Publié le 17 juin 2013

Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, notamment sur la situation en Syrie, à Lough Erne le 17 juin 2013.

Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, notamment sur la situation en Syrie, à Lough Erne le 17 juin 2013.

17 juin 2013 - Seul le prononcé fait foi

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QUESTION : « Monsieur le Président, on attend beaucoup de ce G8, notamment en ce qui concerne la Syrie. Vladimir POUTINE na pas lair du tout allant sur la question de la conférence de Genève et reproche aux dirigeants du G8 de vouloir violer les règles internationales. Pensez-vous pouvoir le convaincre, avec lappui de Barack OBAMA, de David CAMERON ? »
LE PRESIDENT : « Je vois trois intérêts à ce G8.
Le premier cest de promouvoir la croissance à travers des politiques de soutien de la demande et également douverture de négociations commerciales.
Le second intérêt de cette rencontre importante, puisquil y a les pays qui représentent 50% de léconomie mondiale, cest de lutter contre la fraude fiscale et davoir des mécanismes qui permettent de réduire les paradis fiscaux et de faire en sorte que ceux qui dissimulent ne puissent plus le faire dans un proche avenir.
Il y a la Paix, et notamment la question de la Syrie. La pression doit sexercer.
Comment peut-on admettre que la Russie continue de livrer des armes au régime de Bachar el-ASSAD alors que lopposition nen reçoit que très peu et est aujourdhui massacrée ?
Comment peut-on admettre quil y ait maintenant des preuves quil y ait eu des armes chimiques - à quelle ampleur ? Nous ne savons pas encore - mais qui ont été utilisées sans quil y ait une condamnation unanime de la communauté internationale et donc du G8 ? Il y aura cette discussion, non pas pour mettre la Russie de côté ou pour la mettre à lindex, mais pour lui faire comprendre que, dans lintérêt de la région, de la paix du monde, il doit y avoir cette conférence de Genève pour trouver une issue politique. »
QUESTION : « Est-ce quil y a une date pour cette conférence ? »
LE PRESIDENT : « Le plus tôt sera le mieux. Il y a déjà le sens de ce que nous voulons faire. Cest-à-dire un gouvernement provisoire pour la Syrie, qui mettrait de côté Bachar el-ASSAD et qui permettrait à toutes les composantes de se retrouver. Jentends les composantes de ceux qui, en Syrie, veulent la démocratie et le respect des droits de lHomme. Il convient aussi décarter cette fraction également extrémiste qui, profitant du chaos, sest installée en Syrie. »
QUESTION : « Monsieur le Président, avez-vous lespoir de convaincre Vladimir POUTINE dinfléchir sa ligne sur la Syrie cet après-midi ? »
LE PRESIDENT : « Il ne faut pas avoir trop dillusions. Ce nest pas ici, au G8, que nous allons trouver la solution. Mais ça peut être une étape. Cela peut être un moment important où chacun prend conscience de la période que nous traversons, que la Syrie traverse.
100 000 morts, avec des destructions chaque jour de ce pays, la Russie ne peut pas être insensible et elle ne peut pas non plus imaginer quil y aurait une solution avec Bachar el-ASSAD. Nous pouvons cheminer et faire en sorte de faire convoquer la conférence de Genève au plus tôt. »
QUESTION : « Monsieur le Président, pensez-vous que ce G8 puisse se permettre dentamer déjà des négociations sur déventuelles négociations, des pourparlers sur les pourparlers avant Genève ? »
LE PRESIDENT : « Non, je ne pense pas quil faille faire jouer au G8 un autre rôle que celui dune instance où les grandes questions du monde sont évoquées et où il y a un intérêt commun qui apparaisse. Lintérêt commun sur le plan économique, cest la croissance. Lintérêt commun par rapport à la régulation, cest de mettre de lordre dans les finances et dans la fiscalité. Lintérêt commun, cest de retrouver un chemin pour la négociation en Syrie. »
QUESTION : « José Manuel BARROSO estime que la France mène une politique réactionnaire en défendant son exception culturelle. Partagez-vous cet avis ? »
LE PRESIDENT : « Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se sont exprimés.
Lexception culturelle, cest un principe qui a toujours été évoqué et à chaque fois on la pris en compte dans les négociations commerciales. Il ny a pas de raison que ça change cette fois ci dans la discussion avec les Etats-Unis. La meilleure preuve, cest que les chefs dEtats et de Gouvernements ont accepté, via leurs ministres, que la question des services audiovisuels soit écartée de la négociation. Ce que je demande au président BARROSO cest maintenant de mettre en uvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements. »
QUESTION : « Monsieur le Président, est-ce que vous comptez prendre contact avec le nouveau président iranien modéré ? »
LE PRESIDENT : « Nous voulons attendre de savoir quelle ligne politique il va faire prévaloir. Mais nous sommes toujours pour le dialogue et notamment, dans cette négociation déjà engagée depuis plusieurs mois pour ne pas dire plusieurs années, pour que lIran ne puisse pas poursuivre son programme nucléaire. »
QUESTION : « Sur un accord éventuel de libre échange avec les Etats-Unis, vous attendez une annonce quelle quelle soit ici ? »
LE PRESIDENT : « Je considère que ça peut être une annonce, au cours de ce G8, dès lors quil y a eu des règles claires qui ont été posées par lEurope, de mettre à lécart les services audiovisuels. Les Etats-Unis feront sans doute observer quil y a dautres points de la négociation qui méritent dêtre écartés ou en tout cas retenus. Nous en discuterons. Le principe de louverture doit être maintenant posé. »

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