Publié le 5 février 2020

Déclaration du Président Emmanuel Macron avec Alberto Ángel Fernández, Président de la République argentine

(Re)voir la déclaration du Président Emmanuel Macron avec Alberto Ángel Fernández, Président de la République argentine :

5 février 2020 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration du Président Emmanuel Macron avec Alberto Ángel Fernández, Président de la République argentine

Télécharger le .pdf

Monsieur le Président, cher Alberto,
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier le Président Fernández d'avoir fait le choix de se rendre en Europe dans un grand tour que nous avons suivi, et aujourd'hui à Paris. Peu de temps après son élection et son entrée en fonction et je veux lui souhaiter à cet instant la bienvenue et lui dire combien nous sommes heureux, une nouvelle fois de le féliciter pour son élection, et de l'accueillir.

En vous recevant ici, je voulais avant toute chose saluer la vitalité de la démocratie de l'Argentine, le choix libre et souverain de l'alternance, l'esprit d'unité qui a régné après votre élection. Et nous voyons tant de crise dans la région aujourd'hui se produire pour souligner cette force, je veux ici le dire, de votre pays. C'est le signe d'une grande responsabilité et la marque d'une volonté d'agir pour l'intérêt général de votre pays dans un moment marqué par beaucoup de défis. La vitalité et le respect des valeurs démocratiques représentent en effet ce socle fondamental sur lequel se construit l'avenir de nos nations et de nos relations. Et vous savez combien vous pouvez compter sur nous en l'espèce, et combien nos peuples se tiennent, dans les moments difficiles, côte à côte. Et je n'oublie pas les pages les plus dures de votre histoire. J'étais il y a quelques mois dans votre pays et j'ai pu me rendre lors de mon déplacement en Argentine en 2018 au parc de la Mémoire à Buenos Aires redire aussi cette amitié et ce soutien.

Monsieur le Président, votre visite à Paris, l'année du 170è anniversaire de la mort du Général San Martín à Boulogne-sur-Mer, est symbolique, comme l'est au demeurant la présence du bonnet phrygien sur les armoiries argentines, symbolique de cette longue histoire entre nos deux pays. Nous avons partagé des symboles, nous avons partagé des héros et la tournée que vous venez d'effectuer en Europe témoigne aussi de l'importance que revêt ces liens entre votre pays et notre continent.

C'est cet esprit de dialogue, de convergence que nous allons continuer de faire fructifier sur beaucoup d’agendas. D'abord, dans un instant, en retrouvant les nombreux écrivains, artistes, sportifs, intellectuels, politiques, cuisiniers qui font la force de notre relation. Ces femmes et ces hommes qui font vivre justement le dialogue permanent qu'il y a entre nos deux pays et que nous célébrerons lors de l’organisation d'une saison croisée France-Argentine en 2022 et 2023, qui sera l'occasion de mettre cette relation à l'honneur.

Nous allons aussi parler de beaucoup des sujets bilatéraux, économiques, culturels qui nous occupent et je sais combien vous y tenez. Nous pouvons encore faire davantage dans la relation bilatérale, l'intensification de celle-ci. Et dans ce contexte, je veux dire aussi que la France se tiendra à vos côtés et sera mobilisée aux côtés du Fonds monétaire international et d'autres partenaires pour aider l'Argentine à retrouver le chemin de la croissance, d'une dette soutenable. La situation économique de votre pays, bien évidemment, est pour nous un sujet de préoccupation et de mobilisation et nous avons toujours soutenu les efforts de stabilisation de votre économie, d'intégration dans la communauté financière internationale et nous continuerons de le faire. Nous aurons aussi dans ce contexte l'occasion, évidemment, de parler de notre rôle économique. La France a une forte présence économique : 250 entreprises, 70 000 emplois directs. Depuis 2017, l'Agence française de développement accompagne les priorités gouvernementales argentines et nous continuerons d'agir en ce sens.

Nous parlerons aussi, évidemment, des sujets de crises régionaux, le Venezuela, bien sûr, mais également la Bolivie, avec la volonté de faire œuvre utile pour pacifier ces situations et là aussi, œuvrer pour que la souveraineté nationale soit entendue et la concorde nationale retrouvée.

Et puis, je souhaite que nous puissions faire davantage sur au moins deux sujets internationaux dont nous allons parler, celui de l'environnement. J'ai souligné l'importance de l'année 2020 pour les décisions fortes qui nous attendent en matière de biodiversité comme de lutte contre le réchauffement climatique. Et je vous remercie d'ailleurs de votre mobilisation, de votre détermination à montrer l'exemple sur le continent sud-américain pour faire en sorte que l'Amérique du Sud soit au rendez-vous de la planète. Et donc, je souhaite que nous puissions là aussi œuvrer la main dans la main. Et sur le droit des femmes également, autre sujet multilatéral, international, qui nous occupera dans les prochains mois puisque la France aura à accueillir, 25 ans après la conférence mondiale de l'ONU à Pékin, une nouvelle conférence sur ce sujet.Et je sais là aussi combien vous vous êtes engagés de manière courageuse sur beaucoup de points. Je sais aussi combien l'histoire de l'Argentine a partie liée avec l'engagement des femmes dans la vie publique et je souhaite que nous puissions aussi nous mobiliser ensemble sur ce sujet.

Je ne veux pas être plus long et nous allons dans un instant travailler, échanger en amitié. Mais je voulais vous dire, Monsieur le Président, notre joie de vous avoir ici et de pouvoir décliner ce programme de travail commun pour les mois et les années à venir.

Merci !

Voir tous les articles et dossiers