Déplacement international

Visite d’Etat en République du Niger

18 Juillet 2014

Lieu : Niamey, Niger

Rubrique : International, développement et francophonie

Type de contenu : Communiqué de presseLe communiqué de presse

Visite du Président de la République en Côte d'Ivoire, au Niger et au Tchad

Le chef de l’Etat, François HOLLANDE, effectuera une visite officielle en République de Côte d’Ivoire, le 17 juillet 2014, suivie d’une visite d’Etat en République du Niger, le 18 juillet 2014, et d’une visite officielle en République du Tchad, le 19 juillet 2014.

 

PROGRAMME 

 

VISITE OFFICIELLE EN REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE – JEUDI 17 JUILLET 2014 

09h45 Visite en bateau des sites « ville durable », dans la lagune d’Abidjan 

11h30 Entretiens avec M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire. 

12h55 Conférence de presse conjointe au Palais présidentiel 

13h35 Clôture du forum économique franco-ivoirien sur la ville durable 

18h00 Réception de la communauté française 

19h45 Diner officiel offert par le Président de la République de Côte d’Ivoire et Mme Dominique OUATTARA

 

VISITE D’ETAT EN REPUBLIQUE DU NIGER - VENDREDI 18 JUILLET 2014

 
11h15
Entretiens avec M. Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger, suivis d’une signature de conventions 

12h45 Conférence de presse conjointe

13h30 Visite de la base aérienne 101 (Détachement Air)

15h45 Visite par les deux chefs de l’Etat de l’entreprise NUTRISET, société de transformation alimentaire

16h45 Visite par les deux chefs de l’Etat d’une usine de production d’eau potable de Goudel 

18h30 Réception de la communauté française 

19h45 Rupture du jeûne (Iftar) à la Présidence de la République nigérienne 

 

VISITE OFFICIELLE EN REPUBLIQUE DU TCHAD – SAMEDI 19 JUILLET 2014 

10h00 Cérémonie d’honneurs militaires au Palais présidentiel 

Entretiens avec M. Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, suivis d’une conférence de presse conjointe 

12h00 Visite de la base militaire française KOSSEI, futur dispositif « Barkhane » 

- Adresse aux troupes françaises 

- Déjeuner avec les troupes françaises basées au Tchad 

- Visite du centre de commandement régional 

Type de contenu : Communiqué de presseLe dossier de presse

Tout savoir sur le voyage de François Hollande au Niger : le dossier de presse

Type de contenu : Album photosLes photos

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse conjointe avec Mahamadou Issoufou

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la conférence

Conférence de presse conjointe avec M. Mahamadou Issoufou, Président de la République du Niger

Excellence, Monsieur le Président de la République Française, Excellence, Monsieur le Président de la République du Niger. C’est donc la séance des questions réponses avec les journalistes et il y aura un préambule d’abord, qui sera dit par Monsieur le Président de la République du Niger. 

 

M. Mahamadou ISSOUFOU

« Je voudrais commencer par saluer la présence du Président HOLLANDE, ici, à Niamey, au Niger. Nous sommes heureux de l’accueillir, et le peuple nigérien se réjouit de cette visite. Le peuple nigérien l’a démontré, d’ailleurs, il y a quelques minutes sur le trajet entre l’aéroport et le palais de la présidence. Cette visite d’Etat du Président HOLLANDE au Niger est je crois, une occasion pour nous de célébrer, je l’ai dit tout à l’heure, l’excellence des relations qui existent entre le Niger et la France. 

Je l’ai dit, l’excellence de ces relations se constate dans l’identité de vues que nous partageons sur pratiquement toutes les questions, sur pratiquement tous les sujets. En particulier sur les questions de sécurité et les questions de développement, nous travaillons ensemble, comme on le sait, pour faire face aux menaces auxquelles les pays du Sahel sont exposés. Le Niger et la France travaillent ensemble au Mali, le Niger et la France réfléchissent ensemble pour contrer la menace de Boko Haram au Nigéria. 

Nous travaillons ensemble également par rapport à la situation en Libye qu’il faut stabiliser. Je l’ai dit tout à l’heure, les pays voisins de la Libye prennent des initiatives pour aider ces pays à se stabiliser, à retrouver la paix, mais il est important que la communauté internationale dans son ensemble vienne au chevet de la Libye. 

Et je profite de l’occasion de cette visite aussi pour remercier et féliciter le Président HOLLANDE et la France pour tout ce qui est fait pour aider les pays du Sahel à faire face aux menaces terroristes. On a vu l’opération SERVAL au Mali, des résultats importants ont été obtenus, par l’intervention française au Mali et je sais que la France est également engagée de manière générale à soutenir l’Afrique pour faire face aux menaces auxquelles le continent est exposé, en particulier par la formation. 

Le Président l’avait dit à l’occasion du Sommet France-Afrique de la fin de l’année 2013. Sommet à l’occasion duquel il a pris des engagements pour accompagner les Etats africains notamment dans la formation de nos armées et dans la mise en place de la capacité africaine de réponse immédiate aux crises et à terme dans la mise en place de la force africaine en attente. 

Il n’y a pas que sur la sécurité que nous avons une parfaite identité de vues ; sur le développement aussi, sur les questions de développement également, nous sommes conscients de la liaison étroite qui existe entre sécurité et développement. La France fait beaucoup dans ce domaine, et en particulier dans le domaine du développement pour venir en aide au Niger où nous sommes en train de mettre en œuvre le programme de renaissance depuis maintenant 3 ans et demi et la France intervient dans des secteurs prioritaires pour nous. 

D’abord dans le secteur du développement durable, l’éducation, l’assainissement, l’énergie, le soutien au secteur privé ; dans le développement humain, c’est l’éducation, c’est la formation professionnelle et technique, la recherche, l’enseignement supérieur, la santé, dans la sécurité alimentaire, et le développement rural. 

Il y a une forte intervention de l’AFD, pour soutenir le programme « Kandadji » qui est un programme ambitieux et qui va très fortement contribuer à la réalisation de l’initiative « Trois N : les Nigériens nourrissent les Nigériens » et également sur les problèmes de stabilité, de sécurité. Je me suis largement exprimé en ce qui concerne la sécurité. Donc, sur les problèmes de stabilité, de gestion des finances publiques, de justice, de décentralisation, soutien à la société civile etc… 

Donc, vous constaterez qu’il y a une excellence des rapports, comme je l’ai dit au tout début, une excellence des relations entre le Niger et la France. 

Au-delà des relations d’Etat à Etat, ce que nous souhaitons c’est que les entreprises françaises viennent investir au Niger. Nous avons déjà un certain nombre d’entreprises qui sont présentes dans le pays. C’est le cas d’Areva avec laquelle nous venons de signer un partenariat stratégique. Ça fait 45 ans qu’Areva est présente au Niger. Ce partenariat doit se poursuivre, il a été équilibré dans le cadre de l’accord que nous avons signé il y a quelques semaines. Cet équilibre que nous avons trouvé est une condition essentielle pour la durabilité de nos relations. 

Ensuite, nous avons, également, une autre entreprise qui est venue investir dans un secteur structurant pour nous, le secteur du chemin de fer, pour la réalisation de cette boucle, de chemin de fer de 3000 kms de long depuis Cotonou jusqu’à Abidjan, en passant par Niamey et Ouagadougou. C’est une boucle dans laquelle il y aura 600 km de rail au Niger, donc nous nous félicitons qu’une entreprise française importante vienne investir dans ce secteur structurant pour l’économie de notre pays. Il y a Veolia également qui est présente. Nous souhaitons, au-delà de ces entreprises, que davantage d’entreprises françaises viennent investir dans notre pays. 

Avec le Président aussi, nous sommes d’accord pour dire que nous devons porter le débat sur la question des inégalités dans le monde, des inégalités à l’intérieur des pays, des inégalités entre pays. Il me semble que cela est une condition essentielle, non seulement pour le développement mais également pour que l’on ait un monde encore plus sûr. 

Voilà ce que j’ai voulu dire à titre introductif et je pense que le Président a une introduction liminaire, également, à faire. Je vous remercie ».

 

LE PRESIDENT

« Mesdames, Messieurs, je voudrais d’abord remercier le Président ISSOUFOU pour son invitation et pour l’accueil qui m’a été réservé tout au long du parcours que j’ai pu faire, entre l’aéroport et ici, le siège de la Présidence de la République. [Celui de] cette population jeune qui témoignait de son attachement à la relation entre la France et le Niger.

C’est une relation ancienne, c’est une relation forte et c’est une relation que je veux exemplaire. D’abord, elle tient à l’amitié qui m’unit au Président ISSOUFOU depuis longtemps mais qui tient aussi à la situation particulière du Niger. Un pays pauvre, l’un des plus pauvres du monde, mais qui se bat pour que son développement puisse être rapide et équilibré. Un pays qui veille à ce que la démocratie soit préservée et le pluralisme puisse être respecté. Un pays qui veut jouer son rôle dans la région et qui fait en sorte de pouvoir prendre ses responsabilités quand elles sont appelées. Ça a été le cas par rapport à l’intervention au Mali, lorsque la France s’est décidée, dans un délai très court, à porter secours au Mali qui était victime d’une offensive terroriste. J’ai pu prendre cette décision parce que – je le rappelais hier en Côte d’Ivoire – la CEDEAO avait appelé la France et parce que des pays avaient immédiatement déclaré leur disponibilité. Et c’était le cas du Niger. Et sans la présence de forces armées nigériennes, il n’y aurait pas eu la libération de la région de Gao puisque c’est ensemble que nous avons pu permettre à notre voisin, votre voisin, le Mali, de pouvoir assurer son intégrité territoriale.

Le Niger a joué un rôle dans la libération de nos otages : Pierre LEGRAND, Daniel LARRIBE, Thierry DOL, Marc FERET. S’il n’y avait pas eu la médiation du Président ISSOUFOU, il n’y aurait pas eu la libération de nos otages. C’est vrai que ces otages avaient été pris au Niger et donc il y avait forcément un rôle que devait assumer le Niger. Et ce fut fait. Et encore aujourd’hui, j’ai une pensée pour le seul otage qu’il nous reste au Sahel : Serge LAZAREVIC, dès lors que nous avons toutes les raisons de penser que Gilberto RODRIGUES LEAL est mort dans sa détention.

Donc voilà toutes les raisons qui fondent la relation que nous avons. Relations personnelles, relations politiques mais nous avons voulu que les partenariats entre la France et le Niger soient exemplaires. Ils le sont pour la sécurité. J’ai annoncé – le Ministre de la Défense français est là – une opération Barkhane qui a vocation à se substituer à ce que nous faisions dans cette région. Il s’agit d’accompagner les armées africaines, de l’Ouest de l’Afrique, et de leur permettre de pouvoir faire face à des menaces. Et des menaces, il y en a. Il y a celles qui viennent de Lybie. Il y a là des réseaux terroristes. Il y a des matériels qui se sont accumulés et il y a sans doute des chefs terroristes qui s’y sont réfugiés. Des menaces, il y en a venant du Nord du Nigéria et nous avons tenu une réunion à Paris il y a peu de semaines par rapport à Boko Haram. Nous avons donc décidé de mettre en place des structures, des dispositifs qui puissent permettre aux pays qui font face à cette menace de pouvoir répondre. Au Niger, ce sont 300 soldats français qui sont là, en appui, en formation, en accompagnement des armées nigériennes.

Notre relation, elle est aussi exemplaire en matière de développement. Nous avons signé un certain nombre de conventions aujourd’hui à hauteur de 5 millions d’euros et l’Agence Française de Développement sera mobilisée sur bon nombre de projets. Le Président les a rappelés : aussi bien pour l’énergie, pour les infrastructures, pour l’éducation, pour la santé. Et là encore, il s’agit d’un effort exceptionnel de la France.

Nous mettrons en œuvre – je veux le souligner – la première utilisation de la taxe sur les transactions financières, dont le produit, l’affectation, seront versés pour un projet de santé et donc d’amélioration de l’état sanitaire avec la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans. C’est un beau symbole, que la taxe sur les transactions financières puisse être utilisée, ici, au Niger.

Relations exemplaires aussi dans l’accord qui a été passé entre Areva et les Autorités nigériennes. Parce qu’il s’agit là d’une action de long terme qui justifie qu’Areva, grande entreprise française, puisse investir davantage au Niger, notamment dans le secteur routier, et puisse reverser davantage que par le passé, une contribution aux autorités nigériennes, même si le Président ISSOUFOU fait valoir que les recettes qu’il tire de l’exploitation du pétrole sont plus importantes que les recettes qu’il tire de l’exploitation de l’uranium.

Ce n’est pas incompatible, ça fait partie de la diversification des ressources nigériennes à condition qu’il y ait bien cette solidarité entre l’entreprise qui exploite et l’Etat qui fournit la ressource. 

L’exemplarité c’est aussi cet investissement qui a été lancé par le groupe Bolloré pour cette boucle ferroviaire qui part d’Abidjan et qui arrivera à Cotonou. Nous en avons eu une vision précise, sur le chemin de l’aéroport jusqu’ici, où il y avait déjà les premières voies ferroviaires qui étaient au milieu de cette route. Et j’ai l’impression que le chantier va vite et que chaque jour qui passe, c’est la voie qui se prolonge. C’est un investissement très important, d’abord pour les travaux qu’il va mobiliser et les emplois qu’il va créer, mais c’est un investissement très important aussi parce qu’il va lier les pays et assurer ainsi leur développement. 

Je veux terminer sur la relation exemplaire sur la transparence et sur le pluralisme. Le Niger, je le soulignais, est un pays démocratique, dont les dirigeants sont issus d’élections libres. Et la France est attachée à ce que ces principes-là soient mis en valeur et surtout soient mis en œuvre. Et c’est aussi le sens que nous donnons à la relation entre la France et le Niger. La démocratie est un levier pour le développement et une condition de la sécurité, et elle ne peut pas souffrir d’atteintes au prétexte qu’il y aurait des menaces. Pour conjurer les menaces, il faut faire encore plus de dialogue et plus de démocratie. Et pour conjurer le terrorisme, il faut encore faire davantage de développement et c’est le sens de la relation que nous avons entre la France et le Niger ».

 

Séance Questions / Réponses

QUESTION 

« Bonjour. Ma question s’adresse au Président de la République française, Monsieur François HOLLANDE. Alors, Monsieur le Président, vous avez organisé deux sommets à l’Elysée sur la paix et la sécurité, notamment un sommet pour tout le continent mais aussi un sommet restreint pour les pays limitrophes du Nigéria et, si j’ai bonne souvenance, à chaque fois certains de vos homologues notamment le Président ISSOUFOU ont insisté sur le lien qu’il y a entre la pauvreté et le terrorisme ; que le terrorisme aurait plu sur le terreau de la pauvreté. Alors, aujourd’hui que vous annoncez Barkhane, qu’est-ce qui est annoncé pour la lutte contre la pauvreté dans cette partie du continent ? Merci ». 

LE PRESIDENT

« Avec le Président ISSOUFOU, nous avons voulu insister, à l’occasion de cette visite d’Etat, sur la lutte contre les inégalités et c’est une responsabilité de la France que de porter dans les grandes instances internationales cette exigence. C’est ce que nous allons faire, d’abord au prochain G20 qui se tiendra en Australie et où j’insisterai pour que les ressources qui sont tirées de la croissance et de la finance, puissent être affectées davantage à la lutte contre la pauvreté, parce que c’est un élément de la sécurité. Je le ferai également, et je ne le ferai pas seul puisque les pays africains et les pays européens ont décidé de faire cause commune, lors de la conférence sur le Climat à la fin de l’année 2015. Parce que, si nous voulons lutter contre le réchauffement climatique, il faut créer ce qu’on appelle un fond vert pour financer un certain nombre d’infrastructures, de travaux, pour permettre à l’agriculture d’être davantage soutenue sans qu’elle puisse mettre en cause l’environnement. Et ce fond vert devra être alimenté par les pays les plus riches de la planète. 

J’ai évoqué aussi la taxe sur les transactions financières qui a été engagée au niveau européen, dans le cadre d’une coopération renforcée, mais qui devrait trouver sa place à l’échelle mondiale pour financer un certain nombre de projets de développement. La conférence sur le Climat, c’est essentiellement une lutte contre les inégalités car les pays qui sont les plus souvent victimes des catastrophes climatiques sont les pays les plus pauvres, et notamment les pays africains. Hier, j’étais en Côte d’Ivoire qui subit des inondations très importantes avec de nombreuses victimes. On s’aperçoit que le rythme des catastrophes s’accélère : tantôt c’est le réchauffement, tantôt ce sont les inondations et aussi un certain nombre de tempêtes. 

Voilà le sens de l’action que je mène mais je le disais, je ne la mène pas seul parce que nous avons tenu un sommet, c’est vrai, entre la France et les pays africains, c’était l’année dernière, qui a été suivi par un autre sommet entre l’Europe et l’Afrique. Et nos deux ambitions sont celles de la sécurité, qui est nécessaire pour assurer le développement et les investissements, et la seconde ambition c’est la lutte contre les inégalités. Je me félicite que l’on ait signé aujourd’hui - je l’ai rappelé - ces conventions à hauteur de 75 millions d’euros, des projets qui pourront pour le Niger être des facteurs de réduction d’inégalités, notamment dans le domaine sanitaire et dans le domaine éducatif.

Voilà pourquoi je voulais aussi que notre réunion d’aujourd’hui puisse être orientée vers la lutte contre la pauvreté et la lutte contre les inégalités. » 

QUESTION 

Messieurs les Présidents, bonjour, ma question s’adresse au Président de la République Française. François HOLLANDE, on pourrait revenir sur le drame qui s’est déroulé en Ukraine, pouvez-vous nous dire ou non enfin s’il y a des victimes françaises dans le crash de la Malaysian Airlines ? 

Et d’autre part est-ce que vous pouvez nous confirmer que l’avion a été détruit par un missile sol-air en provenance du camp pro russe de l’Ukraine et donc quelles conséquences politiques allez-vous en tirer ? 

LE PRESIDENT 

Ce qui s’est produit, c’est à dire un avion qui s’est écrasé avec 298 personnes à son bord, donc 298 victimes. C’est une tragédie dont nous devons connaître la cause et c’est pourquoi la France demande une enquête internationale pour savoir la vérité et pour connaître les responsabilités. 

C’est le message que j’ai demandé à mon représentant au Conseil de Sécurité de porter, de façon à ce que la plus haute instance internationale puisse par la voie au moins de son Secrétaire général aller dans le sens de la recherche exigeante de la vérité et que toutes les conséquences puissent en être tirées. Je dis bien toutes les conséquences. 

Vous m’interrogez sur les victimes, les victimes n’ont pas de nationalité. Les victimes sont les victimes d’une tragédie atroce. Néanmoins, je veux vous répondre. Selon les documents qui ont été transmis par la compagnie aérienne, au moment où je parle, il n’y aurait aucun français victime car il n’y avait aucun français à bord de l’avion, sauf un cas qui n’a pas encore été élucidé. 

Mais au-delà du soulagement que cela peut procurer à des familles françaises, j’ai une pensée pour toutes les familles qui sont aujourd’hui touchées. C’est la raison pour laquelle dans le déplacement que je faisais, j’ai pu appeler le Premier ministre néerlandais Mark RUTTE, profondément ému, choqué, par le nombre de victimes de son pays. J’ai également appelé le Premier ministre malaisien compte tenu de la nationalité de l’avion et aussi de la nationalité de bon nombre de victimes. Et j’aurais également des contacts avec d’autres chefs de Gouvernements, à la fois pour exprimer la solidarité de la France, et pour exiger cette enquête internationale pour connaître la cause de ce drame. 

QUESTION

Bonjour Messieurs les Présidents, Monsieur HOLLANDE, hier, au début de l’offensive terrestre dans la bande de Gaza, vous avez appelé à la retenue. Est-ce qu’aujourd’hui ces termes ne sont pas un peu timides compte tenu de l’ampleur de cette offensive ? Par ailleurs, est ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur la mission de Laurent FABIUS et enfin une manifestation a été interdite demain à Paris. Est-ce le signe, que plus que jamais, vous craignez l’importation du conflit en France ?

LE PRESIDENT

D’abord, j’ai appelé, non seulement à la retenue, mais au cessez-le-feu, à la trêve. Je ne l’ai pas fait que depuis hier, je n’ai cessé de le faire depuis qu’il y a des tirs de roquettes d’un côté et des bombardements de l’autre, et que le nombre des victimes civiles palestiniennes s’alourdit chaque jour. Je l’ai fait parce que je considère qu’il y a nécessité de faire que la sécurité soit renforcée, soit préservée mais qu’en même temps il doit y avoir le respect des populations civiles. Et aujourd’hui qu’il y a l’intervention terrestre, je réédite cet appel au cessez-le-feu et au retour à la trêve.

Vous m’interrogez sur le rôle de Laurent FABIUS, en ce moment même. Avant même que ne soit déclenchée l’intervention terrestre par Israël et alors même que le Hamas avait refusé la trêve, j’avais demandé à Laurent FABIUS, ministre des Affaires étrangères de se rendre en Egypte, en Israël également de rencontrer le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud ABBAS pour tout faire pour qu’il y ait, justement, le retour à la trêve. Plus que jamais sa mission est organisée autour de cet objectif : faire en sorte qu’il puisse y avoir maintenant une trêve qui puisse être prononcée.

Enfin sur les manifestations, qu’il y ait de l’émotion, qu’il y ait de la part d’une partie de nos compatriotes, la volonté d’en appeler aussi au cessez-le-feu, je peux le comprendre. Mais il ne peut pas y avoir d’importation du conflit en France. Il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l’ordre public.

C’est la raison pour laquelle, le ministre de l’Intérieur, lorsqu’il est saisi de projets de manifestations, fait en sorte, soit qu’il ne puisse pas y avoir de débordements, soit lorsqu’il y a des risques, qu’elles ne puissent pas avoir lieu. Et c’est ce qui a été décidé, pas simplement à Paris mais aussi dans d’autres villes parce que nous ne pouvons pas rester indifférents lorsque nous avons des manifestations qui sont proposées et qui ont visiblement des objectifs qui ne sont pas simplement de manifester. 

QUESTION 

« Bonjour messieurs les Présidents. Ma question est adressée à Monsieur le Président de la République du Niger. Monsieur le Président de la République de la France arrive au Niger au moment où les accords de partenariat stratégique avec Areva font rage. Une grande partie de la société civile nigérienne estime que les termes de cet accord ne sont pas respectés au 30 juin dernier. Dans ces accords, il y a la neutralité de la TVA qui est accordée à Areva. Monsieur le Président, est-ce que Areva et la France ne vous demandent pas trop par rapport à l’exploitation de l’uranium nigérien? Je vous remercie. » 

M. Mahamadou ISSOUFOU 

« Bien, je vous remercie de cette question. Je rappelle que l’accord que nous avons signé avec Areva est un accord équilibré. Et en le disant je sais de quoi je parle, parce que n’oubliez pas que je suis ingénieur des mines et j’ai travaillé dans ce secteur pendant dix ans. J’ai tout fait, le Gouvernement nigérien a tout fait pour que les intérêts du Niger, dans les discussions, soient sauvegardés, et c’est le cas. Les intérêts du Niger ont été défendus. Nous avons dans le cadre de cet accord décidé d’appliquer de nouvelles conditions fiscales à Areva. Jusqu’ici les conditions fiscales qui étaient appliquées à Areva étaient celles du Code minier de 1993 et il y a eu un Code minier, celui de 2006, qui prévoit des conditions fiscales plus favorables à l’Etat du Niger. Et ce sont ces conditions fiscales qui seront mises en œuvre désormais. 

Vous me parlez de la neutralisation de la TVA. Cela est une pratique internationale, chaque fois qu’un produit est destiné à l’exportation, ce produit est exonéré de TVA. C’est valable pour le Niger, c’est valable en France, c’est valable partout dans le monde. Donc je me réjouis de cet accord qui a été signé. C’est un accord équilibré, c’est un accord qui sauvegarde les intérêts du Niger. Malheureusement dans l’accord, nous avons prévu de décaler la mise en exploitation de la mine d’Imouaren, tout simplement parce que la situation du marché ne permet pas aujourd’hui de mettre une production supplémentaire sur le marché au risque de déprimer le marché de l’uranium, et donc de faire s’effondrer les prix. Or le Niger n’a aucune intention de brader les ressources de son sous-sol. Donc nous verrons ensemble avec Areva, le moment venu, comment mettre en exploitation cette mine dans des conditions plus favorables et pour le Niger et pour Areva. » 

QUESTION 

« Question pour Monsieur ISSOUFOU, Président de la République. Le Niger est régulièrement touché par la malnutrition, voire par la famine. La raison principale est sans doute à voir du côté de la natalité galopante. Vous êtes champion du monde dans ce domaine, sans doute six ou sept enfants par femmes, comment vous faites pour lutter contre cela ? Qu’est-ce que vous avez déjà décidé, ou qu’est-ce que vous avez eu en vue pour pouvoir lutter justement contre cette natalité galopante ? » 

M. Mahamadou ISSOUFOU 

« Vous avez raison de le dire, le Niger est soumis de manière récurrente à des crises alimentaires. Ces crises alimentaires ne sont pas seulement liées aux problèmes démographiques, il y a aussi les effets des changements climatiques, c’est pour cela qu’il est important en 2015 à Paris qu’on arrive à prendre des mesures énergiques pour faire face aux effets des changements climatiques. 

Ces effets sont dévastateurs pour le Niger. Depuis cinquante ans, nous connaissons pratiquement une année de sécheresse sur deux. Et pour faire face à cette situation de précarité au plan alimentaire, nous avons pris des mesures, nous sommes en train de mettre en œuvre un programme très important, l’initiative « Trois N : les Nigériens nourrissent les Nigériens ». C’est un programme qui a pour objectif de créer les conditions qui puissent permettre au Niger de ne plus dépendre des cultures pluviales et donc qui fait une bonne place à l’irrigation. Notre objectif à terme, c’est que nos ressources céréalières puissent provenir de l’irrigation pour 50% et des cultures pluviales pour 50%. Et ça fait trois ans que nous sommes en train de mettre en œuvre ce programme, et les résultats que nous obtenons sont très encourageants. 

Bien sûr la démographie n’est pas sans effet sur la situation, non seulement au plan agricole, mais de manière générale sur ses effets sur la croissance économique du Niger. Récemment nous avons fait un recensement décennal et qui prouve que le taux de croissance de la population du Niger est de 3,9%, c’est énorme. Cela suppose que, par exemple, pour accroitre le PIB par habitant, on ait un taux de croissance au Niger largement supérieur à 4%. 

Donc c’est un défi auquel nous devons faire face. C’est un défi que nous devons relever. Et nous sommes engagés dans la lutte pour la maîtrise de la démographie, dans la lutte pour créer les conditions de ce qu’on appelle la transition démographique, et je fonde l’espoir que nous allons y arriver. Nous sommes en train de mobiliser les leaders d’opinion pour ce faire. La religion musulmane contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ne s’y oppose pas. La religion musulmane considère d’ailleurs que c’est un pêché de faire des enfants qu’on ne peut pas nourrir, qu’on ne peut pas éduquer, qu’on ne peut pas soigner. Donc j’espère que les efforts que nous sommes en train de faire, très prochainement vont porter des résultats. »

Type de contenu : Vidéo« La Côte d’Ivoire, un partenaire essentiel sur le plan politique et économique »

Type de contenu : VidéoAllocution à la base aérienne de Niamey

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de l'allocution

Allocution à la base aérienne de Niamey au Niger

Mon général,

Messieurs les officiers, Sous-officiers, Militaires du rang,

Mesdames, Messieurs,

 

Je voulais à l’occasion de ma visite, ici, au Niger vous rencontrer pour vous parler avec des mots simples, qui sont d’abord ceux de la gratitude pour la tâche que vous exercez ici. 

Pour vous dire aussi que le Niger est un pays que vous commencez à connaitre. Un pays parmi les plus pauvres du monde, un pays qui fait des efforts pour assurer son développement mais un pays qui est menacé pour sa sécurité, menacé à ses frontières, avec ce qui se produit au sud de la Lybie avec des groupes terroristes qui s’y sont réfugiés, menacé toujours par ce qui peut se produire au Mali. Même si le Niger a été un pays qui avec la France, dans le cadre de l’opération Serval pour ce qui nous concerne, dans le cadre de la MINUSMA  pour ce qui concerne les pays africains, a pris sa part pour assurer l’intégrité du Mali. 

Le Niger est également menacé au sud par Boko HARAM, même si pour l’instant il n’y a pas eu véritablement d’actions qui ont été menées du Nigéria, mais on sait que ce groupe terroriste est présent, présent au Nigéria, peut-être présent au Tchad, présent au Cameroun et donc peut-être aussi au Niger. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’ai réuni à Paris un sommet sur la question de Boko HARAM après l’enlèvement des jeunes filles, j’ai voulu que le Niger puisse y être associé et que nous puissions coordonner nos efforts pour agir. 

Alors, je suis venu ici au Niger, à Niamey pour réaffirmer le soutien de la France au Président ISSOUFOU, soutien de la France à son développement et nous avons signé un certain nombre de conventions, parce que ce qui concerne la population, c’est le développement. Mais soutien de la France aussi pour la sécurité, la sécurité du Niger, la sécurité de l’Afrique de l’Ouest et la sécurité de la France, parce que ce n’est pas détachable. Ce qui peut se produire au Niger peut atteindre notre propre sécurité, nos propres intérêts, notre propre population. Chacun a en mémoire ce qui s’est produit ici au Niger avec l’enlèvement d’un certain nombre de nos compatriotes, quatre, que nous avons réussi à faire libérer, d’ailleurs grâce à une médiation du Président ISSOUFOU. Chacun se souvient aussi d’enlèvements qui se sont finis tragiquement. 

Alors, lorsque vous êtes ici, assurant la sécurité du Niger, vous assurez aussi la sécurité de la France. Vous faites une belle et grande mission puisque vous contribuez à accompagner le Niger dans la tâche qui est la sienne de surveiller ses frontières et d’assurer partout la protection de son propre territoire. Vous coopérez avec les armées nigériennes dans des domaines techniques, je pense notamment à l’aménagement aéroportuaire de la base de Niamey. Et si vous êtes là, c’est parce que nous sommes maintenant rentrés dans une nouvelle opération que le ministre de la Défense m’a présentée et que j’ai acceptée : l’opération Barkhane. 

Je suis allé en Côte d’Ivoire hier, je suis au Niger aujourd’hui, je serai demain au Tchad et c’est en définitive pour présenter à nos partenaires ce que nous voulons faire dans cette partie-là de l’Afrique. L’opération Barkhane, c’est pas une opération comme Sangaris. 

L’opération Barkhane, c’est une organisation pour accompagner les Africains et leur permettre d’assurer eux-mêmes leur propre sécurité. L’opération Barkhane va donc nous obliger à redéployer nos forces en Afrique de l’Ouest. Et demain, au Tchad, je confirmerai que les structures de commandement seront maintenant à Ndjamena. 

Et vous, dans ce dispositif, vous jouez un rôle très particulier avec le détachement air. Vous permettez d’appuyer les Africains là où ils sont en difficulté, notamment l’appui aérien, le renseignement et la capacité d’action ciblée. Donc, le détachement air de Niamey avec ses drones, et je vais avoir maintenant une connaissance très précise du drone et aussi des éléments qui permettent d’interpréter les renseignements, c’est vous qui en assurez la qualité, la fiabilité, et c’est essentiel. Le détachement air de Niamey avec ses drones, son pôle logistique, sa capacité d’accueil temporaire d’avions de chasses, d’avions ravitailleurs, d’avions de patrouille maritime de l’aéronautique navale, joue un rôle clé dans l’opération Barkhane. 

C’est la raison pour laquelle je voulais m’adresser à vous. D’abord pour saluer ceux qui vont bientôt rentrer, je sais qu’il y en a quelques-uns, et qui vont après plus de trois mois de mission pouvoir retrouver les leurs. Merci pour ce que vous avez fait au cours de ce trimestre. 

Pour saluer aussi ceux et celles qui viennent d’arriver et qui vont maintenant poursuivre la mission. Saluer celles et ceux qui ont pu déjà venir dans le cadre de l’opération Serval ou qui ont pu servir dans l’opération Sangaris, parce que je sais ce que ça a pu représenter. J’ai en cet instant une pensée particulière pour le caporal-chef Thomas GUILLEBAULT qui a été tué ici-même le 26 décembre 2013 dans l’exercice de sa mission pour notre pays. J’ai une pensée aussi pour vos camarades qui ont été blessés il y a quelques jours au Mali et pour celui qui a été tué lors d’une attaque-suicide. Je n’oublie pas non plus ceux qui ont été blessés au Niger par l’explosion d’une mine, c’était le 12 juin 2013. 

Voilà pourquoi aussi la France peut être solidaire de son armée. Voilà pourquoi la France doit faire les efforts nécessaires pour son armée. Voilà pourquoi la France, malgré toutes les contraintes que vous connaissez sur le plan budgétaire, a décidé de sanctuariser, de préserver les crédits militaires. 

Voilà pourquoi j’ai décidé que la loi de programmation militaire sur laquelle le ministre a des yeux vigilants sera respectée. Ce n’est pas pour simplement satisfaire des demandes des Etats-majors ou des pressions qui pourraient être faites par les uns ou par les autres, non. C’est parce que ces crédits là nous permettent d’être à la hauteur du rôle de la France, de ce qui est attendu de nous, ici, au Niger, dans l’Afrique de l’Ouest et dans bien d’autres terrains, dans bien d’autres théâtres d’opérations. Tout à l’heure j’évoquais l’opération Sangaris en Centrafrique, opération difficile. Le ministre était il y a peu en Centrafrique. Nous allons réussir, mais là il ne s’agit pas de lutter contre le terrorisme, il s’agit de se séparer des populations et d’éviter qu’il puisse y avoir des massacres. 

L’armée doit être préparée à ces missions là, et vous l’êtes remarquablement. 

Je voulais saluer votre courage, saluer votre haut-niveau technique. J’interrogeais un certain nombre d’éléments autour de cette table pour savoir ce qu’ils ou ce qu’elles faisaient. Et chaque fois c’est une compétence particulière. L’armée ce n’est pas simplement le combat, même si parfois c’est le combat. L’armée c’est une somme de compétences, de qualités, de formations qui font que nous pouvons être notamment des appuis pour d’autres, ici en Afrique, mais nous pouvons être capables de répondre à tous les défis qui nous sont posés. Merci donc pour ce que vous faites, merci de m’accueillir à votre table et je vous dis, pour vos missions, que vous avez tous le soutien de la France et l’admiration des Français. 

Type de contenu : VidéoDiscours devant la communauté française

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte du discours

Discours du président François Hollande devant la communauté française à Niamey

Madame la ministre,

Monsieur le ministre,

Monsieur l’ambassadeur,

Monsieur le député,

Mesdames, Messieurs,

 

Je tenais à vous rencontrer à l’occasion de cette visite d’Etat au Niger. C’est une visite qui s’inscrit dans un déplacement plus large puisque j’étais hier en Côte d’Ivoire et que je serai demain au Tchad. C’est vrai que les questions de sécurité, de défense vont être particulièrement brûlantes. Mais je souhaitais aussi que l’on puisse insister sur celles concernant le développement, la lutte contre les inégalités, contre la pauvreté. Mais également, les dimensions liées à la lutte contre le réchauffement climatique puisque la France va bientôt organiser une conférence, quand je dis bientôt, c’est à la fin de l’année prochaine. 

Vous avez souhaité vivre ici, au Niger, pour de multiples raisons. Soit parce que, pour un certain nombre d’entre vous, vous en étiez originaires, soit parce que vous y êtes venus dans le cadre d’activités économiques, soit parce que vous y êtes fonctionnaires, fonctionnaires civils ou fonctionnaires militaires. Mais vous aimez le Niger. 

Vous aimez le Niger parce que c’est un pays qui mérite d’être soutenu, accompagné, appuyé. C’est l’un des pays les plus pauvres de la planète, c’est un pays qui fait un effort pour son propre développement, malgré une croissance démographique difficilement soutenable. C’est un pays qui a fait confiance à la France, en de multiples circonstances. C’est un pays ami. C’est un pays aussi menacé. Menacé sur ses frontières, menacé y compris lorsque des groupes terroristes viennent faire des actions et parfois enlever nos propres compatriotes. Quatre l’avaient été à Arlit. Quatre salariés de Vinci et d’Areva dont nous n’avons pu obtenir la libération que trois ans après leur enlèvement. Je veux d’ailleurs remercier le Président ISSOUFOU, parce qu’il a joué un rôle dans cette médiation. 

Je sais aussi que deux Français avaient été enlevés et, hélas, tués. Nous avons dans notre esprit, encore, la mémoire de ces évènements. Je sais que les famille de Monsieur DE LEOCOUR et de Monsieur DELORY sont encore en demande d’avoir toute la vérité sur ce qui s’est produit. Comme ces évènements ont eu lieu, vous-même, vous êtes parfois inquiets des conditions de votre vie ici. Non pas de par les Nigériens, qui sont des amis et qui nous ont encore témoigné tout le long de cette visite leur affection, et je sais qu’il en est de même dans les relations que vous pouvez avoir avec les Nigériens, mais parce qu’il y a des groupes, parce qu’il y a ces menaces, parce qu’il y a ces défis. 

Le défi pour le Niger c’est de lutter contre tout ce qui, à ses frontières, peut le menacer. Et il y en a des défis et des menaces. Quand nous regardons le sud de la Lybie, c’est-à-dire le Nord du Niger, il y a ces éléments terroristes qui se sont rassemblés, qui accumulent des armes, qui sont des refuges pour des groupes, ceux qui ont pu combattre au Mali et qui, également, agitent l’ensemble lybien, parfois, le destabilisent. Et puis il y a d’autres menaces, toujours au Mali. Elles n’ont pas complètement disparu, la preuve, il y a eu encore – c’était le 14 juillet – un sous-officier français qui a été lâchement tué dans un attentat suicide. Et puis il y a la menace de Boko Haram. Boko Haram, aujourd’hui même, a lancé une opération particulièrement brutale, comme toujours. Il s’agissait d’une attaque qui a fait plusieurs dizaines de morts. Boko Haram, cette même organisation qui avait enlevé les jeunes filles dont on ne sait pas exactement ce qu’elles sont devenues, même si certaines, très peu, se sont libérées. Pour que le Niger puisse vivre en pleine indépendance, en pleine souveraineté, en sécurité, nous avons fait en sorte de mener une formation, un accompagnement, une présence. Il y a des militaires français qui sont ici. Je suis allé à leur rencontre. Ils m’ont présenté l’ensemble de leur matériel, particulièrement efficaces pour la surveillance, le renseignement, les capacités qu’ils peuvent offrir pour une action. Et il y a 300 militaires français qui sont présents au Niger. Nous allons restructurer notre présence dans l’ensemble de l’Ouest de l’Afrique. Ce sera l’opération Barkhane que je suis venu, en fait, préparer, pour ne pas dire, installer. Et le Niger aura un rôle particulier à jouer dans cette opération. 

Donc nous sommes là pour soutenir le Niger dans cette dimension sécuritaire mais nous sommes surtout là pour l’aider dans son propre développement. Avec le Président ISSOUFOU, nous avons signé des conventions ce matin, portant sur à peu près 75 millions d’euros. Le Niger est l’un des pays que nous aidons le plus, pour toutes les raisons que j’ai indiquées. Pays ami, pays pauvre, pays attachant, pays qui fait des efforts. Avec les moyens qui sont mis à la disposition du Niger, notamment par l’Agence Française du Développement, il y a tous ces investissements qui se font, et vous le savez bien puisque vous en êtes pour beaucoup les animateurs. Dans le domaine de l’énergie, dans le domaine de l’eau, dans le domaine, également, de la nutrition. Nous avons visité une entreprise, cet après-midi, qui fabrique des produits pour les enfants particulièrement mal-nutris. Nous avons eu aussi une visite chez Véolia, pour l’eau. Nous avons aussi un lien particulier avec le Niger, à travers Areva. Puisqu’Areva extrait l’uranium, qui nous sert pour le nucléaire, et nous avons fait en sorte qu’il y ait un accord équilibré entre Areva et le Niger. Car si nous avons la chance de pouvoir disposer de l’uranium, il est légitime qu’il puisse y avoir un retour pour le Niger. Un retour par la fiscalité, un retour par les investissements directs d’Areva. Et je veux ici saluer les dirigeants qui ont fait en sorte de trouver ce compromis. Et puis il y a d’autres entreprises : BOLLORE, qui va faire un train, qui a commencé à le faire, puisqu’on voit les premiers rails, au milieu de la route. 

C’est toujours un peu particulier mais il faut bien que le train passe quelque part. On me dit qu’il avance, grâce d’ailleurs à des entreprises nigériennes, grâce, aussi, à des entreprises françaises. Et ce sera un projet qui dépassera, par définition, le cadre du Niger puisqu’il a vocation à partir d’Abidjan et à faire retour sur Cotonou. Je sais que dès la fin de l’année, il atteindra Dosso. il y a eu des promesses qui ont été faites. Il y a déjà une première tranche. 

C’est ce que Monsieur Boloré a promis. Ce que Monsieur BOLORE va faire c’est un investissement, sans que cela coûte d’ailleurs le moindre centime à l’Etat, ce qui est d’ailleurs un très bon investissement quand on arrive à cette performance. Mais je pense que toutes ces entreprises qui viennent, qui commencent à comprendre que le Niger se développe, ces entreprises rendent service au Niger et à la France. Et je veux, ici, les en remercier. 

Et puis merci à vous, aussi, qui êtes dans le secteur de l’administration, l’ambassade, le consulat, dans le secteur, aussi, de l’éducation, même si l’on m’a dit que les enseignants étaient partis en vacances, ce qui me parait possible comme hypothèse compte tenu de la date. Mais je veux les saluer, ces enseignants, parce qu’ils font beaucoup pour que les ressortissants français puissent avoir leurs enfants scolarisés, pour que d’autres Nigériens puissent faire confiance à la France, pour que la Francophonie puisse se développer. Il y a aussi tout ce qui a trait au développement culturel, à la Francophonie. La Ministre y veille particulièrement. Donc, tout cela fait que vous êtes présents. On ne me donne pas le chiffre exact parce que le chiffre n’est pas connu. Est-ce que c’est 1 500 ? Est-ce que c’est 2 000 ? Peut-être moins, peut-être plus. Mais qu’importe. Ce qui compte, ce n’est pas forcément ceux qui sont inscrits, c’est ceux qui viennent, qui restent et qui aiment le Niger tout en servant la France. Je voulais, à travers cette visite, donner un coup de chapeau à tous ces Français qui, comme vous, font en sorte que la France puisse être aimée. Parce que pour qu’elle soit aimée, d’abord il faut qu’elle s’aime elle-même, ce qui est un bon principe. Il faut s’aimer soit-même avant de penser qu’on peut être aimé par d’autres. Si on commence à douter de soi, il est rare que l’on crée un sentiment immédiat, il faut être plus démonstratif. Mais pour être aimé des autres, il faut être capable de montrer ce qu’il y a de meilleur en la France. C’est-à-dire à la fois sa culture, sa langue, sa tradition, son histoire. Et ici nous avons une. Ce qu’il y a de meilleur à travers ses produits, à travers ses fabrications, sa technologie, sa recherche. Ce qu’il y a de meilleur à travers ses entreprises, donc ses entrepreneurs, ses salariés. Ce qu’il y a de meilleur aussi à travers ce que nous pouvons offrir comme protection, comme défense, sans que nous ayons à soumettre les pays avec lesquels nous avons justement un partenariat. Parce que nous regardons toujours avec équilibre, avec respect, ceux qui, comme en Afrique de l’Ouest, nous permettent avec eux d’assurer non seulement leur protection, mais aussi la nôtre. Parce que toute menace en Afrique est une menace à l’égard de l’Europe et une menace à l’égard de la France. Voilà pourquoi je voulais vous remercier, vous saluer et vous exprimer notre reconnaissance. 

Ce long voyage – 3 jours, puisque je resterai 3 jours et 2 nuits en Afrique de l’Ouest – c’est beaucoup dans un agenda, et en même temps c’est encore trop peu. En Côte d’Ivoire, on me demandait de rester une semaine, j’ai résisté. Ici on me demanderait peut-être de rester 2  semaines, compte tenu de l’ampleur des sujets. Et au Tchad, je ne sais pas, peut-être plus longtemps encore. Mais ce voyage aurait été celui d’un bonheur parfait s’il n’y avait eu, comme vous l’avez-vous-même appris, une tragédie. Un avion qui explose pour une raison encore inconnue, mais que nous devons connaître parce que c’est un drame tel, sur une zone dont on savait qu’elle était déjà tourmentée, que nous devons avoir toute la vérité sur les causes de cette catastrophe et les responsables. C’est pourquoi la France, la première, avec d’autres heureusement, a demandé une enquête internationale. Le Conseil de sécurité vient de prendre également cette décision. Dans les jours qui viennent, on en saura donc davantage. Et puis ensuite, il y aura, je l’ai dit, des conclusions à tirer. 

Tout au long de ce voyage, on m’a demandé dès lors que la tragédie était connue, s’il y avait des Français. J’ai répondu : il y a 298 victimes, 298. Et ces victimes ont un nom, un visage, et une nationalité. Nous sommes solidaires de toutes les victimes, de toutes les familles de victimes. Alors il se trouve qu’il n’y avait pas de Français dans l’avion. Il y aurait pu en avoir. Un moment je l’ai craint parce qu’il y avait eu plusieurs Français qui avaient été enregistrés par KLM. On n’avait pas la liste. Imaginez-vous les craintes de beaucoup de familles, là encore de toutes nationalités. Tout au long de ces dernières heures, je ne pouvais même pas confirmer qu’il n’y avait pas de Français parce qu’il y avait encore un cas qui restait mystérieux. Finalement nous connaissons la nouvelle : 298 victimes, pas de Français mais 298 victimes ! Et comme je vous le dis ici, je ne fais pas de différence parce que toutes ces victimes méritent toute notre solidarité.  Nous devons lutter contre toutes les craintes que beaucoup peuvent avoir par rapport à des conflits en cours et qui ont des conséquences. Un conflit n’est plus localisé. Au Mali, la menace terroriste, je l’ai dit, pouvait nous concerner, elle nous concernait, pas simplement les ressortissants français, ici, dans la grande région non. Ces terroristes voulaient aller jusqu’à Bamako. Ils auraient pu aller jusqu’à Niamey. Ces terroristes, ils avaient, ils ont encore une visée qui est bien plus longue, c’est-à-dire aller jusqu’au bout de leur déstabilisation, au-delà même de l’Afrique. Regardez ce qui se passe en Syrie, en Irak, là aussi 180 000 morts, 180 000 morts depuis 3 ans. On pourrait se dire, ça ne concerne que la population qui vit là-bas. Bien sûr elle est obligée pour une partie de fuir, alors elle va au Liban, en Jordanie, mais à un moment, elle va aussi jusqu’à nous, nous sommes concernés. Et puis nous nous apercevons qu’il y a des jeunes qui vivent en France, parfois des Français qui pour des raisons inexplicables partent de France pour aller livrer un Jihad. Mille ont été ou sont encore en Syrie pour combattre, avec le risque qu’en revenant ils viennent importer en France les formes de criminalité qu’ils ont pu voir ou même exercer en Syrie ou en Irak. Donc nous sommes tous concernés et lorsque, aujourd’hui-même, il y a une crise, une intervention d’Israël à Gaza après les tirs de roquettes de Gaza vers Israël, on pourrait se dire mais cela ne concerne que le Proche-Orient. Cela ne devrait concerner que le Proche-Orient, mais ça nous concerne tous et depuis trop longtemps, cette situation qui existe en Palestine et cette menace sur la sécurité d’Israël, les réponses d’Israël avec des risques, on le voit, et pas simplement des risques, des conséquences sur la population civile palestinienne. Là aussi, nous devons éviter que soit importé un conflit en France.  

La France, ce n’est pas simplement les Français qui vivent en France, ce sont les Français qui vivent partout dans le monde. Nous sommes la même communauté nationale où que nous vivions. Nous sommes Français, c’est-à-dire que nous portons les mêmes valeurs, les mêmes espérances. Nous avons les mêmes principes de vie et nous sommes conscients que nous portons un destin qui nous dépasse parce que c’est la France et parce que nous sommes Français. 

Merci d’être français ici au Niger et de faire prévaloir les valeurs, les principes et les beaux produits de la France.

Merci.


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