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Strasbourg – Mardi 16 décembre 2008
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires européens,
Lorsque la France a commencé à exercer sa Présidence, la situation en Europe était marquée par l’interruption du processus de ratification du Traité de Lisbonne à la suite du vote de nos amis irlandais rejetant ledit traité. On n’imaginait pas à l’époque qu’une guerre éclaterait entre la Géorgie et la Russie et on n’imaginait pas non plus la violence de la crise financière, d’abord, de la crise économique ensuite, que l’Europe aurait à affronter. La Présidence française, Monsieur le Président, a essayé d’organiser toute son action autour de deux convictions : le monde a besoin d’une Europe forte, première conviction, deuxième conviction : il ne peut pas y avoir d’Europe forte si l’Europe est désunie. Naturellement, j’imagine que ces idées ne sont pas originales, elles n’en sont pas moins nécessaires. Nous avons essayé de faire en sorte tout au long de ces six mois que l’Europe soit unie et que l’Europe soit forte, qu’elle pense par elle-même. Qu’est-ce qu’une Europe forte ? C’est une Europe qui pense, qui a des convictions, qui a ses réponses, qui imagine. C’est une Europe qui ne se contente pas de suivre. C’est une Europe qui refuse un consensus fondé uniquement sur le non-dit, sur l’évacuation des problèmes, sur le temps censé tout arranger alors que ma conviction, c’est que plus on attend, plus on complique. Et, finalement, cette Présidence s’est déroulée au rythme d’événements internationaux qui ont bouleversé l’organisation de nos travaux. Ce n’est certainement pas à moi de faire un bilan. Je voudrais simplement vous dire comment nous avons affronté ces différentes épreuves. Quand, au mois d’août, s’est présenté, le 8 août, la crise géorgienne, nous avons eu à l’esprit une obsession : arrêter la guerre et ne pas tomber dans ce qui s’était passé au moment de la Bosnie.
Franchement, sans porter de jugement cruel, quand le conflit s’est déroulé en Bosnie, nous sommes en Europe, et l’Europe a été absente et ce sont les Etats-Unis d’Amérique, nos alliés, nos amis qui ont pris leurs responsabilités et l’Europe qui a dû suivre. L’obsession qui a été celle de la Présidence, c’est que l’Europe prenne ses responsabilités. Et, en ce mois d’août, nous avons d’abord négocié le cessez-le-feu, le 12 août, puis un accord de retrait le 12 septembre. Finalement, la guerre fut évitée. Le retrait fut engagé et par-dessus tout, et hommage en soit rendu à tous les pays membres de l’Union, l’Europe est restée unie. Ce n’était pas si évident car compte-tenu de l’histoire de nos différents pays, une histoire douloureuse pour ceux des Européens qui ont vécu [...]
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