Publié le 21 février 2016

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la Polynésie française, à l'aéroport de Tahïti Faa'a le 21 février 2016.

21 février 2016 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la Polynésie française, à l'aéroport de Tahïti Faa'a le 21 février 2016.

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Je viens pour la deuxième fois en quelques heures ici, à Tahiti, en Polynésie française. La première fois était ce matin, avant de me rendre à Wallis et Futuna et aujourd'hui je viens pour la visite qui va durer maintenant et cette nuit, qui est déjà bien entamée et demain. C'est à la fois un symbole et aussi une attente. Le symbole c'est que le Président de la République soit là en Polynésie française pour marquer l'attachement de la France pour ce territoire et aussi, j'en suis sûr, l'attachement de ce territoire à la France. La Polynésie française est un archipel grand comme l'Europe et qui donne à la France dans la zone Pacifique une présence, une influence, on le voit ici, une culture.
C'est aussi un atout économique, pour la Polynésie et pour la France. Je viens rappeler cette évidence, c'est que la France a de la chance d'avoir un territoire ici placé dans la zone Pacifique, un territoire qui veut son développement et c'est aussi le symbole que je veux donner à cette visite. La Polynésie veut s'engager résolument vers l'avenir, dans le cadre d'une stabilité politique retrouvée et veut qu'il y ait un partenariat entre la France et ce qu'on appelle ici le Pays. Nous aurons l'occasion avec le président FRITCH de le démontrer demain.
Il y a aussi une attente, je la connais, par rapport à la lutte contre les inégalités, contre les handicaps que la Polynésie française peut connaître et aussi une attente par rapport à des engagements qui ont pu être pris dans des lois et qui ne sont pas aujourd'hui suffisamment tenus. C'est la raison pour laquelle, devant les élus, j'aurai à préciser un certain nombre de choses, notamment par rapport à ce que vous appelez cette affaire des essais nucléaires parce que je sais ce que l'on doit à la Polynésie française. Si aujourd'hui la France est ce qu'elle est avec cette capacité de dissuasion, c'est parce qu'il y a eu pendant une période très longue des essais nucléaires et il est donc bien légitime que la France puisse réparer un certain nombre de conséquences, qu'elles soient sociales, sanitaires ou économiques et ce que j'aurai aussi à dire devant le président et devant les élus.
Aujourd'hui, c'est aussi un moment d'émotion parce que venir ici en Polynésie fait référence souvent à des images, on dirait des images polynésiennes, elles sont derrière moi et c'est ce que ce territoire peut apporter aussi de plus lumineux. Il est connu dans le monde entier. Il ne faut cependant pas oublier aussi toutes les difficultés que connaît ce territoire, que connaît la Polynésie française et la réalité. C'est cette réalité-là aussi que je veux montrer, de manière à ce que la France puisse ici faire son devoir de solidarité, mais également recevoir de la Polynésie un attachement, un lien et une affection, qui iront droit au cur de tous les Français. Ici je suis en France, je suis heureux d'être en France. Merci.
Journaliste : Une journée pour résoudre tous les problèmes de la Polynésie, est-ce suffisant ?
LE PRESIDENT : Une journée c'est nécessaire, j'ajoute une nuit c'est indispensable, notamment celle qui arrive, mais le but d'un voyage est toujours d'en susciter un autre et de justifier le prochain. Je ne vais pas vous annoncer déjà ma prochaine visite en Polynésie, puisque je vous ai dit que j'en avais fait deux quasiment dans le même jour, mais, oui, c'est vrai qu'il faudra encore du temps. Ce n'est qu'une première rencontre que nous avons, même si j'ai reçu à Paris le président FRITCH, comme les parlementaires, plusieurs fois. Vous savez que c'est aussi à son initiative que nous avons pu prendre la décision de réunir tous les chefs de gouvernement de la zone Pacifique, avant la COP21. Je dois ici en faire la confidence, s'il n'y avait pas eu cette mobilisation de la zone Pacifique, si la Polynésie n'avait pas montré l'exemple, à la fois de ce qu'elle était capable de faire en termes d'innovation technologique, mais en même temps de crainte en matière cyclonique, il n'y aurait pas eu forcément cette réussite de la COP21. A propos de cyclones, j'ai voulu mettre à la disposition des Fidji, qui ont été très lourdement frappées, tous les moyens. Certains viendront de Nouvelle-Calédonie, d'autres de Polynésie, c'est très important aussi qu'il y ait la solidarité dans la zone Pacifique. Vous voyez, nous sommes donc devant beaucoup de réalités, certaines sont très heureuses, d'autres très malheureuses. Nous sommes ici dans une zone où l'on sait ce qu'est le réchauffement climatique. Merci à vous.

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