Publié le 5 novembre 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, en l'honneur de M. Richard von Weizsäcker, Président de la République fédérale d'Allemagne lors de son arrivée à l'aéroport d'Orly, lundi 5 novembre 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, en l'honneur de M. Richard von Weizsäcker, Président de la République fédérale d'Allemagne lors de son arrivée à l'aéroport d'Orly, lundi 5 novembre 1984.

5 novembre 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le président,
- Madame,
- Nous sommes heureux de vous accueillir par cet après-midi. Cela fait déjà quelque temps que nous vous espérions et je crois que vous nous faites l'honneur de réserver à notre pays la première visite d'Etat que vous consacriez depuis votre propre élection. Mon pays ressent cette visite de la façon la plus sensible. Elle s'inscrit dans la suite de relations que l'on sait excellentes, sérieuses, par une discussion permanente sur tout ce qui touche aux intérêts de votre pays et du mien, mais aussi pour tout ce qui touche au présent et à l'avenir de l'Europe et aux grandes questions qui aujourd'hui occupent l'esprit du monde entier.
- J'avais déjà eu le plaisir de vous recevoir dans vos fonctions précédentes en tant que Maire-Gouverneur de Berlin et donc de faire votre connaissance. Je me réjouis de vous retrouver et cette fois-ci dans les plus hautes fonctions que peut réserver votre pays à l'un de ses citoyens. Vous avez l'habitude des responsabilités, des hautes responsabilités, vous avez été affronté politiquement et personnellement, à Berlin, à bien des problèmes qui exigent des ressources et des qualités que l'on attend des hommes d'Etat. La France vous accueille avec le souci de vous recevoir le mieux du monde, au-delà même des rites officiels qui sont indispensables, il s'y ajoutera le souvenir de ce qui vous unit vous-même à mon pays depuis votre jeunesse, vos études à Grenoble, je crois, où vous retournerez d'ailleurs, non pas pour faire la même chose, mais pour retrouver sans doute quelques amis, en tout cas une ville qui s'inscrit dans vos souvenirs et vous aurez l'occasion au-cours de ces journées de connaître ou d'approcher les principaux responsables de l'Etat, de la République, du monde industriel, des Arts et des Lettres, en France.
- Et vous, madame, nous sommes très heureux de vous avoir parmi nous aux côtés du président, votre mari. Ce que vous connaissez de la France, vous ne pourrez pas dans un voyage comme celui-là, officiel, le compléter autant qu'il conviendra, mais nous savons que votre curiosité pour tout ce qui touche aux créations de l'esprit, vous permettra, ayant repris contact, de revenir parmi nous à la première occasion.
- Monsieur le président, j'attendrai une autre occasion en cours de journée pour parler en profondeur de tout ce qui nous occupe aujourd'hui : l'Allemagne fédérale et la France. De tout ce que nous entreprenons ensemble, de tout ce que nous sommes en mesure de bâtir sur le solide fondement d'une amitié conquise et affirmée au travers des dernières décennies.
- Soyez le bienvenu, monsieur le président, madame, nous vous recevons de tout coeur, avec le sentiment d'oeuvrer utilement pour que votre pays et le mien continuent de représenter, et plus encore demain qu'aujourd'hui, une vieille civilisation, une forte civilisation, des potentialités considérables, après avoir au-cours de ce siècle accumulé tant de désastres, nous sommes, je le sais, capables de construire pour la paix du monde et l'équilibre des peuples, un édifice qui pourrait restituer à l'Europe les chances que nous espérons pour notre continent.
- Monsieur le président, madame, voici que commence ce voyage. Nous aurons l'occasion de nous revoir et de parler utilement dès cet après-midi. Ce soir vous rencontrerez beaucoup de personnalités françaises et j'aurai le plaisir de connaître moi-même beaucoup de personnalités allemandes. Même si le temps est un peu gris, sachez qu'il y a beaucoup de joie pour nous à vous recevoir en cet instant.\

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