Publié le 26 janvier 1984

Interview de M. François Mitterrand, Président de la République, accordée à Radio France internationale et à Radio Pékin, sur les relations franco-chinoises, à l'occasion du 20ème anniversaire de la reconnaissance de la Chine par la France, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 26 janvier 1984.

Interview de M. François Mitterrand, Président de la République, accordée à Radio France internationale et à Radio Pékin, sur les relations franco-chinoises, à l'occasion du 20ème anniversaire de la reconnaissance de la Chine par la France, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 26 janvier 1984.

26 janvier 1984 - Seul le prononcé fait foi

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QUESTION.- A l'occasion du 20ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France comment appréciez-vous monsieur le Président les succès de ces vingt années de relations amicales et la significaton qu'elles revêtent ?
- LE PRESIDENT.- A votre première question je rappelerai qu'à mes yeux la reconnaissance diplomatique de 1964 représente une date importante. Un très grand pays, la Chine, un pays en marche, en transformation profonde, un pays créateur et qui était ou ignoré ou combattu sans raison profonde. Il était absolument indispensable de lui rendre justice et d'ouvrir les échanges de tous ordres : économique, industriel, culturel. Ne pas le faire aurait été insulter l'histoire. Comme vous venez de me le rappeler déjà depuis quatre ans j'avais pris une position en France dans ce sens et j'étais allé moi-même en Chine populaire trois ans avant la reconnaissance de la Chine. C'était donc pour moi une conviction et je me suis réjoui de voir le gouvernement français prendre enfin, même si c'était trop tardivement cette position.
- Depuis cette époque, on peut considérer que cela a été positif. D'abord nos deux pays ont en face des problèmes de la paix dans le monde une position très comparable. Ces deux pays veulent en même temps faciliter les conférences et le dialogue pour le désarmement et pour le retour à la paix.
- Ensuite nos deux pays ont commencé de mettre en-train toute une série d'échanges dont on peut attendre davantage. Il faut dire que nous sommes loin les uns des autres, que nous avons nos préoccupations intérieures et des préoccupations particulières aux zones géographiques où nous vivons mais enfin on peut améliorer, accélérer, multiplier les échanges. Ce que je sais des dirigeants chinois me permet de l'espérer d'autant plus qu'au cours d'un récent voyage `mai 1983` j'ai reçu là-bas un remarquable accueil et qu'à la suite de ce voyage les relations économiques ont été renforcées. Je crois que lorsque l'on crée des relations de sympathie et de confiance tout le reste vient par la suite c'est ce que j'attends et c'est ce que j'espère étant entendu que c'est du côté de la France comme du côté de la Chine que la route reste à parcourir.
- Bref, sur le -plan historique cette reconnaissance de 1964 a ouvert des temps nouveaux et sur le -plan des relations d'amitié entre nos deux pays elles se sont constamment renforcées pour arriver au jour où nous sommes à une véritable collaboration et une véritable compréhension.\
QUESTION.- Monsieur le Président, voudriez-vous dire quelques mots au peuple chinois par l'intermédiaire du "Quotidien du Peuple" ?
- LE PRESIDENT.- Sur la deuxième question je dirai au peuple chinois d'abord que je le salue, que je lui adresse les voeux et les souhaits du peuple français que je représente, ainsi que mes voeux personnels. Je suis allé trois fois en Chine et chaque fois j'ai apprécié la qualité, la puissance de capacité de travail et d'intelligence de ce peuple qui aujourd'hui fait la synthèse entre les plus anciennes, les plus grandes cultures du monde avec la réalité moderne. Je tiens donc à lui souhaiter bonne chance, bonne réussite dans ses travaux et qu'il sente à distance que le peuple français est auprès de moi pour célébrer cet anniversaire. J'adresserai en même temps mon salut aux dirigeants chinois que j'ai eu le plaisir de connaître et de rencontrer particulièrement en 1981 et 1983. Je connais leur valeur, leur expérience. Chez eux se trouve également réuni à la fois le souci de préserver une grande tradition mais aussi de mener plus loin la nécessaire révolution industrielle hors de laquelle aucun pays n'accédera aux grandes responsabilités modernes.
- Je leur forme des voeux et je leur envoie un message d'amitié dans l'intérêt des relations franco - chinoises, dans l'intérêt de l'équilibre du monde, donc dans l'intérêt de la paix.\

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