Publié le 12 octobre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de son voyage en Lorraine, à l'hôtel de ville d'Epinal, lundi 12 octobre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de son voyage en Lorraine, à l'hôtel de ville d'Epinal, lundi 12 octobre 1981

12 octobre 1981 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire et chers amis,
- Vous savez que, si j'ai commencé par le département des Vosges et la ville d'Epinal, après Dompaire `commémoration des combats de septembre 1944`, si j'ai choisi de venir parmi vous, c'est aussi parce qu'il y a quelques mois une conversation de vous à moi m'avait mieux fait comprendre et peut-être aimer les habitants de ce pays, leur caractère, leur énergie, mais aussi l'ampleur de leurs difficultés. Alors nous nous étions donné rendez-vous, ce rendez-vous est tenu et quand je vous quitterai j'aurai dans le regard mais aussi dans la mémoire, à la fois ce que vous m'aurez montré et ce que vous m'aurez appris.
- Je suis venu accompagné d'un certain nombre de ministres et d'autres me rejoindront au passage lors de ce voyage en Lorraine, vous voyez autour de moi :
- M. Gaston DEFFERRE, qui a pris en charge cette loi si importante de la décentralisation qui devrait permettre à des départements comme celui-ci de tenir lui-même davantage ses affaires, de les conduire et dans la solidarité nationale de veiller par ses propres élus, par ses forces vives à l'accomplissement de ses devoirs.
- J'ai avec moi :
- M. DELORS, le ministre de l'Economie et des Finances, qui, je le pense, retiendra plus qu'un autre encore l'ensemble des observations qui seront faites ici. Il est lui-même quelqu'un qui a vécu la vie difficile et gagné, de ceux qui ont eu à construire ce qu'ils sont devenus et qui comprend très bien les besoins, les aspirations populaires. Seulement, voilà, il a la charge des Finances ! Il faut faire avec ce que l'on a en attendant de reconstituer les moyens nouveaux.
- M. DREYFUS, le ministre de l'Industrie, qui, lorsqu'il entend parler "textil", sait de quoi on lui parle ! Bois, tout à l'heure `visite de la Filière-Bois à Epinal`. Et le reste tout le long de ce voyage, puisqu'il a pris immédiatement en main les dossiers les plus difficiles et puis il faut le dire la Lorraine n'en est pas "chiche" !
- Je vois M. HENRY, ministre du Temps libre. Je ne sais pas s'il est le seul vosgien ministre du Gouvernement, en-tout-cas, il est vosgien et on ne peut pas s'y tromper, si on ne le savait pas, on comprendrait très vite.
- M. AUROUX, ministre du Travail, qui, lui aussi, est en relation directe avec le ministre de l'Economie et des Finances, le ministre de l'Industrie, et aura, à son retour à Paris, beaucoup de leçons à tirer de ce voyage.
- Je ne sais pas si j'en oublie, j'espère que non, je vois avec moi, Pierre BEREBOVOY, qui est mon compagnon de tous les jours et a en charge le Secrétariat général de la Présidence de la République.\
Pourquoi cette énumération ? Et je ne recommencerai pas toutes les dix minutes, simplement pour marquer que nous ne sommes pas venus ici pour un voyage de simple apparence. Nous sommes venus travailler. Pour bien travailler il faut d'abord savoir écouter, c'est pourquoi maintenant, en vous quittant, je vais rejoindre les représents des forces du travail qui vont dire ce qu'ils pensent et ce qu'ils sentent, de quelle façon ils voient l'avenir au travers des difficultés du présent. Nous confronterons nos opinions et puis, dès demain, devant votre conseil régional, et par la suite dans les conseils du Gouvernement, nous en tirerons les conséquences utiles.
- Voilà, voyage nécessaire. Il est normal que le Président de la République française aille à la rencontre du peuple français dont vous êtes ici les représentants. Il est nécessaire aussi que ce voyage soit la marque que nous voulons imprimer à notre mandat. Nous voulons que renaissent toutes nos énergies, nos capacités, nos moyens. Nous voulons, comme je l'ai si souvent répété qu'un puissant mouvement populaire permette le redressement national. Redressement national : vous direz c'est peut-être un abus des mots ? Quand on me présente le bilan de tout ce qui reste à faire ou à refaire dans un département comme celui des Vosges, on en comprend le sens.
- Merci en-tout-cas, mesdames et messieurs, pour cette présence amicale et chaleureuse et à plus tard, merci encore.\

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