Publié le 4 mai 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à la Résidence de France, Pékin, mercredi 4 mai 1983.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à la Résidence de France, Pékin, mercredi 4 mai 1983.

4 mai 1983 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Comme dans chaque pays où je me rends, je suis heureux de rencontrer les Françaises et les Français qui vivent dans le pays, souvent lointain, c'est le cas, qui y travaillent, et qui peuvent ressentir, pour ceux qui y résident durablement, toutes les difficultés de l'éloignement, même s'ils portent un grand intérêt, ce qui est le cas général, je le crois, au pays qui les reçoit. C'est un devoir pour moi que de passer avec vous quelques quarts d'heure, au-cours d'un voyage rapide, mais encore j'en suis également heureux, comme je le serai dans un moment lorsque circulant parmi vous, je pourrai, même si cela reste très fragmentaire, recevoir l'écho de vos préoccupations en tant que résidents à l'étranger, et aussi tout simplement en tanp que citoyens français.
- Je ne crois pas qu'il se pose à vous de problèmes particuliers qui vous distinguent de tous ceux que je rencontre à travers le monde, peut-être même la rigueur des temps a-t-elle empêché que certains d'entre vous, comme cela se trouve ailleurs, soient depuis très longtemps, quelquefois toute leur carrière, et même pour certains d'entre eux, presque toute leur vie, présents en Chine.\
Il y a donc beaucoup d'entre vous qui sont de passage et qui comme ceux qui sont venus depuis plus longtemps dans ce pays, connaissent des problèmes qui me semblent se rassembler autour de quelques questions simples. Celui de l'éducation des enfants. Pour ceux qui vivent à Pékin, je crois, une école leur permet jusqu'à la troisième d'assurer cette instruction : au-delà, c'est une séparation, souvent douloureuse. Pour ceux qui sont dispersés dans le pays, j'imagine que cela doit être beaucoup plus difficile.
- Je me suis préoccupé, comme l'avait fait M. le ministre des relations extérieures, `Claude Cheysson`, de la situation des boursiers. Quelque chose a été fait pour tenter d'améliorer cette situation d'isolement matériel souvent difficile. Vous savez qu'au-cours de ce voyage en Chine des dispositions seront prises par les autorités chinoises pour faciliter l'enseignement de notre langue. Mais nous avons aussi notre propre enseignement, qui même s'il est assez réduit, correspond à une des grandes et meilleures traditions de la France.
- Nombreux sont ceux d'entre vous qui viennent remplir une mission, représenter la France sur-le-plan technique et commercial. Même si elles ne sont pas encore très nombreuses, car il n'y a pas un grand nombre de Français en Chine, nous pouvons déjà compter des réussites remarquables. Je tiens à en remercier ceux qui en sont les principaux auteurs.\
Tout à l'heure, j'aurai l'occasion de parler un peu avec ceux que je rencontrerai. S'il est des cas sensibles pour telle famille ou tel d'entre vous, n'hésitez pas à me le dire, ou bien à vous confier à ceux qui m'entourent puisque je suis venu jusqu'à vous, accompagné de cinq membres du gouvernement : le ministre des relations extérieures, M. Claude Cheysson £ le ministre des transports, M. Charles Fiterman £ le ministre de l'industrie, M. Laurent Fabius £ le ministre du commerce extérieur, Mme Edith Cresson £ et le ministre de la culture, M. Jack Lang.
- M'ont accompagné également plusieurs parlementaires, le président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, M. Maurice Faure, le président du Groupe France-Chine de l'Assemblée nationale, M. Freche, du Sénat, M. Laucournet et un certain nombre de hauts fonctionnaires ainsi que des personnalités du monde de la culture, de la technique, des affaires. Bref, vous avez à qui parler et j'espère que ces échanges seront profitables à chacun.
- Mais laissez-moi vous dire surtout à quel point il est important, au-delà des choix particuliers légitimes de chacun d'entre vous, quels que soient ces choix, vos préférences politiques, spirituelles, de tous ordres, vous êtes, ici à mes yeux, les mêmes, une petite fraction de la France éloignée, particulièrement sur cette fraction de terre française où nous reçoivent M. l'ambassadeur et Mme Malo. Je vous remercie d'être venus à ce rendez-vous et j'en terminerai très simplement en vous disant : Vive la République ! Vive la France !\

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