S’appuyant sur les liens d’amitié et de coopération solides qui lient le Royaume d’Arabie saoudite et la France, le Président Emmanuel Macron a effectué une visite au Royaume d’Arabie saoudite le 4 décembre 2021. 

Le Président de la République française a été reçu par Son Altesse Royale le Prince héritier Mohamed bin Salman bin Abdulaziz Al-Saoud, vice-Président du Conseil des ministres et ministre de la Défense, au Palais royal Al Salam dans la province de Djeddah. Ils ont conduit des entretiens officiels à l’occasion desquels ils ont fait le point sur les relations historiques et stratégiques entre le Royaume et la France dans tous les domaines. Ils ont confirmé qu’il était important de renforcer l’action commune et de porter les relations bilatérales vers une coopération plus étroite et constructive, basée sur la confiance et les intérêts communs, de façon à pousser le partenariat stratégique bilatéral vers de nouveaux horizons prometteurs. 

Les deux parties ont salué les résultats positifs et fructueux réalisés depuis la visite en France de Son Altesse Royale le Prince héritier, vice-Président du Conseil des ministres et ministre de la Défense, en 2018, qui ont contribué à élargir les domaines de coopération entre les deux pays dans tous les secteurs. 

Au plan économique, les deux parties se sont félicitées des relations solides entre les deux pays. Elles ont convenu de l’importance de l’approfondissement du partenariat économique, du renforcement de la participation du secteur privé, de l’échange d’expertise, du développement des compétences, et de l’exploitation des opportunités découlant de la « Vision 2030 » du Royaume et du plan économique « France 2030 » dans divers secteurs d’intérêt commun. 

Les deux pays ont confirmé l’importance de la poursuite de la mise en œuvre d’un partenariat économique équilibré à travers les investissements croisés du secteur privé dans les deux pays. L’Arabie saoudite accueille favorablement une coopération accrue avec les entreprises françaises dans les secteurs de la Vision 2030 : énergie, gestion de l’eau et des déchets, villes durables, transports, aviation civile, solutions de mobilité, économie numérique, santé. La France souhaite attirer plus d’investissements saoudiens, tant de la part du secteur public que privé, en particulier dans les domaines des nouvelles technologies, des start-ups et des industries du futur. L’Arabie saoudite aspire à renforcer les investissements du secteur privé saoudien sur le marché français. 

Les deux parties ont salué la signature de nombreux contrats et accords dans tous les secteurs économiques à l’occasion des rencontres entre hommes d’affaires des deux pays, qui se sont tenues en marge de cette visite, renouvelant ainsi le partenariat profond qui lie les secteurs privés des deux pays. 

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement en matière de protection de l’environnement et de la biodiversité. Le Président français a exprimé son appréciation pour les initiatives et les efforts du Royaume dans le secteur de l’environnement et du changement climatique. 

Dans le secteur de l’énergie et ses divers domaines, les deux parties ont confirmé les relations solides qui lient les deux pays, matérialisées par divers projets dans les secteurs du raffinage du pétrole, de la production pétrochimique, de l’électricité et des énergies renouvelables, en particulier dans les domaines du développement des projets et des compétences, de la sécurité des centrales et des réseaux électriques et de la fiabilité des services, comme de l’échange d’expertise dans la connectivité électrique. 

Les deux parties sont convenues du renforcement de leur coopération dans les domaines de la production d’énergie nucléaire dans un cadre sûr et pacifique, de la gestion des déchets radioactifs, ainsi que des applications nucléaires, de la sûreté nucléaire et du développement des compétences dans le cadre de l’accord intergouvernemental signé en 2011. 

S’agissant du changement climatique, les deux parties ont confirmé l’importance de l’engagement sur les principes de l’accord cadre pour la lutte contre le changement climatique et l’accord de Paris, ainsi que la nécessité de développer et de mettre

en œuvre les accords climatiques en mettant l’accent sur les émissions zéro carbone, y compris par le biais de l’économie circulaire du carbone, en tant que cadre intégré et global pour le traitement des émissions de gaz à effet de serre. 
Le Président de la République française a salué les deux initiatives « Green Saudi » et « Green Middle-East ». Les deux parties ont confirmé l’importance de la coopération afin de mettre en œuvre ces initiatives. 

Les deux parties ont confirmé l’importance de leur coopération pour étudier les opportunités de développement de la production d’hydrogène propre dans le Royaume, ainsi que ses différents usages, pour participer à la transformation des économies en économies sans émission de gaz à effet de serre et à la transition énergétique mondiale. 

Les deux parties ont fait le point sur les efforts déployés pour la lutte contre la pandémie de la COVID-19, et les succès enregistrés par les deux pays dans ce combat. Elles ont rappelé leurs efforts en vue de soutenir les pays les moins développés comme les pays en voie de développement alors que ceux-ci font face aux conséquences économiques, sanitaires et sociales de la pandémie de COVID-19. 

Dans le domaine de la culture, les deux parties ont souligné l’importance du développement des relations historiques entre les deux pays qui ont connu au cours des 6 dernières décennies une coopération continue dans différents domaines. Elles ont convenu de l’importance de renforcer cette coopération, en particulier dans le développement des musées, l’industrie cinématographique, et le patrimoine. 

Les deux parties saluent la coopération fructueuse en cours pour le développement durable de la région d’Al-Ula, dans le cadre de l’accord intergouvernemental signé en avril 2018. Elles saluent la signature de nouveaux accords, par lesquels la France contribue au développement culturel et touristique de cette région au très fort potentiel. 

Les deux parties ont également réaffirmé qu’il était important d’accélérer le rythme de la coopération dans le domaine du tourisme, et de lancer des initiatives afin de développer l’activité touristique, permettant de révéler les atouts touristiques de chaque pays, de renforcer la communication entre les peuples des deux pays et de faciliter la réalisation de ces objectifs. 

Les deux parties ont salué l’élargissement de la coopération entre les universités, les facultés de technologie, les think tanks et laboratoires de recherche, ainsi que le renforcement de la coopération dans les domaines de la recherche scientifique, du développement et de l’innovation, à travers des mesures concrètes et des projets structurels dans les filières scientifiques qui répondent aux exigences de l’avenir. 

Les deux parties ont salué la signature de plusieurs accords et MoUs dans divers domaines (culturel, touristique, technologies numériques et espace), ainsi que l’accord pour la création d’un centre culturel français (Villa Hegra) à Al-Ula. 

Dans le domaine de la défense et de la sécurité, les deux parties ont confirmé l’importance de l’évaluation continue des menaces communes envers les intérêts des deux pays, ainsi qu’envers la sécurité et la stabilité de la région. Elles ont salué le partenariat de défense historique qui les unit et sont convenues de renforcer leur dialogue pour approfondir leur convergence stratégique. 

S’agissant des dossiers régionaux et internationaux, les deux parties ont réaffirmé l’importance du renforcement et de la consolidation de la coopération franco-saoudienne, de la coordination de leurs positions vis-à-vis des questions d’intérêt commun, afin d’instaurer la paix et la sécurité au Moyen-Orient en particulier, et dans le monde en général, et de faire face aux politiques et aux ingérences déstabilisatrices sur les scènes régionale et internationale. Les deux parties ont salué l’importance du Sommet de Bagdad qui s’est tenu en août 2021, afin de renforcer la stabilité de l’Irak et d’encourager le dialogue régional. 

Elles ont souligné leur détermination à accroître leurs efforts communs dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, sous toutes leurs formes et représentations, sur les scènes locale, 
régionale et internationale, et contre leur financement. Elles sont convenues de renforcer leur coopération technique et opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. 

Les deux parties ont confirmé leur soutien à l’instauration de la paix au Moyen-Orient, et ont souligné l’importance d’une solution globale au conflit israélo-palestinien, conformément à la solution des deux Etats, aux résolutions des Nations unies pertinentes et à l’initiative de paix arabe qui garantit le droit du peuple palestinien à l’instauration d’un Etat dans les frontières de 1967, ayant Jérusalem-Est pour capitale. Dans ce contexte, les deux parties ont appelé à faire cesser la politique de colonisation israélienne qui menace la solution à deux Etats. 

Les deux parties ont exprimé leur forte préoccupation face au développement du programme nucléaire de l’Iran et à son manque de coopération et de transparence vis-à-vis de l’AIEA. La France a rappelé sa détermination à ce que l’Iran ne puisse jamais développer ou acquérir une arme nucléaire. Les deux parties sont convenues qu’il était important de contenir les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région, y compris l’usage et le transfert des drones et des missiles balistiques qui ont conduit à des attaques visant le Royaume d’Arabie saoudite. 

S’agissant du Yémen, les deux parties ont confirmé l’importance du soutien aux efforts déployés, notamment par l'envoyé spécial des Nations unies, en vue de parvenir à une solution politique globale à la crise yéménite, conformément à l’initiative du Golfe et ses mécanismes d’exécution, aux conclusions du dialogue national global, et aux résolutions du Conseil de sécurité pertinentes, y compris la résolution 2216. La France a réitéré son entier soutien à 
l’initiative de paix saoudienne, proposée le 22 mars 2021. Elle a condamné les attaques aux missiles balistiques et aux drones que commettent les milices houthies et confirmé son engagement historique en faveur de la sécurité du Royaume. 

S’agissant du Liban, les deux parties ont souligné la nécessité pour le gouvernement libanais de mettre en œuvre des réformes globales, en particulier l’engagement à appliquer l’accord de Taëf, qui garantit l’unité nationale et la paix civile au Liban. Ces réformes doivent notamment porter sur les secteurs de la finance, de l’énergie, de la lutte contre la corruption et du contrôle des frontières. Les deux parties ont convenu de travailler avec le Liban afin de garantir la mise en œuvre de ces mesures. Elles ont souligné que les armes devaient strictement être restreintes aux institutions légales de l’Etat et que le Liban ne devait être la source d’aucun acte terroriste qui déstabilise la région ou d’exportations de stupéfiants. Elles ont souligné l’importance du renforcement du rôle des forces armées libanaises dans le maintien de la sécurité et de la stabilité du Liban. Elles se sont accordées sur la poursuite de la concertation entre les deux pays sur tous ces dossiers. Elles sont convenues de l’établissement d’un mécanisme franco-saoudien d’aide humanitaire dans un cadre qui garantit la transparence totale et ont marqué leur détermination à trouver les mécanismes adéquats afin d’atténuer la souffrance du peuple libanais, en collaboration avec les pays amis et alliés. Elles ont affirmé l’importance de préserver la stabilité du Liban et du respect de sa souveraineté et de son unité, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité (1559), (1701) et (1680) et aux résolutions internationales pertinentes.

S’agissant de l’Irak, les deux parties ont exprimé leur soutien aux efforts du gouvernement irakien visant à éradiquer le terrorisme et à préserver la sécurité, la stabilité, l’unité et la souveraineté territoriale de l’Irak. Elles ont souligné l’importance de l’arrêt de toutes les ingérences étrangères dans les affaires internes de l’Irak. Elles ont salué la tenue des élections le 10 octobre 2021 et marqué leur espoir qu’un nouveau gouvernement puisse être formé rapidement. 

S’agissant de la Syrie, les deux parties ont confirmé l’importance de parvenir à une solution politique à la crise en Syrie, conformément à la déclaration de Genève (1) et à la résolution du Conseil de sécurité 2254, afin de mettre un terme à la souffrance humanitaire du peuple syrien, de maintenir l’unité de la Syrie et son intégrité territoriale, et de soutenir les efforts de l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. 

S’agissant de la Libye, elles ont confirmé l’importance de parvenir à une solution politique à la crise libyenne, conformément aux résolutions internationales, de façon à permettre l’instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région. 

La partie française s’est félicitée de l’appel lancé par l’Arabie saoudite à l’organisation d’une réunion extraordinaire du Conseil ministériel de l’O.C.I pour débattre de la situation humanitaire en Afghanistan et contribuer à apporter une réponse humanitaire adéquate. 

A l’issue de la visite, le Président français a exprimé ses remerciements et son appréciation au gouvernement et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’accueil chaleureux qu’il a reçu avec sa délégation et pour leur hospitalité. 

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