Déplacement en France

Déplacement en Côte-d’Or

11 Mars 2013

Lieu : Dijon, France

Rubrique : Agriculture, mer et pêche, Economie, finances et industrie, Egalité des territoires, logement et transports, Emploi et travail, Nation, institutions et réforme de l'État

Type de contenu : VidéoLes moments forts en vidéo

Type de contenu : Communiqué de presseLe programme

Déplacement en Côte-d’Or, les 11 et 12 mars 2013

M. François HOLLANDE, président de la République, se rendra en Côte-d’Or, les 11 et 12 mars 2013.

PROGRAMME

Lundi 11 mars 2013

14H00 Arrivée du président de la République à Dijon

  • visite du quartier des « Grésilles »
  • signature de contrats « Emplois d'avenir »
  • rencontre avec des jeunes

16H15 Visite de l’entreprise de biotechnologie ONCO DESIGN

18H30 Rencontre avec les services déconcentrés de l'Etat à la Préfecture de la Région Bourgogne et de la Côte-d'Or

 

Mardi 12 mars 2013

09H00 Visite des laboratoires URGO

11H00 Discours aux « forces vives » à la Mairie de Dijon

14H30 Rencontre avec les élus du pays de l'Auxois-Morvan à la salle des fêtes de Sombernon

16H45 Rencontre avec des habitants et des élus à Venarey les Laumes

La première journée

Type de contenu : InterviewL'interview du président dans le Bien public

Interview du président de la République dans le Bien public : « Mobiliser les forces vives du pays »

1. Monsieur le président, pourquoi avoir choisi Dijon et la Côte-d’Or pour inaugurer cette nouvelle forme de visite des territoires français ?

 

« Il y a un an, jour pour jour, j’étais à Dijon comme candidat pour exprimer ma vision de la République et ma confiance dans la vitalité de nos territoires.

 

J’y reviens aujourd’hui comme président pour lancer un appel à la mobilisation des forces vives de notre pays. Pour retrouver la croissance, rétablir les comptes publics et lutter contre le chômage.

 

Depuis 10 mois, l’Etat a pris ses responsabilités avec le pacte de compétitivité, la BPI, les « contrats de génération », les « emplois d’avenir » pour les jeunes…

 

Les partenaires sociaux, également, avec l’accord sur la sécurisation de l’emploi qui sera prochainement transposé par le Parlement et qui donnera plus de stabilité aux salariés et de souplesse aux entreprises. Enfin, je sais que les collectivités locales, qui assurent les trois quarts de l’investissement public, sont conscientes de leur rôle dans l’économie.

 

J’en ferai le constat à Dijon, une agglomération qui a fait le choix de la haute technologie, de la solidarité et du développement durable. Et en Côte-d’Or, un département qui fait de sa ruralité une force et de son agriculture une référence d’excellence. »

 

2. Comprenez-vous l’obstination de votre ami François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon, sur la question du cumul des mandats ?

 

« La limitation du cumul des mandats est un engagement que j’ai pris devant les Français. Il sera tenu dans le quinquennat. C’est une réforme nécessaire pour renforcer l’autorité du Parlement et faire accéder aux responsabilités une nouvelle génération d’élus. François Rebsamen souhaite que les parlementaires conservent un lien avec le territoire qu’ils représentent. J’en suis moi-même convaincu. C’est pourquoi, ils pourront continuer à exercer un mandat local mais n’auront plus de responsabilité exécutive. Cette réforme est attendue depuis longtemps. Elle marquera une rupture mais dans quelques années elle apparaîtra comme une évidence ! »

 

3. Les collectivités locales se plaignent depuis quelques années déjà du désengagement financier et progressif de l’Etat. Comment les rassurer ?

 

« Depuis 10 ans, les collectivités locales ont été mises à rude épreuve par des transferts de compétences insuffisamment compensés, par des réformes qui les ont privées de leur autonomie fiscale et par un retrait continu de la présence de l’Etat. C’est pourquoi le gouvernement de Jean-Marc Ayrault propose un pacte avec les collectivités locales.

 

Il est fondé sur la responsabilité : car les élus ne peuvent s’exonérer de l’effort de désendettement du pays. Partout des économies sont possibles sans remettre en cause l’efficacité ni la qualité des services publics.

 

Sur la confiance : les dotations de l’Etat aux collectivités ont été fixées donc garanties pour 3 ans. Une enveloppe de prêt à long terme de 20 milliards d’euros de la Caisse des dépôts a été dégagée, à taux privilégié, et une banque a été reconstituée à leur intention.

 

Enfin, sur la solidarité : les territoires ruraux les plus fragiles et les banlieues les plus déshéritées bénéficieront d’une redistribution en leur faveur et, dès 2013, les dotations de solidarité urbaine et de solidarité rurale ont été augmentées. »

 

4. En matière de politique de la ville et de rénovation urbaine, comment poursuivre le mouvement engagé alors que les caisses sont vides ?

 

« Je salue tous les efforts des villes françaises pour rénover les quartiers, aménager les transports publics, réhabiliter les logements.

 

En quelques années, c’est bien plus qu’une image qui a changé, c’est la vie de nos concitoyens.

 

Aujourd’hui, priorité doit être donnée à la construction de logements. J’ai forcé les administrations, grâce à la loi Duflot, à céder gratuitement des terrains aux collectivités et aux bailleurs sociaux pour des programmes d’habitats.

 

J’ai veillé au rétablissement des aides aux transports collectifs pour désenclaver des quartiers et j’ai permis, grâce au relèvement du plafond du livret A, qu’une part de l’épargne collectée soit orientée vers la rénovation urbaine.

 

Mais la politique de la ville ne peut se réduire à la rénovation du bâti et aux équipements publics. Elle doit concerner l’emploi, l’éducation, la santé, la sécurité, la culture.

 

Un nouveau « contrat de ville » permettra, désormais, à toutes les parties prenantes – Etat, collectivités, régions, départements, services publics (caisses d’allocations familiales, rectorats, pôle emploi…) – de définir un « projet de territoire » avec des financements qui seront garantis. »

 

5. La réforme des territoires. Comment faut-il articuler le travail des Départements et des agglomérations ? L’exemple de Lyon est-il à suivre et n’avez-vous pas peur de donner trop de pouvoir aux villes, au détriment des zones rurales ?

 

« Le projet de loi sur la décentralisation a pour objectif de donner à nos territoires les moyens et les leviers de parvenir à un aménagement harmonieux de notre pays.

 

Avec de grandes cités européennes (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg…) pour renforcer l’attractivité de la France à l’échelle mondiale ; avec des métropoles dynamiques et solidaires pour disposer de grands équipements universitaires, culturels et sportifs ; avec des régions chefs de file dans le domaine de l’économie et des infrastructures. Mais, aussi, avec des départements assurant la cohésion sociale et territoriale. Car la ruralité est un atout pour notre pays.

 

Pour y parvenir, il convient de clarifier les compétences, de coordonner les politiques, de simplifier les procédures et de repenser les financements.

 

Tout doit être fait pour supprimer les doublons coûteux, les concurrences inutiles, les superpositions incompréhensibles. Et les élus doivent pouvoir disposer de nouvelles libertés pour définir les nouvelles frontières de leur action.

 

C’est l’exemple de Lyon où la ville et le département vont fusionner sur l’espace de l’agglomération. Rien ne doit être interdit dès lors que le service public peut être encore mieux assuré. »

 

6. A propos des zones rurales toujours, comment lutter contre les déserts médicaux ? Et pour le maintien voire parfois, le retour des services de proximité ?

 

« J’ai été maire de Tulle et président du conseil général de la Corrèze. Je connais les inquiétudes des habitants des zones rurales.

 

L’accès de tous à la santé est un droit fondamental. Contre les déserts médicaux, des mesures fortes ont été prises : les praticiens sont incités par une aide financière mensuelle à s’installer sur les territoires les plus fragiles. Et la création des maisons de santé est encouragée pour permettre aux professionnels de travailler en équipe, dans des locaux partagés.

 

Enfin, l’hôpital public, en liaison avec les médecins de ville, doit assurer l’accueil en urgence dans un délai qui ne peut pas excéder 30 minutes.

 

Le gouvernement va proposer aux collectivités de réunir les services de proximité sur certains lieux : Pôle emploi, les caisses vieillesse, maladie, familiales, la Poste mais aussi des services privés, indispensables à la vie quotidienne.

 

Pour les citoyens, une seule porte à pousser pour obtenir un renseignement, un rendez-vous, une prestation, un service à distance. »

 

7. Comment expliquez-vous le fait que les maires des petites communes, sont de plus en plus désabusés, et parfois même, démotivés ?

 

« Les maires sont aux avant-postes de la République, en prise directe avec ce que vivent leurs concitoyens, leurs difficultés, leurs sollicitations, leurs impatiences. Les maires des communes rurales se sentent plus exposés encore, faute de ressources. Ils sont légitimement lassés des contraintes de toute sorte qui pèsent sur eux. Les règles sont trop nombreuses, trop complexes, trop coûteuses. J’ai pris l’engagement de réduire, par une loi de simplification, le stock des normes existantes afin d’éviter qu’il ne se reconstitue à l’avenir. Et un peu de bon sens que diable ! Le « Dojo » d’une commune de 1 500 habitants n’a pas besoin d’un « tatami » conforme aux exigences des jeux Olympiques ! »

 

8. Vous allez visiter à Dijon des entreprises qui réussissent. Dans le même temps, la France vient de passer la barre des 10 % de chômeurs. Comment inverser cette courbe ?

 

« De 2007 à 2012, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté d’1 million. Plus de 3 millions de Français sont privés d’emploi. Et même si l’Europe est plus touchée que nous, il ne peut être question d’attendre la reprise économique. Il faut anticiper.

 

J’ai fixé l’objectif, d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. C’est difficile mais nous devons y arriver. J’y mettrai tous les moyens.

 

D’abord, pour retrouver le plus vite possible la croissance. C’est le sens du Crédit d’impôt pour la compétitivité qui permettra à toutes les entreprises, notamment les PME et les TPE, d’investir, d’embaucher, d’exporter.

 

C’est le rôle de la BPI pour encourager l’innovation, le développement des filières industrielles, la transition énergétique. C’est le principe de la réforme bancaire pour orienter l’épargne vers l’investissement productif.

 

C’est, enfin, le soutien au bâtiment qui va être amplifié dans les prochains jours.

 

Pour répondre à l’urgence, 100 000 « emplois d’avenir » pour les jeunes seront signés, d’ici la fin de l’année, avec le concours des collectivités locales et du secteur associatif. 120 000 emplois aidés seront créés. Enfin, le « contrat de génération » va monter en puissance. 75 000 seront conclus dans les 12 mois, soit autant de CDI créés pour des jeunes et autant d’emplois de seniors sauvegardés. Voilà, tout doit être fait pour gagner cette bataille ! C’est un devoir envers toutes celles et tous ceux qui sont les plus exposés aux plans sociaux, à la précarité, au chômage. »

 

9. Quelles sont vos trois plus grandes préoccupations aujourd’hui ?

 

« La lutte contre le chômage, la compétitivité de nos entreprises et le financement de nos retraites.

 

Nous parviendrons à relever ces défis à trois conditions : la justice dans la répartition des efforts, le compromis social plutôt que le conflit, et la confiance des Français dans leur avenir. C’est pourquoi j’entends les convaincre que nous sommes sur le bon chemin. »

 

10. Quels sont les trois mots que vous souhaiteriez entendre pour décrire votre début de quinquennat ?

 

« La constance. L’essentiel est d’avoir un cap et de s’y tenir.

 

L’endurance. La résistance aux humeurs, aux modes, aux pressions, aux intérêts est la meilleure façon de garder le rythme de la marche.

 

L’espérance, enfin. La France est une grande Nation qui dispose de nombreux atouts. Elle a déjà prouvé sa capacité à surmonter les épreuves par un sursaut collectif. Il en sera de même avec la crise que nous traversons.

 

La France en sortira plus robuste et plus juste. »

 

 

Interview réalisée par Jean-Philippe Guillot pour Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire et les journaux du groupe Ebra.

Type de contenu : VidéoLa déclaration en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la déclaration

Déclaration du président de la République à l'issue de la visite de l'entreprise ONCO DESIGN à Dijon

Je voulais d’abord remercier cette belle entreprise, ONCO DESIGN, de nous recevoir ici ; saluer non seulement ses dirigeants mais ses personnels qui sont à des niveaux d’excellence – à bac + 10, je ne sais pas si l’on peut faire davantage – et qui montrent qu’il y a une capacité sur nos territoires à être non seulement dans l’économie d’aujourd’hui mais dans l’économie de demain. Ce que je voulais ici, dans ce déplacement en Côte d’or et à Dijon aujourd’hui, c’est montrer que la France avance, que la France peut gagner et peut réussir.

Nous l’avons d’ailleurs vu de nos propres yeux dans ce quartier des Grésilles qui – il y a quelques années – était regardé comme en difficulté, comme en pauvreté, comme en abandon et qui aujourd’hui est un modèle pour la politique de la ville à l’échelle nationale. Avec un habitat diversifié, avec une qualité de l’aménagement public, avec un tramway, bref avec ce qu’une ville et une agglomération, aidées par une région, peuvent être capables de faire dès lors que l’Etat est aussi au rendez-vous.

Et puis là, dans cette entreprise, j’ai annoncé qu’il y aurait 13,5 millions d’euros de soutien à une initiative prise par de nombreuses entreprises innovantes, dans le domaine de l’économie du vivant, de la santé, pour avoir le plus haut niveau de performance, pour trouver les médicaments de demain, ceux qui vont permettre de soigner, notamment mais pas seulement, le cancer, cette terrible maladie. Là encore, la France peut être en avance. Là encore, la France avance.

Il y a la question de l’emploi qui est, pour moi, la première priorité. L’emploi, c’est d’abord celui des jeunes. J’ai signé plusieurs contrats « emplois d’avenir » pour des jeunes qui étaient sans qualification, qui n’étaient pas à bac + 10 mais quelques fois à bac – 3 et qui se demandaient s’ils avaient encore un avenir. Dès lors que des collectivités, des associations et aussi des entreprises ont pu leur donner main forte et dire à ces jeunes qu’ils pouvaient être utiles, nous pourrons atteindre ces 100 000 contrats « emplois d’avenir » que je veux pour la fin de l’année.

Mais à côté de ces emplois que je veux pour les jeunes les moins qualifiés, il y a aussi ces emplois pour les personnes les plus qualifiées et qui doivent permettre que l’économie française soit la meilleure du monde dans un certain nombre de filières et notamment la filière de la santé. Si bien que dans cette ville de Dijon, nous avons les deux bouts de la chaîne : des emplois pour les jeunes qui sont les plus frappés par le chômage ; et les emplois de ceux qui vont permettre à l’économie française d’être au plus haut niveau de la performance.

Je viens donc, dans ce déplacement, pour constater ce qui marche, ce qui avance ; pour entendre aussi les impatiences, les interrogations et les inquiétudes – j’en ai eu à plusieurs reprises l’illustration – de ces femmes qui s’inquiètent pour leurs enfants, de ces personnes qui veulent que leur logement soit réhabilité, de ces retraités qui veulent que leurs pensions soient préservées. J’entends tout cela et c’est pourquoi, je pense qu’il n’y a pas de plus grande priorité que la lutte contre le chômage. C’est ce qui fait qu’un pays prend confiance en lui-même ou, au contraire, trouve parfois des occasions de désespérance.

La France doit espérer, la France doit avancer, la France doit gagner. Nous aurons besoin du concours de tous, de toutes les générations, de toutes les entreprises, de toutes les collectivités, bref de tout ce qui fait la force de la France. Ma présence ici, c’est un appel à la mobilisation. Il y a, c’est normal compte tenu de ce qui est la crise, des angoisses, parfois des doutes. J’ai le devoir de les lever. Non pas pour porter des paroles apaisantes, mais pour porter des paroles de confiance.

La France, c’est un grand pays. J’en ai eu encore l’illustration, aujourd’hui, à travers votre entreprise, à travers cette fédération de forces que vous avez été capable de constituer avec les plus grands laboratoires de belles entreprises françaises. Et puis cette vitalité de la jeunesse ! La France est un pays jeune, cela lui donne des droits mais cela lui impose des devoirs. Quand il y a une jeunesse ardente, il faut être capable de lui répondre.

Ici à Dijon, il y a des politiques qui sont en cours de réussite. Je voulais les accompagner, montrer ce qui avance, ce qui marche, entendre les impatiences et montrer que la politique du gouvernement de Jean-Marc AYRAULT a des instruments qui nous permettront, à la fin de l’année, d’atteindre nos objectifs. Je le rappelle, le premier, c’est d’inverser la courbe du chômage. C’est difficile, c’est dur, c’est comme pour le mur d’escalade, on regarde, on est en bas, il faut arriver en haut… Eh bien on va grimper, étape par étape, et on va réussir à aller jusqu’au bout, avec vous ! Merci.

Type de contenu : Album photosLes photos

Deuxième journée

Type de contenu : VidéoLe discours à la Mairie de Dijon en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Discours du président de la République aux « forces vives » à l’hôtel de Ville de Dijon

Monsieur le maire,

Monsieur le président du conseil régional,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants des « forces vives » de la Côte d’or,

Je veux d’abord remercier François REBSAMEN, pour les mots qu’il a prononcés et pour la médaille qu’il va me remettre. Certains s’interrogeraient : « mais pourquoi est-il à Dijon aujourd’hui ? ». Vous avez la réponse : enfin recevoir ce titre, cette distinction qui fera de moi un citoyen exceptionnel me permettant de revenir à Dijon avec la certitude d’y recevoir le meilleur accueil.

Je veux aussi saluer toutes celles et tous ceux qui, au-delà des sensibilités, sont rassemblés ici selon une belle tradition républicaine. Car un déplacement du chef de l’Etat, c’est sûrement un moyen de rencontrer la population – pas toute la population et pas aussi librement que je voudrais le faire –, mais c’est aussi un moment d’écoute et de dialogue par rapport à tant d’interpellations que beaucoup ont sur le cœur et qu’ils ne peuvent pas toujours transmettre comme ils l’entendent.

Un déplacement du chef de l’Etat dans une grande ville française, c’est également un moyen de réunir. De réunir ceux qui dans un département, dans une agglomération, agissent pour le développement, pour la réussite économique, pour la cohésion sociale.

C’est aussi un moyen de m’adresser – au-delà de vous – à tous les Français. Je m’exprime dans un moment où notre pays affronte, depuis de longues années, une crise : une crise économique, une crise financière, une crise morale même, qui est lourde, qui est éprouvante tant elle donne le sentiment de s’installer, sans répit et parfois sans lumière vers sa sortie.

Cette crise touche la zone euro plus particulièrement. Elle a même connu, en 2012, une récession. Elle frappe tous nos voisins, parfois plus lourdement que nous, mais elle nous touche aussi directement, dans toutes nos régions, dans tous nos secteurs et donc dans toutes nos familles.

Depuis 5 ans, le nombre des demandeurs d’emplois a augmenté de 1 million. 1,5 million même, si l’on prend toutes les catégories de chômeurs. Cela représente aujourd’hui 10,5% de la population active. Pour nous consoler, nous pourrions nous dire que c’est moins que dans la moyenne de l’Union européenne où le taux de chômage atteint 12 %. Mais pour nos concitoyens frappés par le chômage, de quelle utilité serait cette comparaison ?

Mon devoir, c’est donc que notre pays retrouve confiance en lui-même, en ses forces, en ses qualités, en son destin. C’est pourquoi j’ai fait – comme l’a rappelé le maire de Dijon – de la lutte contre le chômage la seule priorité qui vaille. J’ai fixé un objectif : inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année. C’est difficile, je le sais, et c’est pourquoi j’ai voulu qu’il y ait cette perspective, cet engagement. Si c’était simple, il n’y aurait qu’à laisser faire, il n’y aurait qu’à rester les bras ballants, il n’y aurait qu’à attendre je ne sais quelle reprise… Elle viendra, mais si nous voulons qu’elle porte le plus d’emplois possibles, alors nous devons anticiper. J’entends donc utiliser tous les leviers de l’action publique pour atteindre cet objectif de l’inversion de la courbe du chômage.

Nous y parviendrons à trois conditions : être lucides sur le diagnostic ; être cohérents dans la stratégie ; être rapides dans l’action.

L’exigence de vérité doit d’abord nous conduire à regarder en face l’origine fondamentale de la crise : c’est l’Europe qui connait une panne de moteur qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. En Chine, en Inde, dans les pays émergents, les taux de croissance sont supérieurs à 5 – 7% et peuvent atteindre même 10%. Aux Etats-Unis, d’où est partie la crise qui n’est pas terminée, la croissance est de 2 à 3%. En Europe, nous sommes frappés d’un mal qui tient aux dérèglements qui s’y sont produits notamment financiers, à la lenteur pour les traiter et à l’accumulation des politiques d’austérité qui ont été imposées à des Etats qui étaient en très grande difficulté.

La première bataille, qui conditionne tout le reste, c’est donc de faire en sorte que la croissance revienne.

Comment y réussir ? Nous avons fait un premier pas depuis plusieurs mois, indispensable. C’était de sortir de la crise de la zone euro, celle qui touchait des pays vulnérables, celle qui faisait qu’il y ait des taux d’intérêt insupportables, celle qui mettait le doute dans les comportements des marchés, celle qui nous rendait vulnérables à l’égard des spéculations.

Aujourd’hui, je l’ai plusieurs fois répété, et même si l’Italie connait les difficultés que l’on sait, la zone euro est maintenant dotée d’instruments de protection et de solidarité efficaces. Le problème n’est plus là. Le problème, il est maintenant dans le bon dosage entre l’ajustement budgétaire et le soutien à la croissance.

C’est ce message que je vais continuer de porter, au nom de la France, auprès des partenaires européens. Je vais le faire aussi au nom des peuples qui souffrent, qui s’interrogent et qui parfois se défient même de l’Europe. Cette Europe que nous avons voulu bâtir, que nous avons voulu faire, ce grand projet que nous avons proposé au reste du monde comme référence, nous ne devons pas la laisser se diluer, se dilapider, se défaire.

Si nous voulons qu’il y ait toujours cette foi dans la construction européenne, notre Europe doit être capable de trouver la bonne stratégie qui est de remettre – autant qu’il est nécessaire – de l’ordre dans les comptes publics et autant de croissance qu’il est possible de trouver pour lutter contre le chômage.

Le cap que j’ai fixé pour la France tient en trois points : rééquilibrer les comptes publics, redresser la production française et réduire le chômage.

Ces trois priorités fonctionnent ensemble, elles ne sont pas séparées, elles sont indissociables. Elles doivent être conduites dans le même temps. Plus tôt on rétablira les comptes publics, plus tôt la confiance reviendra. Et plus tôt nous aurons retrouvé de la croissance, plus tôt nous en finirons avec les déficits et plutôt nous pourrons baisser le chômage. C’est en définitif le même processus. Ce ne sont pas plusieurs processus, c’est la même stratégie.

Redresser les comptes, pourquoi donc ? Mais c’est une obligation financière sinon nous allons être pris par la spirale de l’endettement. C’est une obligation morale parce que nous ne pouvons pas laisser aux générations futures la charge de nos propres dépenses. Mais c’est également une obligation de souveraineté parce que la France ne doit jamais être en difficulté sur les marchés, jamais elle ne doit offrir la moindre vulnérabilité.

C’est vrai que depuis 10 mois, nous avons des taux d’intérêt qui sont au plus bas de notre histoire pour financer nos dépenses publiques. Ce qui permet d’ailleurs aux collectivités locales le même effet d’entrainement et aux entreprises, quand elles peuvent accéder elles-mêmes au crédit d’avoir des taux d’intérêt particulièrement faibles. Nous devons donc garder ce capital, c’est le cas de le dire.

L’endettement de notre pays a doublé en dix ans. Il a doublé. Il était de 900 milliards d’euros, nous sommes à 1 800 milliards. Je ne veux pas, à la fin du quinquennat, livrer un état de mon pays qui soit celui de l’endettement.

Le sérieux budgétaire a donc été engagé par le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT. En deux ans, nous aurons accompli un redressement structurel, comme dit la Cour des comptes, qui est inédit tant il est considérable.

Le déficit public, en 2011, s’élevait à un peu plus de 5% de la richesse nationale ; 4,5% fin 2012 et sans doute 3,7 % en 2013, même si nous essaierons de faire moins. La bonne stratégie économique est de rester dans cette trajectoire sans rien faire qui puisse affaiblir la croissance. C’est le sens du dialogue que j’ai engagé avec la Commission européenne pour rester dans cette trajectoire, ni plus, ni moins.

La réduction des déficits a déjà conduit les entreprises et les ménages à consentir des sacrifices importants. J’en suis conscient. Il a été beaucoup demandé aux contribuables, aux administrations. Nous l’avons fait dans la justice : les grandes entreprises ont été plus sollicitées que les petites et les moyennes ; les revenus du capital davantage prélevés que ceux du travail et les plus hauts salaires davantage que les plus petits.

Mais je sais que les augmentations d’impôts, qui ont représenté les deux tiers de l’effort, doivent être limitées. Nous avons donc à faire plus d’économies. C’est ce que nous ferons en 2014.

Ces économies ne doivent pas être abstraites, parce qu’une dépense publique – on le sait, on le vit encore en ce moment avec les intempéries qui frappent notre pays – ce sont des agents publics qui agissent, c’est un service qui est apporté à la population, c’est l’esprit même du service public. Mais est-ce que nous ne pouvons pas être encore plus rigoureux dans la gestion ? Oui, sans tomber dans l’austérité qui doit être proscrite.

Nous avons des priorités – je les ai fixées – y et il n’est pas question d’y renoncer. C’est l’éducation, c’est la jeunesse, c’est la sécurité publique, c’est l’emploi. Mais ici – et au-delà de nos sensibilités – nous sommes conscients qu’il y a des dépenses qui n’ont pas toutes la même efficacité, qu’il y a des redéploiements à faire, qu’il y a des frais généraux de l’Etat à alléger, qu’il y a des avantages fiscaux que l’on appelle des dépenses fiscales à réviser, qu’il y a des trains de vie à corriger, qu’il y a des procédés pour dépenser mieux - et quelque fois même dépenser moins.

J’ai entendu les fonctionnaires de l’Etat de ce département, me donner confirmation de ce que nous pouvons faire, pour travailler dans le meilleur esprit pour nos concitoyens sans dépenser davantage ; ou en faisant faire à nos concitoyens, entreprises comme particuliers, des économies.

De même pour les prestations sociales qui sont nécessaire, qui sont indispensables pour assurer la justice et la redistribution, là encore, il y a des évaluations à faire et des choix courageux à engager.

Je le ferai, notamment pour l’avenir de nos régimes de retraites. La réforme de 2010 était supposée assurer, pour toujours, pour toute éternité, au moins jusqu’en 2020 – c’est ce qui nous était annoncé –, l’équilibre de notre régime par répartition. Ce devait être la dernière réforme, comme hélas on avait parlé de « dernière guerre ». Non, la réalité ne se décrète pas. Aujourd’hui, qu’est-ce que nous constatons ? Que le déficit prévisionnel pour nos régimes de retraites pourrait atteindre 20 milliards d’euros à la fin de 2020 ? Comment l’accepter ? Ce serait mettre en cause ce qui fonde notre solidarité entre générations et l’avenir de nos compatriotes.

Alors chacun devra prendre ses responsabilités : l’Etat et c’est pourquoi il a confié à une commission le soin de fixer les pistes que nous devrons emprunter ; mais aussi les partenaires sociaux qui négocient d’ailleurs en ce moment même pour les régimes complémentaires. Ils seront associés à ce processus parce que, sans les partenaires sociaux, il ne peut pas y avoir pas avoir de cohésion. Nous aurons à faire ces choix dans l’année, des décisions à prendre, à la fois, pour régler les urgences financières mais aussi pour assurer une réforme structurelle de nos régimes de répartition en tenant compte de la pénibilité et en réduisant les inégalités.

L’Etat et les partenaires sociaux donc, mais aussi les collectivités locales. Je suis ici dans une agglomération avec des sénateurs très attachés à la liberté des collectivités locales, mais aussi responsables de l’avenir de leur pays. Ils savent bien que, là encore, les charges, les missions et les rôles des collectivités locales doivent évoluer. Le cadre doit être moins lourd, les niveaux d’administration ne peuvent pas se superposer – nos concitoyens ont besoin de clarté – les financements ne peuvent pas s’enchevêtrer, au point d’être illisibles y compris pour les acteurs publics. Ce sera le sens de la nouvelle loi de décentralisation dont le Parlement sera saisi avant l’été.

Je fais confiance au Sénat pour y apporter tous les aménagements nécessaires, pour bien répartir les compétences, définir les collectivités chefs de file et faire émerger les métropoles dont notre territoire a besoin. Car, les collectivités locales, c’est les trois quarts de l’investissement public. Nous avons donc besoin de ces forces-là, y compris pour assurer notre propre redressement.

Le second défi, au-delà du redressement des comptes, c’est l’investissement, c’est-à-dire la préparation de l’avenir. Pour conserver son rang, pour stimuler l’activité économique, la France doit investir. Mais elle ne peut pas le faire dans toutes les directions, elle doit avoir une stratégie, elle doit établir des priorités et c’est au président de la République de le faire.

La première priorité en ce moment, c’est la construction de logements, c’est l’activité du bâtiment parce que, là, ce sont des emplois localisables, c’est l’activité de beaucoup d’entreprises artisanales ou plus grandes. Le gouvernement arrêtera donc, d’ici la fin de ce mois, de nouvelles mesures visant à redonner confiance et surtout de la visibilité aux acteurs de ce secteur.

Je veux que nous agissions rapidement et que nous puissions alléger un certain nombre de contraintes, de dispositions juridiques notamment la durée des contentieux, la durée de la construction, la durée des procédures, et que nous puissions réduire le temps qui souvent – entre un projet et la mise en chantier – désespère un certain nombre de partenaires et d’acteurs. Nous avons à cœur – et ma visite au Quartier des « Grésilles » a été utile – de faire en sorte que les programmes de rénovation urbaine puissent être accélérés et que les logements sociaux puissent également être en nombre suffisant dans les zones où il y a des tensions.

Dans le même état d’esprit, je veux que nous prenions des mesures sur l’efficacité énergétique des bâtiments, avant tout dans le parc privé, mais aussi dans le parc social ancien, parce que pour beaucoup de nos compatriotes, la précarité énergétique n’est pas un concept. C’est, hélas, une vie quotidienne, avec tout ce que cela peut engendrer comme inquiétude, angoisse et parfois même souffrance. Là aussi, nous devrons aller vite. Le gouvernement, à la fin du mois, redéfinira les incitations financières dans le cadre d’un plan de rénovation des bâtiments existants aussi bien pour les prêts que pour les dispositifs fiscaux.

La troisième priorité, outre logement et l’efficacité énergétique, c’est le numérique, l’accès de tous au très haut débit. Là encore, de plan en plan, on avait fini par oublier l’objectif. Celui que j’ai fixé, c’est qu’en 10 ans la France puisse être à 100% couverte par le très haut débit. Pas simplement pour assurer l’égalité territoriale – c’est déjà un premier objectif – mais pour faire que nos entreprises soient placées dans la meilleure des situations en terme de compétitivité, et pour que notre territoire national puisse avoir toutes les conditions de l’attractivité.

Attirer, faire venir des entreprises partout en France ! Là aussi, l’Etat participera au financement : 20 milliards d’euros auxquels les opérateurs privés serons associés. Beaucoup passera par les collectivités locales. Il y aura des prêts de très long terme qui seront proposés. Lorsque j’avais décidé le relèvement du plafond du livret A, c’était pour le logement social mais c’était aussi pour que les collectivités locales puissent se financer au moindre coût avec des prêts qui pourront aller jusqu’à 20 ans, 25 ans, 30 ans et qui permettront à ces structures intercommunales, à ces départements ou à ces régions de pouvoir amplifier encore l’installation du très haut débit.

Mais l’investissement d’un pays, ce n’est pas seulement ce que peuvent faire l’Etat, les collectivités publiques. L’investissement, c’est aussi les entreprises, les entreprises privées. Or depuis 10 ans – et cela ne me plait pas de le dire – notre appareil productif a vu sa compétitivité se dégrader, nos parts de marché se réduire. Nous étions à 13%, de parts de marché et nous ne sommes plus qu’à 10% en Europe. Si je prends les parts de marché dans le monde, nous étions à 5% il y a 10 ans, un peu plus de 3% aujourd’hui. Nous ne pouvons pas accepter que la position de la France en Europe et dans la mondialisation puisse être dégradée ou réduite.

Je ne peux pas non plus accepter, et chacun doit le comprendre, que les marges des entreprises soient affaiblies au point qu’elles ne puissent plus investir par rapport à leurs concurrentes. J’en ai eu, une fois encore, confirmation à travers ce que m’ont dit les responsables, notamment le commissaire au Redressement productif, des difficultés que connaissent les entreprises, pourtant excellentes, pour accéder au crédit ou pour avoir une transition par rapport à une période conjoncturelle difficile.

Mais je sais aussi que nous disposons d’entreprises excellentes qui réussissent parfaitement à conquérir des marchés. J’en ai eu, là aussi, l’illustration à travers deux entreprises de l’agglomération de Dijon – ONCODESIGN hier et URGO aujourd’hui – dans le secteur, de l’économie du vivant qui est, précisément, une filière d’avenir pour l’économie française.

Conscient de ces réalités, de nos forces et de nos faiblesses, le gouvernement, suite au fameux rapport Gallois, a pris des mesures pour le pacte de compétitivité. Chacun doit s’en saisir. Il y a d’abord le crédit d’impôt recherche chaque fois salué, qui sera pérennisé sur 5 ans, élargi aux PME pour l’innovation et avec, si nous le pouvons, une modulation par rapport aux emplois qui peuvent être créés.

Il y a le crédit d’impôt compétitivité, qui lui concerne les entreprises qui ont une masse salariale, avec un allègement de 4 % en 2013, de 6% l’année prochaine pour permettre aux entreprises d’investir, d’embaucher, d’exporter – de manière à ce que ce ne soit pas un coût plus qu’un autre qui soit regardé puisque ce sera un allègement de la masse salariale. Plus l’entreprise, en réalité, embauchera, plus elle sera soutenue. Ce crédit d’impôt sera versé dès 2013 pour toutes les entreprises qui en feront la demande et des préfinancements ont été prévus par la Banque publique d’investissement. Je souhaite que cela aille, encore une fois, vite.

La Banque publique d’investissement ne pouvait être créée qu’à Dijon. Son conseil d’administration s’est donc tenu, ici même, préfigurant, j’imagine, mon déplacement. Mais cette Banque publique d’investissement doit être rapidement mise au service, avec les régions, parce qu’il ne s’agit pas de créer un guichet supplémentaire mais de rassembler au contraire ce qui existe pour que le chef d’entreprise ne puisse avoir qu’un interlocuteur.

Combien de fois me demande-t-on qu’il y ait un seul interlocuteur pour avoir l’accès au financement ? Je veux que cette Banque publique d’investissement puisse être un outil pour la production, pour l’investissement, pour l’industrie. Mais en même temps, il convient que les banques soient elles-mêmes au service de l’économie, que la finance puisse être orientée vers l’investissement productif. Comment y parvenir ?

Il y a le projet de loi bancaire que nous avons fait voter à l’Assemblée nationale et qui permet justement de distinguer les activités de crédit des activités spéculatives et de faire que les banques soient tournées vers ce qui peut être utile à l’économie. Nous avons besoin des banques à condition qu’elles puissent elles-mêmes avoir des règles qui les protègent mais en même temps qui protègent les épargnants et que l’on sache bien que les dépôts des Français puissent être affectés aux crédits vers les entreprises françaises.

De la même manière, j’évoquais le relèvement du plafond du livret A qui sert aux logements sociaux et aux collectivités locales mais aussi aux entreprises. Le livret du développement durable a vu son plafond doubler. Toutes les banques ont aujourd’hui les moyens et les ressources pour prêter davantage. Faut-il encore que nous puissions indiquer les grands secteurs dans lesquels l’économie française peut se spécialiser.

Notre commerce extérieur est en fait affecté non pas tant de problème de coût, mais de problème de spécialisation. Nos exportations ne portent pas sur les biens qui sont recherchés par les économies nouvelles. Alors nous avons retenu plusieurs de ces filières d’avenir : la transition énergétique, ce qui va transformer les modes de vie, la santé, les nouvelles technologies et en même temps renforcer nos réseaux d’excellence ; l’automobile, l’aéronautique, l’agroalimentaire, l’énergie, et je parle ici dans un département et une région où cette dimension existe.

Nous avons aussi besoin de préparer les mutations car nous sortons de la crise. Dans ces moments-là il y a forcément des transitions, des évolutions. C’est pourquoi il y a eu un accord passé par tous les partenaires sociaux et les employeurs. C’est l’accord du 11 janvier sur la sécurisation de l’emploi. La loi viendra transposer cet accord prochainement. Ce texte a une large portée, il donne des droits nouveaux aux salariés : le droit individuel à la formation, la Complémentaire santé, la représentation des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Il limite la précarité de l’emploi, il renchérit les CDD. Ce sont déjà des avancées que dans une période de crise, nul ne pouvait imaginer.

Mais c’est vrai qu’il y a une contrepartie, cet accord doit donner plus de souplesse aux entreprises et notamment permettre qu’il puisse y avoir une adaptation. Faire en sorte que l’emploi ne soit pas la variable d’ajustement, qu’il y ait une anticipation des restructurations et que les salariés ne soient pas confrontés à des plans sociaux et les entreprises à une incertitude de savoir si elles pourront éventuellement tenir dans une période de ralentissement conjoncturel. L’idée de cet accord et donc de la loi, c’est de tout faire pour préserver l’emploi et préparer les mutations nécessaires sans réduire les droits et les protections des salariés.

J’entends ceux qui s’inquiètent, il y en a toujours et nous devons être attentifs car il y a toujours la crainte qu’il puisse y avoir à l’occasion d’une mutation, d’une évolution, d’une adaptation, un recul. Mais je leur dis que le risque le plus grand aujourd’hui, c’est le statu quo, c’est l’immobilisme parce que le droit actuel ne protège personne, il n’empêche aucun plan social, il peut le faire traîner au risque d’ailleurs de sacrifier l’entreprise. Nous devons donc en terminer pour les salariés comme pour les entreprises avec des procédures interminables qui plongent les uns dans l’angoisse : « que vais-je devenir ?» et les employeurs dans l’incertitude : « que vais-je pouvoir faire ? ».

Avec des méthodes qui incitent dans ces moments-là plutôt au conflit qu’au compromis qui est indispensable, moi j’ai voulu que la démocratie sociale s’installe dans notre pays. La démocratie sociale, c’est d’encourager les accords majoritaires dans les entreprises pour procéder aux évolutions indispensables pour l’emploi.

Je vais en prendre une illustration : l’accord qui a été signé la semaine dernière pour Renault. Que préfère-t-on ? Laisser fabriquer des voitures à l’étranger, faute de compétitivité, ou bien négocier une réduction des coûts qui préserve tous les sites industriels et maintiennent les postes, ici en France ? Moi j’ai choisi, je pense que nous devons faire en sorte de garder les emplois et d’inciter à l’investissement en France. Je le fais en toute responsabilité et en pensant notamment aux jeunes, parce que c’est quand même le grand enjeu.

Un jeune sur quatre est au chômage, un chômeur sur quatre est un jeune de moins de 25 ans. Ce n’est pas simplement un problème pour le jeune, c’est aussi un drame pour ses parents, en tout cas une inquiétude, et puis un moral qui se désagrège, et puis un risque pour notre cohésion nationale – avec cette fracture générationnelle qui peut se produire, qui s’est produite, dans des pays près de nous, où le taux de chômage des jeunes dépasse 50%, où il n’y a plus possibilité de trouver une activité, où un jeune ne peut pas avoir son propre logement, son indépendance, fonder sa famille.

C’est pourquoi, j’ai voulu que nous prenions des mesures exceptionnelles pour l’emploi des jeunes. D’abord les « emplois d’avenir », pour ces 500 000 jeunes qui sont très éloignés du marché du travail : 100 000 seront créés à la fin de l’année, et chaque mois je ferai la vérification de la montée en charge de ce dispositif. Les préfets seront comptables de ce qui sera fait, mais les élus aussi. Ce serait trop simple, alors que ce dispositif est finalement pris en charge pour l’essentiel par l’Etat, même s’il peut être complété, comme c’est le cas ici en Bourgogne, par la région, que les élus quelle que soit leur sensibilité disent « : « mais nous, on a trop de difficultés en ce moment ! ».

Mais la pire des difficultés, c’est de laisser des jeunes au chômage. Je lance donc cet appel aux collectivités locales, aux associations, y compris aux entreprises privées qui peuvent être éligibles au dispositif : « faites confiance aux jeunes, parce que vous permettrez à la confiance dans le pays de revenir ! »

Mais il n’y a pas que les « emplois d’avenir », il y aussi les contrats de génération. Le contrat de génération, belle idée ! Elle a enfin trouvé sa traduction : un accord unanime des partenaires sociaux, une loi votée à la quasi-unanimité – encore qu’il y a toujours des récalcitrants – qui va aujourd’hui être mise en œuvre avec les entreprises avec ce double avantage : permettre à des séniors de rester dans l’emploi et à des jeunes de rentrer avec un contrat à durée indéterminée, et permettre à l’employeur d’avoir une prime qui lui offre un allègement du coût du travail. Quand on ajoute l’avantage donné par le contrat de génération et le crédit compétitivité, c’est 25% du coût salarial complet, pour un jeune, qui est ainsi allégé pour l’entreprise

Je fais appel, malgré les difficultés actuelles, aux chefs d’entreprises, aux employeurs pour qu’ils recourent massivement à ces contrats de génération, pour en faire 80 000 d’ici la fin de l’année, et peut-être davantage. 80 000 cela veut dire autant de jeunes que de séniors, qui se verront ainsi sécurisés.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j’étais venu vous dire à Dijon, un message de mobilisation, un appel à surmonter les épreuves. Des épreuves, notre pays en a connues de bien plus difficiles, éprouvantes, lourdes. Chaque fois, la France a été capable de relever le défi.

Aujourd’hui, quel est notre défi ? C’est de mettre notre pays dans la meilleure des situations dans la mondialisation, de lui permettre de prendre conscience que son destin est celui d’une nation qui avance, que nous sommes un grands pays, respecté dans le monde, regardé comme une puissance capable, au nom de la communauté internationale, de lutter contre le terrorisme au Mali. Si nous ne l’avions pas fait, nul ne l’aurait fait. Nous sommes un pays qui compte en Europe – ce qui nous confère des responsabilités –, qui pèse dans le monde, qui est regardé aussi par rapport à ses valeurs, à ses principes que nous portons, à la culture qui est la nôtre, à notre patrimoine, à notre histoire, mais aussi à notre avenir.

Nous devons donc par la confiance retrouvée, non pas simplement dans ceux qui le dirigent, mais dans le pays lui-même, surmonter l’épreuve. C’est vrai que la crise, que nous avons traversée a été rude – je parle déjà au passé composé, presque à l’imparfait… Pourquoi ? Parce que nous devons en sortir, parce qu’il n’y a rien d’inéluctable, parce que si nous menons la bonne politique en Europe, mais surtout en France, nous pourrons atteindre nos objectifs. Mais pour cela la France doit agir, et c’est le sens des décisions que j’ai prises, pour la compétitivité, pour le financement de l’économie, pour le marché du travail, pour les filières industrielles, pour l’emploi des jeunes, pour le rétablissement de comptes. Je ne suis pas sûr que des gouvernements, même en 10 ans, aient pu faire autant que nous en 10 mois. Mais on juge une politique à la fin, à ses résultats et je demande à être jugé en fonction de ces résultats.

Mais pour cela nous devons lever 3 blocages, qui existent dans notre pays. J’en ai encore fait le constat ici, à l’occasion de ce déplacement qui a été utile. Le premier blocage, c’est la lenteur, à laquelle trop de monde s’habitue partout. Nous devrons aller beaucoup plus vite, dans la mise en œuvre de toutes les décisions. Cela vaut pour tous les secteurs : l’administration, les banques, les décideurs publics.

Depuis longtemps, je me suis fait cette réflexion, mais j’en ai trouvé maintenant la traduction. Nous cherchons la croissance, nous devons la trouver par, je l’ai dit, une politique globale qui porte aussi bien sur l’offre productive que sur la demande et sur une stratégie coordonnée au niveau européen. Nous cherchons la croissance, mais une manière de la trouver cette croissance, c’est de faire que le projet qui était prévu l’année prochaine se fasse dès aujourd’hui.

Mais on me dira : « qu’est ce qui va se passer l’année prochaine ? » Eh bien, ce sera le même raisonnement : ce qui devait se faire plus tard pourra se faire tout de suite. Ce n’est pas simplement un problème de finances – ils existent quand on sait les mobiliser – ç’est un problème d’état d’esprit. Tout ce qui peut donc être fait au niveau de l’administration, au niveau des financeurs, au niveau des entreprises, pour anticiper, c’est une croissance de gagner ! La bataille contre la lenteur c’est une bataille pour la croissance.

Le second blocage, c’est la lourdeur des procédures. Nous sommes champions, en France, de la norme, du contrôle. Dans le meilleur des sens d’ailleurs, pour essayer qu’il n’y ait pas de fautes, qu’il n’y ait pas de mise en cause de notre santé, ce qui est quand même un bon principe, de notre environnement, des règles sociales. Toutes choses excellentes mais qui, accumulées, deviennent impossibles. Il doit donc y avoir, sans remettre en cause la qualité du service public et la protection de nos concitoyens, des possibilités, je le disais, de réduire, d’alléger et de faire en sorte que nous puissions être plus efficaces. C’est pourquoi je proposerai une loi qui permette par des moyens exceptionnels, prévus d’ailleurs par la Constitution, d’alléger des normes et de raccourcir les délais.

Enfin, il y a un troisième blocage qui lui est plus psychologique et qu’aucune loi ne peut lever, aucun décret ne peut abroger. Ce blocage, c’est la torpeur, c’est celui qui saisit les esprits à un moment, dans une crise, et aussi un certain nombre de nos concitoyens qui pensent que cela devient trop dur, que c’est trop difficile, que la France n’a plus de place, qu’elle n’a plus d’avenir, parce qu’ils vivent eux-mêmes un déclassement. Ils pensent que l’on peut se recroqueviller, se barricader, se retrancher dans des frontières, éliminer l’euro, éliminer la mondialisation, comme cela d’un trait de plume, éliminer le chômage aussi.

On peut également trouver des adversaires, des cibles et chercher un bouc émissaire. Cela existe dans tous les pays d’Europe. J’ai retrouvé une belle phrase de ROOSEVELT qui affrontait une crise, celle de 1929, d’une autre ampleur. Il disait à ses compatriotes : « ce que nous devons craindre le plus, c’est la peur ». Encore aujourd’hui, nous devons donner espoir, donner confiance, je le disais aux entreprises que j’ai rencontrées, aux salariés comme aux dirigeants, mais je le dit aussi à tous nos concitoyens : un Etat fort, c’est un Etat simple ; un Etat puissant, c’est un Etat rapide ; un Etat efficace, c’est un Etat qui fait confiance et qui inspire confiance.

C’est cette conception-là de l’Etat qui doit jouer tout son rôle. Mais en changeant ses méthodes, ses procédures et ses approches, nous pourrons avoir nous-mêmes la responsabilité de cette sortie de crise. Le chemin que je propose, c’est celui qui permet d’avancer, d’avancer en respectant à la fois, l’équité et la compétitivité, la solidarité et l’efficacité.

C’est ainsi que nous marcherons ensemble, sans écarter quiconque, sans laisser personne de côté. En venant à Dijon, je suis sur ce chemin, et après Dijon, car il y aura forcément une vie après Dijon, même avec la médaille, il nous faudra forcer d’allure pour atteindre la bonne direction. Merci.

 

 

Type de contenu : VidéoLe discours à Sombernon en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Discours du président de la République aux élus de l'Auxois

Monsieur le maire,

Je veux d’abord vous remercier pour votre accueil, l’accueil d’un Républicain, l’accueil d’un agriculteur, l’accueil d’un élu rural attaché à son territoire et qui veut le faire vivre.

Je suis ici en Bourgogne, la région présidée par François PATRIAT qui montre sa capacité, à la fois, à développer des agglomérations – celle de Dijon – mais aussi à faire vivre l’ensemble de son territoire.

Je vous retrouve ici, élus du pays d’Auxois-Morvan, une terre que François MITTERRAND considérait comme étant le cœur de la Bourgogne. Je n’ose pas dire la capitale ! Je viens d’apprendre que je succède ici, à Sombernon, au Président GISCARD d’ESTAING. Cette terre est donc celle d’une France qui a compté dans notre histoire et qui comptera encore dans son avenir.

Parce que la ruralité – je suis l’un de ceux qui a eu, comme élu, à la défendre – est à la fois, notre histoire et notre avenir. C’est notre histoire parce que c’est dans la ruralité que la France s’est fondée avec son agriculture, sa production, ses paysages, ses traditions. Mais la ruralité, c’est aussi un facteur de confiance en l’avenir parce que c’est dans les territoires ruraux que nous pourrons trouver les leviers de notre propre développement. A condition de valoriser tous nos atouts, et il y en a de nombreux dans ces territoires.

La France a cette particularité en Europe – j’allais dire presque cette exception – d’avoir une natalité particulièrement dynamique – nous avons le taux de fécondité le plus élevé d’Europe – et en même temps d’avoir une densité de population, sur le territoire, la plus harmonieuse d’Europe. Nous avons, à la fois, la capacité de continuer à croître, au niveau de notre population : à l’horizon 2030, il y aura 70 millions de Français ; et nous avons aussi la possibilité de faire vivre cette population de manière équilibrée sur le territoire, à la condition que nous ayons une vraie politique d’aménagement et que la ruralité puisse être pleinement utilisée.

Je crois à la ruralité parce qu’elle permet de préserver la diversité de nos régions, de nos productions, de nos cultures et notre agriculture. La ruralité, même pour des Français urbains, c’est aussi une référence. Les Français de nos villes, soit veulent connaître leurs racines et les retrouvent dans nos territoires ruraux ; soit n’ayant pas de racines, veulent les planter quelque part, y compris dans les territoires ruraux.

Malgré tous ces enjeux, je n’ignore rien des interrogations qui sont les vôtres. Ces interrogations, ces préoccupations sont nombreuses. Il y a d’abord l’avenir même de nos collectivités : la commune, le département. Mais il y a aussi la présence des services publics : l’école, la santé. La fracture numérique qui risque de se produire si nous n’équipons pas convenablement nos territoires. Et enfin les questions posées sur l’avenir même de l’agriculture et notamment l’élevage.

A toutes ces questions, je veux répondre dans mon propos initial comme à travers des interpellations qui seront les vôtres.

La première question à laquelle je veux répondre, c’est : « pourquoi une nouvelle loi de décentralisation ? » S’agit-il de transférer de nouvelles compétences ? Sûrement. S’agit-il de transférer des responsabilités aux collectivités ? Pas nécessairement, si elles ne doivent pas être compensées financièrement. S’agit-il de compliquer encore la carte territoriale ? Sûrement pas, dès lors qu’il y a suffisamment d’échelons.

Alors, quel est l’objectif ? C’est de clarifier, de simplifier et d’organiser.

D’abord il s’agit de dire qui va faire quoi dans les territoires de demain.

La région doit élargir ses compétences à tout le développement économique, à l’innovation, à l’emploi, à la formation professionnelle et aux transports. Le département doit garder sa fonction de solidarité : solidarité territoriale entre communes et entre intercommunalités, solidarité sociale à travers un certain nombre de prestations, solidarité générationnelle parce que c’est sur les départements que repose, aujourd’hui, une bonne part du financement de la dépendance.

Les intercommunalités sont des périmètres de projet et doivent être renforcées. Après une procédure qui a été un peu chahutée, les préfets ont établi les cartes des intercommunalités et elles doivent maintenant être appliquées. Les intercommunalités doivent recevoir la capacité de fixer les Plans locaux d’urbanisme, de bien maîtriser l’espace. Même si les maires doivent garder la délivrance des permis de construire.

Nous avons donc, dans cette nouvelle loi de décentralisation, une donne qui va être simplifiée et qui va permettre, à chaque niveau de collectivité, de bien savoir ce qu’il a à faire ; et à chacun de nos concitoyens de bien comprendre qui est responsable de quoi.

Nous aurons aussi à reconnaître le fait métropolitain, c’est-à-dire le fait qu’il y a dans notre pays des agglomérations qui doivent jouer tout leur rôle. Je vous l’ai dit, j’ai été maire d’une commune de taille modeste, même si elle a une grande ambition ; j’ai été président d’un Conseil général, la Corrèze, considéré comme rural. Mais je n’ai jamais voulu opposer les agglomérations aux territoires ruraux. Je ne me suis jamais laissé aller à cette simplification pour opposer les uns et les autres.

Parce que s’il n’y a pas d’agglomérations, il n’y a pas d’espaces qui puissent être convenablement irrigués sur le plan économique et sur le plan des grandes infrastructures. Mais si les agglomérations aspirent l’espace rural, alors il en est terminé de notre espoir d’un territoire équilibré.

Nous avons donc à reconnaître le fait métropolitain et, dans le même temps, à permettre à la ruralité de pouvoir disposer des mêmes accès aux services que dans les grandes villes. C’est tout l’enjeu de l’aménagement de notre territoire. C’est ce que devra faire également la loi de décentralisation en permettant des espaces de dialogue entre les collectivités, entre les exécutifs de régions, de départements, d’intercommunalités, entre les représentations des élus, pour bien savoir comment nous structurons le territoire.

Le dialogue, c’est aussi, au niveau national, la création d’un Haut conseil des territoires. Il sera composé des principaux élus de notre pays désignés par leurs pairs, des représentants de l’Etat pour permettre de bien coopérer et de bien nous organiser pour que la France, elle-même, puisse être rassemblée.

Il n’y aura pas de changement en France si l’Etat ne coopère pas avec les collectivités locales. Il n’y aura aucune réussite locale, s’il n’y a pas aussi cette conception nationale du développement.

La réforme doit être aussi guidée par des aspects financiers qui sont essentiels. Trois principes doivent fonder la relation entre l’Etat et les collectivités locales en cette matière :

- Premier principe, c’est la confiance. J’ai demandé au gouvernement de présenter un pacte entre l’Etat et les collectivités pour que les dotations soient fixées sans avoir à être révisées ou réduites sur les trois ans qui viennent. De la même manière, j’ai voulu que les financements aux collectivités locales puissent être pérennisés et garantis, à travers deux mécanismes :

- Le premier, c’est le relèvement du plafond du livret A : la Caisse des dépôts peut prêter aux collectivités locales, à plus de 20 ans, à des taux qui devront être en dessous de ceux qui sont pratiqués aujourd’hui, de manière à ce que toute collectivité qui ait un projet long, puisse trouver un financement.

- Et puis, il y aura un deuxième instrument, la Banque des collectivités locales qui succède à Dexia qui a sombré, avant nous, et qui a coûté fort cher aux contribuables. Cette Banque des collectivités locales doit être au service de tous les élus.

- Enfin, je suis prêt à accueillir favorablement une proposition qui m’est faite par les maires de France pour qu’ils puissent s’organiser eux-mêmes pour lever un certain nombre de capitaux sur les marchés. Pourquoi pas ? Dès lors que nous avons des taux d’intérêt très faibles sur les marchés, tout ce qui pourra être mobilisé comme épargne pour être affecté à l’investissement local, sera le bienvenu à condition d’être au meilleur marché.

- Le second principe, c’est la responsabilité. En ces temps de rigueur budgétaire, chacun doit faire son effort, chacun doit prendre sa part. C’est pourquoi l’Etat a indiqué aux collectivités locales que les dotations baisseraient de 1, 5 milliards – non pas en 2013 puisqu’elles ont été préservées – mais en 2014 et en 2015, sur une masse de concours de l’Etat qui s’élève aujourd’hui à près de 52 milliards d’euros. C’est vrai que c’est un sacrifice et je sais ce que cela peut représenter. Mais, en même temps, nous devons tous faire des économies, nous devons tous chercher à utiliser des deniers publics dans l’esprit de la meilleure qualité et de la meilleure efficience.

- Le dernier principe pour régir les relations de l’Etat et des collectivités sur le plan financier, c’est la solidarité. Parce que l’effort dont je viens de parler doit être justement réparti. C’est ce que l’on appelle la péréquation, terme compliqué pour dire tout simplement la redistribution. L’Etat doit accorder davantage de dotations aux territoires ruraux et aux quartiers fragiles. Ce sont les dotations de solidarité urbaine et les dotations de solidarité rurale. Elles seront non seulement préservées mais augmentées. Et puis, il y a la redistribution entre collectivité, entre départements riches et départements plus pauvres compte-tenu de la structure fiscale, entre régions, entre intercommunalités. Parce que nous ne pouvons pas accepter que dans les départements où il y a une masse financière importante grâce à une population et surtout à des entreprises, il ne puisse pas y avoir une réaffectation de ces surplus vers les territoires les plus affectés, soit par le vieillissement de la population, soit par l’étendue du territoire.

Voilà les principes qui nous permettront de disposer, dans les trois années qui viennent, d’une relation claire entre l’Etat et les collectivités.

Mais l’une des façons de faire des économies, sans que cela ne coûte rien aux contribuables et sans que cela n’altère la qualité des services publics, c’est l’allègement des procédures et des normes. Chaque fois que l’on impose une contrainte supplémentaire à des collectivités, c’est une charge de plus et donc un impôt de plus que l’on est obligé de lever auprès de nos concitoyens.

Il y a aujourd’hui 400 000 normes qui sont applicables. 400 000 ! Cela n’a pas de sens ! Beaucoup, d’ailleurs, sont obsolètes. Mais elles sont néanmoins appliquées avec des complexités administratives qui sont insupportables, des charges élevées, des risques juridiques même quand elles ne sont pas appliquées et débouchent sur des contentieux. Je veux marquer un coup d’arrêt à cette inflation normative. Il y aura une réduction systématique du nombre de normes, de règles et de contraintes. Je veux agir vite. Des discours sur ces sujets, en tant qu’élu, j’en ai entendu beaucoup. Je ne voudrais pas que le mien en soit un de plus.

Il y aura une loi, suite à des rapports parlementaires excellents, qui viendra simplifier, réduire, clarifier, alléger les procédures et les contraintes. Cette loi pourra être appliquée avec une célérité que notre Constitution prévoit dans les cas exceptionnels.

Voilà ce qu’est la première interrogation : « quel avenir pour nos collectivités locales dans le cadre d’une nouvelle étape de la décentralisation ? »

La deuxième interrogation, c’est : « quelle représentation démocratique de nos territoires ? » Même si la démocratie s’est approfondie avec les libertés locales, nous devons considérer que, là-aussi, les structures nouvelles appellent une intervention des citoyens, différente du passé.

Je pense, notamment, à l’intercommunalité. J’ai été un élu intercommunal. Souvent, dans l’intercommunalité, nous dépensions bien davantage que dans nos propres communes. Pour autant, nous étions élus, certes, mais pas choisis pour exercer cette responsabilité par nos concitoyens. Désormais, les élus communautaires seront désignés par les électeurs, par un système de fléchage au moment des élections municipales. Chacun saura qui va siéger dans la structure intercommunale.

Il y a ensuite la représentation au niveau du département. Je vous l’ai dit, j’ai été président d’un Conseil général avec une structure cantonale qui, dans le département dont j’étais le responsable, avait des écarts qui pouvait aller de 1 à 20 ou de 1 à 30. Ici, je crois que cela va même à 33. Nous avions aussi, et vous avez aussi, une représentation qui n’est pas particulièrement paritaire dans les Conseils généraux. Je pense qu’au niveau national, nous devons être à 15% de femmes dans les Conseil généraux. Est-ce que nous pouvons accepter, dans l’intérêt-même du département, cette forme de représentation ? Non.

A partir de là, nous pouvions mettre un système électoral à la proportionnelle, majoritaire, comme il existe pour la région, assurant ipso facto, la parité ; ou tenir compte plutôt de la réalité territoriale et de la représentation d’un certain nombre de collectivités à travers un scrutin qui puisse être, d’une certaine façon, la représentation des cantons, mais plus élargie que dans le passé et avec un binôme homme/femme ou femme/homme qui permette le respect de la parité.

Ceux qui critiquent cette réforme ont oublié, souvent, qu’ils avaient proposé le Conseiller territorial qui aurait conduit au même redécoupage. Il y aura une diminution du nombre de cantons et une représentation paritaire dans chaque canton à travers ce scrutin binominal.

Je suis conscient néanmoins, qu’il y a des territoires qui doivent être représentés et qui ont pourtant une large surface et peu de population. Nous ferons en sorte que – pour ces territoires spécifiques que nous connaissons bien, ici en Côte-d’Or, mais partout dans les territoires ruraux – il y ait une souplesse, une dérogation qui permette d’avoir des écarts de population entre les cantons urbains et les cantons ruraux, mais de manière raisonnable.

Voilà l’idée de cette réforme. Je pense qu’elle est de nature à préserver le département et à garantir la parité et la juste représentation des territoires.

Je veux aussi évoquer la modernisation démocratique à travers la limitation du cumul des mandats. Sujet débattu depuis des années, sujet passionné et donc passionnant ! Vous savez que cette réforme interviendra dans le quinquennat. Elle ne peut être établie que s’il y a dans le même temps un statut pour les élus. C’est une revendication qui a longtemps été portée par les associations. Je veux que nous ayons la même démarche, car loin de moi l’idée de mettre en accusation les élus. C’est trop facile, trop commode, surtout dans des périodes de difficulté.

Je sais ce que peuvent faire des élus dans un territoire, je sais ce qu’ils représentent, je sais ce qu’est leur tâche quotidienne, je sais ce qu’est l’ensemble des sollicitations qui leur sont adressées, alors même que leurs ressources sont rares. A partir de là, nous avons besoin d’élus respectés et qui puissent faire pleinement le travail qui est le leur – qui n’est pas un travail mais un mandat qu’ils reçoivent du peuple – mais qui néanmoins leur prend du temps, et qui quelquefois compromet leur carrière. D’où l’exigence d’un statut de l’élu.

Dernier élément sur la représentation démocratique : nous devons aussi tenir compte de l’exigence citoyenne qui est parfois impatiente, qui est parfois même dérangeante, mais qui est le signe que nos concitoyens veulent tout connaitre de notre activité. C’est l’exigence de transparence.

Je suis favorable à l’exercice du droit de pétition, à la faculté de faire inscrire à l’ordre du jour de nos collectivités des projets de délibération et de consultation. Non pas pour ralentir, mais en définitif pour anticiper, pour préparer les bonnes décisions.

L’autre grande préoccupation est celle qui a été exprimée par le maire, au nom de tous les élus qui sont ici : c’est l’accès aux services publics. La République est indivisible. Il n’y a pas deux catégories de citoyens : ceux qui peuvent par facilité, par leur situation géographique, accéder à tous les équipements et à toutes les prestations ; et puis les autres qui par éloignement, par impossibilité, par lourdeur ne pourraient pas le faire.

Je sais les conséquences, dans les territoires ruraux, des services publics affaiblis, voire même effacés. Ce sentiment d’oubli, d’abandon, de relégation surtout, de la part de ceux qui, au départ, ont connu une vie en ville et sont venus s’établir, comme on dit, à la campagne, pensant disposer là de tous les services qu’ils avaient jusque-là reçus et qui les cherchent, faute qu’on ait garanti la présence de ces administrations et de ces services publics. Il y a là un enjeu démocratique et citoyen. Je veux y répondre.

J’entends agir dans quatre directions.

D’abord, faire que les services publics puissent être mieux organisés, qu’il puisse y avoir, sous l’autorité du préfet et du président du Conseil général, un schéma départemental des services au public. Il faut que l’on puisse regrouper autour des mêmes espaces – maisons des services publics ou toute autre formule – des administrations et même des services privés, de façon à ce que, sur le même lieu, tous les moyens, toutes les prestations, toutes les informations, tous les renseignements puissent être fournis dans chaque bassin de vie.

J’ai demandé au Gouvernement de Jean-Marc AYRAULT de mobiliser les neuf grands opérateurs du service public – la Poste, Pôle emploi, l’Assurance maladie, les CAF, les régimes de retraites, la MSA, EDF, GDF, la SNCF – pour qu’ils mutualisent leurs moyens, forment leurs personnels pour délivrer, parfois, des prestations d’une autre entreprise et pour que nous puissions avoir sur le territoire, à chaque fois, toutes les possibilités d’intervention.

Nous ne réussirons pas partout mais, s’il y a cette fédération, s’il y a cette réunion, cette mobilité, alors nous pourrons répondre au mieux aux besoins de nos concitoyens. L’Etat lui-même montrera l’exemple. Il créera un Fonds national pour participer aux dépenses qui seront liées à cette nouvelle organisation.

Reste la question de la présence de l’Etat. Il y a deux soucis souvent exprimés. D’abord, quel sera l’avenir de la gendarmerie ou de la police sur un certain nombre de territoire ? Cette réforme n’est pas facile à faire mais, là encore, essayons de répondre, non pas en tant que défenseur d’une administration – gendarmerie ou police –, mais en sachant ce qui permet d’assurer le mieux, sur un territoire, la sécurité de nos concitoyens. Qui doit relever d’une zone de police, d’une zone de gendarmerie ? Ce qui compte c’est d’avoir des forces de sécurité qui interviennent. C’est le schéma que prépare le ministre de l’Intérieur.

La seconde question, c’est l’avenir des sous-préfectures. Là encore, essayons de répondre aux besoins. Moi, je crois à l’utilité des sous-préfectures pour soutenir les élus dans leurs projets, pour participer à des politiques d’emploi, pour accompagner les entreprises… Mais est-ce qu’il faut toujours, pour autant, un lieu unique pour assurer ces services ? Il ne s’agit pas d’enlever des moyens, il s’agit de les utiliser différemment. Je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’une administration qui parfois vient directement au contact des élus.

Puis, il y a des sous-préfectures qui doivent encore avoir cet édifice parce que c’est un service qui est rendu au public, au-delà même de ce qui peut être fait pour les élus. Par exemple, je ne prends pas ma référence par hasard, la sous-préfecture de Montbard correspond à cette logique-là. Mais il y a nécessairement sur le territoire toujours à se poser la même question : qu’est ce qui est le plus utile, le plus efficace, qu’est ce qui permet de répondre au mieux aux besoins des usagers ?

Voilà pour l’accès au service public. Mais il y a aussi l’accès à la santé qui, là aussi, est devenu l’une des interrogations majeures pour nos concitoyens et pour vous, qui les représentez, avec ce que l’on appelle les « déserts médicaux », avec une population qui vieillit et une démographie médicale qui n’est pas favorable. Beaucoup de médecins vont partir à la retraite et peu de jeunes médecins veulent s’installer sur un certain nombre de territoires. Parce que, là aussi, les modes de vie ont changé : un certain nombre de jeunes praticiens ne veulent plus avoir les mêmes contraintes aussi bien de permanence que d’organisation de leurs journées ou de leurs vacances.

Nous devons donc agir. Comment ? La première décision que j’ai prise, c’est de faire en sorte que dans la loi de financement de la Sécurité sociale, il soit créé 200 emplois de praticiens territoriaux de médecine générale qui auraient la garantie d’un revenu mensuel de 4 600 euros, là où ils s’installeront, c'est-à-dire dans les territoires que nous considèrerons comme prioritaires. De manière à ce que cela ne soit pas simplement une incitation nécessaire, mais une garantie de revenu pour que ces jeunes médecins puissent être sûrs de réussir leur vie professionnelle.

Deuxièmement, il faut qu’il y ait un lien plus direct entre les médecins de ville et les hôpitaux publics, à la fois pour l’organisation, mais également pour qu’un certain nombre puissent continuer leurs carrières y compris à l’hôpital.

Enfin, il y a ce que l’on appelle les « maisons de santé ». Ici, dans le département, il y a deux projets en cours d’élaboration. Ils visent à réunir des professionnels de santé dans le même lieu avec une qualité de service, avec une mutualisation des moyens, avec une efficacité encore plus grande pour les patients et les assurés sociaux. Dès lors, nous devons avec la région, le département et l’Etat avoir une politique publique de soutien à ces structures-là. Nous avons commencé à le faire, nous continuerons et même nous amplifierons les moyens donnés à ces maisons de santé.

Je veux également insister sur l’école, l’école de la République à laquelle les territoires ruraux sont très attachés. C’est ce qui structure une commune. Rien n’est plus douloureux pour un maire que de la voir fermée. Chacun sait ici que quand une école ferme elle ne ré-ouvre plus. Il y a aussi l’intérêt des élèves qui justifie qu’on ne laisse pas des classes avec des effectifs trop réduits. Même si on sait qu’il y a encore, j’en ai connu dans mon propre département, des écoles uniques où on trouve du CP jusqu’au CM2 et où le professeur fait un travail remarquable. Mais faut-il encore que ce soit dans l’intérêt des élèves.

Pour préserver l’école de la République, depuis 10 mois, nous avons inversé le mouvement. Nous créons des postes quand ils étaient supprimés. Nous en aurons l’illustration dès la prochaine rentrée, ce qui fera que les cartes scolaires bénéficieront de plus d’ouvertures que de fermetures.

Mais il y a aussi la question des rythmes scolaires. Je connais le sujet. On se demande d’ailleurs comment cela existait avant, à 4 jours et demi, pour avoir autant de mal à les retrouver. Mais pourquoi passer à 4 jours et demi ? Tout simplement parce que la démonstration a été faite. Nous sommes le pays d’Europe – je n’ose pas dire du monde, je ne veux pas aller vérifier partout ! – où nous avons l’année scolaire la plus courte : 144 jours en moyenne pour nos élèves quand d’autres ont 188. C’est le seul domaine où on a réduit le temps de travail à ce point- là ! Et pas à l’avantage des élèves puisque cela fait des journées de travail qui sont parmi les plus longues d’Europe. Parce qu’à la journée scolaire, il faut ajouter le temps du ramassage scolaire, ce qui fait que des élèves peuvent partir à 7h du matin et revenir à 18h et parfois plus tard le soir. J’ai connu ces situations.

Il y a donc nécessité de repasser à 4 jours et demi et avoir la souplesse nécessaire pour y parvenir. J’y veillerai. Mais l’accompagnement indispensable a un coût supplémentaire ! Pour toutes les communes qui mettront en œuvre la réforme à la rentrée 2013/2014, il y aura ce fonds qui leur permettra d’avoir une subvention entre 50 euros et 90 euros par enfant. Je vous dis franchement ma position : si j’étais maire, je n’hésiterais pas mais ceux qui voudront prendre leur temps, pourront bien entendu attendre la rentrée 2014 pour avoir la réforme des rythmes scolaires qui leur paraîtra la meilleure.

Un dernier sujet que je voulais évoquer devant vous, c’est le très haut débit. Là aussi pour les territoires ruraux cela peut être un progrès ou une calamité. La calamité, c’est en définitive de vivre une inégalité de plus, c’est-à-dire une coupure par rapport au reste du territoire comme pour le téléphone mobile à un moment. Aujourd’hui, aucun particulier et à fortiori aucune entreprise ne s’installera sur un territoire, s’il n’est pas sûr d’avoir au moins le haut débit et pour une entreprise le très haut débit.

J’ai donc décidé que sur les 10 ans qui viennent tout le territoire français, je dis bien tout le territoire français, 100%, devra être équipé de très haut débit ; d’ici 5 ans, au moins la moitié du territoire français. Nous allons mobiliser des sommes très importantes avec les opérateurs privés et les collectivités locales. Une part de la subvention de l’Etat ira aux territoires ruraux parce que c’est là que les subventions sont nécessaires. Si c’est pour équiper en très haut débit les villes, les agglomérations, pas besoin de subvention ! Les opérateurs privés s’y retrouvent et n’ont pas besoin d’avoir le moindre soutien public. Pour les zones semi-urbaines, l’incitation sera nécessaire. Mais pour les zones rurales, cela doit se faire avec les collectivités locales, avec les opérateurs et avec l’Etat. Je vous le garantis.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire en introduction pour le débat que nous allons avoir. Mais étant ici en Côte-d’Or, grande région agricole, je veux évoquer l’agriculture et l’élevage. L’agriculture est confrontée, d’une manière générale, à un défi nouveau et positif pour notre pays. Il y a une demande mondiale qui est en augmentation pour tous les produits : production animale, comme production végétale, c’est une chance !

Deuxième atout : le cours des produits agricoles est en augmentation surtout pour les productions végétales. Mais pour les productions animales, il y a une contrainte supplémentaire, c’est que le coût des matières premières s’est considérablement élevé, sans que pour l’instant les prix à la production ait permis la répercussion.

Le risque, on le voit bien, c’est donc l’étranglement pour les éleveurs, avec des marges qui deviennent inexistantes et l’incitation forte de transformer l’utilisation des sols. Pourquoi continuer à faire de l’élevage si, sur un certain nombre de terres, il est possible de faire des céréales ou des productions végétales avec une garantie de prix et une rentabilité très haute, que les mouvements spéculatifs peuvent également amplifier ?

Nous avons donc le devoir de réguler les prix et d’assurer aux éleveurs une répercussion de leurs propres difficultés sur la distribution. Mais nous avons aussi à faire en sorte que les produits de qualité, que l’élevage comme ici, puissent être également valorisés à travers des labels, à travers des reconnaissances, à travers des prix et à travers aussi une information du consommateur. Il a fallu, une nouvelle fois, que l’on découvre qu’un certain nombre de produits surgelés, déclarés « pur bœuf » soient « pur cheval », pour que nous nous reposions la question de la certification, de la traçabilité.

J’ai donc décidé, qu’en France, nous aurions cette obligation : faire connaître les produits. Les grands distributeurs, d’ailleurs, s’y sont pour l’instant engagés. Au niveau européen, c’est plus difficile mais je pense que ce qui vient de se produire va permettre que la traçabilité se trouve renforcée. Ce qui fera que le consommateur pourra d’autant plus avoir cette assurance, c’est que l’on indiquera qu’ici tout ce qui est consommé est une viande bovine française. Là encore, cette traçabilité aura un double avantage : 1 - confiance des consommateurs et 2 - soutien à la production française.

Je sais aussi, et j’ai été alerté au cours de ce déplacement en Côte-d’Or, le problème que vous rencontrez pour éradiquer définitivement la tuberculose bovine. Vous avez fait beaucoup d’efforts. C’est un enjeu très important parce que si nous venions à perdre le statut indemne de tuberculose, nous ne pourrions plus exporter nos broutards vers les pays consommateurs. Cette question vaut pour la Bourgogne et pour d’autres régions de France. Nous avons donc l’obligation, non seulement de respecter les normes mais d’éradiquer cette maladie. Et c’est là que je viens aussi aux questions de chasse, sur des questions sensibles. Il faut absolument que nous ayons un arrêté pris par le ministre de l’Agriculture qui nous permette d’agir pour lutter contre la tuberculose bovine.

Un dernier mot sur l’agriculture. Beaucoup s’inquiétait, là encore, parce qu’il y avait des doutes sur l’avenir de la politique agricole commune. Je suis allé négocier au Conseil européen pour l’avenir du budget de l’Union européenne. Je n’ai pas pu obtenir autant que je voulais, au niveau de l’ensemble des dépenses. Parce qu’il y a des pays qui considèrent qu’il convient que l’Europe ait moins de crédit – alors que le budget européen c’est 1% du produit européen, de la production, de la croissance. 1%...

Mais, nous avons stabilisé cette dépense. Au sein de cette dépense, j’avais un engagement vis-à-vis des agriculteurs. Je voulais que la politique agricole commune, pour la part qui revient à la France, puisse être garantie, stabilisée au même niveau qu’aujourd’hui et même avec une possibilité de tenir compte de l’inflation. C’est fait.

Nous avons donc exactement les mêmes aides directes que précédemment avec le couplage avec la production, ce qui était une revendication très forte de la profession ; avec avertissement limité, ce qui était aussi une revendication de la profession ; et avec une redistribution des aides, ce qui n’est pas toujours le cas de la profession, mais que nous aurons à assurer dans les prochains mois.

Je sais que la profession agricole engage une solidarité entre les filières. Nous avons donc réussi, et tous les agriculteurs doivent le savoir, à préserver le niveau des aides directes à l’agriculture et à la production. En plus, nous avons augmenté les fonds qui sont consacrés au développement rural. C’est là tout ce qui va nous permettre d’aider les spécificités de notre agriculture et de nos territoires. Ce sont les régions qui vont avoir la responsabilité de répartir ces aides avec, bien sûr, des règles nationales, notamment pour l’installation et pour les bâtiments d’élevage et pour les indemnités pour les territoires que l’on juge source de handicap.

Nous avons donc garanti ces financements, nous avons une plus grande souplesse pour les utiliser, nous avons permis qu’il y ait une redistribution de ces aides. Alors nous devons utiliser ces moyens pour développer notre agriculture, parce que c’est un atout pour notre pays. Aujourd’hui, le commerce extérieur de la France connait un déficit de plus de 60 milliards d’euros en 2012. Mais l’industrie agro-alimentaire et l’agriculture sont en excédent. Nous devons donc utiliser cette filière qui est une filière d’emploi, qui est une filière d’activité, qui est une filière de commerce extérieur, pour améliorer notre croissance et pour bien utiliser nos territoires.

Pour tout vous dire, je crois à l’avenir de nos territoires ruraux. Je ne considère pas que c’est une charge pour la Nation, comme on le dit souvent, ni même un risque pour le pays, pour ceux qui y vivent. Non, ces territoires ruraux, c’est un capital. Ces territoires ruraux, cela nous permet de préserver un patrimoine, de fixer une population, d’assurer une culture et de donner davantage de moyens pour la réussite de notre économie.

La compétitivité, comme on dit, ce n’est pas simplement une compétitivité entre les entreprises, c’est aussi une compétitivité entre les territoires. Pour avoir des territoires compétitifs, il faut avoir de très grandes villes à dimension européenne : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg ; il faut avoir des métropoles qui ont les grands équipements universitaires, scientifiques, culturels et sportifs ; il faut avoir des régions qui assurent le développement économique, des départements qui puissent assurer la solidarité et un territoire rural qui puisse être animé.

Les pays qui aménageront mieux leurs territoires seront des pays qui auront réussi à en faire un facteur de croissance. La croissance est sur les territoires. Ce sont les territoires qui génèrent cette croissance. Quand on libère les territoires, on libère de la croissance. L’harmonie territoriale, c’est donc un atout pour la France. La croissance de demain dépendra de notre capital territorial qui ne se confond pas avec l’avenir de la seule capitale. Il y a la capitale. Et il y a le capital des territoires : c’est vous.

C’est ce message que je voulais vous adresser, ici, dans l’un de nos territoires ruraux les plus dynamiques. Je rappelle qu’il y a 20 millions de nos compatriotes qui vivent dans les territoires ruraux. C’est donc à ceux-là que je m’adresse en leur disant que la République sera avec eux, parce qu’ils contribuent à faire la République de demain. Merci.

 

 

 

 

Type de contenu : Album photosLes photos de la deuxième journée


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