Publié le 27 novembre 2018

Déclaration avec le Président de la Roumanie au Centre Georges Pompidou

Déclaration conjointe du Président de la République et de Klaus Werner IOHANNIS, Président de la Roumanie

27 novembre 2018 - Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président, Cher Klaus,

Mesdames et Messieurs les Ministres, Ambassadeurs,                      

Merci au Centre Pompidou de nous recevoir et à l’ensemble des responsables de ce bel événement et merci aussi à l’ensemble des mécènes d’être présents aujourd’hui en ce lieu avec nous et merci à l’ensemble des participants de cette saison culturelle Roumanie-France.

Le président IOHANNIS, son épouse, mon épouse et moi-même avons eu la chance de découvrir à l'instant de manière trop courte parce que nous étions contraints, donc nous reviendrons, le début de ce qui sera justement l'une des nombreuses expositions organisées dans le cadre de cette saison croisée. Je tiens vraiment à remercier l'ensemble de celles et ceux qui se sont mobilisés pour leur réussite et notamment les deux commissaires.

Cette saison culture revêt un caractère symbolique à plus d'un titre, d'abord c'est la première saison croisée que la France organise avec un pays de l'Union européenne. Ca correspond à une conviction profonde qui est la mienne, souvent entre Européens nous oublions de nous fréquenter, de mieux nous connaître et nous considérons que l'Europe ce serait simplement Bruxelles, c'est aussi Bruxelles mais ce sont nos imaginaires réciproques, nos relations bilatérales et la profondeur de celles-ci. C'est pour moi un symbole important un peu plus d'un an après la visite bilatérale que je vous avais rendue que nous puissions ensemble aussi lancer cette initiative.

Ensuite parce que la culture est à mes yeux l'un des ciments de notre Europe, je pense que notre culture est essentielle au cœur du projet qui est le nôtre et dans lequel nous croyons profondément. Nous l'avons vu à l'instant avec un artiste contemporain, totalement contemporain si je puis dire, qui à travers son œuvre cherche à revisiter l'imaginaire européen depuis le XVIIème siècle qui représentait la figure de l'intellectuel et nous l'avons vu à travers ce début de saison croisée. Mais beaucoup des choses que nous avons en partage, beaucoup de ce qui peut nous faire avancer et relever les défis contemporains procèdent de nos cultures profondes. Et je crois que notre responsabilité est grande aujourd'hui pour réussir aussi à faire cette Europe du dialogue entre les cultures, des intellectuels, des artistes contemporains et bâtir davantage encore cette identité qui ne doit pas être une identité commune ou homogène mais qui est une identité commune, c'est-à-dire partagée, faite de dialogue entre nos imaginaires, faite de moments où les artistes comme les citoyens se perdent dans l'imaginaire l'un l'autre et où les uns et les autres justement échangent par le truchement de références communes ou réciproques, c'est ça l'Europe.

La chance qui est la nôtre c'est précisément de ne pas être les mêmes, je crois que la culture peut nous permettre de le redécouvrir là où nous n'avons ces derniers temps évoqué que des sujets où ces différences pouvaient être vécues comme des handicaps. L'Europe est multiple mais c’est sa chance, sa langue c'est la traduction, sa culture commune c'est le dialogue entre les 28 cultures qui la forment aujourd'hui et je crois que cette saison croisée et ce que nous avons commencé à voir ensemble le permet.

Cette saison croisée illustre également nos liens historiques puisqu'elle s'inscrit dans le cadre des commémorations du centenaire de la Roumanie moderne et évidemment nous n'oublions pas là aussi la place toute particulière et le rôle tout particulier que nos deux pays ont eu l'un pour l'autre et je pense évidemment en particulier au général BERTHELOT et c'est à ce titre que vous avez, Monsieur le Président, participé ce matin à une cérémonie aux Invalides avec la ministre des Armées. Cette saison croisée coïncidera également avec la première présidence roumaine du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2019.

Votre présidence sera marquée par des enjeux majeurs, les élections européennes et le renouvellement des institutions européennes qui en découleront, le Brexit, la feuille de route pour l'avenir de l'Europe et à ce titre le sommet que vous organiserez à Sibiu le 9 mai 2019 là aussi dans une ville ô combien emblématique sur les sujets que je viens d'évoquer et pour notre Europe. Ce sommet donc sera véritablement une étape décisive de la refondation et nous aurons à y apporter plusieurs débats et à en tirer toutes les conclusions de nos consultations citoyennes. Le futur de l'Europe sera au cœur des échanges que nous aurons tout à l'heure lors de notre déjeuner de travail et au-delà des sujets bilatéraux et internationaux dont la relation est faite et vivante grâce à toutes celles et ceux qui sont là, acteurs du monde économique qui depuis des décennies sont fortement investis dans votre pays et participent à son développement mais aussi intellectuels, académiques, fonctionnaires, étudiants et donc nous aurons à faire avancer cet agenda avec eux.

Nous aurons également à évoquer les Balkans occidentaux et la Moldavie et à aborder largement évidemment les enjeux européens sur lesquels avec le président IOHANNIS nous partageons une ambition commune. Je pense notamment aux propositions en matière d'Europe de la défense pour renforcer la solidarité européenne en matière de sécurité. Nous évoquerons également la situation de l'Etat de droit en Europe et je tiens ici à saluer l'action du président IOHANNIS pour défendre les valeurs européennes à chaque instant et se battre dans son pays contre toutes formes de recul ou contre les vents mauvais que nous voyons se lever dans trop d'endroits. Nous incarnerons nos convergences de vue au plan bilatéral européen et international par la signature tout à l'heure d'une déclaration politique commune à l'Elysée.

Enfin, je n'oublie pas la place majeure de la Roumanie dans la francophonie, plus de deux millions de Roumains parlent le français et la Roumanie est un membre essentiel de l'OIF depuis 25 ans. Je forme le vœu que cette saison croisée soit aussi l'occasion d'amplifier la place du français, de la culture française en Roumanie et j'espère aussi secrètement que la décision prise il y a quelques mois de choisir une ministre des Sports d'origine roumaine y aidera largement.

Voilà Mesdames et Messieurs ce que je voulais dire en quelques instants en souhaitant avec quelques jours d'avance un excellent 100ème anniversaire à la Roumanie puisque nous sommes à quelques jours de ce 1er décembre si important. Je voulais remercier à nouveau le président IOHANNIS pour sa venue à Paris aujourd'hui après nos échanges à Bucarest en août 2017, vous remercier également, Madame, d'être là et vous dire combien je suis heureux qu'ensemble nous puissions souligner aussi toute l'importance que la culture, nos artistes, ces échanges qui ont aussi leur part d'indicible jouent dans le projet que nous portons. Parce qu'il y a beaucoup d'indicible et de non-politique dans ce que nous faisons chaque jour, c'est-ce que vous représentez, c'est ce que vous portez, c'est l'épaisseur de nos histoires et l'ambition très contemporaine de nos artistes. Je crois qu'au-delà de tout c’est cela à la fois qui nous rassemble et qui nous fait avancer ensemble.

Merci Cher Klaus, merci Monsieur le Président.

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