A l'Elysée

Dîner du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF)

04 Mars 2014

Lieu : Paris, France

Rubrique : Cultes et laïcité

Type de contenu : Communiqué de presseLe communiqué de presse

Dîner du CRIF

Type de contenu : Album photosLes photos

Type de contenu : VidéoLe discours en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Discours lors du dîner du Conseil Représentatif des Institutions juives de France

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Madame et Messieurs les représentants des cultes,

Monsieur le Président du CRIF,

Mesdames, Messieurs.

Nous nous réunissons ce soir, comme chaque année, pour ce dîner qui est le cadre de la relation la plus fraternelle entre les juifs de France et la République. Mais il se trouve que cette année nous nous retrouvons au moment où, en Ukraine, se produisent des événements d’une gravité exceptionnelle qui rappellent un temps que l’on croyait révolu, celui des ingérences, des interventions et des démonstrations militaires.

La Russie, dans un contexte que l’on sait difficile, a pris le risque d’une escalade dangereuse. Le rôle de la France avec l’Europe, dans ces circonstances, c’est d’exercer toute la pression nécessaire, y compris le recours éventuel à des sanctions, pour imposer la voie du dialogue et rechercher une issue politique à la crise sur des principes simples : la garantie de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine, le respect aussi de la diversité de la population de ce pays et enfin l’organisation d’élections libres sous contrôle international.

Tel est le sens des démarches qu’avec le ministre des Affaires étrangères nous engageons depuis le début de la crise. La Russie, avec laquelle nous dialoguons, doit comprendre qu’elle est devant un choix très important pour l’avenir de ses relations avec l’Europe et que la seule option, je dis bien la seule option raisonnable, c’est la négociation. Quant à l’Ukraine, elle doit pouvoir choisir son destin tout en reconnaissant les liens historiques, culturels, humains qui l’unissent à la Russie et que personne ne conteste.

Ces événements nous rappellent que la paix est décidément toujours une œuvre difficile, fragile et que des engrenages sont à l’œuvre, qui peuvent, à tout moment, la menacer. Ces événements nous rappellent aussi que l’actualité convoque toujours l’Histoire et, que si l’on oublie l’Histoire, on ne peut pas régler les crises qui surviennent.

Je rappelle l’Histoire aussi parce que je suis devant vous ici, amis du CRIF, et que votre rendez-vous annuel, je le disais, est un moment fort où vous exprimez de manière vibrante votre attachement à notre pays et à la République. En même temps, le dîner du CRIF, c’est l’occasion – comme l’a dit le Président et ce n’est pas forcément agréable de l’entendre – de porter aussi un jugement sur la réalité du racisme et de l’antisémitisme dans notre pays et de le faire avec vérité et lucidité. C’est ce que vous avez, Monsieur le Président, encore mené à bien ce soir.

En 2013, noue pensions avoir vécu une accalmie et même un recul des actes et manifestations antisémites. C’était hélas une illusion. Pourquoi ? Parce que si le nombre des faits avait diminué de 30%, le niveau qui permettait cette comparaison était lui-même exceptionnellement élevé puisque c’était l’année 2012. Dois-je rappeler ce qui s’était produit durant l’année 2012 et notamment le 19 mars ? C’était une illusion parce que le nombre de dépôts de plainte, 423 pour être précis, ne tient pas compte de tout ce qui n’est pas déclaré, de ce qui n’est pas connu, de ce qui n’est pas avoué. Enfin, c’était une illusion, parce qu’au mois de janvier les violences ont doublé par rapport au mois de décembre 2013 et que les menaces antisémites ont même été multipliées par trois.

Au-delà des statistiques et des chiffres qui sont avancés, de quoi s’agit-il, qu’est-ce qui est en cause ? Ce sont des juifs qui sont agressés sur la voie publique parce qu’ils portent une kippa. Ce sont des enfants dans les écoles de la République qui sont insultés parce que juifs. Ce sont des synagogues qui sont souillées par des croix gammées, voilà ce qu’est la réalité de l’antisémitisme.

Cette flambée de haine ne surgit pas du néant. D’abord, n’accusons pas la crise. Elle a bon dos la crise ! Ce n’est pas une cohorte de chômeurs qui crient « mort aux juifs ! » Ce ne sont pas les « damnés de la terre » qui s’expriment avec les mots de la haine. Ce ne sont pas les plus pauvres dans la société qui seraient porteurs de ces idées malsaines. C’est un peu court de penser que c’est la crise ! Finalement ce serait commode : il suffirait d’en sortir –cela ce n’est pas facile !– et finalement tout irait bien…

Non, le mal est plus profond. Le mal n’est d’ailleurs pas que français, cessons de ne regarder que le tableau de notre propre pays. Le mal est européen, il est même mondial. Il y a des pays où il n’y a pas de chômage, où la croissance est élevée, où le pouvoir d’achat est parmi le plus haut du monde, et où l’on se méfie des étrangers, où l’on pense que l’autre est un danger, où l’on veut restreindre la liberté de circulation. Ne laissons pas croire donc qu’il s’agirait simplement d’une mauvaise période, d’un mauvais temps. Non, le climat comme vous l’avez dit, est plus lourd

Ce que l’on a entendu dans la manifestation du 26 janvier est exceptionnellement grave, avec des slogans hérités des années 30, des amalgames, des confusions… Des groupes, qui n’avaient rien à voir entre eux, se retrouvaient sur le même objectif, la même haine, celle du juif, cherchant un coupable. Il en faut toujours un pour exorciser les peurs, les malheurs, les rancœurs. Là encore, ce n’est pas nouveau. On a connu cela à d’autres époques, sauf que là les propagandistes ne se cachent plus, ils publient des livres, ils défilent dans la rue, ils donnent des spectacles et ils utilisent des moyens modernes, c’est-à-dire internet pour colporter des rumeurs qui deviennent des tumeurs.

Nous savons comment cette mécanique infernale se termine, toujours de la même façon, dans la violence et dans le drame.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, le gouvernement de la République française ne tolérera rien.

C’est ensemble – quand je dis « ensemble » c’est à travers toutes les sensibilités qui sont représentées ici, tous les républicains – que nous devons nous retrouver pour défendre les valeurs qui font la France. Je l’affirme ici : face à des périls – et l’antisémitisme, le racisme, en est un – il ne serait y avoir la moindre place pour la division, la polémique et la surenchère.

Si nous cédions à cette tentation d’utiliser ces dérives et ces comportements à des fins politiques, nous nous perdrions nous-mêmes. Il y a des causes heureusement dans la République – dont je suis le garant – qui nous permettent de nous rassembler sur l’essentiel. C’est d’ailleurs ce qui fait que nous sommes citoyens français et qu’au-delà des oppositions qui doivent exister, des clivages qui ont leur valeur et leur pertinence, la France est une quand il s’agit de combattre le racisme et l’antisémitisme.

Le gouvernement, et vous l’avez rappelé, Monsieur le Président, est d’une intransigeance absolue contre les actes antisémites parce que ce sont autant de coups portés à la France. Les lois existent. La tentation, c’est toujours de vouloir en inventer d’autres et de ne pas appliquer celles qui sont en vigueur. Elles doivent donc être mises en œuvre avec sévérité et fermeté par les services de sécurité publique comme par la justice.

Encore faut-il que les victimes elles-mêmes ne craignent pas de se faire connaitre et signalent tous les faits. A nous de les aider. La Garde des Sceaux a donné des instructions en ce sens et je pense qu’en matière d’insultes elle sait ce que signifie le racisme. Mais si la police fait son travail, si la justice condamne les coupables, faut-il encore que les jugements eux-mêmes, ceux qui sont rendus, soient exécutés. Parce que se soustraire à une condamnation est une malhonnêteté de plus et un encouragement à continuer. Certains sont allés très loin. Trop loin.

Que l’on soit bien clair : la liberté d’expression, la liberté de création, la liberté de manifestation sont des valeurs fondamentales de la République, mais elles ne peuvent offrir aux racistes et aux antisémites un permis de propager leurs thèses. La liberté de moquer n’est pas la liberté de haïr. Là aussi, le droit existe pour prévenir ces transgressions. Il a été appliqué par le ministre de l’Intérieur dans les limites posées par le juge, en l’occurrence le juge administratif.

Nous avons fait la démonstration que les lois n’empêchent pas d’agir mais peuvent permettre justement d’intervenir, y compris de façon préventive. La loi, toute la loi, rien que la loi, y compris pour interdire des groupuscules qui n’ont pas d’autre objet que la propagation d’idéologies incitant à la discrimination, à la violence et à la haine. C’est ce que nous avons fait, là encore, suite à un drame qui a coûté la vie à un jeune étudiant, Clément MERIC. Il mettait en cause des groupuscules dont on savait bien qu’ils pouvaient être, au moins au niveau des thèses propagées, à l’origine de ce genre de tragédie.

Vous avez évoqué, Monsieur le Président, les nouvelles menaces d’internet. Outil merveilleux de diffusion et d’échange, mais comme le livre avant lui, le numérique peut aussi servir de déversoir à l’intolérance, à l’injure, à l’endoctrinement. Il y a eu des livres, hélas, qui ont eu aussi ce rôle dans l’Histoire. Ce n’est donc pas l’instrument qui est en cause, c’est la thèse qui est diffusée. En France et à l’étranger, des manipulateurs et des criminels enseignent ce que POLIAKOV appelait « le bréviaire de la haine ». Et nous voyons ceux qui écoutent, ceux qui adhèrent à ces thèses, à ces mensonges et qui s’en font les prosélytes.

C’est cela le risque d’internet : c’est la multiplication, c’est le déversement, c’est la diffusion à un niveau jusque là jamais atteint de mensonges et d’insultes. Le numérique doit donc avoir ses règles. Les fournisseurs d’accès comme les opérateurs doivent les respecter sans que l’extraterritorialité ne puisse constituer une excuse. Je retiens, Monsieur le Président, ce que vous nous avez proposé. Si l’on arrive à lutter contre les images pédophiles, nous devons aussi réussir à lutter contre les messages délibérément racistes et antisémites.

J’ai donc demandé au gouvernement de me faire rapidement des propositions pour améliorer notre réactivité et éventuellement notre appareil répressif par rapport au développement de la cybercriminalité.

Je rappelle ce qui s’est produit par rapport à Twitter l’année dernière. Le gouvernement a négocié avec cette grande entreprise des engagements concrets : suppression des contenus illicites, gel des données d’enquêtes, déréférencement. Nous agirons de la même manière en France, en Europe et dans le monde face aux géants mondiaux du numérique pour aboutir à ce résultat.

Mais l’ambition de la République, ce n’est pas simplement d’utiliser la sanction. Elle doit faire en sorte que la prévention puisse être la plus efficace. Ce que nous avons comme ambition, c’est de pouvoir élever le niveau de conscience citoyenne par l’éducation. Tel est l’objet de la morale laïque qui est désormais enseignée dans nos écoles : transmettre à tous les élèves de France un socle de valeurs communes qui fondent notre identité.

C’est quoi notre identité ? Le respect de la personne, sa dignité, ses origines, sa religion, ses croyances ; le refus de toutes formes de discrimination. C’est cela la morale laïque : elle n’exclut personne, elle rassemble tout le monde et elle protège tous ceux qui ont, par leur histoire, par leur parcours, par leur origine, par leur couleur de peau, à craindre qu’on les mette en cause. L’école de la République doit rester ce lieu où, depuis des générations, les enfants apprennent à vivre au milieu des autres selon une règle commune, la même pour tous. Cet enseignement de la vie, cet enseignement de la République doit intervenir au plus tôt dans les programmes d’enseignement de notre pays.

Jean ZAY- dont jai annoncé qu’il rentrerait au Panthéon avec Geneviève ANTHONIOZ de GAULLE, Pierre BROSSOLETTE et Germaine TILLION l’année prochaine, Jean ZAY donc, ministre de l’Education, avait écrit une circulaire – déjà, la première, en 1936 – sur les signes religieux à l’école. Comme quoi, là aussi, on croit toujours avoir inventé, mais l’on vient toujours trop tard. Mais là, en l’occurrence, Jean ZAY, lui, il était venu à temps. Parce que déjà, il y avait ces menaces et il écrivait dans cette circulaire : « ceux qui voudraient troubler l’expérience éducative n’ont pas leur place dans les écoles, qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. » Cela reste encore vrai aujourd’hui.

Nous avons la Charte de la laïcité comme expression contemporaine de cette exigence. Elle est désormais affichée et étudiée dans tous les lieux d’enseignement. Le ministre en a pris l’initiative. Nous devons également la mettre au programme de la formation permanente des enseignants. Toutes les initiatives doivent être soutenues dans ce sens : la mise en place de référents académiques « Mémoire et Citoyenneté », pour coordonner toutes les actions dans les écoles pour la mémoire des génocides, en particulier de la Shoah et de tous les crimes contre l’Humanité ; l’instauration de modules spécifiques de formation dans les écoles du professorat ; la priorité donnée, dès cette rentrée, pour fixer la lutte contre les discriminations comme objectif de la transmission.

Là aussi, l’Education nationale soutient toutes les initiatives et il y en a de nombreuses. Je ne vais pas les signaler toutes. Celle de l’Union des étudiants juifs et de SOS Racisme notamment a eu, à travers le programme CoExist, à lutter contre les préjugés. Je souligne aussi ce que font les Académies de Lyon et de Grenoble avec la LICRA, pour attribuer un prix, là aussi, le Prix Gilbert DRU, pour être exemplaire par rapport à cette mission de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

Je veux aussi saluer les efforts de toutes les grandes familles philosophiques et spirituelles dans notre pays, qui œuvrent au rapprochement entre les Français.

Vous avez, à l’instant, salué le Père Patrick DESBOIS. Il a découvert par son histoire familiale le drame des juifs ukrainiens. Il a œuvré pour que soit reconnue la « Shoah par balles ». Car, la Shoah avait commencé avant même les camps, et pas seulement en Ukraine. C’est très important de savoir à quel moment l’œuvre génocidaire a commencé et comment elle est arrivée jusqu’aux camps d’extermination. Aujourd’hui, le Père DESBOIS est le directeur du Service national pour les relations avec le Judaïsme à la Conférence des évêques. Je veux saluer le dialogue interreligieux, qui ne veut pas effacer les différences entre les cultes, mais combattre tous ceux qui les utilisent pour les opposer.

Le fanatisme n’est pas une religion. C’est un dévoiement. C’est le fanatisme et non l’islam qui a guidé le bras assassin de MERAH à Toulouse et à Montauban, lorsqu’il a abattu Jonathan, Gabriel, Arié, Myriam, Imad Ibn ZIATEN, Mohamed LEGOUAD et Abel CHENNOUF : quatre juifs, deux musulmans, un catholique, sept Français. Autant d’atteintes aux institutions les plus symboliques de la République : l’école et l’armée.

La semaine dernière, le CRIF, à Toulouse, a rendu un hommage à Latifa Ibn ZIATEN, la mère d’Imad. Je veux aussi saluer son combat courageux, je le connais, et celui de tous les militants de l’amitié judéo-musulmane, avec le soutien des plus hautes autorités du culte musulman, représentées ici ce soir. Je veux les remercier pour leur engagement au service de la tolérance et de la paix.

Mesdames et Messieurs, l’année 2014 sera marquée par deux grandes commémorations : centenaire de la Première guerre mondiale et 70ème anniversaire de la Libération de notre pays. Je veux en faire des moments de rassemblement de nos concitoyens, des temps pour la mémoire, pour toutes les mémoires.

C’est pourquoi j’ai rendu hommage aux soldats musulmans à la Grande mosquée de Paris le 18 janvier dernier. Au Mont-Valérien, j’ai rendu hommage, c’était le 21 février dernier, au Groupe MANOUCHIAN et j’ai salué l’initiative qu’avait prise Robert BADINTER pour que les 1 010 fusillés aient leurs noms gravés dans le bronze d’une cloche au Mont-Valérien. Nommer les morts pour interpeller les vivants, c’est le sens des monuments. Yad Vashem à Jérusalem, que je suis allé visiter, le Mur des Noms, l’Allée des Justes à Paris et tant d’autres lieux…, pour que rien ne soit oublié, travesti, transformé, occulté et pour nous rappeler à chaque fois notre devoir.

Quelle est notre exigence ? Savoir. Tout savoir. D’où nous venons, quelles sont les épreuves que notre pays a traversées pour être libre aujourd’hui. Ne rien ignorer des drames d’hier pour mieux les prévenir désormais. Connaitre l’Histoire, oui connaitre l’Histoire, pour reconnaitre notre responsabilité de l’écrire à notre tour.

La mémoire, je sais que vous y êtes particulièrement attachés. Votre mémoire, ici en France, et la mémoire aussi entretenue dans la relation des juifs de France avec Israël. Je sais le lien qui vous unit à Israël. Israël, pour les juifs de France, comme ceux d’ailleurs du monde entier, c’est d’abord l’Etat refuge. On raconte – c’est vrai – que c’est en assistant à la dégradation publique de DREYFUS, en 1895, dans la cour des Invalides, que Theodor HERZL, devant le spectacle de l’innocence outragée, en avait conclu que les juifs ne pourraient conquérir la garantie d’une existence digne et libre que le jour où ils disposeraient d’une patrie.

Israël, pour les juifs, c’est aussi l’espoir réalisé. Très vieil espoir, aussi ancien que le judaïsme lui-même. La relation que les juifs français ont avec Israël est constituée de liens multiples, humains, intimes, personnels, familiaux, professionnels… Cette solidarité ne vous éloigne jamais de votre patrie. Elle vous y ramène, tant vous attendez de la France qu’elle joue un rôle utile dans le monde et particulièrement au Proche-Orient. Ce fut le sens de ma visite en Israël et en Palestine. Vous m’y avez accompagné avec une délégation du CRIF. Vous m’avez accompagné aussi bien en Israël qu’en Palestine. Je voulais, ici, vous en remercier.

A la Knesset, je me suis exprimé, en toute franchise, en toute liberté. J’ai rappelé la position de la France : deux Etats pour deux peuples, l’Etat d’Israël et l’Etat de Palestine, avec tous deux Jérusalem pour capitale, pouvant coexister en paix et en sécurité. Il faut un règlement qui mette fin à toutes les revendications et éteigne définitivement le conflit. Cet accord n’aura de sens que si la sécurité d’Israël est renforcée et si toute nouvelle menace est écartée. C’est le langage que j’ai fait passer aussi bien à Benjamin NETANYAHU qui m’a reçu avec beaucoup de chaleur, qu’à Mahmoud ABBAS qui a été attentif à la position de la France qu’il connait.

Si on ne veut pas reconnaitre l’autre partie, il ne peut pas y avoir de paix. C’est le sens de ce que nous devons chercher, que les Américains ont également encouragé. Les Israéliens et les Palestiniens, en ce moment même, tentent d’aboutir à la paix. La poursuite de la négociation, car c’est maintenant là l’enjeu, est une opportunité décisive. Tout échec, s’il se produisait, aggraverait encore la situation de la région et menacerait donc l’Etat d’Israël.

Or, le Proche-Orient est déjà profondément déstabilisé par la crise syrienne. Alors, on me dira : « les armes chimiques ont commencé d’être détruites ». Et encore ! La Conférence de Genève a été un échec, elle n’a abouti à rien. Pendant ce temps-là, les massacres se multiplient. D’ailleurs dans une forme d’indifférence générale, que seule la France entend briser.

Pendant que les réfugiés s’entassent en Jordanie, en Turquie, au Liban, avec un risque de déflagration générale, demain, avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, je recevrai le Groupe international de soutien pour le Liban, pour préserver l’unité et l’intégrité de ce pays, pour également lui apporter une aide humanitaire. Il se trouve qu’il y aura aussi bien le secrétaire d’Etat américain que le ministre des Affaires étrangères russe. Nous ne parlerons pas que du Liban. Mais si nous pouvions aussi parler du Liban et de l’Ukraine, nous aurions, rien que pour cela, eu le bénéfice de cette initiative.

Je pense au Liban parce que c’est un pays cher à la France et c’est un pays qui doit être absolument préservé de ce conflit. Je sais aussi les forces qui travaillent pour son instabilité. Nous sommes profondément concernés par ce qui se produit en Syrie. Vous l’évoquiez, Monsieur le Président : 700 Français ou résidents français sont aujourd’hui impliqués, c’est-à-dire pris en main par des groupes djihadistes. Ils sont parfois tués – c’est encore arrivé ces jours derniers – ou reviennent avec tous les risques que cela comporte pour notre propre sécurité.

Le ministre de l’intérieur a été particulièrement mobilisé pour dissuader tous ces candidats du Djihad qui pourraient, non seulement perdre leur vie, mais aussi, à un moment, atteindre la nôtre. Je rappelle que deux membres de la cellule qui avait agi en septembre 2012 contre l’épicerie casher de Sarcelles viennent d’être interpellés. Ils reviennent de Syrie. Les liens sont établis.

Parler de la Syrie, c’est parler de l’Iran, tant sa responsabilité est grande dans la guerre que Bachar El-ASSAD a lancée à l’égard de son propre peuple. Avec l’Iran, la France ne se contente pas de paroles, mais veut des actes et l’a clairement montré sur le dossier nucléaire. C’est le sujet de préoccupation majeure, pas simplement pour Israël, mais pour l’ensemble de la région et pour la paix du monde. C’est pourquoi la France a tout fait pour que l’accord intérimaire avec l’Iran soit à la fois solide et crédible. Mais le plus dur est à venir. La position de la France, ce sera qu’un accord définitif apporte la garantie à Israël et à l’ensemble du monde que l’Iran ne disposera jamais, je dis bien jamais, de l’arme nucléaire.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j’étais venu vous dire : à la fois la préoccupation de l’ensemble du gouvernement, de l’Etat par rapport à ce climat que j’ai décrit, l’action que nous menons pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme, pour le prévenir, pour le réprimer. Je voulais également vous exprimer la position de la France par rapport à un certain nombre de situations dans le monde. J’ai évoqué l’Ukraine, j’ai fini par la situation au Moyen-Orient et notamment avec l’Iran.

Mais je voulais vous adresser un dernier message. La communauté juive est pleinement chez elle en France. Elle a tant donné pour notre pays, tant donné par ses talents, par ses réussites, par son dévouement, par ses sacrifices et surtout par l’amour qu’elle a toujours témoigné à la France. Alors, à tous ceux qui s’interrogent, et il y en a ici, sur la protection que la République peut offrir, sur l’amour de la France à l’égard de tous ses citoyens et notamment aux juifs de France, je veux réaffirmer que notre pays sera à la hauteur de l’espérance que vous portez en lui. Parce que la France a besoin de vous, parce que la France a besoin de tous, parce que la France doit réussir, grâce à vous. Merci.

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours en anglais

Speech at the dinner of the Representative Council of Jewish Institutions of France

President of the Senate,

Ministers,

Elected Representatives,

Ambassadors,

Representatives of Religious Communities,

Chairman of CRIF,

Ladies and Gentlemen,

 

We are meeting here this evening, as we do every year, for this dinner which provides the framework for the most fraternal relationship possible between French Jews and the French Republic. However, this year we are meeting at a time when exceptionally serious events are taking place in Ukraine, reminding us of a time we thought we had left behind, a time of military interference, interventions and demonstrations.

 

In a context that we know is difficult, Russia has taken the risk of starting a dangerous escalation. Under these circumstances France’s role, together with Europe, is to bring the necessary pressure to bear, including the possible use of sanctions, in order to impose the path of dialogue and find a political solution to the crisis on the basis of simple principles: respect for the territorial integrity and sovereignty of Ukraine, as well as respect for the diversity of Ukraine’s people and lastly, the holding of free elections under international control.

 

That’s the purpose of the measures that we’ve been taking with the minister of foreign affairs since the beginning of the crisis. Russia, with which we’re engaging in dialogue, must understand that it is facing a very important choice for the future of its relations with Europe and that the only option – and I mean the only reasonable option – is negotiation. As for Ukraine, it must be able to choose its own destiny while recognizing its historical, cultural, and human ties with Russia, which no one disputes.

 

These events remind us that achieving peace is truly a difficult and delicate task and that there’s a chain of events in motion that could jeopardize it at any time. These events also remind us that current events always summon up the past and that if we forget the past, we cannot resolve the crises that arise.

 

I also talk about the past because I stand before you here, friends of CRIF, and because your annual event is, as I said, a high point when you vibrantly express your attachment to our country and to the Republic. At the same time, the CRIF dinner is an opportunity – as the chairman said and this isn’t always pleasant to hear – to express an opinion on the reality of racism and anti-Semitism in our country and to do so with clarity and truth. Mr. Chairman, that’s what you managed to do once again this evening.

 

In 2013, we thought we’d seen a lull and even a decrease in anti-Semitic acts and rallies. Unfortunately, that was an illusion. Why? Because although the number of acts had decreased by 30%, the level that allowed us to make this comparison was exceptionally high since it related to 2012. Do I need to remind you what happened in 2012 and notably on March 19? It was an illusion because the number of complaints – 423 to be exact – did not take into account everything that wasn’t reported, wasn’t known, wasn’t admitted. Lastly, it was an illusion because in January the level of violence was twice as high as in December 2013 and because there was even a three-fold increase in anti-Semitic threats.

Beyond the statistics and the figures, what’s going on, what is the issue here? Jews are being attacked on the streets because they are wearing a kippah. Children in French schools are being insulted because they are Jewish. Synagogues are being desecrated with swastikas. This is the reality of anti-Semitism.

 

This wave of hatred doesn’t just come out of nowhere. First of all, let’s not blame the crisis. The crisis is a good excuse! It’s not a horde of unemployed people who are shouting “death to Jews!” It’s not the “wretched of the Earth” who are using words of hate. It’s not the poorest people in society who are promoting these destructive ideas. It’s a bit too simplistic to think that it’s the crisis! It would be convenient: we’d just have to resolve the crisis – and that’s not easy – and then everything would be fine…

 

No, the problem goes deeper. And it’s not just a French problem, let’s stop just looking at the situation in our own country. It’s a European problem, perhaps even a global problem. There are countries where there’s no unemployment, where growth is high, where purchasing power is among the highest in the world, and where foreigners face suspicion, where people think others are dangerous, where they want to restrict the freedom of movement. So let’s not think that this is just a bad period, a bad time. No the context is, as you said, more fraught.

 

What we heard in the demonstration on January 26 is exceptionally serious, with slogans from the 1930s, conflation, confusion… Groups, who had nothing to do with each other, came together with the same goal, the same hatred, the hatred of Jews, searching for someone to take the blame. They always need someone to blame in order to drive out their fears, their misfortunes and their resentments. And again, this isn’t something new. We’ve seen this in the past, except that now the propagandists are no longer hiding, they are publishing books, they’re marching in the streets, they perform, they use modern technology, i.e. the Internet to spread rumors which become tumors.

 

We know how this infernal mechanism ends. It always leads to violence and tragedy.

That’s why, Mr. Chairman, ladies and gentlemen, the French government will tolerate nothing.

 

We must come together – and when I say together I mean through all communities that are represented here, all those who belong to the Republic – to defend the values that make up France. I say it here now: in the face of threats – and anti-Semitism and racism are included among them – there’s no room for division, polemics or one-upmanship.

 

If we succumb to the temptation to use these excesses and this behavior for political purposes, we will be lost. Fortunately, there are causes in the Republic – of which I am the guarantor - that allow us to come together in order to focus on what really matters. This is also what it means to be a French citizen and beyond the objections that must exist, the divisions that may be justified and relevant, France is united when it comes to combating racism and anti-Semitism.

 

As you recalled, Mr. Chairman, the government remains absolutely uncompromising with respect to anti-Semitic acts because these are all attacks on France. The laws are there. The temptation is always to invent others and not use those that are in effect. They must be strictly and firmly enforced by the public security authorities and by the justice system.

 

And the victims themselves must not be afraid to come forward and report all the facts. It’s up to us to help them. The Keeper of the Seals gave instructions to that end and I think that with respect to insults she knows what racism means. But even though the police are doing their work and the courts are convicting the perpetrators, the sentences that are handed down must be enforced. Avoiding a sentence is a further act of dishonesty and an incentive to continue. Some people have gone too far. Too far.

 

Let’s be quite clear: The freedom of expression, the freedom of creativity, and the freedom to demonstrate are fundamental values of the Republic, but that doesn’t give racists and anti-Semites a license to spread their views. The freedom to mock is not the freedom to hate. Again, there is a law to prevent these transgressions. It has been enforced by the minister of the interior within the limits set by the courts, in this instance the administrative courts.

 

We have demonstrated that laws do not prevent action from being taken but can enable us to intervene, including in a preventive way. Legislation, all legislation, and nothing but legislation, including legislation to ban splinter groups whose only purpose is to spread ideologies that incite discrimination, violence and hatred. That’s what we did following a tragedy that cost the life of a young student, Clément Meric. Splinter groups were blamed; we knew that these groups could be behind this type of tragedy, at least with respect to the views being spread.

 

Mr. Chairman, you mentioned the new Internet threats. Digital technology is a wonderful tool for disseminating and exchanging information, but like books in the past, it can also serve as an outlet for intolerance, insults and indoctrination. There have, unfortunately, been books that have played this role in the past. It’s therefore not the tool that’s being called into question; it’s the views that are being spread. In France and abroad, manipulators and criminals are teaching what Poliakov called the “bréviaire de la haine” (Breviary of Hate). And we’re seeing those who listen to, those who adhere to these views, these lies, and who are making themselves into proselytizers.

 

That’s the danger of the Internet: it’s the increase in, the outpouring, and spread of lies and insults to a level never seen before. Digital technology must therefore have its rules. Service providers as well as operators must comply with these rules without using extraterritoriality as an excuse. Mr. Chairman, I take note of what you have proposed. If we can combat pedophilic images, then we must also be able to combat deliberately racist and anti-Semitic messages.

 

I have therefore asked the government to make swift proposals to improve our responsiveness and ultimately our law enforcement instruments with respect to the development of cybercrime.

 

I would like to recall what happened with respect to Twitter last year. The government negotiated concrete commitments with this major company: removal of illegal content, freezing of survey data, delisting. We will act in the same way in France, in Europe and around the world in the face of the global giants in the digital sector in order to achieve this goal.

 

But France’s ambition isn’t just to use penalties. It must ensure that its prevention measures are as effective as possible. Our ambition is to be able to raise public awareness through education. That’s the goal of the secular morality that is now taught in our schools: to provide all French students with a foundation of common values that form the basis of our identity. What are the hallmarks of our identity? Respect for the individual and his dignity, his origins, his religion and his beliefs; a rejection of any form of discrimination. That is secular morality; it excludes no one, brings us all together and protects those who, by dint of their history, experience, origin or skin color, have reason to fear being looked down upon. France’s schools must remain a place where, for generations, children have learned to live with others under rules that apply to all. This lesson about life, this lesson of the Republic, must be taught as early as possible.

In 1936, education minister Jean Zay — who, as I’ve announced, will be entering the Pantheon along with Geneviève Anthonioz de Gaulle, Pierre Brossolette and Germaine Tillion next year — became the first to write a circular on religious symbols at school. Which just goes to show that we always think we’re the first to come up with something, only to find out we’ve arrived too late. Be that as it may, Jean Zay’s text was most timely, as such threats already existed at that time. He wrote: “Those who would disrupt the educational experience have no place in schools, which must remain inviolable havens where the quarrels of men do not enter.” That remains true to this day.

Our Charte de la Laïcité is a contemporary expression of that need. It is now posted and studied in all educational establishments. The minister made sure of that. We must also add it to the permanent teacher training program. All initiatives must be supported that take this line: establishing academic “Remembrance and Citizenship” guideposts to coordinate activities in schools promoting the remembrance of genocides, particularly the Holocaust and all crimes against humanity; instituting specific training units in teaching programs; and making it a priority, beginning this fall, to make fighting discrimination an educational objective.

The Education Ministry supports all of these initiatives as well. There are many I won’t mention them all. The initiative by the Union des Etudiants Juifs and SOS Racisme to fight prejudice through the CoExist program is one of them. I also want to stress what’s being done at the Academies of Lyon and Grenoble with LICRA to award a prize, the Prix Gilbert Dru, to those who have exhibited exemplary behavior in combating racism and anti-Semitism. I also want to hail the efforts of all the major philosophical and spiritual communities in our country that are striving to promote mutual understanding among the French.

A few minutes ago, you paid tribute to Father Patrick Debois. Through his family history, he discovered the tragedy of Ukrainian Jews. He worked hard to bring about the recognition of the “Holocaust by Bullets.” It’s very important to know exactly when a genocide begins and how it reaches the point of extermination camps. Father Desbois is now director of the National Commission for Relations with Judaism at the Bishops’ Conference. I want to hail the interreligious dialogue, which does not seek to erase the difference between faiths but to oppose all those who exploit them.

Fanaticism is not a religion. It subverts religion. It was fanaticism, not Islam, that guided the murderous hand of Merah in Toulouse and Montauban, when he slaughtered Jonathan, Gabriel, Arie, Myriam, Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad and Abel Chennouf—four Jews, three Muslims, seven French. And an equal number of attacks on the Republic’s most symbolic institutions: school and the army.

Last week, the CRIF in Toulouse paid tribute to Latifa Ibn Ziaten, Imad’s mother. I too want to praise her courageous battle, of which I am aware, and that of all those who are actively promoting Jewish-Muslim friendship, with the support of the highest authorities of the Muslim faith, who are represented here this evening. I want to thank them for their commitment to tolerance and peace.

Ladies and Gentlemen, 2014 will be marked by two major commemorations: the centenary of World War I and the 70th anniversary of the Liberation of our country. I want to make them occasions in which our fellow citizens come together, occasions of remembrance for all.

That is why I paid tribute to Muslim soldiers at Paris’s Grand Mosque on January 18. At Mont-Valérien, on February 21, I paid tribute to the Manouchian group and hailed the initiative taken by Robert Badinter to have the names of the 1,010 people executed there engraved on a bell at Mont-Valérien. Naming the dead to engage the public, that’s the meaning of these monuments. At Yad Vashem in Jerusalem, which I visited, on the Wall of Names and the Wall of the Righteous in Paris and so many other places… so that nothing is forgotten, misrepresented, transformed or concealed, and we are reminded each day of our duty.

What do we demand? To know. To know everything. Where we come from, the ordeals our country experienced to be free today. To be aware of all past tragedies in order to better prevent them. To know history, yes, to know history, to acknowledge our responsibility to write it ourselves.

I know you are particularly dedicated to remembrance. To remembrance here in France, and to remembering the relationship between France’s Jews and Israel. I understand your ties to Israel. Israel, for the Jews of France and for those worldwide, represents first and foremost a nation of refuge. It is said—and it’s true—that it was by watching the public degradation of Dreyfus in the Cour des Invalides in 1895, and the spectacle of defiled innocence, that Theodore Herzl concluded that the Jews could only be guaranteed a free and dignified existence the day they had a homeland.

Israel, for the Jews, is also the realization of a hope. A very old hope, as ancient as Judaism itself. The relationship that French Jews have with Israel is made up of multiple ties—human, intimate, personal, familial, professional… Yet that solidarity never distances you from your motherland. It draws you closer, given that you so strongly expect France to play a useful role in the world, and particularly in the Middle East. That was the purpose of my visit to Israel and Palestine. I was accompanied by a CRIF delegation. You accompanied me to both Israel and Palestine. Tonight I would like to thank you for that.

At the Knesset, I spoke candidly and freely. I reiterated France’s position: two states for two peoples, the State of Israel and the State of Palestine, both with Jerusalem as their capital, coexisting in peace and security. We need a solution that will bring an end to all demands and settle this conflict once and for all. But that agreement will be meaningless unless Israel’s security is strengthened and all new threats are eliminated. Those are the words I used with both Benjamin Netanyahu, who gave me a very warm welcome, and Mahmoud Abbas, who was very attentive to the position of France, which he already knows.

Without recognizing the other party, there cannot be peace. That is the essence of what we must seek, as the Americans have also emphasized. Even as we speak, Israelis and Palestinians are seeking peace. The continuation of negotiations — for that is now the challenge — represents a decisive opportunity. Any failure would further aggravate the situation in the region and thereby threaten the State of Israel.

Now, the Middle East is already profoundly destabilized by the Syria crisis. You might say, “The destruction of chemical weapons has already begun.” And yet! The Geneva Conference was a failure, it led nowhere. During that time, there was one massacre after another. And in an atmosphere of general indifference, that only France intends to break.

While refugees are crowding into Jordan, Turkey and Lebanon, with the risk of a widespread conflagration, tomorrow, Foreign Minister Laurent Fabius and I will welcome the International Support Group for Lebanon, to preserve that country’s unity and integrity and provide it with humanitarian assistance. As it happens, both the U.S. secretary of state and the Russian foreign affairs minister will also be here. We won’t only talk about Lebanon. But if we could also talk about Lebanon and Ukraine, that alone would make this initiative worthwhile.

I am thinking about Lebanon because it is a country that’s dear to France and a country that must absolutely be kept out of this conflict. I am aware of the forces that are working to undermine its stability. We are deeply concerned by what is going on in Syria. As you mentioned, Mr. President, 700 French citizens or residents are now involved, coopted by jihadist groups. Sometimes they are killed—that’s what happened recently—or return home, with all the risks that implies for our own security.

The interior minister has been particularly active in dissuading all these potential jihadis who could not only lose their lives but, at some point, place ours at risk. Let me remind you that two members of the cell that attacked the kosher grocery store in September 2012 in Sarcelles have been arrested. They had been in Syria. The links have been established.

You can’t talk about Syria without talking about Iran, which bears such an enormous responsibility in the war that Bashar al-Assad is conducting against his own people. Vis-à-vis Iran, France will not be satisfied with words, but wants to see actions, as it clearly demonstrated on the nuclear issue. This is a topic of major concern, not just for Israel, but for the entire region and for world peace. That’s why France did everything it could to ensure that the interim agreement with Iran was both solid and credible. But the hardest is yet to come. France’s position is that a final agreement must provide guarantees for Israel and the rest of the world that Iran will never—and I mean never—have nuclear weapons.

This, Ladies and Gentlemen, is what I came to speak to you about: the concern of the entire government over the climate I described, the efforts we are taking to combat anti-Semitism and racism, to prevent it and to punish it. I also wanted to convey France’s position on a certain number of situations in the world. I mentioned Ukraine and I concluded with the situation in the Middle East, and notably Iran.

But I also want to convey a final message. The Jewish community is fully at home in France. It has given so much for our country, so much, through its talents, successes, dedication, sacrifices and most important, through the love it has always shown for France. So to all those who wonder—and some here do—about the protection the Republic can offer, about France’s love for all its citizens and in particular the Jews of France, I want to reaffirm that our country will be worthy of the hope you place in it. Because France needs you, because France needs everyone, because France must succeed thanks to you. Thank you.


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