Publié le 27 mai 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la France et la construction européenne, à Bruxelles le 27 mai 2014.

27 mai 2014 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la France et la construction européenne, à Bruxelles le 27 mai 2014.

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JOURNALISTE
Est-ce que la France est « l'homme malade » de l'Europe ?
LE PRESIDENT
La France a une volonté, c'est que l'Europe puisse répondre davantage aux demandes qui se sont exprimées notamment lors de ces élections. La demande principale, c'est qu'il y ait plus de croissance, plus d'emplois et donc qu'il y ait une réorientation de la construction européenne. C'est cela le message qui a été exprimé.
Je peux ne pas vouloir que les Français votent à 25% pour l'extrême droite Mais ils ont voté ainsi. Ce message n'est pas de faire une politique contre l'Europe, c'est de faire une politique où les peuples puissent se reconnaître dans l'Europe.
Ce que je vais plaider, aujourd'hui, ce n'est pas simplement savoir qui va être le Président de la Commission européenne - ce sera un processus - £ c'est sur le contenu du mandat qui va être confié à la prochaine Commission. Je veux que ce mandat soit tourné vers la croissance, vers l'emploi, vers la transition énergétique, vers la protection, c'est-à-dire ce que les peuples attendent de nous.
C'est parce que la France a ainsi voté que je me sens encore plus concerné, mobilisé, impliqué dans la réorganisation de l'Europe.
JOURNALISTE
Est-ce qu'il n'y a pas un problème ?
LE PRESIDENT
Quand la France, pays fondateur de l'Union européenne, vote comme elle a voté dimanche, c'est-à-dire avec un électeur sur quatre qui se porte sur l'extrême droite, sur le Front national, oui, il y a un problème. Mais ce n'est pas simplement un problème pour la France. La France doit certes y répondre à travers une politique qui doit, d'abord, résoudre les questions du chômage, de la précarité, des inégalités, de la peur.
Mais c'est un problème aussi pour l'Europe. L'Europe doit entendre ce qui s'est passé en France. Mon rôle, ici, c'est de continuer ce que je fais depuis deux ans réorienter l'Europe mais avec encore plus de force. Parce que si, dans quelques années, l'Europe n'a pas répondu aux attentes, alors il y aura d'autres votes, en France comme ailleurs, qui s'exprimeront contre l'Europe.
Je suis européen, je veux que l'Europe change !
JOURNALISTE
Question inaudible
LE PRESIDENT
La France n'est pas affaiblie. La France, c'est la France, c'est un grand pays. C'est le pays qui, aujourd'hui, compte avec l'Allemagne en Europe. C'est le pays sans lequel l'Europe ne peut pas avancer.
Ce n'est pas parce qu'il y a eu un vote, où les Français se sont exprimés comme on le sait, que la France ne pourra pas porter sa voix. Au contraire, la voix que je vais exprimer au Conseil européen, aujourd'hui comme dans les prochains Conseils européens, c'est la voix d'une France exigeante pour une Europe réorientée.

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