Publié le 16 octobre 1981

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, au Comité français pour la journée mondiale de l'alimentation, Paris, vendredi 16 octobre 1981

16 octobre 1981 - Seul le prononcé fait foi

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, au Comité français pour la journée mondiale de l'alimentation, Paris, vendredi 16 octobre 1981

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Chaque jour, plusieurs dizaines de milliers de personnes meurent de faim dans le monde. En un an, la faim est directement ou indirectement responsable de la disparition d'une population égale à celle de la France. Morts injustes parce qu'elles ne sont pas fatales.
- Ce génocide de la faim pourrait être évité puisque des stocks de blé, de lait, de fruits ne trouvent pas d'emploi. Il pourrait cesser puisque nous savons que nous pouvons rapidement disposer des techniques de production nécessaires à l'alimentation de dix milliards d'hommes.
- Dans un monde où la sécurité alimentaire de l'humanité n'est pas assurée, il n'est plus acceptable que la "puissance alimentaire" des riches pays exportateurs soit utilisée comme un moyen de spéculation ou de pression politique au détriment des plus pauvres. Il n'est pas acceptable que la "puissance alimentaire" soit employée comme une "arme alimentaire".
- Des réserves de sécurité doivent être constituées et utilisées de manière à briser toutes les famines.
- Mais il faut aussi oeuvrer pour développer l'agriculture dans les pays de la faim : accorder la priorité aux cultures vivrières, soutenir résolument l'économie paysanne, déployer de nouveaux moyens de -recherche et de développement mieux implantés et mieux adaptés pour utiliser les ressources locales au-profit des besoins locaux. Notre aide, notre coopération, nos moyens techniques et scientifiques ne seront pas ménagés pour être mis au service d'un développement véritable ainsi que je l'ai annoncé devant la conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés `PMA`.
- La lutte contre la faim, pour la sécurité alimentaire et pour le développement des pays les plus pauvres est conforme à l'idée que la France se fait de la solidarité internationale. Elle correspond aussi à l'intérêt de tous les peuples, riches ou pauvres, qui ont besoin de vivre dans un monde plus juste et plus sûr.\

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