Discours de M. le Président de la République lors du dîner annuel du CRIF
Pavillon d’Armenonville – Mercredi 13 février 2008
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame et Monsieur les anciens Premier ministres,
Mesdames et Messieurs les ministres et anciens ministres,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Monsieur le Maire de Paris,
Monsieur l’ambassadeur d’Israël en France,
Madame la représentante de l’Autorité palestinienne,
Madame et Messieurs les représentants des différentes religions,
…
Chers amis,
Très souvent par le passé, je suis venu au dîner du CRIF. Je connais cette tradition. Je sais qu’elle est pour vous un moment de fête, un moment de retrouvailles. Je sais aussi que chaque année, de manière ouverte comme vous l’avez fait dans votre discours Monsieur le Président, ou plus discrètement dans le secret de vos cœurs et l’intimité de vos conversations, vous faites mémoire, avec ce dîner, des circonstances tragiques qui conduisirent, en 1943, les différentes composantes du judaïsme français à s’unir contre l’oppression nazie. De cette union clandestine est né plus tard le CRIF.
En invitant chaque année les plus hautes autorités de la Nation à partager votre dîner, en invitant en particulier le Premier ministre, et cette année, pour la première fois, le Président de la République, vous entendez renouveler votre attachement indéfectible à la République et à la France : cette France qui vous a émancipés, qui vous a donné des droits, qui vous a permis de pratiquer votre religion. Nous célébrerons ensemble cette année le bicentenaire de la création du Consistoire ; cette République qui vous a ensuite intégrés dans toutes les sphères de la société, sur le seul fondement de vos talents et de vos mérites ; cette République que vous avez servie avec la générosité, la confiance, et l’engagement qui sont l’âme des vrais patriotes ; cette République qui, en inventant la laïcité, vous permet d’être à la fois profondément juif et Français de tout cœur.
Mais en faisant s’asseoir chaque année aux mêmes tables les représentants des institutions juives de France et les représentants de la République, vous entendez aussi rappeler aux seconds les principes, les valeurs et les vertus dont la violation, par le passé, a fait vivre à notre pays ses pages les plus noires. A l’heure où s’abattaient en Europe les idéologies les plus criminelles, c’est un fait que l’Etat vous a trahis. Tournant le dos à ses principes essentiels, pas seulement ceux de 1905, mais aussi ceux de 1789, de l’abbé Grégoire et de l’Edit de Nantes, notre Nation s’est alors presque intégralement effondrée. Il est sain que vos invités rassemblés dans cette salle, dont certains exercent d’éminentes responsabilités, fassent mémoire de ces moments douloureux qui précipitèrent tant de familles dans l’abomination, et notre pays dans la honte[...]
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