Publié le 25 mars 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de S.E. M. Abderaman Moussa, ambassadeur du Tchad, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 25 mars 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de S.E. M. Abderaman Moussa, ambassadeur du Tchad, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 25 mars 1982

25 mars 1982 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur l'ambassadeur,
- Je suis particulièrement heureux de recevoir les Lettres par lesquelles Son Excellence M. Goukouni WEDDEYE, président du gouvernement d'union nationale de transition et chef de l'Etat, vous accrédite auprès de moi en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad.
- J'ai été très sensible aux chaleureux sentiments d'amitié que vous avez exprimés à l'égard de la France. Ils reflètent, je le sais, la qualité exceptionnelle des liens qu'une longue histoire commune a tissés entre nos deux peuples. Certes, les vicissitudes des temps n'ont pas manqué à ce partage du destin. Mais comment pourrait-on oublier qu'aux heures les plus sombres, voilà quarante-et-un ans, le Tchad et la France ont su mener ensemble, au milieu d'extrêmes périls, le combat de l'honneur et de la liberté ? Qui osait alors croire que, dans un tel dénuement, au milieu d'un univers en proie à des passions et des drames terribles, nos deux pays ressusciteraient dans l'unité et l'indépendance ?
- Si j'évoque ces temps déjà anciens de détresse, puis de gloire, c'est que je pense, comme nous tous ici, aux déchirements actuels de la nation tchadienne et que je tiens à vous dire la sympathie et la confiance de mon pays. La France qui a vécu, dans sa longue et dure histoire, des moments aussi difficiles lorsque son peuple se divisait contre lui-même, sait que viendra immanquablement l'heure de la paix civile et de l'unité nationale.
- Aussi le Tchad peut-il toujours compter, s'il le souhaite, sur la coopération de la France en faveur du développement. A cet égard, je vous confirme que les efforts entrepris depuis plusieurs mois seront activement poursuivis afin de donner aux populations de votre pays les moyens de la reconstruction. Ces efforts sont fondés sur notre désir de justice et de solidarité. Ils ont aussi pour objectif de susciter, partout dans le monde, une plus vaste solidarité pour venir en aide à l'Afrique et, singulièrement, au Tchad frappé de plein fouet par la crise internationale et sévèrement marqué par la nature.\
Comme j'ai eu l'occasion de le préciser lors de la conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, en novembre dernier, où j'ai eu l'honneur d'accueillir le président Goukouni WEDDEYE, notre action s'inspire donc de principes identiques à ceux de l'OUA. Avocat inlassable du développement et d'un nouvel ordre économique mondial, la France s'emploie à promouvoir l'esprit de coopération dans toutes ses priorités à l'échelle de l'Afrique et du tiers monde.
- Telles sont les tâches qui sollicitent les espérances conjuguées de nos deux pays. Pour aider à les accomplir, votre présence à Paris, monsieur l'ambassadeur, est tout à fait nécessaire et, j'ajouterai, particulièrement qualifiée. Vous connaissez bien la France et vous avez acquis une large expérience diplomatique en Afrique. Vous avez exercé de grandes responsabilités au Tchad. C'est dire que vous êtes à la fois un homme de réflexion et un homme de terrain. Vos conseils seront ici les très bienvenus.
- En tout cas, vous trouverez auprès de moi-même et auprès du gouvernement de la République tout l'appui et tous les -concours nécessaires à l'accomplissement de votre nouvelle mission.
- Je vous prie de transmettre, monsieur l'ambassadeur, à Son Excellence le président Goukouni WEDDEYE, l'expression de nos sentiments de très haute et très amicale considération, comme tous nos souhaits les plus cordiaux et les plus sincères de paix, de bonheur et de prospérité au peuple tchadien, ami de toujours du peuple français.\

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