Publié le 3 janvier 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la présentation des voeux du gouvernement, Paris, Palais de l'Élysée, mardi 3 janvier 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la présentation des voeux du gouvernement, Paris, Palais de l'Élysée, mardi 3 janvier 1984.

3 janvier 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Premier ministre,
- Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
- Je vous remercie de l'expression de vos souhaits pour l'année qui vient. Sans doute, l'expression est-elle rituelle ! Mais, en raison de nos relations personnelles, anciennes pour la plupart d'entre vous, et très fortes, j'y vois la vérité des sentiments que je partage à votre égard.
- Vous avez eu une expression heureuse, celle de rappeler que la crise, ou plutôt la transformation, que nous vivons aujourd'hui, n'était pas plus grave que celle qui avait occupé le XIXème siècle, et le début du XXème siécle, passage de la société rurale à la société industrielle. J'avais envie de rajouter : pas plus mais autant. Cela n'a pas été facile : comme cette période-là a été dominée par des gouvernements pour la plupart conservateurs - les rares gouvernements d'inspiration de progrès ont été rapidement balayés par leurs oppositions, le cas échéant par leurs oppositions armées - la gestion s'est faite contre les intérêts du plus grand nombre. Pourtant, il fallait le faire.
- La chance de la France, c'est d'avoir précisément un gouvernement qui rassemble ses forces populaires, ses forces de progrès, de telle sorte que présidant à cette transformation nouvelle, nous devons veiller à harmoniser le plus exactement possible les nécessités économiques qui s'imposeraient à quiconque, qui s'imposent à nous comme à quiconque, sans quoi ce serait l'échec de toute -entreprise, avec un souci minutieux, constant, obsédé, de servir les intérêts de ceux qui sont conduits, naturellement, comme toujours, à souffrir le plus de cette transformation.
- C'est de cette synthèse que j'attends la réussite de votre gouvernement et de notre action à travers les années qui viennent, qui ne sont pas, en effet, catastrophiques £ elles sont simplement difficiles. Je pense que la volonté, l'intelligence et l'attention des hommes, peuvent toujours surmonter les faits, du moins les aménager de telle sorte qu'ils s'organisent autrement.\
Le gouvernement a cette tâche £ elle est très exigeante. Vous le faites, monsieur le Premier ministre `Pierre Mauroy`, et vous tous, avec beaucoup de foi dans votre action, beaucoup de ténacité. Vous avez déjà, avec moi, traversé quelques tempêtes, - ce ne seront pas, sans doute, les dernières - mais je crois que le pays, peu à peu, s'adapte aussi, s'habitue à considérer les réalités dans leur, souvent, cruelle vérité mais, aussi, peut, et est capable d'identifier son espérance à notre action. Cela dépend quand même, pour une large part, de nous. Si l'on peut faire des voeux pour l'année 1984, en tout cas c'est d'amorçer, de poursuivre aussi ce qui a été entrepris et de faire que nous abordions les années suivantes dans une situation de confiance mutuelle entre l'opinion et les responsables des pouvoirs publics.
- J'y ajoute les voeux personnels que je forme pour vous, pour vos familles, pour ceux d'entre vous qui ont des gestions locales, qui consacrent encore une part de leurs activités et servir une fraction de la population dans les mairies, dans des conseils généraux. Je souhaite que vous puissiez, mieux encore qu'hier, être à l'écoute des besoins de la population française, du peuple français. Cela sera ressenti d'autant mieux que votre gouvernement a pour vocation plus qu'aucun autre d'interpréter et aussi exactement que possible cette volonté populaire.
- En tout cas, je vous remercie de l'énorme travail accompli chaque jour et j'espère qu'au travers de cette forêt de difficultés vous sera tracé un chemin. C'est déjà commencé, il suffit de poursuivre. Je vous remercie.\

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