Discours sur le thème de la réforme des collectivités territoriales
Saint-Dizier (Haute-Marne) – Mardi 20 octobre 2009
Monsieur le président du Sénat (Gérard Larcher),
Monsieur le président de l’Assemblée nationale (Bernard Accoyer),
Messieurs les ministres (Brice Hortefeux, Luc Chatel, Michel Mercier, Alain Marleix),
Monsieur le député-maire (François Cornut-Gentille),
Monsieur le sénateur, président du conseil général (Bruno Sido),
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Mesdames et Messieurs les présidents et maires,
Et, si vous le permettez, chers amis,
Pendant des siècles, la centralisation a caractérisé l’histoire politique et administrative de notre pays.
De Philippe Auguste à Louis XIV, en passant par Saint-Louis, Philippe Le Bel ou Henri IV, tous nos rois n’eurent de cesse, pour asseoir leur souveraineté, de construire un Etat fort, centralisé, hostile aux féodalités et, au fond, à toute forme de pouvoir local, qu’il soit politique, économique ou intellectuel.
Bien sûr, je ne saurais, Monsieur le Maire, omettre de mentionner en ce lieu François 1er, bâtisseur de notre unité linguistique, puisque c’est à lui – dit-on – que vous devez, chers habitants de Saint-Dizier, votre nom de « Bragards » : Bragards pour « braves gars », vos ancêtres héroïques qui résistèrent avec courage, des mois durant, aux armées de Charles Quint. C’était au XVIe siècle, mais aucun parmi vous n’a oublié cette page glorieuse de votre histoire.
Ces monarques qui, dans un même élan, unifiaient notre pays et en consolidaient les frontières, le faisaient pour conforter leur autorité, pour susciter la crainte de leurs voisins, pour accroître leur prestige ; ils le faisaient parfois de manière subtile, souvent de manière brutale, en particulier dans le domaine religieux ; mais au terme des huit siècles de la monarchie capétienne, ils avaient fait de la France un Etat indépendant et un pays conscient de son destin collectif. L’existence de la France était devenue irréversible.
Loin de rompre avec le passé, la Révolution poursuivit au contraire l’œuvre de centralisation amorcée par la monarchie. C’est une caractéristique fréquente des révolutions que de porter au pouvoir des hommes forts, qui exécutent promptement ce que le pouvoir précédent, affaibli, n’a pas su faire pour se maintenir. Dans leur empressement à asseoir, cette fois, la souveraineté de la Nation, il fallait aux révolutionnaires la volonté d’abolir les privilèges des [...]
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