la Communauté européenne et des différents développements européens possibles, notamment Eurêka. Nous avons abordé le problème des avions, des satellites d'observation. Nous avons parlé naturellement de l'avion de combat européen. Et je faisais observer au Chancelier qu'il était difficile d'aboutir quand on ne parlait pas de la même chose, c'est-à-dire quand on parlait d'avions différents et le souhait que j'ai exprimé était que l'on pût envisager des séries européennes permettant de remplir les diverses missions qui correspondent aux besoins des uns et des autres. Après tout, c'est bien ce que l'on a fait pour Airbus.
- Bon, voilà quelques données que je vous indique, étant entendu que le Chancelier Kohl va vous donner lui-même, comment dirais-je, sa note d'ambiance.\

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