Publié le 4 novembre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au dîner offert à l'occasion de la conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique au Château de Versailles, mercredi 4 novembre 1981

4 novembre 1981 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au dîner offert à l'occasion de la conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique au Château de Versailles, mercredi 4 novembre 1981

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Messieurs les présidents,
- Madame et messieurs les chefs de gouvernement et de délégations,
- Mesdames, messieurs,
- Ce dîner nous donne ce soir, l'occasion d'exprimer à nouveau les sentiments d'amitié, fidèle et vivante qui unissent nos peuples. Permettez-moi de vous souhaitez une nouvelle fois, la bienvenue. Et de vous redire combien je suis heureux de vous accueillir en ces murs, hantés par de grands souvenirs de notre passé. Je ne citerai que deux dates parmi beaucoup d'autres qui mériteraient d'être retenues : 1789 qui marqua la fin d'une époque, où fut lancé au monde un message de liberté et d'espoir. 1919 où dans cette Galerie des glaces fut signé le Traité de Versailles, qui a mis fin au premier conflit mondial.
- Au moment où nous nous rencontrons comment ne pas se souvenir de cette paix fragile, qui fut brisée en 1939 par la guerre la plus meurtrière de l'histoire du monde. Comment ne pas sentir, alors que se profilent les menaces engendrées par le désordre économique, combien nos peuples doivent plus que jamais fonder la paix sur l'esprit de justice et de solidarité.
- J'ai prononcé le mot de justice, car je ne saurais concevoir sans elle l'action de la France particulièrement en Afrique. Cela signifie que nous nous tiendrons à vos côtés pour bannir autant qu'il est possible le tragique spectacle de la violence, de la répression, et dans combien d'endroits du monde encore, du colonialisme ou de l'apartheid. La justice, c'est aussi le droit des peuples et des Etats à voir reconnue et garantie leur indépendance, et la possibilité de déterminer librement le système politique et social de leur choix. Pour la France, le droit est le fondement des -rapports internationaux. C'est ainsi que nous reconnaissons l'espérance de vos peuples, votre volonté de faire respecter vos légitimes intérêts nationaux, votre souci enfin, de préserver votre identité culturelle. La France, par sa langue qui est chère à la plupart de vos pays, entend demeurer fidèle aux messages que naguère, mon ami Léopold Sedar SENGHOR scanda en rythmes poétiques toujours présents à nos mémoires, "masques, oh masques, masques noirs, masques rouges, vous masques blancs et noirs, masques aux quatre points d'où souffle l'esprit, je vous salue".\
Messieurs les présidents, madame et messieurs les chefs de gouvernement et de délégations, votre présence à mes côtés illustre la solidarité profonde qui doit unir nos peuples. Ni vous, ni moi n'acceptons les déséquilibres actuels, sources de nouveaux périls pour le temps qui vient : les variations des cours de matières premières, la crise énergétique, l'incapacité à mettre en place un système monétaire durable, oui tout cela constitue une rude épreuve pour la paix. N'est-il pas vrai, que mieux que d'autres peuples, beaucoup des vôtres qui ont participé aux terribles combats de deux grandes guerres savent de quel -prix fût payé le rétablissement du droit ?
- La France quant à elle, est décidée à faire face à la crise. Et dans cette perspective, à accorder une aide prioritaire à l'Afrique. Le programme économique que l'Organisation de l'unité africaine `OUA` a établi en 1980, à Lagos, répond à des objectifs réalistes. Nous le soutenons dans ses principes et dans ses grandes lignes. Telle est l'ambition de notre coopération, telle est la ligne de notre solidarité. Il dépend de nous, de notre résolution, de nos efforts, que se renverse le -cours dangereux des choses. Voilà pourquoi j'en suis sûr notre rencontre d'aujourd'hui, comme nos débats de demain, contribueront, non seulement à améliorer nos relations personnelles mais aussi à renforcer les liens entre nos peuples, et à aider aux progrès et à la stabilité du continent africain.
- Messieurs les chefs d'Etat, madame et messieurs les chefs de gouvernement et de délégations, mesdames, messieurs, c'est à cette espérance que je vous invite à lever nos verres en gage de suc\

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