A l'Elysée

Rencontre avec la délégation française des championnats d'Europe d'athlétisme

18 Août 2014

Lieu : Paris, France

Rubrique : Sport

Type de contenu : Album photosLes photos de la réception

Type de contenu : VidéoLe discours du président en vidéo

Type de contenu : VidéoLe reportage

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte du discours

Discours lors de la rencontre avec la délégation française des championnats d'Europe d'athlétisme

Madame la ministre,

Monsieur le ministre,

Monsieur le Président,

Cher Walter qui doit être heureux aujourd’hui,

Monsieur le directeur technique national,

Mesdames et Messieurs les champions,

Je tenais à vous accueillir, ici avec les ministres, personnellement. Je n’ai pas été le seul à vouloir vous accueillir, puisqu’à la gare je sais qu’il y avait beaucoup de monde ! Il est vrai que les appels à manifester avaient été lancés, dès hier, à la télévision. Les Français y ont bien répondu. Jusqu’à la rue du faubourg Saint-Honoré, il y avait une foule qui vous attendait.

C’est dire si vos exploits, vos courses, vos sauts, vos marches, vos lancés…, ont été pour beaucoup de Français des moments, à la fois, de joie et d’émotions. Seul le sport peut, parfois, donner cette impression par procuration. Beaucoup de nos compatriotes qui vous ont regardés se sont vus à votre place – toute proportion gardée – et ont vibré avec vous, lorsque vous avez pleuré, lorsque vous avez souri, lorsque vous avez remporté une victoire ou tout simplement accédé au podium. Pour ceux et celles qui n’ont pas accédé au podium, cela a toujours été une déception.

C’est une très belle réussite que vous avez obtenue. Jamais je pense, dans l’histoire de l’athlétisme français – et on n’a pas augmenté le nombre de compétitions – il n’y avait eu autant de médailles pour un championnat d’Europe. Les comptes sont là, implacables, incontestables : 23 médailles. Autant que les Britanniques. Il y a alors la question de savoir si nous sommes seconds ou premiers… Nous dirons ex aequo. Nous sommes en tous cas devant les Allemands et les Russes. Ceci n’allait pas du tout de soi, lorsqu’un certain nombre de pronostics ont été faits avant la compétition. Peu avait imaginé nous voir aussi bien placés. Cela, c’est grâce à vous.

6 médailles de bronze, 8 médailles d’argent, 9 médailles d’or… 9 titres européens ! Je pourrais citer tous les médaillés – et même citer tous les autres, parce que vous avez tous participé à cette belle réussite. Il n’y a pas de victoire personnelle sans un esprit d’équipe, sans une solidarité, sans la présence des entraineurs, des techniciens…, sans la conviction qu’est la vôtre, qu’à un moment, vous pouvez vous dépasser et obtenir ce que vous espériez, pour beaucoup, ou même ce que vous ne rêviez pas, tellement cela vous paraissait inaccessible ! Et vous l’avez fait.

Je vais, pardonnez-moi, m’adresser aux médaillés d’or et aux champions. Il y a d’abord eu Elyose LESUEUR, marseillaise. En ce moment, c’est important que Marseille gagne aussi ! Cela a été votre cas pour cette semaine zurichoise. Saut en longueur à 6,85 mètres. Vous avez conservé votre titre européen. Vous voilà maintenant bien préparée pour la compétition qui s’annonce des Jeux Olympiques de Rio. C’est cela aussi le sport : une fois qu’on a terminé une épreuve et obtenu une médaille, déjà on vous demande d’en gagner une autre pour la prochaine compétition organisée dans deux ans ! Il faudra donc vous entrainer, vous préparer, alors même que vous aviez peut-être d’autres projets. D’abord vous reposer.

Ensuite, il y a Yohann KOWAL. Il a gagné, d’une certaine façon, le 3000 mètres steeple. Il a la médaille. Il était derrière Monsieur MEKHISSI qui lui a ouvert le chemin. Ensuite, vous avez voulu – et c’était un très beau geste sur le podium – vous mettre à votre place, à côté de celui qui vous paraissait être en droit d’obtenir la médaille.

Et puis, il y a Mahedine. Vous nous en avez fait voir quand même – on peut le dire – beaucoup et de toutes les couleurs… Et vous avez fini en or. Alors que Yoann avait finalement été couvert d’or parce que vous étiez déshabillé, vous, Mahedine, vous avez obtenu sur la piste votre plus belle revanche. A un moment, j’ai eu peur. Non parce que j’ai pensé que vous alliez encore enlever le maillot, mais parce que j’ai pensé que vous alliez attendre les autres, derrière... Parce que vous étiez au ralenti à la fin ! Mais vous aviez tellement d’avance que vous ne pouviez pas être rattrapé. Nous avons donc été très heureux pour vous, et très heureux pour la France.

Ensuite Benjamin COMPAORÉ. Il a réussi lui à battre son record personnel au triple saut à 17,46 m. Tout compte, chaque centimètre. Vous pouvez nourrir encore plein d’espoir pour les prochaines compétitions.

Ensuite, il y a Antoinette NANA DJIMOU. Elle pleure quand elle gagne et quand elle entend la Marseillaise. C’est aussi un beau signe d’intégration que vous avez envoyé à l’ensemble de la société française. La fierté de gagner, la fierté d’être pleinement française et de rapporter une belle médaille. A notre tour, nous vous exprimons toute notre gratitude.

Et puis, il y a Yohann DINIZ. Je le connais un peu. Lui, c’est en nageant qu’il a réappris à marcher. C’est une forme de thérapie possible… Il était blessé à un pied, chacun le sait, et puis il n’a rien lâché, il a continué, il a réussi à être champion d’Europe pour la troisième fois. Et en plus un record du monde ! Je sais que vous êtes passé par bien des épreuves, je vous ai suivi de loin. Je sais que vous êtes à Reims. Vous avez fait la démonstration que vous aviez du caractère, et que vous saviez surmonter tous les obstacles, même si vous faites de la marche.

Et puis nous arrivons à Christelle DAUNAY. Vous, vous êtes un modèle de courage, d’abnégation. Vous n’êtes pas la plus jeune, mais vous avez réussi à montrer que vous pouviez succéder à Alain MIMOUN. Car c’est la première fois, depuis Alain MIMOUN, qu’il y a une médaille d’or au marathon pour un coureur, en l’occurrence une coureuse française. C’est vraiment un très grand exploit que vous avez réalisé. Et comme vous êtes jeune, vous allez encore avoir pleins de succès pour les années qui viennent !

Renaud LAVILLENIE, lui c’est presque sans surprise. C’est un problème, on l’annonce toujours au plus haut. Et néanmoins il faut gagner. Même quand on est le favori, il faut gagner. C’est le plus dur, d’arriver à être toujours au rendez-vous… Et vous l’avez été, troisième titre européen ! Je rappelle, mais ici tout le monde le sait, que vous êtes le perchiste le plus haut du monde. Que BUBKA – ukrainien, je le dis en ce moment – a pour vous les yeux de Roméo, parce qu’il vous suit vraiment et vous accompagne… Il est très fier que vous ayez battu son propre record. Vous êtes une fierté pour la France.

Enfin la dernière médaille d’or : le relai 4 x 400. J’étais devant le poste de télévision. Je ne parle pas de la course elle-même qui a été vraiment surprenante. On savait que vous étiez capables de remporter une médaille. On pensait que vous étiez presque proches d’obtenir le bronze… Et puis vous avez fait la première place après une course extraordinaire ! Alors on pense bien sûr à Floria GUEI, qui a fait la course la plus rapide de sa vie et qui a permis à toute l’équipe, qui avait porté haut les couleurs, d’obtenir cette victoire. On pense à vous, Muriel, puisque c’était votre dernière course. Vous avez accompagné cette équipe, vous avez dans tous les sens du terme, « passé le témoin ». Je voulais donc aussi vous féliciter.

Voilà, mesdames et messieurs les champions, ce que je voulais vous dire. Au-delà de ces hommages aux médaillés d’or, je veux associer les médaillés d’argent, les médaillés de bronze, et puis tous ceux qui n’ont pas de médaille, mais ont concouru, participé, et porté les couleurs de la France. Vous êtes l’équipe de France, toute l’équipe de France. Et c’est toute l’équipe de France qui mérite aujourd’hui d’être saluée.

Vous avez porté des valeurs qui comptent dans la société d’aujourd’hui. D’abord le travail, parce que rien ne se fait sans l’abnégation qui suppose beaucoup d’entrainement. J’ai écouté des entraineurs qui ont dit combien c’était douloureux, y compris pour eux, de vous entrainer à ce niveau. Mais c’est la première condition, il n’y a pas de réussite sans travail.

La seconde valeur que vous avez portée, c’est l’effort. Parce que toute course, tout saut, toute marche, tout lancé, suppose qu’il y ait un effort, un effort immense pour atteindre la performance que vous avez réussie à obtenir.

Et puis, enfin, c’est le panache. Il faut du panache pour, à un moment, renverser le cours d’une course ou d’un pronostic pour obtenir la victoire. Vous avez du panache et la France s’est reconnue en vous parce que vous avez porté ces valeurs-là. Vous n’avez pu le faire, je l’ai dit, que parce qu’il y a une fédération. Et les ministres ne me contrediront pas, il ne peut pas y avoir de développement du sport sans qu’il y ait des fédérations qui soient bien organisées, bien dirigées. C’est le cas.

Pour réussir, il faut qu’il y ait un encadrement, il est là. C’est vraiment cet encadrement-là qui vous a permis d’être ce que vous êtes aujourd’hui. Je veux tout particulièrement citer Ghani YALOUZ, parce que je sais le travail qu’il a fait. C’est un lutteur et il s’exprime comme un lutteur. Il vous a donné cet esprit de lutte, de combat. Non pas de combat contre un autre, mais de combat pour vous et pour la France. Et je voulais, là aussi, l’en remercier.

Voilà je ne vais pas être plus long, je voulais que vous puissiez être accueillis, ici à l’Elysée, parce que c’est la maison de la République, c’est la maison de la France, et donc c’est la vôtre.

Merci.

 


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