Publié le 18 juin 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de M. Edward Bunford, ministre de Saint-Marin, Paris, Palais de l'Élysée, vendredi 18 juin 1982.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de M. Edward Bunford, ministre de Saint-Marin, Paris, Palais de l'Élysée, vendredi 18 juin 1982.

18 juin 1982 - Seul le prononcé fait foi

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En ayant le plaisir d'accueillir le chef de la légation de Saint-Marin, je me félicite du choix fait par les Capitaines-Régents. Depuis plusieurs années, vous exercez, au-sein de la Légation, de hautes fonctions qui vous ont pleinement préparé à en assumer la charge. Nous savons que nous trouverons en vous un ami.
- Cette amitié, vous venez de le dire, lie nos deux pays depuis longtemps. Vous avez rappelé comment, à l'époque de la Révolution française, les relations s'établirent entre nos deux Etats. De fait, la France a toujours porté estime à ce que les Sanmarinais appellent, non sans fierté, "la plus petite et la plus ancienne république du monde". Votre pays a su défendre, tout au long de son histoire, la liberté. Il en a d'ailleurs fait sa devise. De même votre attachement aux institutions démocratiques est ancien puisqu'elles ont été mises en place, dès l'origine de votre république, et maintenues presque sans modification jusqu'à présent. Quel meilleur témoignage trouver de la sagesse des fondateurs de votre Etat, ainsi que de ceux qui depuis des siècles leur ont succédé. Liberté, démocratie mais aussi, et cela ne saurait me surprendre, générosité. Saint-Marin s'enorgueillit à-juste-titre d'une longue tradition d'accueil d'exilés et de réfugiés politiques parmi lesquels, et comment l'oublier en cette année du centenaire de sa mort, Guiseppe Garibaldi. C'est parce que vous avez su forcer l'admiration et le respect que vous avez pu préserver votre indépendance malgré les vicissitudes de l'histoire et devenir, en cette époque troublée du tournant du XVIIIème siècle, un symbole de liberté que vous n'avez cessé d'être depuis lors.\
Votre sagesse vous a conduit à opter pour un statut de neutralité et votre pays a obtenu, de la part des Etats tiers le respect sans faille de ce statut. A l'époque actuelle, Saint-Marin, malgré l'étendue restreinte de son territoire, a su gagner la considération de ses interlocuteurs dans les enceintes internationales, notamment au-sein de la Conférence de Madrid sur la sécurité de l'Europe `CSCE`.
- Monsieur le ministre, alors que commence votre mission je souhaite que les relations franco - sanmarinaises déjà amicales et fécondes, se développent encore davantage à l'avenir dans tous les domaines et je forme des voeux pour le succès de votre mission à laquelle, pour sa part, le gouvernement français ne manquera pas d'apporter toute l'aide qui est en son pouvoir.
- Je vous demande de bien vouloir transmettre à messieurs les Capitaines-Régents les voeux que je forme pour eux-mêmes ainsi que pour le bonheur et la prospérité du peuple sanmarinais.\

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