Publié le 10 mai 2017

Interview de M. François Hollande, Président de la République, sur la mémoire de l'esclavage et sur la fin de son quinquennat, à Paris le 10 mai 2017.

Interview de M. François Hollande, Président de la République, sur la mémoire de l'esclavage et sur la fin de son quinquennat, à Paris le 10 mai 2017.

10 mai 2017 - Seul le prononcé fait foi

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Journaliste : Monsieur le Président. Un dernier discours, une dernière cérémonie officielle pour célébrer l'abolition de l'esclavager et la citoyenneté, c'est une belle sortie ?
LE PRESIDENT : Oui, parce que cette journée est symbolique. Elle est symbolique parce que c'est le 10 mai et que c'est la Journée de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions. C'est aussi, le 10 mai, pour beaucoup, l'avènement de la gauche aux responsabilités avec François MITTERRAND. Le 10 mai, il se trouve que c'est aussi au lendemain d'une élection présidentielle et qu'il y avait deux Présidents aujourd'hui. Le Président qui va maintenant quitter ses fonctions et celui qui va entrer dans ses responsabilités. Donc il y avait comme, une communion qui devait se faire. Communion liée à toutes les mémoires que nous devons reconnaître, et d'abord celle de ce crime contre l'Humanité qu'a été l'esclavage, et puis comme union nationale avec la représentation du Sénat, de l'Assemblée, des deux présidents, avec la conscience que nous devons toujours nous battre pour être au niveau de vigilance qui est nécessaire face à toutes les remises en cause de nos libertés.
Journaliste : Avec le Président élu, c'était une communion ou une passation de témoin philosophique ?
LE PRESIDENT : Oui, c'était une communion philosophique que nous pouvions partager, c'est tout aussi une transmission. Il y avait pour lui, sûrement, l'émotion liée à sa première sortie comme Président élu, au-delà du 8 mai, et puis il y a l'approche de la transmission effective qui viendra le 14, enfin qui viendra dimanche et qui scellera à ce moment-là sa prise de fonctions, et donc il était aussi témoin de ce passage puisque lui-même aura l'occasion de poursuivre ce que j'ai engagé.
Journaliste : Vous allez faire quoi après ? Vous avez dit que vous ne reviendriez plus, évidemment en tant que Président, pour cette commémoration du 10 mai, mais on vous verra ici ?
LE PRESIDENT : Oui, oui, on me reverra, non pas forcément dans toutes les cérémonies, mais celle-là me tient particulièrement à cur, puisque moi j'ai voulu la présider dès mon entrée en fonctions et je n'ai manqué qu'une fois la cérémonie ici.
Journaliste : Oui, c'était pour le Mémorial
LE PRESIDENT : C'était pour le Mémorial Acte en Guadeloupe, c'était une belle initiative qu'avait prise le Président LUREL, et à laquelle la France voulait donner tout son prestige parce que c'était la première fois qu'il y avait une institution qui était créée, notamment dans la France Outre-mer, et qui servait de trait d'union avec l'ensemble des continents.
Journaliste : C'est votre dernière cérémonie officielle, vous en avez fini avec la politique ?
LE PRESIDENT : Non, j'en ai terminé avec les cérémonies comme Président de la République. Mais la politique est celle que tout citoyen, quelle qu'ait été sa place, quelle qu'ait été son rôle, quelle que soit sa position, doit avoir à l'esprit. La politique, c'est la vie de la France £ la politique, ce sont les choix essentiels pour le pays, et donc nul ne peut se mettre à l'écart, et il y a toujours une utilité. Il faut se poser cette même question qui revient sans cesse : comment puis-je être utile à mon pays ? C'est à cette question que je vais répondre maintenant, en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand cela me paraîtra utile. Merci.
Journaliste : Merci beaucoup.

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