Publié le 4 juin 2015

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la création d'une coopérative par les anciens travailleurs de l'usine Fralib, à Gémenos le 4 juin 2015.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la création d'une coopérative par les anciens travailleurs de l'usine Fralib, à Gémenos le 4 juin 2015.

4 juin 2015 - Seul le prononcé fait foi

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Je salue d'abord les élus, le maire, la présidente du Conseil départemental, les représentants du Conseil régional, la métropole, future métropole, en tout cas pour l'instant la communauté urbaine, qui a la responsabilité d'être propriétaire du terrain. Je sais donc que vous discutez avec l'ensemble de ces élus et qu'ils vous apportent leur concours.
Vous étiez hier, avant-hier, des travailleurs en lutte. Aujourd'hui vous êtes une entreprise. Vous aviez voulu qu'il y ait ce débouché, qu'il y ait cette création. 1336 jours et nuits pour en arriver là. Vous devez garder l'esprit qui vous a animé pendant toute cette période. L'esprit de fraternité, de solidarité, de combat, de résistance. Vous devez le mettre au service de la création de richesses, celles que vous allez produire ici, que j'ai vu, sous mes yeux, produites ici. Vous allez également devoir convaincre des consommateurs, sortir des résultats, les mettre au service de l'entreprise. Autant vous aviez besoin des élus et de la société qui voulaient s'engager avec vous pendant toute cette période, autant vous aurez toujours besoin de ces élus de la société. Cette fois-ci pour promouvoir votre produit, pour le défendre.
Une des raisons de ma venue est bien sûr d'être en cohérence avec ce que j'étais il y a trois ans, candidat. C'est aussi et surtout comme Président de la République, pour donner l'exemple de ce qu'a été votre lutte, et de ce qu'elle a produit.
Je suis venu pour que d'autres, sur d'autres sites, qui peuvent être confrontés aux mêmes difficultés, puissent se dire que s'il y a une organisation, une formation, un engagement, un appui, il peut y avoir un espoir. Ce n'est pas toujours possible quand il n'y a plus les machines. Ce n'est pas toujours possible quand il n'y a plus les produits. Ce n'est pas toujours possible quand il n'y a plus la qualité, la compétence, la technicité. Quand c'est possible, alors il faut qu'il y ait ce chemin-là, le vôtre.
Il est néanmoins important de dire que le chemin n'est pas facile, et qu'il n'est pas terminé non plus. Parce qu'il va toujours falloir avoir cette exigence de qualité, de compétitivité, de responsabilité. Vous êtes ensemble, et c'est ce qui fait votre force. Rien ne doit vous diviser, même si maintenant les rôles sont différents. Certains qui étaient délégués CGT vont devenir responsables d'entreprise, ce n'est pas facile de passer d'un statut à un autre !
Il y aura encore des délégués syndicaux dans l'entreprise, parce que c'est la règle, parce que c'est la loi, parce que c'est aussi l'esprit qui vous anime. Il va donc falloir que chacun se mette à son meilleur niveau et reste lui-même. Ensemble.
Je veux aussi vous dire que pour l'Etat, à travers le gouvernement, pour les élus, qui sont ici rassemblés, c'est aussi un sujet de fierté, parce que nous avons pu montrer qu'il pouvait y avoir plusieurs structures possibles dans cette économie de marché. Il y a la structure capitaliste au sens où il faut mettre des capitaux pour produire avec des grandes, des moyennes et des petites entreprises. Il y a aussi une structure de l'économie sociale et solidaire qui est dans le marché, qui est dans l'économie, qui doit avoir ses critères de rentabilité. C'est un autre esprit qui doit vivre, et qui permet aussi de nombreuses créations d'emploi. Parce que c'est quand même l'emploi que nous venons consacrer aujourd'hui.
Vous auriez pu, si vous aviez échoué, être parmi les trop nombreux demandeurs de Pôle Emploi. Certains le sont encore. Vous l'avez cherché votre emploi, vous l'avez créé, vous l'avez gagné. Vous n'avez pas ici à rougir, mais vous l'êtes déjà, par rapport à tout ce qu'on entend sur ceux qui voudraient rester à Pôle Emploi. Non, vous voulez montrer justement que vous avez tout fait pour sortir de Pôle Emploi et pour venir aujourd'hui dans l'entreprise, dans votre entreprise.
En 2011, vous me faisiez visiter l'entreprise qui appartenait à UNILEVER - dont je ne me rappelle plus la marque - aujourd'hui je suis chez SCOP-TI 1336, engagé sur l'humain, engagé sur le coût, engagé ensemble. Merci.

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