Publié le 31 décembre 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la présentation de ses voeux à destination des départements et territoires d'outre-mer, Paris, Palais de l'Élysée, samedi 31 décembre 1983.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la présentation de ses voeux à destination des départements et territoires d'outre-mer, Paris, Palais de l'Élysée, samedi 31 décembre 1983.

31 décembre 1983 - Seul le prononcé fait foi

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Mes chers compatriotes des départements et territoires d'outre-mer,
- Comme nous le faisons en famille, entre amis, je vous souhaite une bonne année.
- Celle qui vient de s'achever a été difficile, difficile pour nous tous, difficile pour le monde encore traversé par une crise dramatique mais pour vous plus encore, pour des raisons multiples que vous connaissez comme moi. A la fois parce que votre économie n'a pas été préparée à supporter ce choc. Elle devrait vivre comme on dit sur l'autosuffisance ce qui n'est pas le cas. Elle a supporté bien des calamités naturelles. Je pense à la sécheresse, je pense aux cyclones et en dépit de l'aide rapide et forte apportée par la métropole j'imagine aisément les souffrances et les inquiétudes que vous avez dû supporter. Aussi, une année nouvelle est-elle l'occasion de marquer solennellement la volonté de solidarité qui doit aujourd'hui occuper nos esprits, où que nous soyons et qui que nous soyons.\
Pendant l'année 1983 bien des réformes ont été proposées. Certaines vont bientôt entrer dans les faits. Des réformes qui à la fois permettent à chacun des départements et à chacun des territoires de mieux s'adapter à son environnement, de mieux affirmer son identité tout en demeurant dans l'ensemble français qui est le nôtre.
- Je pense au statut de la Polynésie, je pense au statut sur lequel nous travaillons de la Nouvelle-Calédonie ou de Saint-Pierre et Miquelon, sans oublier bien entendu la réforme régionale, la mise en place des institutions qui vous permettront comme je vous l'ai dit tout à l'heure de vous adapter, de vous insérer mieux encore dans votre environnement régional.
- Oh, je sais que les difficultés accumulées pendant des décennies provoquent surtout dans la jeunesse des colères et parfois des violences. Il faut que chacun sache que nous avons tous intérêt à demeurer ensemble, liés, à affronter ensemble les difficultés, à dominer ensemble les périls et puis c'est la loi commune, c'est la loi de la nation française dans sa diversité.
- Il n'est donc pas question de laisser la violence parler à la place de la raison. Simplement, il faut que vous sachiez qu'à Paris, dans notre capitale, les pouvoirs publics et particulièrement le Président de la République pense à ses concitoyens lointains.
- Mes chers compatriotes, 1984 c'est demain et nous allons vivre une action continue pour le redressement national rendu si nécessaire par la crise mondiale qui nous frappe depuis dix ans.
- Mais revenons à nous, revenons à vos familles et à vos soucis personnels, à vos enfants, à vos espoirs. Oui, je le répète du fond du coeur : bonne année à vous tous.\

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