À la suite de la signature de la Déclaration d’Alger pour un Partenariat renouvelé entre la France et l’Algérie, les deux Présidents se sont exprimés.

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27 août 2022 - Seul le prononcé fait foi

Intervention du Président de la République

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Emmanuel MACRON 
Merci Monsieur le Président. Merci beaucoup. 

Je tiens à remercier nos ministres et l'ensemble des équipes qui ont permis en effet, durant ces deux derniers jours, de travailler à cette Déclaration d'Alger pour ouvrir un nouveau partenariat. Et je veux ici remercier l'ensemble de vos ministres présents et remercier les ministres, parlementaires et l'ensemble de la délégation qui m'accompagne dont vous m’avez dit vous-même, Monsieur le Président, à quel point vous aviez apprécié la qualité et la diversité. 

Nous avons passé à vos côtés ces derniers jours, des moments forts, émouvants, mais où nous avons, je le crois comme vous, bâti aussi les fondements de ce qui est à venir. Nous avons complété les dispositifs déjà existants par un Haut Conseil que nous tiendrons l'un et l'autre et qui nous permettra de suivre la relation et son évolution. Nous avons pour la première fois de notre histoire, hier, tenu une réunion avec les chefs d'état-major des armées, des directeurs compétents, sur les questions de sécurité et les questions militaires qui étaient, je crois, extrêmement importantes pour nos deux pays, notre coopération à la fois régionale et mondiale. Et nous avons, à travers cette déclaration, jeté aussi les bases sur plusieurs questions d'une coopération nouvelle. Sur les questions de mémoire, ô combien importantes, en décidant pour la première fois de notre histoire, là aussi, de mandater ensemble des historiens, mais surtout ensemble, d'ouvrir, de restituer les archives, de traiter - c'est évoqué dans la déclaration - tous les sujets sensibles de part et d'autre, tous les sujets sensibles, sans tabou. Et nous en tirerons les conséquences sur la base d'un travail scientifique. 

Nous avons aussi des idées sur le plan économique, sur le plan de la technologie, de l'innovation, de l'énergie, de la culture, du sport et de tant d'autres sujets, de bâtir là aussi ce nouveau partenariat pour la jeunesse, et de le faire avec plusieurs projets qui sont nommément spécifiés dans cette déclaration commune. Avec aussi la volonté que nos sociétés civiles, les acteurs de l'ensemble de ces secteurs, nos artistes, nos sportifs, nos chercheurs, nos académiques, nos entrepreneurs travaillent ensemble avec des initiatives que nous avons lancées, et de la création d'incubateurs, d'initiatives, de formations, de résidences d'artistes à des initiatives sur le cinéma que nous avons prises, de la préparation des Jeux olympiques aux initiatives de recherche. Au fond, nous avons égrené ainsi les sujets que nous allons suivre maintenant. 

Et puis, sur les sujets de mobilité, si sensibles pour tant de nos binationaux et de nos diasporas et de nos compatriotes de part et d'autre de la Méditerranée, je crois que nous avons clarifié les sujets avec une volonté partagée de traiter les questions de sécurité qui devaient l’être, et de lutter contre tous les trafiquants, mais en même temps, de permettre à celles et ceux qui ont une activité, un cœur, des intérêts, des envies et des ambitions pour les deux rives de pouvoir circuler plus facilement. 

Maintenant, beaucoup reste à faire et nous le savons. Et ce que nous nous sommes dit à l'instant avec le Président, c'est que nous allons scander les prochains mois. D'abord dans les prochaines semaines, par réunion des Premiers ministres et de nombreux membres du gouvernement qui se tiendra ici même en Algérie, et ce CIHN est attendu et nous allons le tenir donc très vite. Puis de nombreuses réunions bilatérales et visites bilatérales pour scander cet agenda. Nous-mêmes, nous allons nous mobiliser de manière très régulière de part et d'autre pour pouvoir suivre de près et que l'action suive la parole. 

Aujourd'hui, nous avons écrit des mots et signé des mots et je veux ici vous dire aussi, cher Président, combien cela vous doit. Nous avons le même entêtement à réussir ensemble parce que nous avons la même conviction qu'au fond, la relation n'est pas simplement une relation bilatérale comme les autres. C'est une relation d'intimité profonde. Et pour l'Algérie, et pour la France, et pour nos deux pays. Donc, merci Président de tout ce travail, de ce que nous signons aujourd'hui, mais maintenant de tout ce que nous ferons ensemble. Merci Président.

[…]

Journaliste 
Ma question s’adresse au Président de la République française. Monsieur le Président, est-ce que nous pouvons dire qu'aujourd'hui les relations entre l'Algérie et la France partent vers de nouveaux horizons sur le plan économique ?

Emmanuel MACRON 
Oui, parce que tout se tient et nous le savons. Et donc, comme je le disais en concluant le propos à l’instant que je tenais, la relation qu’il y a entre nous est une relation d’intimité. Et donc quand parfois il y a des malentendus, ces malentendus prennent des proportions qu’il n’y a pas entre deux pays totalement étrangers l’un à l’autre. Et donc la volonté qui est la nôtre, ce que nous scellons aujourd'hui, ce sur quoi nous allons travailler, et avec nous, toutes celles et ceux qui sont dans cette pièce, c'est d'œuvrer à ce que l'intimité se renforce en ayant un dialogue permanent sur tous les sujets, et y compris les sujets qui parfois nous ont empêché d'aller de l'avant parce qu'il revenait sans cesse, ceux de la mémoire et de l'histoire, avec cette méthode nouvelle, cette approche nouvelle que nous adoptons ensemble pour la première fois. 

Tout cela va, je crois, nous permettre d'avancer encore plus fortement sur le plan économique. La relation est forte sur le plan économique. Elle a, ces dernières années, été marquée par plusieurs initiatives et il y en a plusieurs artisans dans cette salle où nous avons avancé, construit ensemble des usines, lancé de nouveaux projets ; et nous pouvons faire beaucoup plus. Et donc nous avons décidé en matière de recherche, en matière d'énergie, en matière de matériaux rares, en matière d'industrie, en matière de nouvelles technologies, en matière d'industrie culturelle et créative, pour n'en citer que quelques-unes, des chantiers, dont certains là sont complètement inédits. Et pour cela, on va œuvrer sur la formation de talents ensemble, sur la construction de projets communs et sur des partenariats, parfois de gouvernement à gouvernement, d'autres fois entre les acteurs eux-mêmes, et aussi l'amélioration de nos circuits de financement et de nos capacités dans la durée à financer ces projets ou ces secteurs. Je ne suis pas exhaustif mais, donc oui, je pense que nous avons au cœur de ce pacte et de ce partenariat, je crois beaucoup de choses, d'un renouvellement profond et d'un renforcement de la relation économique. Et je pense que c'est une chance pour nos deux pays, nos deux pays. Et les échanges que j'ai eu hier avec les entrepreneurs l'ont bien montré. C'est une chance pour la France, pour sa diaspora, et c'est une chance pour l'Algérie, sa jeunesse, ses entrepreneurs et aussi pour notre capacité à ensemble, travailler sur des marchés d'avenir comme le marché africain où je pense qu'on peut là aussi beaucoup faire ensemble. Donc cela va au-delà de la simple relation bilatérale.

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