Publié le 1 février 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert annuel de l'Ecole de la Légion d'honneur à Saint-Germain-en-Laye, lundi 1er février 1983.

1 février 1983 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert annuel de l'Ecole de la Légion d'honneur à Saint-Germain-en-Laye, lundi 1er février 1983.

Télécharger le .pdf
Je vous remercie tous. Vous d'abord monsieur le grand chancelier : je sais le soin que vous prenez, non seulement de vos responsabilités d'une façon générale mais aussi de ces maisons de la Légion d'Honneur.
- J'ai été sensible à votre invitation renouvelée. Je vous avais promis l'an dernier, ayant visité Saint-Denis, que je viendrai aux Loges. Je n'y suis pas venu tout à fait, mais j'ai cependant rencontré celles et ceux qui participent à l'éducation des jeunes filles de la Légion d'Honneur de Saint-Germain-des-Loges. J'aurai peut-être d'autres occasions d'aller jusqu'à la Maison.
- Je vous remercie, mesdames et messieurs les responsables de cette Maison, enseignants dans toutes les disciplines, et particulièrement, bien entendu, ceux qui enseignent la musique. Je pense à vous maître Lavagne en-particulier et à vous, mesdames qui avez dirigé, assisté, organisé, guidé le concert de ce soir.
- Je vous remercie, mesdemoiselles, vous venez de nous offrir un beau spectacle, que nous avons reçu, j'imagine que vous l'avez fait comme moi-même, avec intérêt à la fois par la variété et la qualité de ce que nous avons entendu. Il y a parmi vous de véritables artistes. Vous avez été formées à de bonnes disciplines et je peux dire que venir à Saint-Germain, pour entendre ce concert, vaut bien d'autres déplacements. D'autant plus qu'on y sent la volonté de réussir, donc de travailler et d'épouser les rythmes des musiques les plus diverses, puisque vous êtes remontés, maître et vous mesdames, aux sources de la musique internationale et particulièrement au fond musical de la France.
- Je vous remercie, monsieur le maire, d'avoir bien voulu organiser et décorer cette salle qui est belle et que l'on doit, si j'ai bien entendu, au général Barthes.
- Ainsi, chacun a concourru pour que cette heure soit une heure agréable et instructive, pour que vous sentiez dans la communauté d'un instant, l'intérêt que recèle des Maisons de la Légion d'Honneur, en-raison de leurs traditions sans doute mais aussi en-raison de leur présence dans la vie moderne et de la préparation à la vie tout court, telle qu'elle s'offrira à vous bientôt, telle que nous en avons aujourd'hui la charge pour la France.\
Ma femme `Danielle Mitterrand` et moi sommes venus ici, je le répète, avec plaisir. J'ai moi-même rappelé à diverses reprises : "Eh bien quand ira-t-on à Saint-Germain ?"
- Assurément c'est une vue, peut-être, pour moi, un peu superficielle. Ce n'est pas en quelques quarts d'heure que l'on peut pénétrer autant qu'il le faudrait la somme de travail, d'efforts représentée par un concert de cinquante minutes. Il y a la préparation, il y a l'éducation artistique, il y a la maîtrise marquée par plusieurs d'entre vous, mesdemoiselles, dont j'éprouvais un peu les affres en me disant : "Mais avant de commencer, qu'éprouvent-elles ?" Et puis voilà la première note résonne et c'est l'art qui l'emporte plutôt que la timidité. C'est-à-dire une forme de vérité ou l'on se donne tout entière à ce que l'on doit faire pour les autres.
- Ces arrangements musicaux étaient très réussis, mais enfin ce n'est pas la première fois, maître, que je vous approche et que je connais votre technique et votre art.
- Mesdames et messieurs, qui vous êtes déplacés ce soir pour ce concert, pour cette réunion amicale, qui veut aussi avoir une signification plus profonde, marquer l'intérêt que je porte et que nous portons tous à une forme d'éducation, de réflexion, de discipline morale, je ne veux pas parler de l'esprit scolaire, ce n'est pas mon affaire, ce que je veux dire, c'est que j'ai tout à fait pris en charge, pour ce qui me concerne, ce développement, de même que je tiens à ce que les locaux, on en a besoin quelque fois, soient entretenus d'une façon convenable, pour que l'on y soit bien. De même je sais à quel point les enseignants sont dévoués à leur tâche. Je tiens à les remercier comme je le fais depuis un moment. J'ai passé avec vous une heure qui m'a fait plaisir, c'est déjà beaucoup, et je vous en remercie.\

Voir tous les articles et dossiers