Publié le 15 avril 1982

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de ses entretiens avec M. Zenko Suzuki, Premier ministre du Japon, Tokyo, Palais d'Akasaka, jeudi 15 avril 1982.

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de ses entretiens avec M. Zenko Suzuki, Premier ministre du Japon, Tokyo, Palais d'Akasaka, jeudi 15 avril 1982.

15 avril 1982 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Notre vrai rendez-vous n'est pas pour ce soir. J'aurai le plaisir de rencontrer la presse dans son ensemble au Club de la Presse demain après-midi, et d'autre part je recevrai plus particulièrement la presse française après demain en fin de journée.
- En ces occasions, nous pourrons engager un véritable dialogue et je me ferai une joie de répondre à vos questions.
- Aujourd'hui, il en va différemment. Nous venons de tenir deux séances de travail. D'abord une conversation entre M. le Premier ministre, M. SUZUKI et moi-même, d'un peu plus d'une heure. Ensuite pendant une durée analogue, une conversation élargie aux ministres qui ont échangé eux-mêmes depuis 48 heures leurs opinions sur un certain nombre de sujets touchant à l'économie, à la technologie, aux affaires étrangères en-général ou à la culture.
- On peut dire que l'essentiel des conversations d'aujourd'hui a porté d'abord sur la détermination de nos échanges bilatéraux : où en sont le Japon et la France ? Quels sont leurs échanges, comment ces échanges peuvent-ils évoluer, dans quelles directions, quels sont les intérêts communs et s'ils ne le sont pas, comment les rapprocher ? Une dizaine de secteurs ont été ainsi successivement évoqués, allant des sciences de la vie aux technologies de l'espace, des transports et de l'électronique, s'appliquant aussi bien au développement du monde industriel ou à son harmonisation, qu'au développement du tiers monde à-partir des relations bilatérales dont je vous parle.\
Nous avons donc abordé la façon dont le monde industriel doit appréhender les problèmes du monde en voie de développement. A cet égard, nous avons reconnu que la démarche du monde industriel devait essentiellement s'appliquer au soutien des -cours des matières premières, au soutien des énergies dans les pays qui ne détiennent pas des ressources de pétrole, au développement des moyens agro-alimentaires.
- Nous avons pensé que les échanges avec le tiers monde n'étaient pas simplement une façon généreuse de considérer l'avenir de milliards d'êtres humains mais aussi une façon intelligente d'envisager l'avenir du monde industriel. Je suis certain que sur-ce-plan, le Japon et la France ont de très nombreux points de rencontre et qu'ils pourront aussi bien à Versailles au mois de juin que dans les différentes conférences internationales défendre des positions extrêmement proches les unes des autres.\
Nous avons aussi abordé les relations du Japon et de la Communauté européenne `CEE`. Nous avons évoqué quelques problèmes de politique extérieure touchant à ce que l'on pourrait appeler les points chauds du monde. Nous avons parlé du désarmement et de la prochaine session de l'Organisation des Nations unies `ONU` consacrée au désarmement. Par-rapport à la situation des forces dans le monde, particulièrement des deux grands blocs, la situation du Japon et celle de la France - ce ne serait que par les vertus de la géographie - ne sont pas identiques, mais les deux pays tendent assurément à freiner la course aux armements pour qu'on aborde enfin une période dans laquelle nous pourrions consacrer l'essentiel de nos moyens au développement de nos économies.\
Nous avons enfin évoqué les problèmes touchant au développement de nos relations culturelles autour de quelques axes bien précis qui se concrétiseront notamment par la mise en place d'une maison du Japon à Paris et d'une maison de France à Tokyo, centres de rayonnement intellectuel et scientifique à créer dans le plus bref délai c'est-à-dire pouvant être mis en chantier dès l'année prochaine.
- Pour ce qui concerne le Japon, nous avons dit à nos hôtes que nous souhaitions placer cette réalisation dans la perspective de l'Exposition universelle, dans laquelle nous souhaitons vivement que le Japon soit représenté par une de ses plus belles réalisations.
- Nous avons insisté notamment sur les échanges et sur les relations entre les jeunes permettant de développer ces éléments indispensables à la compréhension mutuelle que sont la langue et les modes les plus modernes d'expression artistique.\
En-raison des échéances, la première étant la conférence au sommet des pays industrialisés au mois de juin, puis la rencontre sur le désarmement à l'Organisation des Nations unies `ONU`, nous avons décidé d'accélérer les échanges déjà engagés autour du comité des Sages et des différents comités mis en place dpuis quelques mois.
- Voilà pour l'essentiel mais je vous le répète, rendez-vous est pris, de mon côté, avec vous, mesdames et messieurs, demain, et pour certains d'entre vous après-demain.
- Tout en remerciant monsieur le Premier ministre `Zenko SUZUKI` du Japon de la qualité de son accueil et de l'hospitalité reçue en ce pays, - nous commençons notre voyage sous les meilleurs auspices -, cela ne nous empêche pas de préciser nos points de vue, y compris lorsqu'ils sont différents, avec la ferme volonté de passer à un nouveau stade des relations entre nos deux pays.
- Je vous en remercie.\

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