Publié le 10 décembre 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française du Burundi à Bujumbura, lundi 10 décembre 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française du Burundi à Bujumbura, lundi 10 décembre 1984.

10 décembre 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Ce sera donc le premier rendez-vous que j'aurai en arrivant au Burundi puisque je viens à l'instant d'atterrir en venant du Rwanda.
- Ce premier rendez-vous, il était bien normal. Il est pour moi fort important de pouvoir rencontrer les Français de l'étranger lorsque je me rends dans tel ou tel pays sur la surface du globe et, me rendant au Burundi, celles et ceux des Français qui y vivent, qui y travaillent. Dans cette école je sais que nombreux sont les élèves, plus de 500 dont la moitié, je pense, pour le moins, sont des jeunes Français £ sans oublier naturellement les Burundais et puis les différentes nationalités dont je ne saurais faire le décompte.
- J'imagine assez aisément la tâche des enseignants, le coeur qu'ils y mettent. Désireux à la fois de faire ce qu'ils aiment faire, c'est-à-dire enseigner avec le sentiment de servir leur culture, leur langue et leur pays. Je suis très heureux de me trouver chez eux ici et je remercie monsieur le proviseur et madame la présidente des familles des parents d'élèves.
- Les problèmes qui se posent à vous, ils sont semblables, pour la plupart, à ceux que je rencontre en Afrique. Problèmes précisément de scolarisation pour les enfants, problèmes de la couverture sociale par -rapport à la législation française, problèmes aussi de représentativité des Français de l'étranger. J'ai veillé à ce qu'elle soit accrue depuis déjà deux ans pour que vous soyez mieux entendus.
- Vous êtes de toutes les générations et de toutes les professions. De toutes les générations, je suppose qu'il y a parmi vous quelques-uns, quelques-unes qui depuis plusieurs décennies se sont accrochés à ce sol et qui servent ce peuple, ici au Burundi, et puis d'autres qui sont pour moins de temps, le temps d'un contrat ou de deux ou de trois ans, qui viennent servir la coopération sous toutes ses formes civiles, militaires, dans toutes les disciplines mais aussi dans des sociétés privées dont je sais qu'elles exercent ici une activité très intéressante pour la France et qui se voient reconnaître de grands mérites par les Burundais.
- A tout moment, grâce il faut le dire à la langue, à l'usage du Français, nous trouvons dans ces régions un accueil, une compréhension qui nous donne le sentiment que le rayonnement de la France s'affirme de plus en plus. Je suis moi-même déjà venu parmi vous. J'ai certainement rencontré certains d'entre vous, qui se trouvent ici, il y a seulement deux ans. Mais lorsque mes amis africains ont choisi le siège de ce 11ème Sommet franco-africain, ici, à Bujumbura, j'ai pensé que c'était un bon choix.\
Enfin, nous allons vivre maintenant deux journées de travail pour des conversations que je crois importantes vous en aurez certainement l'écho. Il faut que nous soyons capables en France de comprendre davantage ce que représentent les Français à l'étranger. C'est ce que je dis là-bas aux métropolitains. Peut-être même la France a-t-elle souffert d'une certaine réserve des Français allés s'installer au loin. Mais elle n'a souffert que d'une certaine mesure car maintenant la terre est toute petite et nombreux sont les peuples qui affirment leur développement, même leur puissance. Oui, il est important que la France y soit présente. Non seulement par son entité nationale mais aussi par les femmes et les hommes qui sont capables de porter loin le rayonnement de notre forme d'esprit, notre culture, notre civilisation, nos techniques.
- Soyez remerciés pour assurer ce rôle. Vous êtes ici dans un pays ami. Certaines et certains d'entre vous ont d'ailleurs uni leur vie à des habitants de ce pays. En tout cas, qui que vous soyez vous y laisserez votre trace si vous y travaillez selon votre idéal, selon vos convictions et selon votre compétence. On en a besoin. Je puis vous assurer que le prestige de la France dans l'ensemble de ce que l'on appelle le tiers monde ou les pays en développement est grand. On sait bien, un peu partout, que c'est la France qui, parmi les pays industriels, et de loin, est celui qui invite les pays dits "du nord" ou "industriellement avancés" à contribuer davantage à tout ce qui permettra aux centaines de millions, de milliards d'êtres humains vivants dans le tiers monde de connaître un sort meilleur. Ils en sont capables, ils en ont le courage. Ils ont des richesses potentielles considérables sur leur sol, dans leur sous-sol. Encore faut-il que l'élan soit donné et cet élan, il ne peut être le résultat que d'une coopération étroite entre les pays qui disposent des investissements et ceux qui disposent de ce sol.
- Merci donc encore une fois d'être présents dans ce pays, d'y représenter le nôtre au-delà de vos différences naturelles et légitimes qui tiennent aux traditions françaises, mutiples vous le savez. Vous êtes pour moi les bienvenus et des compatriotes très chers. Soyez en sûrs.
- Vive la République,
- Vive la France.\

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