A l'Elysée

Dîner d’Etat en l’honneur de M. Bronislaw KOMOROWSKI, président de la République de Pologne

07 Mai 2013

Lieu : Paris, France

Rubrique : Europe, International, développement et francophonie

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Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du toast

Toast du président de la République à l'occasion du dîner d'Etat avec le président de la République de Pologne

Monsieur le Président de la République,

Madame,

Je vous accueille ce soir avec grand plaisir, en présence du Premier ministre, du Président de l’Assemblée nationale, des ministres et de nombreuses personnalités. Votre venue intervient moins de six mois après mon premier déplacement officiel à Varsovie, au cours duquel j’ai eu le privilège de m’exprimer au nom de la France devant le parlement polonais.

Votre présence aujourd’hui à Paris démontre la qualité exceptionnelle des relations entre nos deux pays.

Cette amitié entre la Pologne et la France plonge loin dans notre histoire.

Je n’oublie pas qu’Henri de Valois fut élu roi de Pologne et régna deux ans avant de devenir Henri III de France.

Plus tard, les philosophes des Lumières réveilleront les espoirs de liberté en Pologne ; la Révolution française les galvanisera. Mais c’est la Grande Diète, avant la France, qui adopta la première constitution d'Europe.

Napoléon fut pour la Pologne un libérateur « Bonaparte nous a donné l'exemple, comment nous devons vaincre », dit votre hymne national.

C’est Napoléon qui signa le traité de Tilsitt, permettant de créer le duché de Varsovie que Poniatowski défendit si bien qu’il fut fait maréchal de France en 1813.

La révolution en France de juillet 1830 déclencha l’insurrection à Varsovie. Et c’est à cette époque que Paris devint la capitale des artistes polonais et accueillit notamment Frédéric Chopin.

La première guerre mondiale réunit sous la même bannière Polonais et Français. Et durant la seconde guerre, nos forces combattirent ensemble la barbarie nazie.

Nous commémorerons, demain matin, au pied de l’Arc de Triomphe cette victoire.

La présence d’un détachement des forces armées polonaises rappellera aussi la fraternité qui lie nos deux nations.

Elle eut l’occasion de se manifester durant les années 80 dans le soutien apporté par de très nombreux Français à Solidarnosc. Je n’oublie pas non plus les solidarités humaines.

Aujourd’hui en France plus d’un million de Polonais ou de descendants de Polonais enrichissent la France par leur talent, leur travail.

Certains ici peuvent en témoigner, qu’il s’agisse de politique, d’économie, de sport, de cinéma, de théâtre, de musique, de littérature.

Monsieur le Président,

Vous avez souhaité vous rendre au Panthéon, ce monument que la République française consacre à la mémoire de ses Grands hommes. Parmi eux, se trouve une « Grande femme » Marie Curie, née Maria Skłodowska dont le parcours scientifique a commencé en Pologne et qui a poursuivi en France le combat contre la « nature difficile qu'il faut vaincre ».

Vous avez également tenu à saluer la mémoire de deux autres grands noms de l’histoire française et européenne du XXe siècle, Jean Moulin et Jean Monnet.

Ils doivent nous inspirer aujourd’hui pour mener à bien les tâches qui nous incombent, et tout d’abord pour consolider cette Europe que la France a participé à fonder, et la Pologne contribué à unifier.

Unir nos forces pour sortir de la crise, répondre aux doutes qui s’expriment et retrouver la croissance et l’emploi.

La Pologne a vocation à être une grande économie de la zone euro ; et la France fera tout pour que vous puissiez la rejoindre quand vous en aurez pris la décision.

Nous devons également proposer de nouvelles initiatives. Je pense à une politique commune de l’énergie, et à des grands projets de recherche.

Enfin, l’Europe, c’est aussi la sécurité et la défense.

Elle doit se doter des mécanismes qui lui permettent d’agir efficacement hors de ses frontières, là où se concentrent les menaces qui pèsent sur elle.

C’est conscient de cet enjeu que nos deux ministres de la défense ont signé la lettre d’intention qui encadrera pour les années à venir notre coopération.

Nous devons y associer d’autres partenaires. Je pense au Triangle de Weimar, mais aussi aux trois autres pays membres du groupe de Visegrad.

Monsieur le Président,

C’est à la Pologne, confiante dans son destin, à la Pologne passionnée par l’idée européenne, à la Pologne si proche de la France que je lève mon verre.


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