Préambule

1. Nous, ministres du Travail et de l’Emploi du G7 et la Vice-Présidente exécutive de la Commission européenne, nous sommes réunis au siège de l’Organisation internationale du Travail en marge de la Conférence internationale du Travail le 9 juin 2026, en présence du Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, du Secrétaire général adjoint de l’Organisation de coopération et de développement économiques, ainsi que des dirigeants des organisations mondiales de travailleurs et d’employeurs, Labour 7 et Business 7.

2. La Présidence du G7 a proposé de centrer l’agenda des travaux de cette année sur les réponses aux déséquilibres mondiaux et le renforcement des partenariats internationaux, démontrant ainsi notre capacité collective à relever les défis macroéconomiques structurels par une action coordonnée et tournée vers l’avenir.

3. La Présidence du G7 Social a choisi d’aborder, dans ce contexte, la dimension sociale de ces défis macroéconomiques. Elle a donc examiné deux priorités qui se renforcent mutuellement : la promotion des emplois de qualité et le renforcement du travail décent, les deux contribuant au maintien de conditions de concurrence loyale aux niveaux national et international.

4. Ces priorités se traduisent par des résultats concrets donnant lieu à des mesures pratiques, opérationnelles et tournées vers l’avenir, conçues pour passer d’une ambition commune à une mise en œuvre réelle.

Promouvoir des emplois de qualité assortis d’une rémunération juste, de conditions de travail sûres et d’opportunités d’emploi.

5.

a/ S'appuyant sur le Communiqué des Dirigeants du G7 des Pouilles (2024), la déclaration du G7 à Cagliari et le Plan d'Action du G7 pour une adoption centrée sur l'humain d'une IA sûre, sécurisée et fiable dans le monde du travail, réaffirmés par la déclaration des dirigeants du G7 sur « l'IA pour la Prospérité » à Kananaskis, au Canada (2025), nous décidons de poursuivre nos efforts conjoints pour garantir aux travailleurs de nos pays G7, un accès facilité à des opportunités de perfectionnement et de requalification tout au long de leur vie, dans le but d’étendre l’usage de l’IA sur nos lieux de travail.

b/ À cette fin, nous mettrons en place un « Hub G7 de Formation à l’IA », hébergé par l’OCDE et destiné à favoriser l’apprentissage mutuel par l’échange de bonnes pratiques. Le Hub viendra compléter et mettre en valeur les initiatives existantes en matière d’acquisition de compétences nécessaires à l’usage de l’IA. Il offrira, en outre, une vue d’ensemble structurée, comparable et régulièrement mise à jour le cas échéant, des programmes de formation à l’IA, publics et privés, en cours dans l’ensemble des pays membres du G7.

6.

a/ Notre réussite en matière d’augmentation du taux de participation au marché du travail est due à un certain nombre de facteurs, notamment l’allongement de la vie active et la mise en place de modalités de travail plus flexibles. À titre d’exemple, pour répondre au vieillissement démographique dans les économies du G7, nos efforts ont conduit, au cours des deux dernières décennies, à une augmentation continue du taux d’activité des travailleurs âgés.

b/ Compte tenu du défi d’accès à l’emploi des personnes se trouvant en marge du marché du travail, nous intensifierons nos efforts pour accroître les opportunités d’emploi pour toutes les tranches d’âge par le renforcement notamment de leur employabilité, de leur adaptabilité et par leur fidélisation. Nous mettrons un accent particulier sur l’accès à des emplois de qualité et l’extension des opportunités d’emploi pour les travailleurs laissés jusqu’ici au bord du chemin.

7.

a/ La mobilité des travailleurs est un moteur essentiel de l’innovation et de la productivité de notre main-d’œuvre, favorisant leur confiance dans l’avenir du travail tout en les invitant à s’adapter aux besoins du marché du travail. La mobilité professionnelle et la progression de carrière sont, en outre, essentielles pour aider les travailleurs à évoluer vers des emplois de qualité tout en leur préservant l’accès au développement des compétences et des talents.

b/ Nous organiserons une Conférence G7 sur « La Mobilité professionnelle et la progression de carrière » le 14 décembre 2026 à Paris. Un recueil des bonnes pratiques des pays du G7 en la matière sera publié avant la Conférence et enrichi ensuite avec les conclusions de cette conférence.

Renforcer le travail décent pour garantir une concurrence juste et la résilience économique

8.

a/ Pleinement conscients de l’importance croissante des minerais stratégiques, nous nous engageons à prendre des mesures pour faire en sorte que ces ressources soient extraites dans des conditions assurant la dignité, la sécurité et le respect des droits de l’Homme et du travail, en particulier dans des environnements où la mise en œuvre des Principes et droits fondamentaux au travail (PDFT) demeure insuffisante.

b/ Dans le prolongement des efforts internationaux en cours qui ont réaffirmé l’importance d’une conduite responsable des entreprises et des marchés de minerais stratégiques respectueux des normes , lors des dernières Présidences du G7 — Japon (2023), Italie (2024) et Canada (2025) —, nous approuvons et diffuserons la « Boîte à Outils G7 pour des critères fondés sur des normes, visant à identifier les risques de travail forcé dans l’extraction des minerais stratégiques ». Nous soulignons l’approche volontaire et adaptable de cette boîte à outils qui encourage une coopération précoce et soutenue entre les gouvernements, les entreprises, les organisations de travailleurs et d’employeurs, ainsi que les parties prenantes locales, afin d’identifier les facteurs structurels de risque et de soutenir des mesures concrètes en faveur d’une conduite responsable des entreprises. 

Un Objectif Fédérateur : Préserver la concurrence loyale à l’échelle mondiale

9.

a/ Lors de nos travaux préparatoires, nous avons discuté des stratégies visant à instaurer des conditions de concurrence loyale à l’échelle mondiale, en mettant particulièrement l’accent sur sa dimension sociale. Nous reconnaissons que le maintien de conditions de concurrence loyale à l’échelle mondiale nécessite i) de lutter contre le moins-disant social créé par l’exploitation des travailleurs et le contournement des normes du travail et ii) de prévenir les risques de délocalisation de nos emplois.

b/ Une moindre exposition aux pratiques concurrentielles déloyales nécessite la mise en œuvre effective des Principes et droits fondamentaux au travail (PDFT) de l’OIT. Elle nécessite également le renforcement d’un modèle économique fondé sur l’innovation, les compétences et une croissance créatrice d’emplois. Pour ce faire, il nous faut accroître les investissements à long terme des entreprises, développer les compétences des travailleurs, soutenir les chaînes de valeur stratégiques, promouvoir des conditions de travail décentes et améliorer la transparence tout au long des chaînes de sous-traitance.

c/ Nous appelons à la poursuite des discussions sur ce sujet au sein du Groupe de travail de l’Emploi (EWG), en partenariat avec le Labour 7 et le Business 7, et avec le soutien de l’OIT et de l’OCDE.