Déclaration d'Emmanuel Macron le mercredi 12 juillet 2017 lors du sommet des Balkans occidentaux à Trieste.

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Rubrique : International, développement et francophonie

Nous venons d’avoir un nouveau Sommet des Balkans Occidentaux ici, à Trieste. Je me réjouis d’être présent à ce Sommet qui est une nouvelle avancée dans ce qu’on appelle le Processus de Berlin, qui avait été lancé en 2014 par la Chancelière à Berlin et qui nous a permis, avec six Etats des Balkans, d’avoir une discussion approfondie sur de nombreux sujets.

Je retiens trois sujets principaux qui nous ont occupés et ont permis des avancées substantielles.

Le premier en termes de sécurité, où la France en particulier a proposé une initiative que nous allons conduire qui permettra un meilleur contrôle des munitions et des armes légères dans la région. Puisque l’un des fléaux dans la région des Balkans, c’est la criminalité qui s’y est installée. La France est justement à la tête aujourd’hui de cette initiative au niveau de l’ONU jusqu’à la mi-2018 et nous avons proposé de pouvoir coordonner cet effort en termes de stockage des munitions, de meilleur contrôle des armes légères, ce qui est un véritable fléau dans la région et je pense que c’est une avancée en termes de sécurisation.

De la même façon, nous avons pu acter une initiative en termes de lutte contre la criminalité et de lutte contre la radicalisation, qui est un des fléaux aussi de la région. Puisqu’il y a un fondamentalisme violent, qui, là aussi, se développe. Donc, l’Office, l’initiative qui avait été lancée à Paris lors de ce même Sommet l’année dernière, pour la jeunesse, pourra coordonner une initiative de lutte contre la radicalisation qui sera très utile dans la région.

Plusieurs autres initiatives ponctuelles ont été développées. Nous avons en particulier un accord avec la Serbie, d’une part, et un accord avec la Bosnie-Herzégovine en termes de coopération et de lutte contre la criminalité qui a aussi pu être acté lors de ce Sommet.

Le deuxième axe, c’est la jeunesse, en effet, il y a une jeunesse des Balkans qui doit pouvoir se rapprocher de la jeunesse européenne. Une série d’initiatives de rapprochement des sociétés civiles, un travail plus actif lié en particulier au numérique a été acté. Il y a un office donc qui a été mis en place l’année dernière avec une forte coopération en particulier de l’Office franco-allemand, qui va continuer son développement avec des actions très concrètes à destination de la jeunesse des Balkans Occidentaux qui ont besoin justement de ce rapprochement entre les sociétés civiles et d’une plus grande place de leur jeunesse.

Nous voulons aussi, dans le cadre du développement d’une feuille de route numérique européenne, qui va occuper les prochains mois, puisque le Sommet de Tallinn en particulier, fin septembre, sera consacré à ce sujet, intégrer la problématique des Balkans et avoir des initiatives concrètes à l’égard de la jeunesse des Balkans.

Enfin, le troisième axe d’avancée a été celui de la mobilité avec la signature, à l’instant, d’un protocole d’accord justement sur les infrastructures. C’est un gros travail, qui d’ailleurs avait connu un point d’étape à Paris l’année dernière, qui est conduit de près par la Commission européenne et qui permet le développement de cofinancements et de vrais projets d’infrastructures qui sont nécessaires pour le désenclavement des Balkans Occidentaux et de plusieurs pays des Balkans, en particulier la Bosnie-Herzégovine qui attendait avec beaucoup d’impatience une partie de ces projets. Le Kosovo était aussi très en attente, l’Albanie, c’est une série de projets qui sont extrêmement importants pour la région.

Ce dialogue continu est extrêmement important. Il a permis de gérer en partie la crise des migrations, il y a maintenant près de deux ans. Parce que ce forum est un forum de dialogue qui a permis une meilleure coopération que ce que nous avons connu dans le passé. C’est un forum qui permet d’aller jusqu’au bout du processus de réconciliation engagé, il y a maintenant quelques années, qui est absolument indispensable pour la région. C’est un forum qui permet des avancées concrètes comme celles que je viens d’évoquer. C’est aussi une organisation de dialogue et de rapprochement entre ces pays des Balkans et l’Union européenne, dans le cadre d’un dialogue qui va vers un élargissement.

Je suis, pour ma part, favorable à ce dialogue et à cette perspective d’élargissement. Je suis favorable à ce qu’on arrime ces pays avec l’Union européenne, pour éviter précisément que, face aux déstabilisations géopolitiques régionales, face aux déstabilisations d’ailleurs revendiquées par certains, aux crises migratoires, aux défis que chacun de ces pays a traversés, ces déstabilisations ne viennent à construire des ruptures dans une région qui est voisine. Nous sommes ici à Trieste et nous pouvons de ses côtes voir justement ces Balkans. Ils manifestent, cette vision manifeste la grande proximité qui est la nôtre, qui est une proximité historique, géographique, mais aussi une proximité de destins.

Voilà ce que je souhaitais vous dire, avant le dîner de travail que nous allons maintenant partager, qui permettra aux ministres, en particulier le ministre des Affaires étrangères, qui est présent avec moi ici, de rendre compte des avancées dans chacun des différents secteurs, d’acter donc ces avancées, avant une rencontre qui se tiendra l’année prochaine à Londres.

Demain, nous aurons un Conseil des ministres franco-allemand, nous reviendrons sur quelques-uns de ces sujets, en particulier les sujets de défense, les sujets de sécurité, les sujets migratoires et les coopérations fortes que nous souhaitons conduire justement avec l’Allemagne sur nombre des points que je viens d’évoquer.

Nous continuerons l’activité diplomatique des prochains jours avec, d’une part, la réception de monsieur TRUMP à Paris, les 13 et 14 juillet, à l’occasion des Cent ans de la participation américaine au premier conflit mondial aux côtés de la France. Avec également la réception, le 16 juillet prochain, du Premier ministre israélien, monsieur NETANYAHOU.

Plusieurs initiatives que nous conduirons, en particulier le ministre des Affaires étrangères se rendra dans la région du Golfe, à ma demande, pour pouvoir, dans un contexte de fortes tensions, aller discuter avec l’ensemble de nos partenaires. Puisque depuis le début de cette crise, la France joue un rôle d’intermédiaire, afin de baisser la tension. En discutant avec chacune des parties, de ramener le calme dans la région.

Merci pour votre attention.

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