Point de presse hebdomadaire de M. David MARTINON, Porte-parole

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PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE


Paris, le 20 septembre 2007


Point de presse du Porte-parole



Avant de commencer, je voudrais revenir sur le tragique attentat d'hier, à Beyrouth, qui a coûté la vie à au moins neuf personnes dont le député, Antoine GHANEM, et qui en a blessé plus de quarante autres. Comme vous le savez, dès hier, le Président de la République a exprimé sa tristesse et sa profonde colère. Il a condamné sans appel cet attentat ignoble qui survient, malheureusement, après une longue série d'autres attentats ciblés. Il a adressé ses plus sincères et ses plus vives condoléances à la fois aux proches d'Antoine GHANEM et au peuple libanais dans son entier.


Le Président est évidemment très attaché à l'amitié entre la France et le Liban. Au nom de cette amitié, la France se tiendra toujours aux côtés du peuple libanais contre tous ceux qui veulent porter atteinte à sa souveraineté, à l'indépendance et à la stabilité du Liban. Il l'a dit à plusieurs reprises : pour lui, la justice au Liban est une nécessité et des crimes aussi odieux et lâches que ceux qui ont coûté la vie à Rafic HARIRI, à Pierre GEMAYEL en novembre dernier, à Walid EIDO, ou hier, à Antoine GHANEM ne doivent pas rester impunis. Comme le savent les experts, Antoine GHANEM était le représentant du parti Kataëb, le parti d'Amine GEMAYEL. Il a participé à la réunion de La Celle Saint-Cloud, du 14 juillet dernier, réunis à l'instigation de Bernard KOUCHNER. A ce titre, il était emblématique de cette volonté de renouer le dialogue entre les partis libanais. C'est donc bien au dialogue que cet attentat tente de porter un coup.


J'en viens à l'agenda.

C'est pour moi l'occasion, maintenant, de vous présenter le déplacement à New York du Président de la République. Il sera à New York à partir de dimanche prochain, 23 septembre, jusqu'au mardi suivant, à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies. Il aura, comme c'est l'habitude, un certain nombre d'entretiens bilatéraux avec quelques-uns de ses homologues. Il verra le Président colombien, Alvaro URIBE. Il verra le Président afghan, Hamid KARZAI. Il verra le Président brésilien, LULA DA SILVA. Il verra aussi le Premier ministre turc, M. ERDOGAN, Mme MERKEL, et peut-être d'autres entretiens que nous sommes en train de fixer.


Il y aura trois thèmes majeurs pour cette visite.

D'abord, le climat, puisque le Président participera, le lundi 24, au Sommet climat à l'initiative du Secrétaire général des Nations Unies, M. BAN Ki-Moon. Comme vous le savez, la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité pour le Président SARKOZY qui, vous vous en souvenez, s'était très fortement impliqué, lors du G8 de Heiligendamm, sur cette question là, pour obtenir que soit mentionné dans le communiqué final du G8 un engagement chiffré en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il en avait fait notamment la demande très expresse auprès du Président BUSH.


L'objectif de ce sommet, en particulier, est de mobiliser l'ensemble de la communauté internationale sur la question du réchauffement climatique, juste avant que ne s'ouvre à Bali, en décembre, les négociations sur ce que l'on appelle dans le jargon techno-diplomatique "le régime post-Kyoto". Le "régime post-Kyoto", c'est l'ensemble des règles et des objectifs en matière de lutte contre le réchauffement climatique qui a été établi par le protocole de Kyoto de 97 et ce régime prend fin en 2012. Tout l'enjeu des discussions qui vont commencer à Bali, en décembre, sera d'aller au-delà de ces objectifs et de ces règles, en impliquant tous les pays, selon ce que l'on appelle "le principe de responsabilités communes mais différenciées". Différenciées, évidemment, en fonction de la production de gaz à effet de serre respective de chacun des pays concernés et du niveau de développement. L'idée est de les impliquer sur des objectifs qui soient à la fois plus ambitieux et plus à la mesure de l'urgence de la situation.


Cette urgence, je vous rappelle que c'est le GIEC, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, qui avait évalué le réchauffement climatique, au cours du XXe siècle, à 0,7 degrés Celsius et qui prévoit que, si rien n'est fait, ce réchauffement climatique atteindra 4 degrés Celsius à la fin de ce siècle, en 2100. Cette obligation d'agir doit nous conduire à inventer les voies d'une croissance propre et non carbonée car, c'est un point essentiel, sans croissance nous n'arriverons pas, nous ne serons pas en mesure de faire face au défi climatique.


Dans l'esprit du Président SARKOZY, les pays industrialisés, à commencer par la France, ont une responsabilité particulière dans le réchauffement climatique parce qu'ils sont fortement producteurs de pollution et de gaz, de gaz carbonique, et, en même temps, parce qu'ils sont plus riches. Mais dans le même temps, ces efforts, les efforts des pays industrialisés, resteront vains s'ils ne sont pas étroitement coordonnés avec l'action de ce que l'on appelle les grands pays émergeants, à savoir l'Inde, la Chine, le Mexique, le Brésil, l'Afrique du Sud, qui sont en pleine croissance depuis un certain nombre d'années maintenant, et qui sont, à leur tour, fortement producteurs de gaz à effet de serre.


Il est donc essentiel que s'établisse, entre ces deux groupes de pays, un dialogue sur ces sujets là. Bien évidemment, le souhait du Président de la République est que la France prenne toute sa part dans ce dialogue.


Troisièmement, la responsabilité de la France est aussi de veiller à ce que les pays en développement reçoivent toute l'attention qu'ils méritent. C'est la raison pour laquelle, le Président, comme d'autres, souhaite que l'élaboration de ce que l'on appelle donc ce "régime post-Kyoto" se dessine dans le cadre onusien pour que, précisément, chacun, chaque pays, quelle que soit sa taille, quelle que soit sa richesse en état de développement, puisse exprimer sa préoccupation.


Le deuxième temps fort de ce déplacement sera l'allocution du Président de la République devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Président prononcera cette allocution mardi matin. Il s'agira, comme c'est l'habitude, d'une déclaration courte, 10 à 12 minutes à peu près. Ce sera bien sûr très important puisque ce sera la première fois que le Président de la République s'exprimera devant l'Assemblée générale des Nations Unies et sans vous dévoiler la teneur de ce discours, ce sera l'occasion pour le Président de rappeler son soutien au multilatéralisme, sans doute en rappelant certaines des propositions qu'il avait déjà faites lors de la conférence des Ambassadeurs. Mais vous verrez bien à ce moment là puisque je ne doute pas que vous suivrez ce discours avec un grand intérêt.


L'Afrique sera le troisième thème majeur de la visite du Président puisque la France, qui préside ce mois-ci, et depuis le 1er septembre, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, a pris l'initiative d'organiser la réunion du Conseil du 25 septembre au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement sur le thème : « l'Afrique face aux défis à la paix et à la sécurité internationale ». Ce sera un évènement majeur puisque, outre les chefs d'Etat et de gouvernement des pays qui siègent actuellement au Conseil, ont également été invités à cette réunion M. Alpha Oumar Konaré, qui est le Président de la Commission de l'Union africaine, et bien sûr le Secrétaire général des Nations Unies, M. BAN Ki-Moon. Comme vous le savez, il est très rare qu'une réunion du Conseil de Sécurité se tienne au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. C'est très exactement la troisième fois que cela arrive. La première fois c'était en 1992 et la dernière fois en 2005. C'est surtout la première fois que le Président Bush participera à cette réunion. C'est donc un message très important qui est adressé au continent africain. L'Afrique a décidé de prendre en main son destin et c'est la responsabilité de la communauté internationale que de l'y aider. L'objectif de cette réunion, c'est de prendre un certain nombre de mesures très concrètes, clairement orientées vers l'action, sur un certain nombre de sujets. La crise au Darfour sera bien sûr au menu de ces discussions, il s'agira d'accélérer les négociations sur le déploiement d'une présence internationale dans l'Est du Tchad et au Nord-Est de la République centrafricaine. C'est une nécessité, nous en avions parlé ici il y a quelques semaines, parce qu'il est essentiel que cette force se déploie en même temps que ce que l'on appelle désormais la MINUAD, qui est la force hybride ONU-Union africaine au Darfour, dans une logique qui vise à stabiliser l'ensemble de la région. La réunion du Conseil de Sécurité sur l'Afrique ne se limitera pas à la question du Darfour. Elle s'intéressera aussi à d'autres crises du continent africain qui sont peut-être moins médiatisées mais qui sont tout aussi tragiques. Voilà, si vous le souhaitez, je suis prêt à répondre à toutes vos questions.


QUESTION - Est-ce que dans le discours du Président, sans trahir de secret, on traitera du problème iranien ?


DAVID MARTINON - Je ne l'ai pas lu.


QUESTION - Une question qui concerne le Sommet Europe-Afrique. Gordon BROWN a signalé qu'il ne s'y rendrait pas si le Président MUGABE y était invité. Quelle est la position du Président SARKOZY ? Deuxième question, qui n'a rien à voir, et qui concerne un entretien que M. SARKOZY aurait eu avec M. PRODI : selon le journal italien "Mercato i Finanza" M. SARKOZY aurait promis à M. PRODI que Air France rachèterait "Alitalia". Est-ce que vous pouvez nous dire si cela s'est passé ?


DAVID MARTINON - Sur le deuxième sujet je démens l'existence d'un tel sujet dans un entretien entre le Président SARKOZY et le Président PRODI. Pas à ma connaissance, en tout cas. Je n'ai jamais assisté à un entretien où il avait été question de cela. Sur le premier sujet, oui, j'ai vu cette déclaration du Premier Ministre britannique. C'est une question qui se pose en effet et qui n'est pas réglée. Pour le moment, on en est encore au stade de la concertation et de la réflexion collective pour savoir comment on trouve une solution, un compromis à cette question.


QUESTION - Est-ce que cette question impliquerait nécessairement la levée de l'interdiction de séjour des pays européens qui plane sur M. MUGABE ?


DAVID MARTINON - Vous avez donné un élément du problème, il y en a d'autres, mais en effet cette question se pose. Et quand on pose cette question là, il faut aussi avoir en tête ce que vous venez de dire, mais il y a d'autres éléments. M. MUGABE est un chef d'Etat africain, et il semble qu'il y ait un certain soutien de ses pairs à son égard. Il faut tenir compte de tout cela si l'on veut que cette réunion soit la plus productive possible.


QUESTION - La présidence précédente en avait tenu compte ?


DAVID MARTINON - Bien sûr que l'on tiendra compte de tout cela, de tous les éléments de la question, mais je vous l'ai dit : sur cette question, on en est encore à essayer de trouver une solution. Il n'y a pas de solution qui s'impose d'elle-même.


QUESTION - Après l'attentat au Liban, est-ce que la proposition que le Président SARKOZY avait faite à la Syrie en disant : "si vous êtes positifs au Liban et si vous êtes positifs pour l'élection présidentielle, la France serait prête à ouvrir un dialogue avec vous", est-ce que vous pensez qu'après cet attentat, cette proposition n'a plus lieu d'être ? Deuxièmement, est-ce que vous pensez qu'après l'attentat, le ministre des Affaires étrangères KOUCHNER, qui doit voir son homologue syrien à New York, maintiendra ce rendez-vous ?


DAVID MARTINON - Sur la deuxième question, je vous renvoie au Porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui ne manquera pas de vous répondre. Sur la première question, nous sommes toujours dans une situation où il est indispensable que tous les acteurs régionaux agissent pour garantir l'indépendance du Liban et favorisent une issue qui ne peut passer que par le dialogue. Et pour nous le dialogue passe d'abord l'organisation de l'élection présidentielle. C'est ainsi que l'on jugera de l'attitude des uns et des autres. Ce que nous attendons de la Syrie, c'est qu'elle fasse tout pour contribuer à la stabilité au Liban et cela passe notamment par le bon déroulement de ce processus constitutionnel. La Syrie doit veiller à ce que cela se passe bien.


QUESTION - Et l'attentat······


DAVID MARTINON - Il est trop tôt pour désigner les responsables. Une enquête judiciaire a été lancée par le gouvernement libanais, comme il se doit. Je crois même que le gouvernement libanais a demandé l'appui technique de la Commission Brammertz comme cela avait le cas dans d'autres circonstances tragiques. Il va de soi que nous nous agirons au sein du Conseil de Sécurité pour que le Conseil de Sécurité autorise la Commission Brammertz à apporter son soutien technique aux enquêteurs libanais.


QUESTION - L'Euro a franchit ce matin le seuil 1,40 $, je voudrais savoir si vous avez eu des contacts avec les partenaires européens ou avec les groupes industriels français sur ce sujet ? Et ma deuxième question concerne EADS : les Allemands se sont déclarés disponibles pour monter dans le capital d'EADS et cela pourrait mettre en péril l'équilibre franco-allemand dans le groupe. Je voudrais savoir si vous avez une réaction par rapport à cela ?


DAVID MARTINON - Sur le premier sujet, vous pouvez toujours demander au ministère des Finances si tel à été le cas, mais enfin nous sortons d'une réunion des ministres des Finances. Je ne sais pas, interrogez-les directement. En tout cas à notre niveau il n'en a pas été question dans les tout récents entretiens diplomatiques, mais je parle des tous récents puisque vous parlez du record historique qui date d'hier soir. Sur votre deuxième question, l'évolution de l'actionnariat d'EADS est par définition une question qui n'est pas taboue, et bien sûr que le gouvernement français et le gouvernement allemand en parlent.


QUESTION - La Commission européenne hier a présenté son projet pour libéraliser encore plus l'énergie. Elle veut éclater les entreprises comme EDF qui possède à la fois la production et la distribution. Es-ce que c'est, selon vous, une erreur ? La France a-t-elle les moyens de s'y opposer ?


DAVID MARTINON - Oui, telle n'est pas notre position en effet. Il y a des éléments qui sont très intéressants dans la proposition de la Commission, notamment l'idée d'un régulateur fort et indépendant qui correspond à l'approche française. Mais, en effet, notre position n'est pas celle de l'obligation de séparation patrimoniale. Maintenant on est au tout début d'un processus et on souhaite que les discussions de fond s'engagent entre la Commission, nos partenaires et nous-mêmes. Et soyez bien sûr que nous prendrons toute notre part dans ces discussions.


QUESTION - La Commission pense que s'il y avait plus de concurrence en France, dans l'énergie, les prix baisseraient plus ?


DAVID MARTINON - C'est bien pour cela qu'il faut qu'une discussion s'engage. Là encore nous n'en sommes qu'au tout début.


QUESTION - Quelles évolutions le Président peut-il espérer dans le dossier de la libération d'Ingrid BETANCOURT dans son entretien avec le Président URIBE ?


DAVID MARTINON - L'entretien avec le Président URIBE est un entretien indispensable parce que, depuis son arrivée à l'Elysée, le Président a toujours entendu, sur ce dossier là, travailler dans la plus étroite concertation avec le Président colombien. Comme vous le savez, un certain nombre d'échanges ont eu lieu entre le Président SARKOZY et le Président CHAVEZ mais aussi entre le Président CHAVEZ et le Président URIBE, puisque le Président CHAVEZ s'est rendu à Bogota. Le Président CHAVEZ a fait une proposition dont nous avons parlé ici. Il était évidemment indispensable que le Président de la République saisisse la main tendue par le Président CHAVEZ, cette proposition d'une médiation. C'était forcément opportun. Pour autant, ce processus se fera en concertation avec les autorités colombiennes. Maintenant c'est un sujet complexe, difficile. Cet entretien sera l'occasion de faire un point.


QUESTION - Est-ce que le Président va se prononcer en faveur de la rencontre proposée entre CHAVEZ et les Farc, puisque on attend le feu vert de M. URIBE pour qu'elle puisse se tenir ?


DAVID MARTINON - C'est bien l'objet de la proposition du Président CHAVEZ, bien sûr. Quand on propose une médiation, c'est quand même difficile de se limiter dans ses objectifs de médiation. Mais pour autant nous souhaitons que cela soit fait en concertation avec le Président URIBE.


QUESTION – M. KOUCHNER a demandé que le monde se prépare à une guerre concernant le dossier iranien. Est-ce que c'est la position de la Présidence aussi ?


DAVID MARTINON - Je crois que vous n'avez pas compris les propos de M. KOUCHNER qui, a ma connaissance, n'a pas du tout dit cela. Mais de toute façon, il a eu l'occasion de préciser sa pensée et ses déclarations, donc je n'ai absolument pas à y revenir, tout a été dit sur le sujet.


QUESTION - En ce qui concerne le problème palestinien, y aura-t-il des discussions à ce sujet du Président de la République à l'Assemblée générale ?


DAVID MARTINON - Pas nécessairement dans son discours, mais vous savez que la France est très attachée au règlement de cette question qui est extrêmement douloureuse. Donc tout entretien peut être utile pour faire avancer ce dossier. C'est un sujet qu'il aborde très régulièrement avec ceux de ses interlocuteurs qui peuvent avoir une influence sur cette question.


QUESTION - Bruxelles oblige le gouvernement à réintégrer une partie de la dette de la SNCF ce qui met la dette à 8 milliards supplémentaires, est-ce que ce n'est pas une difficulté de plus pour mener à bien le projet présidentiel, en particulier sur les objectifs de déficit et de croissance ?


DAVID MARTINON - Si c'était simple, on l'aurait vu tout de suite. On est là dans le domaine du commentaire. Bien sûr, l'objectif du Président de la République est de réduire les déficits. Il s'y est engagé devant ses partenaires de l'Union européenne en allant d'ailleurs personnellement l'expliquer aux ministres des Finances. La France tiendra ses engagements, la France s'est engagée dans un cadre de discipline collective et elle n'entend pas y déroger.


QUESTION - La Présidence de la République partage-t-elle l'opinion du ministre Hervé MORIN sur l'hyper-sophistication de certains programmes militaires, leur coût excessif et la difficulté de les exporter. Il a dit cela en parlant de l'avion Rafale. La Présidence de la République maintient-elle son feu vert à la vente de cet avion au Maroc et à la Lybie ?


DAVID MARTINON - Si vous parlez des autorisations d'exportation, honnêtement, ce qui ressort de la Commission interministérielle d'autorisation des exportations d'armement, je ne le suis pas au jour le jour. Vous avez l'air de dire que ces autorisations ont été données. Si elles ont été données, il n'y a pas de raison de les reprendre. Mais je ne sais pas, je ne connais pas. Posez directement la question au Porte-parole du quai d'Orsay. Si vous m'interrogez sur le Rafale, je ne suis pas aviateur, mais si vous êtes intéressé, ce que les experts disent, c'est que c'est en effet le meilleur avion du monde et qu'en plus, il est extrêmement polyvalent. Il peut conduire des missions très différentes et donc si vous voulez en acheter, considérez que vous pouvez en acheter moins que d'autres avions, puisque vous pouvez les utiliser dans plusieurs missions différentes. Donc, c'est une bonne affaire.


QUESTION : Le 10 octobre, il devrait y avoir la Journée européenne contre la peine de mort, avez-vous une réaction au refus par la Pologne d'instaurer cette journée et est-ce que la Présidence française compte quand même marquer cette date d'une façon ou d'une autre ?


David MARTINON : Ecoutez, la position du Président de la République a toujours été d'être hostile à la peine de mort, il l'a dit à plusieurs reprises. Il l'a dit dans son livre « Libre », il l'a dit dans « Témoignage », il l'a redit fin décembre 2006 dans un article du Monde, dont le titre était : « L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, était une faute ». Ce qui veut dire à quel point, il est opposé à la peine de mort. Tirez-en les conclusions que vous voulez.


QUESTION : Vous avez évoqué la présence de Georges BUSH à la réunion du Conseil de Sécurité sur l'Afrique à New York. Est-ce que cela signifie que, parmi les entretiens bilatéraux qu'aura M. SARKOZY à New York, il pourrait y avoir un entretien avec le Président BUSH.


David MARTINON : Pas à ma connaissance. Ils se verront au Conseil de Sécurité.


QUESTION : Est-ce qu'il y aura, plus tard, un voyage prévu à Washington ? Et si oui, à quelle date.


David MARTINON : Oui. Je vous donnerai les dates quand on le présentera, mais ce sera un peu plus tard.


QUESTION : Il se murmure sur le continent africain, que le Président SARKOZY pourrait effectuer une visite d'ici la fin de l'année au Bénin et en Angola. Est-ce que vous confirmez cette information ?


David MARTINON : Non.


QUESTION : Pour en revenir au sujet BETANCOURT, est-ce que le Président est encouragé par l'information selon laquelle elle serait en bon état de santé, de même que les autres otages, et est-ce qu'il a l'intention de parler avec le Président CHAVEZ avant que celui-ci ne voie Raul REYES le 8 octobre, pour qu'il demande de nouveau des preuves de vie de Ingrid BETANCOURT ?


David MARTINON : Nous avons eu, comme d'ailleurs beaucoup de gens ont eu, le témoignage de M. PINCHAO, et on a envie de penser que tout cela est encourageant, mais cette affaire est tellement douloureuse et difficile qu'il faut vraiment faire très attention à ce que l'on dit. Nous attendons toujours des preuves de vie, et pour ce qui est de la rencontre entre CHAVEZ et REYES, j'imagine qu'il y aura un contact avant, oui, voire plusieurs.


QUESTION : J'ai une question qui concerne l'association pour l'Initiative pour une journée nationale sans Sarkozy dans les médias. Qu'est-ce que Monsieur le Président pense de cela ?


David MARTINON : Si vous me demandez mon avis, je peux vous le donner. Lui, je crois qu'il ne s'est pas totalement enquis de cette question, mais à ma connaissance, c'est un appel lancé par une association et c'est un appel qui vous est lancé, Madame, donc c'est à vous de voir ce que vous avez envie de faire ce jour là. Mais ce serait quand même très étonnant que le Porte-parole de l'Elysée donne des recommandations à vous, Mesdames et Messieurs, pour savoir si vous avez envie, une journée, de vous censurer. Voilà, maintenant si vous avez envie d'une journée de congé supplémentaire, je vous encourage à vous adresser directement à vos rédactions.


QUESTION : Nicolas SARKOZY, pendant la campagne, avait jugé que la forme de l'interview télévisée du 14 juillet avec deux chaînes de télévision à l'Elysée était anachronique. Pourquoi ce qui était anachronique le 14 juillet devient normal le 20 septembre ? Il avait dit : « si j'ai quelque chose à dire, je préfère une conférence de presse, et d'ailleurs ce sera régulier ».


David MARTINON : Je note votre attachement persistant pour la conférence de presse. Ce qui change c'est que précisément, ce n'est pas le 14 juillet. Comme je vous l'ai dit, ce à quoi le Président n'est pas du tout attaché, c'est l'idée d'un rendez-vous régulier qui viendrait chaque année au même moment, qui ferait que toute l'actualité politique, c'est-à-dire pas simplement les discours mais aussi l'action, serait organisée autour de cet événement. Ce n'est pas du tout la manière dont il conçoit les choses. Comme je vous l'ai expliqué, il ne se privera jamais de parler quand il en sentira le besoin. Aujourd'hui, nous clôturons une phase lourde où il a pris un très grand nombre d'initiatives qui se sont matérialisées dans trois très grands discours : sur l'agriculture la semaine dernière, sur la stratégie sociale mardi, et sur l'avenir de la fonction publique hier. C'est le moment de revenir sur ces initiatives, de revenir sur ces stratégies, d'expliquer les choses. Mais si vous voulez qu'il attende le 14 juillet pour revenir sur ces discours là, vous ne serez pas suivis.


QUESTION : Et pourquoi pas une conférence de presse alors ?


David MARTINON : Encore une fois, ce n'est pas du tout une forme qu'il s'interdit, et il le fera, mais voilà, cel viendra à un autre moment. Et vous savez très bien qu'il aime bien se confronter à vous.


QUESTION : Jean-Pierre JOUYET a parlé de modifier la constitution pour qu'il n'y ait pas de référendum automatique dans le cas de l'adhésion à la Communauté européenne. Est-ce que le Président SARKOZY est pour, et si oui, pourquoi ?


David MARTINON : Le Président a déjà eu l'occasion de s'exprimer là-dessus en Hongrie. Il a expliqué que cela aurait été quand même étonnant, très bizarre et très regrettable que le ministre des Affaires européennes soit la seule personne qui ne puisse pas donner son avis. Jean-Pierre JOUYET l'a donné, il a bien fait. Il a exprimé un avis personnel devant une commission de réflexion. Si on s'interdit de réfléchir devant une commission de réflexion, c'est triste ! Pour autant, c'est une question à laquelle il réfléchit. Il n'a pas donné son avis, il le donnera à la lecture des réflexions de la Commission BALLADUR qui lui seront remises en novembre.


QUESTION – Je voulais savoir si le Président de la République serait accompagné de son épouse à New York et en Bulgarie, et s'il se rend bien en Bulgarie début octobre ?


DAVID MARTINON – La première question, je ne sais pas mais ce n'est pas une question politique. La présence ou non de Mme SARKOZY, cela n'a rien d'une question politique, donc même si je savais, je ne sais pas si je vous répondrais.


QUESTION – Est-il prévu qu'il se rende à « Ground Zero » ?


DAVID MARTINON – Pas à ma connaissance, non, pas cette année.


QUESTION – Est-ce qu'il y aura des entretiens bilatéraux avec les chefs d'Etats arabes qui font preuve d'un pessimisme noir sur l'avenir du Proche-Orient et surtout sur la façon dont les Américains veulent organiser cette conférence dite « de paix » sur le Moyen-Orient ?


David MARTINON – Non, il n'y a pas, pour l'heure, d'entretiens prévus avec des chefs d'Etats arabes mais, comme vous le savez, nous suivons de près cette initiative à laquelle nous attachons beaucoup d'importance parce que la situation est grave, complexe et que toute initiative doit être saluée et encouragée, et celle-là en particulier.


QUESTION – Pas n'importe comment ?


David MARTINON – Certainement pas n'importe comment, bien sûr. Il faut que cela soit utile.


QUESTION – Sur le même sujet, les Israéliens soutenus par les Américains ont déclaré la bande de Gaza comme une entité hostile. Est-ce que la France a la même position ?


David MARTINON – J'ai le sentiment que quand les autorités israéliennes disent cela, cela doit correspondre à une échelle administrative interne, donc je ne sais pas ce que cela revêt comme valeur. Si c'est simplement déclaratoire, honnêtement, ce n'est pas un scoop de dire que le Hamas est hostile à Israël. Si vous arrivez à écrire cela et à le faire passer à votre rédacteur en chef, vous serez très fort. Honnêtement, je ne vois pas le scoop, donc je ne sais pas comment considérer cette information. Si vous voulez que je vous redise notre position là-dessus, nous souhaitons qu'un dialogue s'engage et pour que ce dialogue s'engage, il faut que le Hamas réponde aux trois conditions fixées par la communauté internationale, bien sûr, mais je ne sais pas comment qualifier le fait que les autorités israéliennes disent que la bande de Gaza est un territoire hostile, parce qu'à ma connaissance, les positions du Hamas qui dirigent ce territoire sont très connues et on ne peut pas dire qu'elles ne soient pas hostiles à Israël.


QUESTION – Après les déclarations de M. KOUCHNER et d'autres sur l'Iran, est-ce que vous pouvez nous rappeler quelle est la position, aujourd'hui, du Président de la République et de l'Elysée sur la crise iranienne, premier point et deuxième point, même si vous ne pouvez nous dire ce qu'il y aura dans le discours du Président de la République, est-ce que ce dossier-là, le dossier iranien sera effectivement évoqué à un moment ou à un autre par le Chef de l'Etat lors de sa visite à New York ?


David MARTINON – Bien sûr qu'elle sera évoquée, parce que c'est certainement une des crises les plus dangereuses qui soient et qui pèsent aujourd'hui sur la communauté internationale. Si vous voulez que je vous réexplique tout, je veux bien. Vous savez bien que personne ne croit au fait que le programme d'enrichissement mené par l'Iran soit pacifique. Pour nous, un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable, le Président l'a dit et redit et il l'a dit notamment dans son discours aux Ambassadeurs. Il souhaite que nous puissions échapper à cette alternative catastrophique et y échapper, cela veut dire que notre voie, c'est la voie de la recherche d'une solution politique. Et pour nous, une solution politique, c'est obtenir des autorités iraniennes que l'Iran satisfasse aux exigences de la communauté internationale. Des propositions très généreuses ont été faites à l'Iran, notamment en matière de coopération dans le nucléaire civil et bien d'autres choses. Pour le moment, l'Iran a refusé ces propositions et poursuit son programme d'enrichissement. Nous souhaitons que l'Iran revienne là-dessus. Si on choisit une voie politique, cela veut dire que l'on met en œuvre des sanctions, ce que nous avons fait. Deux résolutions ont déjà été votées. Nous cheminons vers une troisième résolution qui vise à renforcer le régime de sanctions. Mais comme vous le savez, c'est une négociation qui ne va pas de soi, parce qu'il faut obtenir l'accord du Conseil de Sécurité, de tout le Conseil de Sécurité. Cela peut prendre du temps et c'est pour cette raison que nous avons en tête des mesures additionnelles, qui sont notamment des recommandations passées par les pays de l'Union européenne. Nous souhaitons obtenir cela de tous les pays de l'Union européenne et nous ne sommes pas les seuls à le souhaiter : des recommandations adressées aux entreprises européennes pour qu'à tout le moins, elles ne se portent pas candidates pour de nouveaux marchés en Iran et, pour ce qui est des institutions financières, de baisser leurs encours, de réduire leurs investissements.


QUESTION – Des mesures additionnelles hors cadre onusien ?


David MARTINON – Oui, hors cadre onusien. Qui n'ont pas le caractère de sanctions onusiennes.


QUESTION – Vous dites que la France n'est pas la seule à vouloir ces mesures de l'Union européenne. Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les autres pays à soutenir de telles sanctions ?


David MARTINON – Non.


QUESTION - Que voulez-vous inclure dans la résolution de l'ONU, qui sera la troisième, comme sanctions ?


David MARTINON – Je viens de vous dire que c'était une négociation très difficile, très complexe, qui nécessitait un compromis parmi la majorité des membres des Nations Unies, on avance pas à pas, c'est un travail qui exige beaucoup de patience et de méticulosité, donc je ne vais pas vous révéler l' état de la négociation aujourd'hui. L'objectif n'est pas que je vous réponde, l'objectif est de faire en sorte que l'on aggrave le régime de sanctions.


QUESTION - Juste une question sur cette mise au point sur l'Iran. Vous avez utilisé non pas le mot « sanction », mais le mot « mesures additionnelles » ce qui voudrait dire qu'elles pourraient être prises sans qu'il y ait un texte commun des Européens ?


David MARTINON – Oui, absolument. Ce sont des recommandations dont nous souhaitons que chaque Etat de l'Union européenne les adresse aux entreprises de son pays qui sont présentes ou qui envisageraient d'être présentes sur le territoire iranien.


J'en termine quand même en vous disant que nous nous réjouissons de l'arrestation de NUN CHEA, ancien numéro 2 du régime Khmer Rouge, qui est responsable d'un génocide qui a coûté la vie à plus d'un million et demi de personnes. Cette arrestation, c'est pour nous un pas supplémentaire pour le Cambodge et pour les Cambodgiens sur le chemin de la justice. Vous savez que la France avait beaucoup œuvré depuis de longues années à la mise en œuvre de ce que l'on appelle communément « le Tribunal Khmer Rouge » qui est chargé de juger les responsables principaux du génocide. C'est donc une nouvelle qui nous satisfait.


Voilà, je vous dis à la semaine prochaine et à New York pour ceux qui viennent.






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