Déplacement international

Visite d’État du président de la République en Afrique du Sud

14 Octobre 2013

Lieu : Pretoria, Afrique du Sud

Rubrique : International, développement et francophonie

Type de contenu : Communiqué de presseLe programme

Visite d’État en République d’Afrique du Sud

Le président de la République, François HOLLANDE, effectuera une visite d’État en République d’Afrique du Sud, à l’invitation de M. le Président Jacob ZUMA, du 14 au 15 octobre 2013.

 

PROGRAMME PREVISIONNEL

 

LUNDI 14 OCTOBRE 2013

9h00 Cérémonie officielle d’accueil par M. Jacob ZUMA, président de la République d’Afrique du Sud, suivi d’un entretien

11h15 Signature d’accords en présence des chefs d’Etat

11h30 Conférence de presse conjointe

12h30 Cérémonie à Freedom Park avec les deux chefs d’Etat

- Visite de la galerie des leaders et du mur des noms

- Dépôt de gerbe devant le Monument à la mémoire des combattants de la liberté

13h45 Clôture du Forum économique par les chefs d’Etat

Allocutions des Présidents

18h00 Allocution du Président de la République devant la communauté française

19h30 Dîner d’Etat

 

MARDI 15 OCTOBRE 2013

8h00 Entretien avec M. Kgalema MOTLANTHE, Vice-président de la République d’Afrique du Sud

9h15 Visite de l’entreprise SANOFI

11h40 Soweto : Visite du Mémorial Hector PIETERSON et de l’ancienne maison de M. Nelson MANDELA

 

Vous pouvez consulter le dossier de presse consacré à cet événement en cliquant sur le lien ci-dessous :

Fichier PDF (619 Ko):  Le dossier de presse Afrique du Sud

Type de contenu : VidéoLe reportage

Première journée

Type de contenu : Album photosLes photos

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse conjointe en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse conjointe avec M. Jacob Zuma, président de la République d'Afrique du Sud

M. Jacob ZUMA - Excellence, M. le président, Mesdames et Messieurs les ministres des deux pays, membres de vos délégations, Mesdames et Messieurs, les membres de la presse. Je vous souhaite la bienvenue. Aujourd’hui marque un jalon important dans les relations bilatérales entre l’Afrique du Sud et la France. Nous sommes absolument ravis d’accueillir son Excellence, M. François HOLLANDE, lors de cette première visite d’Etat dans notre pays.

 

La coopération entre nos deux pays recouvre toute une gamme de domaines, notamment la défense, le développement, la coopération, les sciences, les technologies, l’art et la culture, l’énergie, l’agriculture. Nous avons aussi de solides liens économiques. Parmi les pays de l’Europe, la France est le troisième partenaire le plus important en investissement et en commerce pour l’Afrique du Sud. De la période 2004 à 2012, les investissements de 15 milliards de rands d’entreprises françaises, ont été enregistrés en Afrique du Sud, créant toute sorte de possibilités d’emplois.

 

Nous sommes convenus également que nous avons besoin, ensemble, de développer le commerce de façon équilibré. Nous allons prendre la parole en fin d’après-midi devant le Forum sud-africain-France économique pour que les deux côtés se saisissent de ces occasions ouvertes par nos relations cordiales. Les entreprises sud-africaines, en particulier se réjouissent d’avance des possibilités d’augmenter leurs exportations sur le marché français.

 

J’ai informé le président HOLLANDE des efforts que nous déployons pour stimuler notre économie grâce à notre nouveau plan national de développement. Nous avons préparé ce plan national de développement, afin que le pays se dote d’un plan à long terme, pour diriger nos efforts de développement en faveur d’une économie inclusive et pour créer des emplois, pour favoriser les capacités de l’Etat et pour promouvoir des partenariats dans toute la société.

 

Ce plan précise comment nous voulons que l’Afrique du Sud se développe d’ici 2030. Dans le cadre de ce plan national de développement, nous avons inscrit nos principaux instruments économiques comme la nouvelle voie vers la croissance et le plan d’action de politique industrielle pour favoriser l’activité économique dans six principaux domaines, à savoir : le développement des infrastructures, l’agriculture, les mines et l’enrichissement, les manufactures, l’économie verte et le tourisme.

 

Nous encourageons les milieux d’affaires des deux pays à coopérer de plus en plus dans ces domaines. Il y a déjà des investissements consacrés par des entreprises françaises dans d’importants projets d’infrastructure dans notre pays. Nous nous félicitons des développements positifs en matière de tourisme. A titre d’exemple, en 2012, quelques 122 000 touristes français sont venus en Afrique du Sud, soit une augmentation de 16% par rapport à l’année précédente.

 

La coopération dans les autres domaines, se poursuit également. L’amélioration des qualifications fait partie intégrante de notre vision de développement pour 2030. Je suis ravi que notre composante d’amélioration des qualifications techniques, porte sur la formation professionnelle, l’enseignement supérieur ainsi que la recherche et le développement.

 

Mesdames et Messieurs,

 

En 2012, l’Afrique du Sud et la France ont inauguré le concept de saison culturelle réciproque qui a été une grande réussite. Il y a eu une saison française l’an dernier en Afrique du Sud, qui a permis aux Sud-Africains de faire connaissance avec la culture, les possibilités offertes par la science en France. De même, la saison sud-africaine a lieu en ce moment en France, avec quelques 120 différents projets et toutes autres initiatives qui ont lieu dans une centaine de villes en France. C’est un programme qui permet de faire connaitre plus de 800 Sud-Africains : des artistes, des universitaires, des sportifs.

 

Nous sommes particulièrement heureux que plus de 35 000 personnes se soient rendues à l’exposition Nelson MANDELA, qui s’est tenue à Paris. Ce projet s’est avéré une véritable réussite pour la consolidation des relations interpersonnelles entre la France et l’Afrique du Sud. Il est certain que ces saisons culturelles France-Afrique du Sud, vont améliorer les possibilités touristiques entre les deux pays.

 

Mesdames et Messieurs,

 

La France est un partenaire de développement fiable pour l’Afrique du Sud depuis le début de notre démocratie en 1994. La France a toujours soutenu nos efforts de reconstruction et de développement. Nous apprécions la poursuite du soutien. Nous avons parlé de développement dans nos régions respectives, nous avons applaudi le rôle que la France continue de jouer dans la consolidation de l’Union européenne. Une Union européenne solide offre une importance stratégique pour notre pays, vue l’étroitesse des liens sociaux-économiques qui nous lient pour ce qui est de l’Afrique.

 

Nous nous sommes mis d’accord pour appuyer les efforts en cours de l’Union africaine et des Nations Unies, pour la promotion de la paix et de la sécurité dans tout le continent. Nous sommes inquiets, de même, en matière d’insécurité et de situation humanitaire dans les zones affectées par des conflits et en particulier, nous nous préoccupons du sort des femmes et des enfants.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Monsieur le président HOLLANDE, lors de sa visite, a solidifié les relations existantes entre nos deux pays. Nous avons consolidé notre coopération dans des domaines existants et ouvert les portes à d’autres possibilités, comme l’indique les accords qui viennent d’être signés ici-même. Permettez-moi de me saisir de cette occasion et d’inviter le président HOLLANDE à prendre la parole.

 

Merci.

 

 

LE PRESIDENT - Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs. C’est avec émotion que j’effectue cette première visite d’Etat en Afrique du Sud. Car ce grand pays évoque la lutte pour la liberté et la dignité humaine. La France a été à ses côtés pendant toutes les années d’oppression. Elle est encore à ses côtés pour les années de développement qui s’ouvrent lui.

 

Emotion aussi parce que l’Afrique du Sud est un pays qui réussit à être un modèle de réconciliation. Avec le Président ZUMA, nous partageons une même vision des relations internationales et du destin du monde. Une vision de progrès.

 

Nos deux pays, France et Afrique du Sud, avaient bâti un partenariat stratégique dès 1994, il y a 20 ans. C’était entre le président MANDELA et le président MITTERRAND. Aujourd’hui, il nous revient d’ouvrir une nouvelle phase. C’est ce que nous avons fait aujourd’hui. J’ai conscience que l’Afrique du Sud est un pays qui émerge sur le plan économique et qui revendique, à juste raison, un rôle dans le concert des Nations. La France est disponible pour être l’un de ses principaux partenaires.

 

Nous le démontrons à travers les accords que nous venons de signer. D’abord en matière de transport, ALSTOM va conclure avec PRASA, qui est l’équivalent de la SNCF, un contrat de plus de 4 milliards d’euros. C’est le plus gros contrat signé ces dernières années entre la France et l’Afrique du Sud. ALSTOM fournira 3 600 wagons à PRASA. Une grande partie sera réalisée ici-même, en Afrique du Sud, avec la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects.

 

Il y aura également des retombées importantes pour les sites d’ALSTOM en France. Nous allons mettre en place une formation des techniciens sud-africains, aussi bien ici, dans leur pays, qu’en France si cela est nécessaire. C’est un bel exemple de partenariat avec une commune volonté de partager la technologie, de partager les emplois et de partager une même ambition en matière de transport.

 

Autre exemple de ce partenariat nouveau, l’accord qui a été signé entre GDF SUEZ et l’Afrique du Sud pour des centrales thermiques à hauteur d’un milliard six cent millions. Si je veux poursuivre dans cette illustration, il y aura également une centrale solaire qui sera réalisée en commun grâce au financement de l’AFD.

 

Partenariat également exceptionnel en matière agricole, puisque – vous y avez pris part à l’instant – il y a eu cette cérémonie de signature entre les deux ministres de l’Agriculture pour un Institut franco-sud-africain agricole. C’est, là encore, une même conception qui nous anime, de la sécurité alimentaire, de la qualité de l’alimentation, de la lutte contre la volatilité des prix en matière agricole.

 

Partenariat encore exceptionnel sur le plan culturel. Le président ZUMA a évoqué les saisons : la saison française en Afrique du Sud qui a lieu en 2012 et la saison sud-africaine en France qui verra 250 évènements se produire. Le dernier étant prévu au mois de décembre. Nous avons voulu aussi, ensemble, montrer que nous pouvions agir pour les autres en matière culturelle. C’est l’accord que nous avons passé pour la préservation des manuscrits de Tombouctou, puisque l’Afrique du Sud avait contribué à moderniser le centre Ahmed BABA, qui a été, vous le savez, très abîmé par les terroristes.

 

J’ai voulu pour cette visite montrer l’attachement de la France à un travail de mémoire. Il y aura la restauration des archives sonores du procès de Rivonia qui, vous vous en souvenez, avait conduit à la condamnation à la prison à vie de Nelson MANDELA et de ses neuf co-accusés. C’est, à travers cette réhabilitation des archives aussi, une manière pour la France d’entretenir la mémoire du combat contre l’apartheid.

 

La France et l’Afrique du Sud partagent enfin une même conception de la sécurité sur le continent africain. Je l’avais dit, c’était à Dakar, la sécurité des Africains appartient aux Africains. Ce sont eux qui ont à la mettre en œuvre avec leur organisation, l’Union africaine, et avec les organisations régionales qui en ont la compétence. Mais ce que la France peut faire, c’est accompagner, former, encadrer et c’est ce que nous proposons à travers le sommet qui se tiendra, à la fin de l’année, à Paris et auquel le Président ZUMA a bien voulu répondre positivement quant à l’invitation qu’il avait reçue. J’y suis très sensible parce que, sur les principaux sujets du continent africain, l’Afrique du Sud et la France ont la même approche.

 

Ainsi, je salue ce que fait l’Afrique du Sud en République démocratique du Congo, notamment par sa présence au sein de la nouvelle brigade d’intervention de la force de l’ONU. Je remercie également les efforts de l’Afrique du Sud, dans le cadre de la SACD pour parvenir enfin à des élections à Madagascar. Sur la situation en République centrafricaine, nous avons ensemble pensé qu’il y avait une nécessité de mobiliser l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies pour constituer une force permettant de retrouver, pour ce pays, la stabilité et la sécurité. Enfin, je n’oublie pas le soutien que le Président ZUMA m’avait apporté lors de la décision que j’avais prise d’intervenir au Mali. Encore aujourd’hui, nous avons sur le Sahel la même vigilance par rapport à la résurgence d’actes terroristes.

 

Je veux terminer sur les dossiers internationaux. Nous les avons évoqués et là encore nous avons une grande convergence. Je ne parle pas simplement des dossiers concernant la Syrie, l’Iran ou la destruction des armes chimiques, la lutte contre la prolifération nucléaire. Je parle également de la volonté qui nous anime de faire aboutir la conférence sur le climat – ce sera le rendez-vous de 2015. De même, nous avons la même volonté au G20. Nous nous concertons d’ailleurs avant chacune de ses réunions pour mieux réguler l’économie, lutter contre la fraude fiscale et faire en sorte que nous puissions avoir une autre approche du développement.

 

La France et l’Afrique du Sud sont deux puissances qui ont vocation à s’exprimer pour le monde et dans le monde, à apporter des valeurs, des principes, mais également le souci de pouvoir trouver une réponse aux grands conflits qui, hélas, continuent d’ensanglanter la planète. Nous avons le souvenir de nos combats passés, côte à côte.

 

Je ne peux oublier Nelson MANDELA. J’ai une pensée pour lui en cet instant, pour sa famille, pour ses proches, pour ses camarades de lutte. Lorsque se terminera cette conférence de presse, le Président ZUMA et moi-même nous nous rendrons à Freedom Park pour nous recueillir et saluer la mémoire de tous les militants qui ont lutté pour la liberté en Afrique du Sud. La liberté, la dignité humaine, la lutte contre le racisme, ce sont des valeurs qui valent partout dans le monde et qui, ici, trouvent un écho particulier. D’où l’émotion que je ressentais pour cette visite d’Etat.

 

QUESTION - « Bonjour Monsieur le Président. Brièvement, peut-être aux deux Présidents. Le commerce entre vos deux pays se fait mais on pourrait faire plus, puisqu’il est déséquilibré pour le moment en faveur de la France. Que faites-vous pour changer la situation. La France était jadis accusée d’intervenir dans les affaires de l’Afrique. Est-ce qu’elle change cette attitude maintenant ? Merci. »

 

Jacob ZUMA - « La question du commerce et du déséquilibre, nous en avons parlé très honnêtement. Nous sommes convenus qu’il fallait changer la situation. Effectivement, nous sommes en train de changer cette situation. Puisque nos deux pays ont reconnu cette situation, cela devrait avoir un impact sur les entreprises qui font les investissements pour améliorer cet équilibre. Ceci devrait aider aussi à augmenter le volume des échanges. C’est un changement qui commence à se faire et nous espérons qu’il y aura un équilibre sous peu. Je pense qu’avec cette visite en particulier, nous devrions voir des différences. Merci. »

 

LE PRESIDENT - « M’accompagnent dans cette visite de nombreux chefs d’entreprise français de toute taille et dans de nombreux domaines.

 

L’enjeu, c’est non seulement d’augmenter nos échanges, d’acheter et de vendre. Mais également d’implanter des entreprises françaises, ici, en Afrique du Sud de façon à ce qu’il puisse y avoir ce rééquilibrage que vous souhaitez.

 

Dans les accords que nous avons passés aujourd’hui, il s’agit d’emplois qui vont se faire en Afrique du Sud. De jeunes qui vont être employés par ces entreprises en Afrique du Sud et pour l’Afrique du Sud.

 

C’est l’ambition qu’a le Président ZUMA de faire en sorte que les grands projets d’infrastructures, que les grands programmes qui sont lancés puissent également permettre l’inclusion de toute la population d’Afrique du Sud et qu’il y ait un rattrapage y compris en Afrique du Sud.

 

Nous avons une conception de partenariat qui est équilibrée et qui respecte profondément les choix de l’Afrique du Sud.

 

Sur notre politique à l’égard de l’Afrique - je l’ai redit au Président ZUMA - la France ne distingue pas les pays africains selon les langues qui sont utilisées, selon l’histoire. La France considère tous les pays africains avec le même respect et les mêmes principes. La France est également attentive à ce que l’Union africaine soit l’organe légitime pour déterminer l’avenir du continent.

 

Enfin, quand elle est appelée à intervenir, c’est parce que les pays africains eux-mêmes l’ont souhaité dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. C’est ce que nous avons fait pour le Mali. Pour la Centrafrique, nous y sommes présents pour protéger nos ressortissants. Nous appuierons une force africaine, parce que ce seront les Africains qui rétabliront la sécurité et la stabilité de la Centrafrique. »

 

QUESTION - « Une question à vous deux sur les politiques étrangères. On a beaucoup parlé de la politique africaine sur le continent. Il y a une crise grave en République centrafricaine. Vous avez dit que vous avez la même vision. Est-ce que c’est une possibilité de travailler de concert ? Si oui dans quelles conditions et comment ? Peut-être une question au Président ZUMA à propos de la République centrafricaine. La France annonce qu’elle va envoyer plus de troupes. Qu’en pense l’Afrique du Sud ? »

 

Jacob ZUMA - « Comme je l’ai dit, nous avons notamment parlé de la paix et de la sécurité sur le continent et entre autres sur la République centrafricaine. Ce n’est pas la première fois que nous en avons parlé. Nous avons eu des échanges de vue et nous avons pensé que nous devrions travailler de concert pour aider le peuple de la République centrafricaine.

 

Nous travaillons dans le cadre des organisations régionales et mondiales comme l’Union africaine et les Nations unies. Il y a des processus en cours dans le cadre de la région, dans la région d’Afrique centrale qui sont parmi ceux qui interviennent. La situation est nettement en train d’empirer.

 

Nous avons des comptes-rendus, Monsieur le ministre des Affaires étrangères de la République française nous a rendu compte de sa visite hier et il nous a donc donné les dernières nouvelles sur la situation disant que le problème empire, que même les problèmes de religions, de confessions commencent à surgir.

 

Nous sommes donc convenus qu’il fallait agir rapidement et je suis sûr que travaillant de concert avec l’Union africaine, nous nous sommes engagés à être prêts à faire partie de la solution, à aider la République centrafricaine à rétablir une situation normale.

 

C’est d’autant plus grave que, comme vous le savez depuis le coup d’Etat, il y a eu des interactions entre la région, l’Union africaine ainsi que nos partenaires en coopération et les organisations internationales pour se demander que faire. Il était clair que nous ne permettrions pas ce coup d’Etat. Il fallait donc faire en sorte de donner à cette nouvelle administration dix-huit mois pour organiser des élections. Il est clair que ces élections ne peuvent pas être organisées en raison de la situation.

 

Il faut donc intervenir d’urgence et nous sommes convenus, avec le Président HOLLANDE, qu’il faut faire quelque chose ensemble. Certainement, cela doit se faire dans le cadre de l’Union africaine, des Nations unies.

 

En tant que pays individuel, nous allons soulever cette question auprès de ces organisations pour que des mesures soient prises et nous en ferons partie certainement. Comme le Président l’a dit : la France est présente pour protéger les ressortissants français en République centrafricaine. Comme vous le savez, nous y étions dès l’abord sur la base d’un accord bilatéral mais il est clair qu’il faut intervenir différemment conformément aux décisions des Nations unies et de l’Union africaine.

 

L’Afrique fait partie de l’Union africaine. Elle est en train de mettre en place une force qui lui permette de traiter ce genre de situations, à la différence de ce qui s’est passé au Mali où l’on n’a pas pu s’occuper de cette situation. C’est la raison pour laquelle la France a dû intervenir pour sauver ce pays.

 

L’Afrique est en train de se doter d’une capacité qui lui permette d’intervenir dans ce genre de situations. J’ai été ravi de savoir aujourd’hui que le Président HOLLANDE a dit clairement qu’il serait là pour appuyer nos efforts. Quoique nous fassions, la France sera à nos côtés et je suis sûr que c’est quelque chose dont nous pouvons nous féliciter. Je suis ravi qu’il ait donné cet éclaircissement. Merci. »

 

LE PRESIDENT - « En Centrafrique, il y a urgence. Urgence humanitaire, car tous les jours il y a des exactions. Urgence politique, car il n’y a plus d’Etat. Urgence aussi, parce que sur le plan régional, il y a un risque de débordement sans compter ce que rappelait le ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent FABIUS, que nous pouvons assister à des conflits religieux.

 

La France appuiera la force régionale qui sera constituée sous l’égide des Nations unies et avec l’appui de l’Union africaine. La France n’est pas là pour se substituer. Elle est là pour accompagner, pour appuyer, pour former. Elle est là.

 

Comme l’a dit le Président ZUMA, nous constatons que lorsqu’il y a des conflits qui surgissent, il n’y a pas immédiatement la réponse venant d’une force africaine déjà constituée. C’est ce que nous avons, hélas, pu constater au Mali et c’est ce que nous relevons encore pour la Centrafrique.

 

Aussi, lors de la réunion de Paris du mois de décembre, l’idée est de favoriser la constitution de forces africaines régionales pouvant intervenir au bon moment avec les décisions qui doivent être prises au niveau de l’Union africaine et des Nations unies pour permettre d’éviter des drames.

 

C’est une conception nouvelle de la relation entre la France et l’Afrique. La France n’a pas à être là où elle n’a pas été appelée. La France doit, avec l’Europe, encadrer, former, et parfois même, équiper ces forces régionales pour que les Africains puissent décider, eux-mêmes, de la sécurité de leur continent. »

 

QUESTION - « Monsieur le Président HOLLANDE, je voudrais vous poser une question à propos de la décision de l’Union africaine ce week-end sur la Cour pénale internationale. Est-ce que la France serait d’accord avec l’Union africaine pour appuyer sa demande pour que le Conseil de sécurité reporte la poursuite contre le Président KENYATTA et le Vice-président du Kenya ? Est-ce que la France est d’accord avec la décision de l’Union africaine que les Présidents en exercice ne devraient pas devoir comparaître devant la Cour pénale internationale ou tout autre tribunal pénal international ? »

 

LE PRESIDENT - « La France est attachée à la Cour pénale internationale et ne peut accepter quelque impunité que ce soit. Maintenant que l’Union africaine veuille que les procédures soient simplifiées, qu’elles n’empêchent pas le fonctionnement des Etats, soit. Nous pouvons en discuter et nous le ferons. Il ne faut pas opposer les deux principes.

 

Le principe, c’est la justice internationale pour que les criminels puissent répondre de leurs actes. Ensuite, il y a un second principe, c’est que les Etats doivent être respectés. Cela ne doit pas empêcher que ceux qui ont à être entendus puissent l’être par la Cour pénale internationale. Nous en discuterons avec nos partenaires et je ne doute pas qu’avec l’Afrique du Sud, nous trouverons le bon équilibre. »

 

Jacob ZUMA - « Je voudrais intervenir. Je sais que la question s’adressait au Président HOLLANDE mais je pense que c’est important de compléter la réponse qui vient d’être donnée parce que je crois qu’il est important d’avoir un éclaircissement très net.

 

Nous sommes tous contre l’impunité. C’est notre attitude. C’est la raison pour laquelle tous les deux nous sommes signataires de l’acte portant création de la Cour pénale internationale, c’est très clair. En aucune façon ne pouvons-nous appuyer une action qui ouvrirait la voie à l’impunité.

 

La raison pour laquelle nous faisons partie de l’Union africaine dans cette décision qui a été prise, c’est la façon dont la Cour pénale internationale s’est occupée de la question du Kenya.

 

Sans y revenir longuement, le Président kenyan et son Vice-président ont dit qu’ils collaboreraient, qu’ils allaient collaborer. L’affaire n’a pas été portée en justice avant qu’ils n’atteignent cette responsabilité. C’est en tenant compte de cette situation qu’ils ont demandé dans le cadre de leur coopération, qu’ils soient présents au début de l’affaire puis qu’ils reviennent pour gérer leur pays pendant que les avocats, les juristes poursuivent les audiences, les procédures. Lorsque le verdict sera rendu, ils se représenteront devant la Cour. La Cour était d’accord.

 

Puis, un procureur et une ONG ont fait appel de cette décision. La Cour a statué en faveur de cet appel, ce qui a signifié que le Président et le Vice-président doivent abandonner le Kenya et se présenter devant la Cour du début des audiences jusqu’à la fin.

 

En vertu de la Constitution du Kenya, personne ne peut agir en leurs noms. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas qu’ils soient tous les deux absents de leur pays. Cela signifie qu’il n’y avait ni Président, ni Vice-président au Kenya et donc faillite de l’Etat.

 

C’est la raison pour laquelle il y a eu le problème en matière de la coopération avec la Cour pénale internationale. Il ne faut pas croire que l’Union africaine a pris cette décision pour protéger l’impunité. Mais nous ne pouvons pas appuyer une Cour dont les procédures vont à l’encontre de l’existence d’un Etat, en particulier si on tient compte de ce qui a été fait depuis que les charges ont été déposées contre eux.

 

Il y a eu réconciliation. Les gens qui se battaient à l’époque sont maintenant réconciliés. Ils ont voté pour ces deux candidats. Ce sont donc des choses qui ont été résolues. Ce sont des choses dont on aurait dû tenir compte. C’est la raison pour laquelle avec l’Union africaine, nous sommes d’accord avec la lettre écrite par le Kenya demandant que l’affaire soit repoussée. Nous avons dit que nous avons mis en place un groupe de contacts, cinq personnes, pour s’occuper de cette question correctement.

 

J’ai pensé qu’il fallait que je complète, que j’éclaircisse un peu la position de l’Union africaine, en particulier en matière d’impunité. Jamais nous ne serons favorables à l’impunité. Nous sommes d’accord là-dessus. »

 

QUESTION - « Bonjour Messieurs les Présidents. La question s’adresse au Président français. Monsieur le Président, vous parliez il y a un instant de l’importance de la démocratie, des libertés, de la lutte contre le racisme. Hier soir en France, dans le Var, l’extrême-droite, le Front National, a remporté un siège de conseiller général en dépit des consignes de votre majorité qui voulait lui faire barrage. Dans le même temps, à Marseille, votre ministre Marie-Arlette CARLOTTI, a été éliminée dès le premier tour de la primaire socialiste. Comment analysez-vous, interprétez-vous ce double vote qui vous est défavorable ? »

 

LE PRESIDENT - « La seule réponse, c’est d’obtenir des résultats. Des résultats sur l’emploi, sur la croissance, sur la sécurité, sur la solidarité. Obtenir des résultats, c’est même une obligation. La politique qui est menée depuis maintenant seize mois a demandé des efforts.

 

Aujourd’hui, les Français sont en droit de demander, même d’exiger qu’il y ait des traductions de ce qu’ils ont consenti pendant ces derniers mois. L’action du gouvernement doit être entièrement tournée vers ces objectifs : la lutte contre le chômage, l’amélioration encore de la sécurité de nos concitoyens, la recherche de plus de justice et de solidarité pour la cohésion nationale, pour les libertés, pour la conception que nous avons aussi de ce qu’est notre pays et de ce que sont ces valeurs. Cette obligation de résultats est indispensable.

 

Merci. »

Forum économique

Type de contenu : VidéoL'intervention en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Intervention lors de la clôture du Forum économique à Pretoria

Monsieur le Président, cher Jacob ZUMA,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise,

 

Je salue la tenue de cette rencontre d’entreprises. Pouvoir nous rassembler, Français et Sud-Africains, pour élever le niveau de nos échanges, me parait être une bonne démarche. Je suis heureux de le faire avec le Président ZUMA et de dire aux entreprises françaises et sud-africaines qu’elles ont un intérêt à multiplier les contacts et à développer les échanges entre nos deux pays.

 

La France considère l’Afrique du Sud comme un acteur majeur en Afrique et au-delà même de l’Afrique. L’Afrique du Sud participe au G20 et contribue donc à la régulation de l’économie mondiale. Ensemble, le Président ZUMA et moi-même, nous nous concertons avant chaque réunion internationale pour aller dans le même sens, porter les mêmes aspirations.

 

Nous voulons, l'un et l'autre, stabiliser les prix des matières premières. Nous souhaitons mieux encadrer la finance, lutter contre les paradis fiscaux. Nos thèses ont progressé ces derniers mois. Nous avons aussi une conception élevée du développement car nous considérons que soutenir les pays qui sont les plus pauvres, c’est un facteur de croissance pour l’ensemble de l’économie mondiale mais aussi un facteur de paix.

 

La France a, avec l’Afrique du Sud, une relation ancienne, faite d’abord de soutien à la lutte pour l’émancipation, pour l’égalité, pour la dignité. Depuis 20 ans, cette relation est devenue une construction pour le développement et la croissance dans nos deux pays.

 

L’Agence française de développement est présente en Afrique du Sud depuis également de nombreuses années. Il aurait été tentant de diminuer progressivement ses interventions en Afrique du Sud, en considérant que ce grand pays n’avait plus besoin de prêts, de soutien, d’intervention directe d’une agence qui est vouée à soutenir les pays les moins avancés ou les pays à peine émergents.

 

Or, tel n’a pas été le choix que nous avons fait. Non seulement parce que l’Agence avait engagé depuis longtemps des opérations à des niveaux importants – plus d’un milliard et demi d’euros – mais parce que nous considérons que l’agence peut être aussi un facteur de développement de partenariats économiques entre nos deux pays. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons que ses modes d’intervention puissent être déployés aussi bien avec le gouvernement sud-africain ou avec les collectivités locales qu’avec le secteur privé.

 

Nous connaissons les domaines sur lesquels notre coopération est attendue : l’énergie, les transports, l’agroalimentaire, l’aménagement urbain, la formation professionnelle. Pour nous la relation économique, c’est d’abord celle qui se noue entre des entreprises sud-africaines et des entreprises françaises.

 

J’ai confiance dans l’économie sud-africaine. Elle se transforme rapidement. D’abord, parce qu’elle a adopté un grand programme d’infrastructures dans le cadre de son plan de développement national à l’horizon 2030. Car tout pays doit se donner une perspective. La France, aussi, veut savoir ce qu’elle sera dans 10 ans. C’est l’exercice que nous avons-nous-même lancé. L’Afrique du Sud voit encore plus loin, 15 ans, mais il s’agit tout simplement de décrire quelles sont les évolutions, les mutations, les transformations, qu’un grand pays comme l’Afrique du Sud doit préparer. Les programmes d’infrastructures en font nécessairement partie.

 

Nous approuvons également la politique de Black Economic Empowerment, dont les objectifs sociaux ont été renforcés, parce que nous partageons ce même souci de lutter contre les inégalités et d’utiliser les marchés publics pour favoriser l’emploi des populations historiquement défavorisées. Nous considérons que le développement d’une nouvelle catégorie de consommateurs dans l’ensemble des communautés sud-africaines permettra d’avoir un accès de plus en plus grand des Sud-Africains vers les biens de consommation qui leur apporteront, à la fois, davantage de bien-être et davantage de ressources économiques.

 

Les entreprises françaises sont donc prêtes ici. Elles peuvent en porter témoignage. J’ai dans ma délégation beaucoup de chefs d’entreprise, des plus grandes jusqu’aux plus petites. Toutes sont convaincues que vous êtes une économie en voie de croissance rapide. Toutes sont convaincues que les règles que vous avez posées sont acceptables et adaptées aux entreprises françaises.

 

Si bien que, lorsque vous proposez que vos marchés publics puissent avoir des normes ambitieuses en termes de contenu local, nous sommes prêts à y souscrire. Lorsque vous dites que vous vous voulez donner priorité aux jeunes Sud-Africains, nous le comprenons parfaitement. Lorsque vous souhaitez qu’il y ait des participations sud-africaines au capital des entreprises, qui bénéficient de marchés publics, nous ne nous en offusquons pas. Nous ne redoutons rien et nous sommes prêts à engager les entreprises françaises dans les règles que vous avez posées.

 

Je me félicite d’ailleurs que cet état d’esprit nous ait conduit aujourd’hui à saluer et à signer un certain nombre de grands contrats – et notamment celui de l’agence PRASA qui voulait renouveler sa flotte de matériels roulants ferroviaires et qui s’est tournée vers ALSTOM qui, justement, avait accepté les règles du jeu.

 

La conclusion de ce contrat est considérable, à la fois, par le montant de 4 milliards d’euros, et par le contenu, par ce partage de technologie, par cet échange de formations, par la priorité donnée aux jeunes Sud-Africains, par la création d’emplois directs et indirects sur place, c’est-à-dire ici. Mais aussi avec des retombées en France puisque, sur les sites de productions d’ALSTOM, il y aura forcément aussi de nouvelles créations d’emploi. Nous avons donné le meilleur exemple qui soit de ce nouveau partenariat.

 

Je me félicite aussi que nous ayons pu, sur l’énergie, amplifier encore notre coopération. Nous le trouvons, cet état d’esprit, pour le nucléaire civil où les plus grandes entreprises françaises seront présentes pour vous accompagner si vous décidez de lancer une nouvelle tranche ou deux nouvelles tranches de votre programme nucléaire. Nous sommes également présents sur les énergies nouvelles, éoliennes, solaires. Ici, il y a beaucoup d’entreprises de moyenne taille qui sont parfaitement adaptées à vos besoins. Nous avons également la capacité de vous soutenir dans votre volonté de créer de nouvelles centrales thermiques ou solaires.

 

A chaque fois, il s’agit de nous impliquer, de nous intégrer dans une perspective de long terme, c’est-à-dire à 20 ans. Ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui, ce n’est pas simplement de négocier quelques contrats. Ce n’est pas simplement, comme le souhaite le Président ZUMA, d’augmenter le commerce extérieur et notamment ce qui revient aux biens sud-africains. Ce que nous voulons, c’est ouvrir une nouvelle phase et nous inscrire dans un temps long.

 

J’ai aussi conscience que sur de nombreux marchés, nous pouvons ouvrir des coopérations et des partenariats nouveaux. Par exemple, TOTAL, DANONE ou L’OREAL ont compris que pour satisfaire les consommateurs sud-africains, il valait mieux s’appuyer sur des vendeurs, des cadres, des techniciens issus de la population sud-africaine.

 

Ce que nous voulons donc, c’est que la présence des entreprises françaises soit renforcée ici en Afrique du Sud. Mais nous voulons également, car vous êtes une grande économie, qu’il y ait également des entreprises sud-africaines qui viennent en France. L’une d’entre elles, STEINHOFF, a racheté il y a quelques années un fleuron de la consommation française, CONFORAMA. Plus récemment la société pharmaceutique ASPEN, qui est un acteur mondial des génériques, a conclu le rachat de certaines activités de GLAXO, ce qui a fait de ce grand groupe un investisseur sud-africain en France et notamment en Normandie.

 

C’est sur la base de cette réciprocité que nous pouvons développer nos relations économiques.

 

Mais rien ne se fera sans les entreprises elles-mêmes. Nous souhaitons avec le Gouvernement, ici représenté, favoriser l’installation des entreprises françaises, promouvoir le commerce extérieur entre nos deux pays. Nous essayons, autant qu’il est possible, de faciliter les démarches, de mettre en place les financements, de développer ce qu’on appelle une « diplomatie économique ». Mais nous ne pouvons pas nous substituer aux entreprises.

 

Or nos entreprises françaises – sur les secteurs qui correspondent le mieux au programme de développement de l’Afrique du Sud – ont toutes les qualités pour avoir leur place, notamment dans le domaine des transports, notamment dans le domaine de l’énergie, de l’agro-alimentaire mais aussi dans tous les domaines des biens de consommation.

 

Je souhaite que cette rencontre entre chefs d’entreprise – qui a été facilitée par les Présidents des chambres de commerce qui se sont exprimés avant moi – puisse être une étape nouvelle dans la relation entre nos deux pays. Le Président ZUMA et moi-même, nous serons tout à fait vigilants et en même temps confiants dans les conclusions de vos travaux et des contrats que vous pourrez signer.

 

Merci.

 

 

 

Communauté française

Type de contenu : VidéoLa vidéo de l'allocution

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral de l'allocution

Intervention devant la communauté française à Pretoria

Madame l’Ambassadeur,

 

Merci d’avoir mis à la disposition de la communauté française, votre résidence. On se croirait un 14 juillet. C’est à peu près le temps qu’il fait à Paris ce jour-là. Je suis heureux de vous retrouver à l’occasion de cette visite d’Etat.

 

Je suis venu à la tête d’une délégation importante : pas moins de huit ministres, beaucoup de chefs d’entreprise, quelques animateurs du débat scientifique ou culturel, pour avoir avec nos amis sud-africains, l’échange le plus sincère et le plus utile.

 

J’ai été reçu ce matin par le Président. Je ne suis pas le premier président de la République à venir en visite d’Etat puisque, depuis François MITTERRAND, c’est une tradition.

 

François MITTERRAND était venu en 1994, il y a donc près de 20 ans. Il était reçu par Nelson MANDELA. Ensemble, ils avaient signé un partenariat stratégique qui demeure encore aujourd’hui. Ce partenariat a été enrichi par Jacques CHIRAC puis par Nicolas SARKOZY. Aujourd’hui, nous avons décidé, le Président ZUMA et moi-même, d’ouvrir une nouvelle phase.

 

La relation que nous avons avec l’Afrique du Sud est particulière. La France fait partie de ces Nations qui s’enorgueillissent de porter des valeurs, des principes, d’avoir une grande histoire. L’Afrique du Sud nous regarde comme un pays qui, aux moments sombres, a été du côté des victimes de l’oppression, un pays qui, dans toute sa diversité, a été capable de porter soutien à ceux qui, en Afrique du Sud, voulaient tout simplement leur dignité.

 

Ce sont établis, à ce moment-là, des liens qui demeurent encore aujourd’hui. Mais la phase que nous devons ouvrir, n’est plus simplement la reconnaissance de notre combat commun pour les libertés, mais une période qui doit ouvrir de nouvelles relations économiques et commerciales, participer ensemble au développement.

 

C’est d’ailleurs l’essentiel de nos conversations de la journée : d’abord avec les autorités sud-africaines, Président et ministres et ensuite dans le cadre d’un forum économique qui a eu, je crois, un grand retentissement. Il a associé entreprises sud-africaines et entreprises françaises, les Présidents des chambres de commerce, les Présidents d’organisations patronales.

 

Des accords importants ont été signés. Le premier, entre l’entreprise ALSTOM et une entreprise sud-africaine, l’équivalent de la SNCF, porte sur 4 milliards d’euros. C’est un contrat qui a justifié près d’un an de discussions, qui était déjà en réflexion il y a bien longtemps. Il trouve aujourd’hui son aboutissement.

 

Pour l’obtenir, ALSTOM a bien compris qu’il convenait non pas de faire des concessions, mais de faire des pas en avant vers ce qu’attendaient nos amis sud-africains. C’est-à-dire un échange qui devait être différent de ce qu’on peut faire dans d’autres pays, avec une priorité pour l’emploi local et une volonté d’associer les populations les plus fragiles. Ce contrat va rapporter 8 000 emplois directs et indirects en Afrique du Sud, avec des retombées aussi en France puisqu’il y aura, par les commandes qui pourront être passées à ALSTOM, du travail pour les différents sites de cette grande entreprise française.

 

Nous avons également eu des accords concernant l’énergie. Certes le nucléaire civil attendra encore un peu. Les Sud-africains réfléchissent sur les différentes étapes qui doivent les attendre pour amplifier davantage leur programme. Sur l’énergie solaire, l’énergie thermique, de nombreux contrats ont été également passés.

 

Rien que pour cette raison, il y avait toute l’ambition que nous portons pour la relation entre la France et l’Afrique du Sud.

 

Il se trouve qu’au plan international - et je parle devant le ministre des Affaires étrangères - nous avons des positions communes, l’Afrique du Sud et la France. L’Afrique du Sud participe au G20. Elle représente même le continent africain. Depuis que je suis président de la République, j’ai participé à deux G20. A chaque fois, Sud-africains et Français, nous avons porté les mêmes propositions, notamment pour stabiliser le cours des matières premières – c’est un sujet qui tient aussi à cœur du ministre de l’Agriculture – pour réguler la finance, pour lutter contre la fraude fiscale, pour avoir une politique de développement. Nous avons les mêmes objectifs.

 

Nous sommes également attentifs à un sujet sur lequel, vous aussi, vous êtes préoccupés, qui est la sécurité. La sécurité d’abord en Afrique du Sud. Nous devons y être vigilants et faire en sorte que vous puissiez poursuivre vos activités sans risque pour vos propres biens ou votre propre famille.

 

La sécurité doit aussi s’entendre sur l’ensemble du continent africain. Longtemps, l’Afrique du Sud a pensé que la France avait des relations privilégiées avec les pays africains qui parlaient le français. Ce n’est pas faux mais ce n’était pas vrai, parce que l’ambition de la France, c’est de parler à toute l’Afrique, quelle que soit la langue des pays qui la composent, quelle que soit leur histoire, quelle que soit leur origine.

 

Ce que nous essayons de faire depuis maintenant plusieurs mois, c’est de montrer qu’avec la France, l’Afrique est capable d’ouvrir une nouvelle relation tout en étant soucieuse de la sécurité. Je l’ai affirmé plusieurs fois : la sécurité des Africains dépend d’abord des Africains. C’est à eux de s’organiser. Ils n’y parviendront pas, au moins dans une première étape, seuls.

 

Nous avons pensé que nous pourrions nous réunir à la fin de l’année, à Paris, avec l’ensemble des pays africains, pour les accompagner dans une politique de sécurité, pour leur permettre de constituer une force, des forces régionales pouvant intervenir là où il y a un certain nombre de périls, de risques ou de menaces. Nous l’avons fait au Mali, dans des conditions exceptionnelles. Je veux encore saluer l’action de nos armées et le courage dont nos soldats ont fait preuve encore aujourd’hui. Nous l’avons fait parce qu’il n’y avait pas d’autres possibilités. Si ce n’était pas la France, ce n’était personne. Si ce n’était personne, c’étaient les terroristes qui l’emportaient.

 

Aujourd’hui, d’autres sujets nous inquiètent, notamment ce qui se passe en République démocratique du Congo depuis déjà très longtemps : des exactions, des violences, notamment à l’égard des femmes et des enfants. Il y a aussi ce qui se passe en Centrafrique, cela peut paraitre loin, même pour vous. Nous voyons revenir en Centrafrique non seulement le chaos – ce qui n’est pas une situation aussi nouvelle pour ce petit pays – mais des tensions religieuses – et cela est relativement nouveau – avec des risques, notamment d’affrontements dont les Chrétiens pourraient être victimes.

 

Nous voyons aussi, chaque fois qu’il y a un vide qui s’installe, des bandits, des groupes, des bandes qui saisissent ces occasions. Nous faisons en sorte que l’ONU, par le Conseil de sécurité, mais également l’Union africaine, puissent nous donner le cadre international et que les Africains puissent participer à cette force, ou à ces forces, pour intervenir.

 

D’autres questions nous préoccupent : ce qui se passe en Lybie, cela peut paraitre encore plus loin ; puisque c’est tout au Nord de l’Afrique. Cela a des conséquences et pour l’Afrique avec diffusion du terrorisme, et pour l’Europe également avec, vous voyez ce spectacle tragique de ces réfugiés qui partent sur des rafiots avec des passeurs et qui trouvent la mort près de Malte ou près des côtes de l’Italie.

 

Nous devons régler ces conflits. Ce qui est très important, c’est qu’entre l’Afrique du Sud et la France, nous nous trouvons en accord pour y parvenir.

 

Voilà l’essentiel de ce que nous avons fait aujourd’hui. Demain, nous irons voir une entreprise, SANOFI, qui s’est installée ici en Afrique du Sud. Elle mène une politique exemplaire pour lutter contre un certain nombre de fléaux, et porte une politique de vaccination que nous devons encourager. Des coopérations tout à fait intéressantes seront à nouer entre l’Afrique du Sud et la France.

 

Je voulais enfin m’adresser à vous, chers compatriotes, parce que je n’ai pas forcément l’occasion de vous voir très souvent et vous non plus. Nous nous immisçons dans vos vies personnelles, une espèce d’intrusion. Le président de la République arrive, vous êtes convoqués, vous n’étiez pas obligés de venir. Je vous remercie d’avoir répondu. Cela me fait très plaisir parce que partout où je me déplace j’essaie d’avoir cette relation.

 

Nos compatriotes à l’étranger, ici le ministre les représente, comme des parlementaires, ont toujours le sentiment qu’ils sont loin, ce qui est vrai, et donc peu représentés, peu associés alors même que vous jouez un rôle déterminant quelles que soient vos places dans la société, ici, en Afrique du Sud.

 

Pour certains, vous êtes les représentants d’entreprises qui se sont installées. Il y en a 300 qui sont installées, ici, en Afrique du Sud et le mouvement est en train de s’amplifier. Vous contribuez donc à notre commerce extérieur. Le Président sud-africain nous a d’ailleurs fait le reproche d’avoir un commerce extérieur déséquilibré, enfin pour l’Afrique du Sud, et donc équilibré ou suréquilibre pour la France. Pour une fois, je ne disais rien. Bien sûr que nous allons corriger tout cela mais en allant plus loin, en allant plus haut. C’est vous qui réussissez à faire comprendre que nos produits sont les meilleurs.

 

D’ailleurs, grâce à vos implantations sur les biens de consommation, nous avons largement progressé. Sur les domaines de prédilection, l’énergie, les infrastructures, mais également les aménagements urbains sans parler de la gastronomie et du tourisme, nous sommes bien placés ici.

 

Vous représentez des entreprises, ici. Un certain nombre de vos responsables sont présents et rien n’aurait été possible, y compris dans la conclusion de ces contrats sans vous.

 

D’autres, vous représentez la fonction publique. Il faut des fonctionnaires, même à l’étranger pour les consulats, pour l’ambassade. Ce n’est pas facile pour le ministre des Affaires étrangères de préserver son budget. Ce n’est pas le plus important mais il y parvient quelque fois au prix de vendre un certain nombre de résidences. Pas celle-là, je vous rassure, Madame l’ambassadeur. Rien n’est prévu jusqu’à présent mais nous en reparlerons.

 

Des fonctionnaires, il en faut pour faire vivre la représentation de la France à l’étranger, partout. Pour permettre aussi à nos écoles, à nos établissements scolaires de vivre. Je voudrais saluer tous ceux qui y contribuent. Vous y êtes très attentifs, parce que ces établissements sont renommés, parce qu’ils sont chers aussi, très chers, et que cela peut parfois dissuader un certain nombre de nos compatriotes d’y mettre même leurs propres enfants.

 

Nous avons alors fait en sorte qu’il y ait un système de bourse qui soit plus large mais cela reste encore insuffisant, j’en ai conscience. Nous améliorerons, autant qu’il est possible, le système éducatif. Je remercie aussi les associations qui y travaillent, parce que cela est essentiel. Essentiel pour vous compatriotes mais essentiel aussi pour accueillir des élèves justement des pays qui nous accueillent et faire vivre la langue française. La francophonie est, pour nous, aussi une ambition, y compris dans un pays qui parle plutôt l’anglais et où nous avons de bonnes relations qui n’empêchent pas que nous voulons aussi que le français puisse se développer.

 

Je remercie aussi tous ceux qui travaillent dans les alliances françaises. Elles sont nombreuses, ici en Afrique du Sud. Elles contribuent aussi à notre rayonnement.

 

Je remercie aussi tous ceux, militaires, qui travaillent également pour nos représentations, pour la coordination de nos forces. Egalement tous les associatifs qui se dévouent pour le bien commun.

 

J’en aurais terminé avec la culture parce que les Sud-Africains étaient très fiers d’avoir accueilli en 2012 la saison France en Afrique du Sud. Nous avons fait l’équivalent avec davantage de projets pour accueillir la culture sud-africaine en France tout au long de l’année 2013. Cela va s’arrêter à la fin de l’année et le Président ZUMA sera présent à Paris pour un de ces événements.

 

La culture, c’est ce qui nous relie. Ce n’est pas la même culture. Ce sont les cultures. La culture sud-africaine est très riche. Pas simplement en Prix Nobel mais également en art : peintures, créations théâtrales, etc. Nous avons tout intérêt aussi à montrer la diversité, l’exception culturelle. Vous y contribuez par votre présence.

 

Mesdames et Messieurs, être Français à l’étranger, ici en Afrique du Sud, ce n’est pas toujours facile. Ce n’est pas toujours commode, ce n’est pas toujours simple. Nous devons pourtant souhaiter qu’il y en ait davantage.

 

C’est toujours un paradoxe : dire à nos compatriotes d’aller à l’étranger. Il y a d’un côté encourager l’exil. Ce n’est pas notre genre. Ce n’est pas de l’exil dont il s’agit. C’est du rayonnement de la France. C’est une chance pour la France d’avoir des compatriotes qui sont partout présents. La moindre des choses quand on vient dans un grand pays comme l’Afrique du Sud, avec cette histoire qui nous relie, c’est de vous exprimer notre gratitude.

 

Nous avons forcément eu de l’émotion en venant ici en Afrique du Sud à l’idée que Nelson MANDELA était encore, si je puis dire, parmi nous. En tout cas, pour reprendre un mot de François MITTERAND, son esprit était encore parmi nous.

 

Quand je revoyais ou je relisais les discours qu’avaient prononcés François MITTERRAND en accueillant Nelson MANDELA au début des années 1990 à Paris - Nelson MANDELA n’était pas encore Président et venait d’être libéré et était déjà associé aux responsabilités sans être Président de son pays - il lui disait que c’est extraordinaire qu’un ancien prisonnier conduise finalement le destin de ces anciens geôliers. C’est un très beau message de réconciliation. Très beau message de fraternité. Qu’un pays comme l’Afrique du Sud soit capable de vivre ensemble après tout ce qui s’est passé.

 

Nous, en France, nous devons être capables de vivre ensemble. C’est le grand enjeu : vivre ensemble avec ce qui nous rassemble, des valeurs communes, des principes, la République et parfois ce qui peut nous différencier, nos idées, nos opinions, nos engagements.

 

Vivre ensemble. Etre capables de comprendre ce que vit celui qui ne pense pas comme nous, celui qui est différent de nous. C’est ce message républicain qui, ici en Afrique du Sud, trouve peut-être son plus bel écho.

 

Merci à vous pour votre accueil.

 

 

 

Dîner d’État

Type de contenu : VidéoLe discours en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Discours lors du dîner d'État en Afrique du Sud

Monsieur le Président,

Chère Madame,

Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires et Hautes autorités,

Chers amis,

 

Je veux d’abord remercier le Président ZUMA pour son invitation, son accueil, ses mots qu’il vient de prononcer. Il témoigne de la relation de confiance qui existe entre nos deux pays.

 

La France a, avec l’Afrique du Sud, un lien particulier. La France était aux côtés de l’Afrique du Sud dans le combat que le peuple menait contre l’abomination qu’était l’Apartheid. La France était fière que les idéaux de 1789 puissent inspirer les Sud-Africains dans leur lutte pour leur dignité. La France était heureuse du triomphe de la justice quand les premières élections libres furent enfin organisées dans votre pays.

 

Comment oublier les images de Nelson MANDELA réalisant en 1990 son premier voyage hors d’Afrique du Sud, après tant d’années de détention ? François MITTERRAND, président de la République française l’accueillait sur le parvis des Droits de l’Homme à Paris. Il lui confiait le message suivant : «Vous avez montré ce que peut la force fragile d’un homme. Aujourd’hui, c’est le prisonnier qui guide ses geôliers sur les chemins de la liberté ».

 

Quatre années plus tard, François MITTERRAND fut le premier chef d’Etat occidental à se rendre en Afrique du Sud. Nelson MANDELA était devenu président de la République. Il lui avait préparé une réponse comme en écho de ce qu’il avait entendu quatre ans plus tôt et il déclarait : « Etre libre ce n’est pas simplement se débarrasser de ses chaines, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

 

Ma visite s’inscrit dans le prolongement de cette belle histoire. Elle permet de rappeler le passé car il nous est commun, et de voir aussi le chemin parcouru depuis maintenant plus de 20 ans.

 

Ce combat pour les libertés a été celui de votre génération. Mais également nombreux sont ceux qui m’accompagnent qui, en France, vous ont appuyé. Je pense à Laurent FABIUS, à l’époque Premier ministre, à Robert HUE, qui dirigeait le Parti communiste, à Christiane TAUBIRA, à Harlem DESIR qui ont été à vos côtés aux moments les plus sombres de la répression.

 

Demain, à Soweto, je rendrai hommage à tous ceux qui ont lutté contre l’Apartheid. J’ai salué la mémoire de ces militants, souvent anonymes, qui ont donné leur vie pour la liberté. C’était à Freedom Park, cet après-midi, avec vous cher Jacob ZUMA.

 

Je suis le quatrième président de la République française à visiter votre pays, après François MITTERRAND, Jacques CHIRAC et Nicolas SARKOZY. Depuis 20 ans, l’Afrique du Sud a relevé bien des défis et elle déploie aujourd’hui, pour son développement, pour son activité économique, la même énergie que celle avec laquelle elle luttait hier contre l’oppression. C’est pourquoi je suis sûr de votre succès.

 

Ce soir, j’entends me tourner vers l’avenir et ouvrir une nouvelle étape de la relation entre la France et l’Afrique du Sud. Notre partenariat stratégique – celui-là même qui avait été voulu par Nelson MANDELA et François MITTERRAND – recouvre désormais de nombreux domaines : politique, économique, commercial, militaire, scientifique, culturel, rien n’échappe à notre volonté de partager nos expériences.

 

Avec vous, cher Jacob ZUMA, je ne manque pas d’échanger avant les principaux sommets internationaux, car nous partageons les mêmes conceptions, la même volonté de progrès. La confiance s’est installée entre nous et donc entre nos deux pays. Vous avez compris que la France ne recherchait rien pour elle-même en Afrique, qu’elle portait et continue de porter des valeurs de démocratie et de stabilité.

 

La France n’oppose et n’opposera jamais des pays selon leur langue, leur histoire, leur origine. La France respecte profondément l’unité du continent africain et donc l’Union africaine. Si mon pays intervient sur la scène africaine, c’est toujours à l’appel des Africains eux-mêmes, sur un mandat des Nations Unies et en harmonie avec un grand pays comme le vôtre. Nous avons eu l’occasion de le constater, vous et moi, pour le Mali.

 

L’Afrique du Sud et la France partagent des responsabilités mondiales. Cette situation nous oblige à trouver des solutions aux grands défis de la planète : le réchauffement climatique, le développement, les droits de l’Homme, la lutte contre la spéculation et notamment celle qui touche les prix agricoles. C’est pourquoi la France souhaite que l’Afrique – et notamment l’Afrique du Sud – ait toute sa place au Conseil de sécurité des Nations Unies. Notre proximité nous permet déjà d’affronter les crises que traverse notamment le continent africain.

 

Je veux, une nouvelle fois, vous féliciter pour votre rôle en République démocratique du Congo. Je veux également souligner le courage dont vous faites preuve pour souhaiter des opérations de maintien de la paix robustes et actives. Vous le montrez aussi pour régler la question de la Centrafrique. Je reconnais aussi que lorsque nos efforts diplomatiques s’additionnent, les résultats sont là. A Madagascar dans quelques jours, grâce à la SACD, va pouvoir enfin se tenir une élection présidentielle offrant, à ce grand pays, une stabilité depuis trop longtemps disparue.

 

Nous aurons l’occasion, Monsieur le Président, d’aborder toutes ces questions lors du Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique en décembre prochain à Paris. Je suis très honoré que vous ayez accepté mon invitation et compris le sens de notre démarche.

 

Unis sur le plan politique, nos deux pays sont également liés sur le plan économique. La France est le 9ème investisseur en Afrique du Sud. Le montant des investissements français dans votre pays, Monsieur le Président, progresse rapidement. Il a quintuplé depuis le début des années 2000 pour atteindre près de deux milliards d’euros. C’est vers l’Afrique du Sud que se dirige 20% de l’ensemble de nos exportations vers l’Afrique subsaharienne.

 

Nous voulons faire encore davantage. 300 entreprises françaises sont présentes en Afrique du Sud, elles emploient 30 000 personnes. L’entreprise ALSTOM a conclu aujourd’hui un accord avec la compagnie ferroviaire PRASA, nous en sommes très fiers. C’est le fruit d’une longue et fructueuse négociation. Nous sommes conscients que les emplois qui vont être créés, sans doute près d’une dizaine de milliers, vont l’être pour les jeunes Africains du sud. Des formations leur seront dispensées et des technologies seront partagées. C’est non seulement un accord historique pour l’entreprise mais un accord qui servira de référence en Afrique du Sud et sur l’ensemble du continent. Il montre qu’il est possible de fournir du matériel en le fabriquant ici et en formant les personnels pour y parvenir tout en suscitant un courant d’activités dans notre propre pays.

 

Nos chefs d’entreprise comprennent le besoin d’offrir aux jeunes Sud-Africains des perspectives d’emploi et d’insertion. Ici, ils sont nombreux à m’avoir accompagné pour cette visite et ils sont engagés dans le respect de toutes les normes sociales et environnementales que vous avez posées, sur la règle du jeu que vous avez-vous-même définie. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, amis sud-africains, vous pouvez compter sur les entreprises françaises !

 

Demain, je visiterai une usine de la compagnie pharmaceutique SANOFI qui fabrique, ici dans votre pays, des antirétroviraux de haute qualité pour toute l’Afrique avec un personnel presque uniquement sud-africain. Parce que nos entreprises s’inscrivent sans réserve dans votre stratégie d’Economic Empowerment, acceptant son extension pour associer une plus large part encore de votre population. La France a décidé également de soutenir le développement de l’Afrique du Sud à travers l’Agence française de développement.

 

Enfin, au-delà de l’économie, la culture nous rapproche. Vous l’avez rappelé, Monsieur le Président. Vous avez organisé une saison magnifique, l'année dernière, pour faire comprendre ce qu’est la richesse culturelle de la France aux Sud-Africains. Cette année, c’est à notre tour d’accueillir depuis le mois de mai une saison sud-africaine. Elle est d’ores et déjà réussie. 230 projets ont été menés à bien et le dernier vous attend à Paris pour votre visite, celle que vous nous ferez pour le Sommet sur la sécurité et la paix.

 

Le lien que nous avons réussi à renforcer, aujourd’hui, entre l’Afrique du Sud et la France doit servir à l’Afrique tout entière. Je souhaite, Monsieur le Président que nous portions ensemble dans les enceintes internationales des initiatives pour le développement, pour l’environnement, pour la sécurité.

 

Je souhaite également que nous entrainions nos deux continents, l’Afrique et l’Europe, à travailler encore davantage ensemble. L’Europe sort d’une crise, longue, douloureuse. Elle connaît aujourd’hui une reprise de sa croissance. C’est encore timide. Mais la crise de la zone euro est terminée. Nous avons donc aujourd’hui une capacité supplémentaire d’entraîner l’Afrique pour un nouveau partenariat.

 

L’Afrique elle-même est un continent d’avenir où la croissance est forte, les perspectives de développement sont considérables. Alors si l’Afrique du Sud et la France emmènent leur continent respectif dans ce partenariat, nous avons de grands projets pour demain. Voilà notre ambition : que les Sud-Africains et les Français défendent un agenda de progrès pour le monde. C’est l’esprit qui m’anime lorsque je lève mon verre, à mon tour, pour l’amitié entre la France et l’Afrique du Sud.

 

Vive l’Afrique du Sud ! Vive la France ! Vive notre amitié !

 

Deuxième journée

Type de contenu : Communiqué de presseLe programme

Visite d’État en République d’Afrique du Sud

Le président de la République, François HOLLANDE, effectuera une visite d’État en République d’Afrique du Sud, à l’invitation de M. le Président Jacob ZUMA, du 14 au 15 octobre 2013.

 

PROGRAMME PREVISIONNEL

 

LUNDI 14 OCTOBRE 2013

9h00 Cérémonie officielle d’accueil par M. Jacob ZUMA, président de la République d’Afrique du Sud, suivi d’un entretien

11h15 Signature d’accords en présence des chefs d’Etat

11h30 Conférence de presse conjointe

12h30 Cérémonie à Freedom Park avec les deux chefs d’Etat

- Visite de la galerie des leaders et du mur des noms

- Dépôt de gerbe devant le Monument à la mémoire des combattants de la liberté

13h45 Clôture du Forum économique par les chefs d’Etat

Allocutions des Présidents

18h00 Allocution du Président de la République devant la communauté française

19h30 Dîner d’Etat

 

MARDI 15 OCTOBRE 2013

8h00 Entretien avec M. Kgalema MOTLANTHE, Vice-président de la République d’Afrique du Sud

9h15 Visite de l’entreprise SANOFI

11h40 Soweto : Visite du Mémorial Hector PIETERSON et de l’ancienne maison de M. Nelson MANDELA

 

Vous pouvez consulter le dossier de presse consacré à cet événement en cliquant sur le lien ci-dessous :

Fichier PDF (619 Ko):  Le dossier de presse Afrique du Sud

Visite de l’entreprise SANOFI

Type de contenu : Album photosLes photos de la visite

Visite du Mémorial Hector PIETERSON

Type de contenu : Album photosLes photos

Ancienne maison de Nelson Mandela

Type de contenu : Album photosLes photos

Type de contenu : VidéoDéclaration à l’ancienne maison de Nelson MANDELA

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la déclaration

Point de presse lors de la visite de l'ancienne maison de Nelson Mandela

LE PRESIDENT : « C’est très émouvant de venir à Soweto, là où il y a à peine 40 ans des enfants mouraient pour défendre leur liberté, leur dignité. Cette première visite dans ce musée, était déjà impressionnante. Là, venir dans ce quartier, celui de MANDELA, celui de Desmond TUTU, puisqu’ici c’est la rue des deux prix Nobel. Voir ce qu’a été sa vie pendant qu’il était encore en liberté, quand il luttait, et surtout pendant toutes les années où il n’était pas dans cette maison. Le plus impressionnant est sans doute de penser qu’il a été privé de sa famille pendant plus de 25 ans pour préparer l’Afrique du Sud de demain, celle d’aujourd’hui.

 

Venant dans cette maison, nous avons le sentiment d’avoir d’abord un lutteur, un combattant, un militant qui s’était ici, non pas réfugié mais vivait ici, au milieu des siens, dans ce quartier. Il était leur avocat, dans tous les sens du terme. Ensuite il a été enlevé, fait prisonnier, sa femme Winnie a été également emprisonnée. Cette maison avait été, en définitive, saisie. ET, maintenant y revenir. Elle a été reconstruite en l’état parce qu’elle avait été brulée par ceux-là même qui voulaient qu’il n’y ait aucune trace de la présence de MANDELA.

 

On peut se dire que tout cela est loin. En fait, c’était à peine il y a 40 ans. Il y eu un enfant qui a été tué ici et la libération de MANDELA est intervenue au début des années 90. C’est-à-dire il y a 23 ans seulement. Cela est la première leçon. Tout cela n’est pas si loin, tout cela est près de nous.

La seconde leçon c’est que nous n’en avons jamais terminé avec les combats pour la dignité humaine, pour l’égalité, pour le respect, pour la tolérance. Ces combats vivent au-delà même des héros qui les ont menés, justement MANDELA.

 

 

QUESTION : «Toutes proportions gardées, quelle leçon pouvez-vous tirer entre ce combat universel – quand même mené par Nelson MANDELA sur l’égalité des hommes entre deux races – et le combat auquel sont affrontés les chefs d’Etat en Europe face à un certain populisme ? »

 

LE PRESIDENT : «Il y a 40 ans, des enfants mouraient dans ce quartier parce qu’ils voulaient tout simplement être libres.

 

Il y a à peine 25 ans, MANDELA sortait de prison parce qu’il portait l’idée toute simple qu’un homme en valait un autre.

 

Encore aujourd’hui il y a des combats qui doivent être nommés et menés pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour la dignité des êtres humains, pour permettre que nous puissions vivre ensemble, pour éviter le racisme et la xénophobie.

 

Cela ne règle pas les questions quand on dit qu’il faut, avant tout, défendre les libertés, les principes, les valeurs. Si on n’appréhende pas les grandes questions qui nous sont posées, y compris celle de la sécurité, celle de la vie ensemble, celle de l’immigration, avec ses principes et ses valeurs, nous ne sommes pas fidèles, à notre histoire, à celle qui s’est jouée là, et nous ne sommes pas capables de les résoudre. »

 

 


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