Publié le 13 octobre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de son voyage en Lorraine, à l'hôtel de ville de Metz, mardi 13 octobre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de son voyage en Lorraine, à l'hôtel de ville de Metz, mardi 13 octobre 1981

13 octobre 1981 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire,
- Mesdames et messieurs les conseillers municipaux,
- Mesdames et messieurs,
- J'ai déjà eu l'occasion dans cette même salle je crois de dire il y a quelques années les liens qui m'attachent à votre ville. Liens cent fois répétés par les hommes de ma génération, ce sont d'abord ceux qui naissent de la guerre. Mais je n'oublie pas que c'est dans cette ville que j'ai trouvé des gens secourables et courageux qui m'ont valu de retrouver ma propre liberté, avant que le mouvement général des choses, la Résistance française, l'unité avec les alliés, et bien des sursauts, dont le sursaut lorrain n'est pas le moindre, aient permis d'assurer la liberté du pays tout entier. Puis je suis revenu en de multiples circonstances, j'avais ici parmi vous bien des amis personnels. Donc Metz s'est trouvé attaché à tout un itinéraire qui s'est vu consacré il y a en effet un peu plus de deux ans par un congrès politique, dont les incidences historiques sont présentes dans les mémoires, et s'inscrivent sans doute dans l'événement présent.
- Voilà pour Metz. Je garde de cette matinée sous ce ciel lumineux, avec cet accueil de votre population, comme le sentiment d'un accord, marqué à la fois, ce sera la seule remarque de caractère politique et sans jamais la dépasser, marqué sans doute d'un attachement, créé au-cours de ces dernières années dans l'évolution même des sentiments de cette population. Mais dépassons ces choses £ vous êtes toutes et tous, ceux qui accueillent le Président de la République et je me sens fort bien avec vous. Accueilli, comme il convient et dans les conditions traditionnelles mais aussi, je le pense, quelque chose en plus, accueilli par celles et ceux qui en ont la charge. Quand je vous quitterai, je vous regretterai. Mais je n'oublierai pas non plus, les enseignements que j'en aurai tiré. Tout à l'heure j'aurai l'occasion d'aborder un certain nombre des problèmes que vous venez d'évoquer monsieur le maire, touchant au développement de votre région et de votre ville, lorsque je me retrouverai devant l'assemblée même de ceux qui représentent au-niveau régional la Lorraine.\
Je me réjouis de cette occasion qui m'a été donnée dans ce premier voyage officiel d'un Président de la République française récemment élu. J'entends évidemment partout, et c'est bien légitime, observations,, remarques, suggestions, parfois même l'expression de certaines inquiétudes. Comment m'en plaindrai-je ? Si j'ai prétendu avec ceux qui me soutenaient assumer la responsabilité de la France, c'était bien pour m'attaquer aux causes du mal dont nous souffrons. Je ne prétendrai pas le guérir en l'espace de quelques semaines. Mais ce que je puis vous dire, mesdames et messieurs, c'est que, avec les équipes du Gouvernement et bien au-delà les millions de femmes et d'hommes qui ont éprouvé au fond d'eux-mêmes la nécessité du changement, c'eest que je compte entreprendre sans en exclure personne, l'oeuvre de redressement national, de renaissance et de confiance en soi, hors de laquelle rien ne serait possible. Les instruments matériels évidemment doivent être rendus, restitués, renouvelés, rénovés. C'est évident, on ne pourrait rien faire sans eux, mais la réponse à toute chose, elle, est dans l'esprit et dans le coeur de l'homme. C'est là que se trouve la vraie réponse, si l'on croit en soi, si l'on croit en son pays et si on l'aime. Quand on a la capacité, montrée à travers les siècles, d'un pays comme le vôtre ici en Lorraine, alors soyons tranquilles, les obstacles seront surmontés. Cela nécessitera de la patience, de la ténacité, du courage. Qui en manquerait ? Et s'il m'arrivait parfois de douter je penserai à la population Lorraine qui à travers les siècles a connu tant d'épreuves, tant d'épreuves finalement surmontées.
- Et celle que vous subissez aujourd'hui qui vient de carences économiques avec toutes ses applications sociales, vous la surmonterez aussi. Avec nous qui venons de plus loin, par le consentement national, par la présence constante de l'Etat, étant bien entendu, que la première loi `décentralisation`, que nous ayons fait adoptée à peine ai-je été élu, c'était précisément de permettre aux habitants d'une région de prendre davantage en main les responsabilités qui sont les leurs. Un juste équilibre entre le rôle de l'Etat et le rôle de la région, nous permettra de nous retrouver un jour, monsieur le maire et mesdames et messieurs, et de savoir qu'en ayant un peu transformé la structure de\

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