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Palais de l’Élysée - lundi 16 novembre 2009
Monsieur le Président,
Madame,
C’est pour nous un honneur et un grand plaisir de vous accueillir avec votre épouse, pour la première visite d’Etat d’un dirigeant irakien en France.
L’Irak, Bagdad ; peu de noms de lieux sont à ce point chargés d’histoire et de symboles. Et rares sont ceux dont le pouvoir d’évocation soit aussi fort et contrasté.
L’Irak, héritier de Sumer, de Babylone et des califes abbassides, Bagdad, le modèle d’urbanisme voulu par le calife Al-Mansour, la ville des Mille et une nuits, la cité brillante et heureuse que l’on surnommait « le paradis sur terre » et « la ville de la paix ».
Malheureusement, Monsieur le Président, les souffrances, les tragédies et les malheurs n’ont cessé de s’abattre sur votre pays depuis trois décennies, ces souffrances ne nous parlent plus de paradis ni de paix mais elles nous parlent de dictature, de guerre et de violence. La dictature, car s’en fût une, qui a dominé l’Irak de 1979 à 2003 a, parmi bien d’autres crimes, utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, scandale parmi les scandales. La ville d’Halabja, où 5000 hommes, femmes et enfants périrent gazés, est le symbole de cette barbarie. La guerre contre l’Iran – un million de morts – puis les deux guerres du Golfe qui ont saigné votre jeunesse. Plus de dix années de sanctions économiques ont ajouté à la tyrannie la pénurie et la privation pour votre peuple. La violence qui, encore aujourd’hui, frappe aveuglément les Irakiens, la violence aura été Monsieur le Président la sinistre compagne de toutes ces années. C’est un pays martyr que nous accueillons en ami en France aujourd’hui.
Monsieur le Président, les Irakiens sont un peuple fier et permettez-moi de le dire exceptionnellement endurant. Ils n’attendent ni apitoiement ni lamentation. Mais, parce qu’aucune famille iraquienne n’a été épargnée par la période qui s’achève, je veux vous exprimer, au nom [...]
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