Publié le 17 mai 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au dîner offert en l'honneur de Leurs Majestés le Roi et la Reine de Suède, Stockholm, jeudi 17 mai 1984.

17 mai 1984 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au dîner offert en l'honneur de Leurs Majestés le Roi et la Reine de Suède, Stockholm, jeudi 17 mai 1984.

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Vous avez fait beaucoup d'honneur à notre résidence en venant partager ce soir ce dîner où nous vous recevons avec le sentiment d'avoir pendant ces deux journées servi les intérêts de nos deux pays.
- Nous avons été très sensibles à l'hospitalité que vous nous avez réservé au Palais royal et aux milles attentions qui nous ont entouré.
- Nous avons eu deux journées très chargées d'une façon agréable et je l'espère utile qui nous a permis d'approcher les problèmes industriels, scientifiques, technologiques, de visiter des musées, de rencontrer des responsables de toutes les disciplines de l'esprit.
- J'ai pu avoir des échanges de vues intéressants et je l'espère féconds pour l'avenir avec le Premier ministre `Olof Palme`, plusieurs membres du gouvernement et pendant quelques heures nous avons eu le sentiment d'entendre la volonté de la Suède et surtout de la partager, du moins sur l'essentiel.
- Et nous avons vu une très belle ville, par une lumière non pas surprenante mais rare, non pas rare parce que c'était Stockholm, mais rare tout simplement parce qu'elle était si belle, que chaque maison, que chaque mouvement des eaux prenaient une valeur que chacun d'entre nous a ressenti profondément.\
Avec le Premier ministre `Olof Palme`, -je m'honore de son amitié, -nous avons un peu fait le tour du monde, passant des problèmes de l'Est et de l'Ouest à ceux du tiers monde, et particulièrement nous nous sommes attardés sur les régions où la guerre et les dissentiments, les racismes et les inégalités provoquent tant de drames et tant de misères.
- Nous avons expliqué nos positions différentes sur quelques problèmes majeurs, le problème de la neutralité pour la Suède, dont j'ai dit hier soir que nous en comprenions la force et la signification, peut-être même la nécessité, ou bien l'armement nucléaire pour la France, et j'espère avoir fait admettre que cela aussi était pour nous une nécessité.
- Mais il faut le dire, le principal de nos conversations a porté sur les développements économiques à partir de la mutation industrielle et donc technologique qui précipite le monde des pays avancés dans une transformation plus profonde que celle que l'on a connue avec la révolution de l'électricité à la fin du XIXe siècle ou celle de la vapeur au XVIIIe.
- Nous avons abordé de nombreux problèmes culturels et d'abord celui de la connaissance des langues et j'ai pu apprécier à diverses reprises la qualité de l'expression esthétique, artistique, littéraire de remarquables artistes suédois.
- Ma femme et moi vous en remercions, ce soir encore nous aurons pu, avec tous nos invités suédois profiter des quelques heures qui nous restent pour appprofondir une relation dont je pense qu'elle a toute raison de se perpétuer pour le bien de nos deux peuples.
- Je lève mon verre, Sire, à votre santé, madame, à la santé des vôtres, de vos enfants, de votre famille, de ceux qui vous sont chers et de vous tous, mesdames et messieurs, je forme le souhait que la vie vous soit aussi heureuse qu'il est possible, tout ceci se résumant en peu de mots : à la santé et au bonheur du peuple suédois.\

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