Déplacement international

Déplacement du président de la République au Royaume des Pays-Bas

20 Janvier 2014

Lieu : La Haye, Pays-Bas

Rubrique : Europe, International, développement et francophonie

Type de contenu : Communiqué de presseLe communiqué de presse

Déplacement du président de la République au Royaume des Pays-Bas

Le Président de la République, François HOLLANDE, se rendra le 20 janvier en visite officielle au Royaume des Pays-Bas, à La Haye et à Amsterdam, à l’invitation de S.M. le Roi Willem-Alexander et de M. Mark RUTTE, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas. 

 

Programme prévisionnel

 

LA HAYE

09h35 Accueil officiel et entretien avec S.M. le Roi Willem-Alexander

10h30 Rencontre avec MME Anneke BROEKERS-KNOL, présidente de la Première chambre, et MME Anouchka Van MILTENBURG, présidente de la Seconde chambre du Parlement

11h05 Entretien avec M. Mark RUTTE, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas, suivi d’une conférence de presse conjointe

13h10 Déjeuner officiel offert par S.M. le Roi Willem-Alexander

15h00 Visite à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC)

 

AMSTERDAM

16h30 Conclusion du forum économique avec les chefs d’entreprise français et néerlandais, en présence de Mark RUTTE, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas

18h15 Allocution du chef de l’Etat devant la communauté française

19h15 Dîner officiel offert par M. Mark RUTTE, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas

Type de contenu : Album photosLes photos

Type de contenu : VidéoLe reportage

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLa déclaration commune sur le Partenariat entre la France et les Pays-Bas

Déclaration commune sur le Partenariat entre la République française et le Royaume des Pays-Bas

La Haye, 20 janvier 2014

Le Président de la République française, François Hollande, en visite officielle aux Pays-Bas, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, soulignent avec satisfaction les liens solides et la coopération étroite entre leurs deux pays. En tant que membres fondateurs de l’Union européenne mais aussi comme voisins, la France et les Pays-Bas partagent des responsabilités et doivent affronter des défis semblables.

Ils ont constaté les progrès des relations entre les deux pays, encore renforcées aujourd’hui par de nouvelles initiatives bilatérales, expression tangible de la volonté partagée d’élargir et d’approfondir cette coopération et de nouer un partenariat stratégique.

Les gouvernements français et néerlandais ont décidé la mise en place d’une feuille de route conjointe, comprenant les mesures et démarches suivantes:

 

- Questions européennes

• Fermement convaincus de la force du projet européen et de la contribution de l’Union européenne sans égale à la sécurité, à la prospérité et à la liberté de tous les Européens, les Pays-Bas et la France estiment que l’essence de l’intégration européenne réside dans une approche commune aux 28 États membres de l’Union, qui laisse ouverte la possibilité à chacun d’eux de rejoindre les groupes plus restreints de pays ayant souhaité pousser plus avant certaines coopérations – à commencer par la zone euro.

• Les Pays-Bas et la France contribueront activement à une Union européenne plus claire, plus simple, plus efficace, solidement ancrée dans le contrôle démocratique et les valeurs qui ont fondé l’Europe. Ils s’engageront pour l’amélioration du fonctionnement de l’Union européenne afin qu’elle réponde mieux aux besoins de ses citoyens, en particulier par l’identification claire des priorités de la prochaine législature.

• La France et les Pays-Bas favoriseront également des contacts et un dialogue étroits entre les Parlements nationaux sur les questions européennes majeures, en étroite collaboration avec les membres du Parlement européen.

• La France et les Pays-Bas promouvront ensemble une nouvelle ambition pour l’Union économique et monétaire. Ils travailleront activement à définir une vision commune de son avenir, dans la perspective d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois.

• La France et les Pays-Bas estiment que l’union bancaire européenne constitue une priorité pour l’Europe et ses citoyens, qui permettra de favoriser la reprise et la création d’emplois en surmontant la fragmentation financière, de prévenir les crises qui ont déstabilisé l’économie européenne et de protéger les contribuables et les épargnants. Ils appellent à la finalisation urgente des travaux permettant sa mise en place.

• La France et les Pays-Bas soulignent également l’importance qui s’attache au rôle contracyclique qu’est amenée à jouer la Banque européenne d’investissement, dans le cadre des objectifs du Pacte européen pour la croissance et l’emploi, et appellent à renforcer les capacités du Fonds européen d’investissement, tant en termes d’accès au crédit que d’investissement en capital.

• Insistant sur l’ampleur de l’impact social et individuel des évolutions économiques et des politiques durables en la matière, les Pays-Bas et la France rappellent l’importance des conclusions des sommets spéciaux sur l’emploi des jeunes organisés à Berlin et à Paris en 2013 et saluent celui prévu à Rome cette année.

• Convaincus de son intérêt, les Pays-Bas et la France réaffirment leur engagement en faveur d'une coopération entre ministères chargés des affaires sociales et de l’emploi,, par le biais d’échanges soutenus sur le terrain des politiques sociales et d’emploi nationales.

• La France et les Pays-Bas soulignent l’importance d’approfondir le marché unique, de manière à stimuler la croissance et l’emploi au bénéfice des consommateurs et des entreprises.

• La France et les Pays-Bas soulignent également l’importance de la libre circulation des travailleurs au sein de l’UE. Il est toutefois nécessaire, en vue de conserver le soutien à ce principe, d’assurer une situation de concurrence équitable dans le domaine des conditions de travail et de protéger les droits des salariés, en luttant contre la fraude et les montages artificiels qui aboutissent à l’exploitation de la main d’œuvre. Nos deux pays prennent à cet effet les mesures qui s’imposent au niveau national. En Europe, la France et les Pays-Bas travailleront ensemble à ce que la négociation de la directive d’application relative au détachement des travailleurs soit achevée d'ici la fin de l'actuelle législature.

• La France et les Pays-Bas travailleront ensemble à ce que l'Union européenne soit en mesure d'adopter rapidement un objectif ambitieux de réduction d’au moins 40 % en 2030 (par rapport à 1990) de ses émissions à gaz à effet de serre, qui constitue un élément essentiel à la réussite de la COP21 qui se tiendra en 2015 à Paris.

• La France et les Pays-Bas soulignent l’intérêt des programmes européens de recherche. Ils se félicitent des liens solides entre leurs instituts de recherche et les encouragent dans leur volonté de participer conjointement aux appels d’offres/passations de marchés européens et d’entreprendre des travaux communs.

• La France et les Pays-Bas soutiendront les initiatives visant à renforcer les coopérations en matière de sécurité intérieure ou en matière d’asile et d’immigration.

• Les Pays-Bas et la France soulignent la nécessité de protéger l’Etat de droit et d’en suivre activement le respect au sein de l’Union européenne et de tous ses États membres. Ils favoriseront les initiatives qui permettent d’en assurer le respect dans les Etats membres, dans le respect des procédures existantes prévues par les traités.

• Ils se réjouissent de l’initiative d’entamer une coopération concrète entre l’institut Clingendael et le think tank Europanova en vue d’organiser des activités communes sur les thèmes européens.

 

- Questions économiques et d’innovation

• La France et les Pays-Bas saluent l’organisation d’un dialogue économique stratégique régulier qui se tiendra tour à tour aux Pays-Bas et en France, sous les auspices du MEDEF et de VNO-NCW et en collaboration avec le CCFN.

• Ils se félicitent de l’importance des échanges commerciaux bilatéraux qu’ils souhaitent voir s’amplifier. Ressorts de croissance et d’emploi, nos échanges extérieurs doivent aussi répondre aux défis et enjeux de demain : « mieux se nourrir, mieux vivre en ville, mieux se soigner, mieux communiquer ».

• Soulignant la pertinence des questions stratégiques posées par le développement urbain et la perspective des villes intelligentes de l’avenir, la France et les Pays-Bas saluent les conclusions de la table ronde franco-néerlandaise consacrée aujourd’hui à ce sujet. Nos villes futures seront intelligentes et connectées. Cela implique une vision et une approche intégrée au-delà des frontières des deux pays. La France et les Pays-Bas joindront leurs forces afin de contribuer à la construction des villes intelligentes de demain, aussi bien dans le domaine de l’énergie, des réseaux intelligents que de la mobilité.

• La France et les Pays-Bas se félicitent des résultats de la table ronde organisée aujourd’hui sur « Les problèmes alimentaires de demain » dans le prolongement de la conférence Érasme-Descartes de 2012. Principalement axée sur les défis de la sécurité alimentaire et de la durabilité pour une population mondiale atteignant 9 milliards de personnes en 2050, sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique et le besoin de mettre en place un programme d’action contre le gaspillage de nourriture, elle a fait appel à l’engagement de la communauté internationale (gouvernements et industrie).

• La France et les Pays-Bas organiseront en 2014 une réunion de haut niveau sur l’innovation durable dans la construction et l’environnement bâti ainsi que sur les énergies propres (gaz naturel, énergie éolienne en mer, développement de turbines à faible consommation d’énergie).

• La France et les Pays-Bas renforceront leur coopération en matière de recherche et d’innovation notamment au travers du groupe de travail franco-néerlandais sur les PME et l’innovation, ainsi que par leur soutien au programme de recherche bilatéral Van Gogh et le prix Descartes – Huygens. Une attention particulière devra être portée à l’intégration de ces projets de recherche bilatéraux dans des projets européens multilatéraux, dans le cadre des programmes Horizon 2020.

• La France et les Pays-Bas se réjouissent des échanges et des coopérations entre chercheurs dans le domaine de l’industrie de haute technologie, notamment en ce qui concerne les matériaux légers appliqués à l'aéronautique, l'automobile et les énergies renouvelables.

• Les deux pays définiront des feuilles de route pour des technologies clés stratégiques telles que la photonique, les technologies de l'eau, les villes intelligentes, la logistique et l'économie circulaire, dont tout particulièrement le recyclage et la bio-économie.

• Conscients du potentiel de création d'emplois et de croissance des petites et moyennes entreprises (PME) innovantes pour les économies nationales, la France et les Pays-Bas conviennent de favoriser la création et le développement sur leur territoire respectif de structures d'accompagnement et d'accélération de ces entreprises créatives, de promouvoir les accords d'échanges entre ces structures et entre les PME accompagnées, d’échanger leurs expériences en matière d’appui aux jeunes entreprises innovantes et promouvoir la coopération des PME dans les programmes de recherche à long terme, notamment grâce au soutien européen.

• Nos deux pays partagent la volonté de travailler ensemble, avec les entreprises pour développer de meilleures pratiques en matière de responsabilité sociale et environnementale, contrepartie indispensable à une mondialisation commerciale acceptée par nos concitoyens. A cet égard, ils se félicitent de leur contribution conjointe dans le cadre de l’OCDE aux travaux préparatoires du prochain forum mondial sur la conduite responsable des affaires.

• La France et les Pays-Bas réaffirment leur volonté de coopérer en matière de transports et se félicitent des suites réservées au corridor européen «mer du Nord-Méditerranée».

• La France et les Pays-Bas souhaitent renforcer leur coopération dans le domaine nucléaire et notamment en matière d’enrichissement et rappellent leur volonté de protéger cette technologie sensible, nos intérêts stratégiques et d’éviter tout risque de prolifération.

• La France et les Pays-Bas s’engagent à négocier une nouvelle version de leur convention visant à éviter les doubles impositions et prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur les revenus et la fortune, afin de la mettre en conformité avec les normes internationales les plus récentes et d’offrir aux individus et aux entreprises un outil moderne et adapté à un environnement économique mondialisé.

• En matière de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, la France et les Pays-Bas conviennent de coordonner leurs efforts afin de mettre en œuvre les mesures urgentes arrêtées dans la déclaration de Paris et lors du sommet qui s’est tenu au Botswana. Nos pays, tous deux membres, au nom de la communauté des donateurs, du comité directeur du Fonds pour l’éléphant d’Afrique, conviennent de travailler de concert pour aider, grâce à ce fonds, les pays africains à mettre en œuvre le Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique.

 

- Coopération en matière de culture et d’éducation supérieure

• La France et les Pays-Bas se réjouissent des échanges d’étudiants. Ces échanges entre les deux pays devront être encouragés avec le soutien des réseaux existants (NUFFIC, Campus France et Réseau Franco-Néerlandais de l’Université Lille 3), des programmes européens, et du secteur privé. Le soutien à la recherche en sciences humaines devrait viser à une meilleure compréhension entre nos deux sociétés.

• La France et les Pays-Bas soutiendront la connaissance mutuelle de leurs scènes culturelles et artistiques et examineront des initiatives et des projets en ce sens, avec en particulier un double objectif: présenter l’état des différents domaines culturels de nos deux pays, et donner une visibilité accrue aux programmations culturelles en matière de cinéma, littérature, arts de la scène, patrimoine culturel, arts plastiques et design. Ainsi, le rapprochement de nos deux pays à travers la culture, les arts et les médias entrainera la reconnaissance de la vitalité de nos deux sociétés et des défis culturels et artistiques communs.

 

- Questions stratégiques et de sécurité

• La France et les Pays-Bas entendent jouer un rôle leader s'agissant de la mise en œuvre des conclusions du Conseil européen des 19 et 20 décembre, afin de permettre que les délais soient tenus et que le prochain sommet européen consacré à cette question soit un succès. Les deux pays oeuvreront à un renforcement de la coopération européenne en matière de capacités, et notamment en matière de cyberdéfense et d’utilisation de drones.

• La France et les Pays-Bas travaillent de concert à la mutualisation des ressources et au partage des capacités notamment au sein de l’UE, ainsi que dans l’OTAN afin de réduire les déficits capacitaires et de faire des économies d’échelle. L’EATC constitue à cet égard un succès remarquable dans le domaine du transport aérien. Les Pays-Bas et la France continuent de coopérer étroitement dans ce cadre et appellent au développement continu et à l’élargissement de l’EATC et saluent la déclaration de sa pleine capacité opérationnelle.

• Les Pays-Bas et la France se réjouissent de la coopération européenne en matière de ravitaillement en vol (avions ravitailleurs) et soulignent l’importance de cette coopération comprenant l’échange d’informations, la promotion de l’interopérabilité, la recherche de synergies dans les capacités de ravitaillement en vol, y compris par des acquisitions conjointes, et l’approche commune en matière d’entretien, de maintenance ainsi que de formation et d’entraînement.

• Parallèlement, les deux pays étudient ensemble les moyens pour l’UE de fournir un effort structurel intégré dans le domaine maritime, dans le cadre de la stratégie de sûreté maritime qui doit être adoptée d’ici l’été 2014.

• L’opération Atalante et la mission Ocean Shield, auxquelles la France et les Pays-Bas ont activement contribué, ont permis de contenir efficacement la menace que représente la piraterie pour l’Afrique et nos intérêts nationaux. Les deux pays soulignent l’importance d’une approche intégrée dans la Corne de l’Afrique, ainsi que de la poursuite de la lutte contre la piraterie.

• Conscients des risques et défis liés à l’instabilité en Afrique — afflux de réfugiés, trafic de drogue, terrorisme, traite des êtres humains et menaces à l’encontre des citoyens et des entreprises —, les Pays-Bas et la France soutiennent fermement les mesures décisives prises dans le respect du droit international par les Nations unies et l’UE en vue de renforcer la sécurité au Mali et dans le Sahel. Ils s’engagent activement pour prêter assistance au Mali et œuvrer à la sécurité européenne. Partageant l’analyse selon laquelle une stabilisation durable dans les zones de crise en Afrique est d’un intérêt essentiel pour l’UE, la France et les Pays-Bas entendent développer leur coopération au sein de l’Union en ce sens.

• Notre coopération avec les nations Unies, l’OTAN et les organisations régionales contribuent de façon déterminante à notre approche commune de réponses aux crises le cas échéant, d’autres organisations comme l’OTAN ou l’OIAC est d’une grande importance dans ce cadre.

• La France et les Pays-Bas soulignent l’étroite coopération engagée au sein de la Force de gendarmerie européenne (EUROGENDFOR), qui constitue un instrument et une plateforme d’une grande utilité pour les États membres européens disposant de telles forces de sécurité (Gendarmerie nationale, Koninklijke Marechaussee). La France a pris le relais des Pays-Bas à la présidence de l’EUROGENDFOR au 1er janvier 2014 et continuera à œuvrer à l’interopérabilité de ces forces et à l’exploitation des possibilités offertes par l’EUROGENDFOR.

• La France et les Pays-Bas approfondiront la relation bilatérale de défense au travers d’actions concrètes de coopération et d’échanges entre les états-majors.

- Coopération en matière de sécurité intérieure

• La France et les Pays-Bas s’attacheront à améliorer plus encore la qualité de leur coopération bilatérale en matière policière, judiciaire et douanière. Ils viseront notamment à fluidifier davantage encore le traitement opérationnel de cette coopération, et à explorer des priorités communes, en particulier dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale organisée.

• La France et les Pays-Bas soulignent l’étroite coopération opérationnelle existant en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et soulignent l’importance de démantèlement de réseaux de trafiquants.

• La France et les Pays-Bas se réjouissent des rencontres programmées en 2014 qui permettront d’aborder les questions d’échanges en matière d’identification, de saisie et de confiscation des avoirs criminels, corollaire indispensable d’une lutte efficace contre le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée.

• La France et les Pays-Bas saluent le travail du Groupe de haut niveau créé en 1995 pour dynamiser la coopération entre les deux pays en la matière et s’engagent à le réunir en 2014.

 

- Coopération décentralisée

• Les collectivités locales sont souvent les mieux à même de fournir au citoyen des équipements collectifs adaptés et porteurs de croissance. La France et les Pays-Bas se réjouissent donc de l’initiative prise par les maires de leurs grandes villes, tendant à renforcer leurs liens, notamment autour des industries créatives. Prometteuse de nouveaux partenariats public—privé, respectueuse de l’échelle humaine, susceptible de renforcer, au niveau pertinent, les liens entre leurs sociétés civiles, cette coopération décentralisée ne peut être qu’encouragée. Ils forment le vœu que cette initiative s’inscrive, le moment venu, dans un cadre européen.

• La France et les Pays-Bas se félicitent de l’organisation, le 21 janvier 2014, de la concertation quadripartite entre la République française, le Royaume des Pays-Bas, Saint-Martin et Sint Maarten. Ils soulignent l’importance de cette réunion.

• La République française et le Royaume des Pays-Bas soulignent l’importance de parvenir rapidement, par la négociation, à une solution définitive concernant la définition des frontières. Ils soulignent également la qualité de la coopération existante dans tous les domaines entre les deux parties de l’île, qui a notamment permis le développement de relations économiques mutuellement bénéfiques. Ils souhaitent que la concertation permette de définir les possibilités d’intensifier cette coopération sur les questions de développement économique ou de sécurité intérieure.

 

- Conseil de coopération franco-néerlandais

• Un nouveau cadre sera instauré pour le partenariat stratégique entre la France et les Pays-Bas : l’actuel Conseil de coopération franco-néerlandais se verra insuffler un nouvel élan et approfondira ses activités au sein d’une nouvelle plateforme de partenariat.. Les futurs dirigeants seront chargés de faire des propositions.

• Cette plateforme développera la coopération entre les différents secteurs des sociétés française et néerlandaise (Parlements, entreprises, milieu universitaire, médias, culture et sports). Ce sera une organisation axée sur les résultats et davantage orientée vers les jeunes générations. De nombreuses initiatives seront lancées en 2014 afin d’accroître sa portée et sa visibilité.

• Elle contribuera à la réflexion bilatérale sur des sujets économiques, européens, ou internationaux, en prise avec les enjeux les plus actuels; un séminaire bilatéral sur les questions européennes pourrait être organisé sur une base annuelle, réunissant des experts des milieux académiques et des praticiens.

• Elle doit être un lieu privilégié de rencontre et de réseau pour les décideurs, et notamment pour les chefs d’entreprises, favorisant les rencontres d’affaires ou les analyses opérationnelles sur les questions économiques bilatérales; un « strategic business dialogue » pourrait rassembler régulièrement de jeunes entrepreneurs autour de thématiques d’avenir afin de participer à renforcer les liens économiques et commerciaux entre nos deux pays.

• La France et les Pays-Bas favoriseront les échanges de diplomates et de hauts fonctionnaires entre leurs administrations respectives (Affaires étrangères, Défense, Environnement et Affaires économiques).

Le Président de la République française et le Premier Ministre du Royaume des Pays-Bas affirment leur ferme attachement à ce partenariat stratégique et conviennent d’organiser régulièrement des rencontres entre hauts fonctionnaires de leurs gouvernements respectifs en vue de mettre en œuvre ce partenariat.

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse avec le Premier ministre, Mark RUTTE, en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse conjointe avec M. Mark RUTTE, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas à La Haye

Mark RUTTE : «Monsieur le Président, cher François, à nouveau bienvenue aux Pays-Bas. La France n’est pas un partenaire comme un autre. C’est un allié stratégique pour travailler en Europe et dans le monde pour la sécurité, l’économie et la liberté.

Nous avons beaucoup de points communs et je suis heureux que nous ayons adopté, aujourd’hui, une déclaration commune concernant le partenariat stratégique entre nos deux pays. Ce partenariat est pour les Pays-Bas d’une grande importance. Nous voulons nous y investir.

En fait il s’agit de deux axes : nous devons montrer que l’Europe fonctionne et deuxièmement nous devons faire en sorte que nos entreprises travaillent ensemble afin de créer de la croissance. Cela concerne aussi bien les grandes entreprises que les PME. Ces entreprises-là sont présentes aujourd’hui à Amsterdam.

La France et les Pays-Bas sont des pays fondateurs et nous travaillons souvent à Bruxelles. Nous continuerons à le faire en 2014. Il s’agit d’une année importante pour l’Europe. Il y a les élections pour le Parlement européen et il y aura une nouvelle Commission européenne. Nous avons convenu de deux choses.

Nous allons travailler ensemble pour une meilleure priorisation à Bruxelles avec, comme objectif, une Europe pertinente pour le citoyen, un fonctionnement meilleur pour la croissance et l’emploi : au niveau européen, là où il faut, au niveau national, là où on peut.

Deuxième point, nous souhaitons que la Commission soit plus concentrée. Là où il n’y a pas de plus-value, la Commission ne devra pas être présente. Elle devra être à l’écart. Tout cela est possible. Autrement dit, nous voulons des résultats concrets pour les citoyens.

Les liens économiques entre nos deux pays sont étroits. La France est la deuxième économie en Europe et le troisième partenaire d’exportation des Pays-Bas, 36 milliards d’euros en 2012. Par ailleurs, il y a des investissements importants réciproques, je pense à KLM et Air France, un bon exemple de l’étroitesse de ces liens économiques.

Cet après-midi, nous retrouvons à Amsterdam des chefs d’entreprise française et néerlandaise afin de voir comment nous pouvons approfondir cette coopération économique. Nous avons travaillé et discuté ensemble sur un renforcement de notre économie. Nous nous efforçons, chacun dans son propre pays, de parvenir à ces résultats.

Je veux dire, ici, mon appréciation de la vision et des réformes économiques que le Président a lancées la semaine dernière. Je veux également faire mention de l’opération au Mali. C’est la France qui a pris la tête de l’action pour aider le pays à se stabiliser. Les Pays-Bas apportent une contribution avec des troupes. Nous sommes donc ensemble pour faire de l’Europe et du monde, un monde un peu plus sûr.

Dans ce contexte, j’aimerais aussi dire que le Président HOLLANDE a annoncé aujourd’hui qu’il sera présent lors du Sommet pour la sécurité nucléaire. Je suis très heureux que le Président ait pris le temps de venir nous voir aujourd’hui. Je lui donne la parole. »

 

LE PRESIDENT : « Mesdames, Messieurs, j’ai été très honoré d’être accueilli, d’abord par le Roi et la Reine, ensuite par les Présidentes des deux Assemblées des Pays-Bas, et enfin par mon ami Mark RUTTE avec lequel je travaille au sein du Conseil européen.

Cela faisait effectivement 14 ans qu’il n’y avait pas eu de visites d’un chef de l’Etat français aux Pays-Bas. Sans doute parce que les liens entre nos deux pays sont tellement évidents que nous ne pensons pas toujours nous faire des visites officielles. J’avais néanmoins reçu Mark RUTTE il y a quelques mois à Paris et je souhaitais venir en visite d’Etat à son invitation et à l’invitation du Roi aujourd’hui. D’ailleurs j’ai également invité le Roi à venir à l’occasion du 70ème anniversaire du Débarquement, puisque les Pays-Bas ont été parmi nos alliés à participer à cette grande aventure qui a été la Libération de la France.

C’est vrai que nous avons redéfini notre partenariat stratégique à travers une déclaration qui scelle des engagements communs. D’abord au plan bilatéral, c’est vrai que nous avons des échanges très importants sur le plan économique, qui ont été rappelés - 40 milliards d’euros - et des investissements réciproques tout à fait considérables et à peu près de même niveau. Alors nous pourrions nous satisfaire de cette situation.

Au contraire nous voulons nous en servir pour aller beaucoup plus loin. Cela sera le sens du forum économique qui se tiendra cet après-midi où les grandes entreprises françaises seront présentes. Ce forum permettra à ce que nous nouions encore d’autres coopérations dans le domaine de l’énergie, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement urbain. Ceux qui connaissent bien les relations économiques entre nos deux pays savent que sur l’aéronautique et sur l’aviation, nous avons un groupe commun avec Air France KLM et je pense que c’est un très beau symbole et un très bel exemple.

Ce que nous avons à faire aussi, entre la France et les Pays-Bas, c’est à prendre nos responsabilités en Europe. En effet, la France et les Pays-Bas sont deux pays fondateurs de l’Europe. Je rappelle qu’ici, avant même la création du marché commun, à la Haye, s’était tenu un congrès, en 1948. Il avait déjà tracé la voie de la construction et de l’idée européennes. Participait à ce congrès un jeune parlementaire du nom de François MITTERRAND qui y avait laissé la trace d’un discours.

Aujourd’hui, nous avons d’autres responsabilités à prendre. D’abord à rappeler que la France et les Pays-Bas ont fait en sorte, avec leurs partenaires du Conseil européen, de réaliser l’Union bancaire. C’est sans-doute une étape très importante de la création de l’Union européenne sur le plan monétaire. Certes, il y a eu d’autres étapes et la monnaie unique en est une majeure. Mais l’Histoire retiendra que l’Union bancaire, c’est ce qui permettra à l’Europe de ne plus connaitre de crises financières telles qu’elle les a traversées douloureusement ces dernières années. S’il n’y avait pas eu l’action conjuguée de la France et des Pays-Bas sur les étapes de cette Union bancaire, peut-être n’en serions-nous pas là aujourd’hui et je veux vraiment en féliciter tous ceux qui ont agi.

Nous devons aller plus loin. Mark RUTTE évoque, et il a raison, une méthode qui doit consister, au lendemain des élections au Parlement européen, à donner des priorités claires à la Commission européenne. D’abord, la coordination des politiques économiques : faire que nous puissions avoir plus de croissance dans la stabilité financière.

Seconde priorité, qui doit être autour de l’énergie et le climat, pour que nous puissions réussir en 2015 la Conférence qui se tiendra à Paris sur ce grand enjeu, mais également sur ce que la transition énergétique peut provoquer, procurer comme emplois supplémentaires, innovations nouvelles et surtout activités économiques. Là-dessus nous pouvons agir ensemble. La Commission européenne devra également s’investir davantage sur toutes les questions numériques, technologiques, qui nous permettront d’être les meilleurs dans le monde.

Enfin, je n’oublie pas une dernière priorité qui est l’Europe de la défense et qui doit permettre une meilleure coopération dans le cadre, bien sûr, de nos alliances. A cet égard, je veux remercier les Pays-Bas pour avoir soutenu l’opération au Mali, avoir envoyé 400 soldats et avoir également répondu à toutes les sollicitations sur le plan humanitaire et sur le plan du développement.

Les Pays-Bas ont une grande tradition de défense de la paix et notamment de lutte contre la prolifération. J’ai confirmé ma présence à ce sommet qui aurait lieu à La Haye sur la sécurité nucléaire. J’ai également rappelé combien nous étions mobilisés contre la prolifération chimique. Je tiens à confirmer que la France prendra toute sa part au transport et à la sécurité des armes chimiques qui doivent être détruites. Je parle des armes chimiques venant de Syrie.

A propos de la Syrie, il y a la Conférence de Genève II qui doit se tenir normalement le 22. L’objet de cette conférence n’est pas de convoquer des participants. L’objet de cette conférence, son ordre du jour, c’est la transition. C’est-à-dire le rassemblement de ceux qui prépareront la Syrie de demain. Cela ne peut être, en aucune manière, la prolongation du mandat de Bachar el-ASSAD. La France s’en tiendra à ce seul ordre du jour. Les participants qui viendront à cette conférence devront nécessairement respecter ce qui est à la volonté de ceux qui ont convoqué Genève II, c’est-à-dire la transition politique en Syrie.

Je veux terminer également sur la Centrafrique. Nous en avons parlé avec Mark RUTTE et les membres de son Gouvernement. Il y a, cet après-midi même, une décision qui doit être prise par les ministres des Affaires étrangères européens. Je souhaite qu’elle aille dans le sens d’une opération pour favoriser l’accès de l’aide humanitaire et participer à la sécurité de la Centrafrique. Voilà pourquoi il était très important que je puisse venir, aussi bien pour évoquer les liens qui existent entre nos deux pays, que pour rappeler combien nous sommes engagés dans une construction européenne exigeante, c’est-à-dire capable de convaincre les peuples. Merci. »

 

QUESTION : « Monsieur le Président, Valérie TRIERWEILER est sortie de l’hôpital ce week-end. Je voudrais d’abord vous demander très simplement comment elle va ? Ensuite, on l’a vu depuis ce matin, la presse néerlandaise s’interroge. Valérie TRIERWEILER est actuellement à la résidence de la Lanterne, résidence qui est rattachée à la Présidence de la République. Cela doit-il nous indiquer que Valérie TRIERWEILER reste Première dame. »

 

LE PRESIDENT : « Je vous remercie pour votre question. Elle se repose en ce moment à la résidence de la Lanterne. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire. »

 

QUESTION : « Bert KOENDERS a appelé les pays à mettre à disposition des troupes pour le Mali. Quelle est votre opinion ? Est-ce que des troupes néerlandaises devraient s’y rendre également ? Par ailleurs, qu’attendez-vous en apport financier pour l’aide humanitaire pour la République centrafricaine ? Est-ce que vous allez envoyer des troupes plus tôt, Monsieur le Premier ministre, et quelle est la contribution que les Pays-Bas sont disposés à donner pour la République centrafricaine ? »

 

Mark RUTTE: « En ce qui concerne votre première question, nous nous y préparons et pour l’instant, nous n’avons pas l’intention d’accélérer les choses. Mais nous souhaitons avoir une action au Mali. En ce qui concerne la République centrafricaine, bien entendu, nous en avons parlé. Les Pays-Bas se sentent très concernés par l’Afrique. Nous sommes heureux, très heureux de l’action que la France y a entreprise. Là où nous pouvons soutenir financièrement, nous y sommes bien entendu disposés également au plan logistique. Notre priorité, militairement, c’est le Mali. »

 

LE PRESIDENT : « Les Pays-Bas ont fait beaucoup pour le Mali en envoyant 400 soldats et en participant à une opération européenne de formation, d’accompagnement, d’encadrement des forces africaines, ce que l’on appelle l’EUTM. Je veux vraiment renouveler ma reconnaissance pour cette présence des Pays-Bas et cette présence européenne parce que si la France va se désengager du Mali – j’ai annoncé les chiffres, il n’y aura plus que 1 000 soldats français au printemps prochain – il est clair que les Européens et les forces africaines, dans le cadre d’ailleurs du mandat des Nations Unies, devront rester le temps nécessaire.

Sur la Centrafrique, il y a surtout un besoin d’aide humanitaire. Faut-il encore que cette aide humanitaire parvienne aux populations déplacées ou aux populations qui se sont, hélas, rassemblées autour de l’aéroport pour sauver leur propre vie. Il conviendra d’assurer à la fois la sécurité de cet approvisionnement et donc son accès. C’est ce que j’attends de l’Europe.

Vous savez qu’il y a eu au Conseil européen une discussion sur le principe de cette opération et je constate que la voix de la France a été entendue parce que, là, il s’agit de la voix de la conscience humaine. »

 

QUESTION : « Monsieur le Président de la République, votre hôte Mark RUTTE, Premier ministre néerlandais, est à la tête d’une grande coalition socialo-libérale ou libéralo-socialiste on va dire… Sans espérer une telle coalition en France, est-ce que, Monsieur le Président, vous souhaiteriez quand même obtenir le soutien de l’opposition, notamment dans sa composante centriste sur le pacte de responsabilité et notamment à l’occasion du vote que vous avez décidé, c’est-à-dire l’engagement de la confiance du gouvernement après le printemps ? »

 

LE PRESIDENT : « D’abord, aucune situation n’est comparable. Nous ne sommes pas dans les mêmes traditions politiques, ni même d’ailleurs dans les mêmes institutions. Aux Pays-Bas, c’est un régime parlementaire. En France, c’est un régime semi-présidentiel et avec aussi une composante parlementaire selon les règles que vous connaissez.

Je ne cherche pas à faire du pacte de responsabilité une opération politique, surtout pas. Le pacte de responsabilité, c’est un moment où toutes les composantes de la société française peuvent se rassembler parce que l’essentiel, c’est l’emploi. Et qu’il y aura donc des engagements qui seront pris par les uns et par les autres. Du côté de l’Etat, à travers une baisse des charges sociales et des simplifications qui seront apportées à la vie des entreprises. De l’autre côté, du côté des employeurs, pour favoriser l’embauche et l’investissement. Je souhaite qu’il y ait une mobilisation de tous les acteurs économiques et je m’adresserai à eux demain.

Pour ce qui concerne les familles politiques, il y aura à un moment, effectivement, l’engagement de responsabilité, c’est le cas de le dire, du gouvernement sur ce que l’Etat aura mis dans ce pacte. Chacun aura à se prononcer. Mais je pense que le pire, ce serait de vouloir essayer de faire autre chose que d’assurer plus d’emplois pour les Français. Merci. »

 

QUESTION : « Une dernière question. Aux Pays-Bas, nous connaissons le modèle de concertation où employeurs, salariés, gouvernement se réunissent. Est-ce que c’est également ce que vous aviez en tête la semaine dernière ? »

 

LE PRESIDENT : « Oui, je pense que c’est un bon modèle. En tous cas, il a fait ses preuves. Est-ce qu’il peut être transposé mécaniquement en France ? Je vous l’ai dit. Il y a un certain nombre de traditions. Mais je pense que cette idée d’un grand compromis social où chacun vient avec sa propre responsabilité pour améliorer la situation de l’emploi et faire en sorte que nous puissions garder notre modèle social – tout en le faisant évoluer car il doit évoluer – je pense que c’est, parmi les références que j’ai à l’esprit, ce que j’ai appelé « un compromis social-démocrate ». Mais je ne veux pas ici prendre des mots qui pourraient être mal compris.

Cela se fera avec les organisations françaises. Du côté des employeurs, je pense qu’elles ont voulu s’engager dans un pacte. Il leur a été proposé de le faire. Maintenant, nous devons aussi avoir des contreparties. Merci. »

Type de contenu : VidéoL'allocution lors du déjeuner offert par S.M. le Roi Willem-Alexander en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral de l'allocution

Déclaration lors du déjeuner officiel offert par S.M. le Roi Willem-Alexander à La Haye

Votre Majesté,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames, Messieurs,

Je suis sensible à l’accueil qui m’est réservé aujourd’hui. C’est, depuis quatorze ans, un rendez-vous qui nous manquait. Je suis fier d’être le Président qui vient, après tant d’années, une nouvelle fois, rappeler l’amitié entre nos deux pays. Je veux aussi me tourner vers la reine Beatrix qui a été si précieuse pendant les 33 années de son règne pour renforcer les relations entre nos deux pays.

Je suis venu aujourd’hui pour évoquer un partenariat stratégique entre nos deux pays que scelle une déclaration rédigée avec le Premier ministre.

Nos liens sont inscrits dans l’Histoire. Vous avez bien voulu rappeler un souverain qui avait été français et qui a pu vous apporter le Code civil - vous l’avez néanmoins enrichi depuis, heureusement, et modernisé. Parfois, vous avez été précurseurs, y compris par rapport à des évolutions législatives que nous n’avons connues que récemment en France.

Nos liens sont inscrits dans l’Histoire. Vous auriez pu remonter à plus loin – au Duc de Bourgogne, dont témoigne encore aujourd’hui votre devise en langue française : « Je maintiendrai ! ». Ce qui est un bon principe et qui vaut dans tous les pays !

Nos liens sont également façonnés par la culture. Descartes, Molière, Racine, Diderot ont trouvé ici, dans ce que l’on appelait vos provinces, une terre de liberté de pensée et d’expression et un humanisme qui a pu les protéger. D’ici, des Pays-Bas, ont rayonné dans toute l’Europe, les idées les plus modernes.

La France aussi est fière d’avoir accueilli plusieurs de vos grands penseurs qui ont exercé une influence majeure à Paris : Grotius qui a posé les principes du droit international qui nous obligent encore aujourd’hui et notamment à agir lorsque la paix est en cause ; et puis Huygens qui a fondé notre Académie des sciences. Chaque fois qu’un prix Nobel est remis à la France, vous en êtes donc, si je puis dire, aussi récipiendaire.

Notre mémoire commune est aussi marquée par des épreuves, celles qui nous ont unies au cours du siècle dernier. Je pense aux guerres. C’est contre la barbarie que nos soldats ont combattu ensemble en Zélande en 1940 en en Drenthe 1944. Nous n’oublions pas que la brigade néerlandaise « Princesse Irène » qui a débarqué à Romanches au mois d’août 1944. J’espère, Majesté, que nous pourrons être réunis cette année pour commémorer le 70ème anniversaire de la Libération de la France.

Aujourd’hui, la relation entre nos deux pays est forte, vivante. Nos échanges économiques sont importants et de grande intensité : 40 milliards d’euros. Presque autant d’investissements français, ici aux Pays-Bas mais également néerlandais en France. Il y a plus de 1 000 entreprises françaises. Elles n’ont pas pu être toutes invitées aujourd’hui mais les principales sont ici. Vous avez rappelé Air France / KLM. On aurait pu en citer d’autres, tant ce regroupement et ce rassemblement a donné un exemple fructueux pour d’autres entreprises. Il y a 500 entreprises néerlandaises qui sont présentes également en France.

Nos concitoyens aussi se rapprochent de plus en plus. Il y a des étudiants qui viennent ici apprendre. Il y a également des chercheurs qui coopèrent dans tous les domaines. Il y a des touristes nombreux. La France est la première destination des touristes néerlandais. Nous en sommes fiers car il y a concurrence. Et ce n’est pas la proximité qui explique simplement ce succès.

Nos villes ont appris à coopérer comme en témoigne l’accord qui a été conclu en février 2013, par les maires d’Amsterdam et de Paris, pour lancer de nouveaux projets d’urbanisme et également promouvoir des industries créatives.

Nous pouvons néanmoins faire plus et c’est le sens de l’action que nous avons décidée de conduire Mark RUTTE et moi-même. Les Pays-Bas et la France sont d’abord des pays fondateurs de l’Europe – vous l’avez rappelé – qui doivent donc mobiliser toute leur énergie pour franchir les nouvelles étapes de cette construction européenne.

Mais nous sommes également deux pays dont le scepticisme est grand à l’égard de l’Union européenne. Nous en avons constaté en 2005 l’ampleur. Nous devons donc, à chaque fois que l’Europe est en cause, penser aux idées qui ont justifié sa création. C’est ici, à La Haye, qu’a été posé en mai 1948, lors de ce fameux Congrès, le premier acte de la volonté européenne.

Je n’oublie pas non plus que c’est à Maastricht que l’Europe a décidé de l’Union monétaire et donc de la monnaie unique. L’Europe a naturellement été au cœur des entretiens que nous avons eu ensemble et avec le gouvernement, comme avec les Présidentes des Chambres des Etats généraux.

J’ai retenu que l’accord entre nos deux pays est plus grand qu’on ne le dit généralement et que nous avons ensemble posé les bases de ce que pourrait être le travail de la Commission européenne au lendemain du renouvellement du Parlement. Une conviction nous anime, et elle est forte : ce n’est pas en défaisant l’Europe que nous préparerons l’avenir. C’est au contraire en faisant que cette Europe soit plus unie, plus efficace, plus claire sur ses objectifs que nous protégerons nos peuples et rendront nos pays plus forts.

2014 est une année importante pour l’Europe. Notre responsabilité doit être de donner confiance et espoir aux peuples européens, de lutter contre toutes les peurs, toutes les angoisses, dont certains utilisent l’intensité pour justifier, en fait, la fin du projet européen. Nous formulerons donc les propositions nécessaires pour permettre à l’Union économique et monétaire de retrouver la stabilité – c’est fait – mais aussi la croissance et l’emploi.

Nous voulons que la France et les Pays-Bas soient ensemble pour les rendez-vous, ceux qui nous attendent, et pour porter le projet européen. Vous avez dit que le Tour de France allait, en 2015, partir d’Utrecht. C’est dire si nos deux pays maintenant sont unis ! Ce que certains souverains n’avaient même pas imaginé, le Tour de France va être capable de le réaliser. C’était donc le plus beau symbole que vous pouviez offrir et je suis heureux de pouvoir, à mon tour, lever mon verre à l’amitié entre nos deux pays.

Type de contenu : VidéoDiscours au sein de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte du discours

Discours lors de la visite de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC)

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Directeur général de l’OIAC,

Mesdames, Messieurs, qui contribuez à l’action de cette organisation,

C’est un honneur d’être le premier chef d’Etat français à venir visiter le siège de cette grande organisation. Elle contribue à la paix et la sécurité en luttant contre la prolifération chimique et en participant à la destruction des stocks existants.

Le Prix Nobel, qui vous a été remis en 2013, saluait à la fois l’engagement de votre organisation, la qualité de son travail, mais aussi les périls que la prolifération chimique est capable de produire car les armes chimiques ont été utilisées.

Elles ont été utilisées dans le passé. C’est ce qui a justifié, dès 1925, les protocoles qui affirmaient déjà l’interdiction générale et absolue de l’emploi de telles armes, et qui impliquaient de garantir l’effectivité de cette obligation. Mais il a fallu qu’en 1993, c’était à Paris, une Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques soit enfin signée. Ce qui oblige la France à être totalement partie prenante de votre organisation.

Vous vous êtes mis au travail très vite. Entre le moment où était signée la convention – 1993 à Paris – et le moment où vous avez pu engager vos premières initiatives : 4 ans seulement. Puisque c’est en 1997 que vous avez commencé la mission qui vous avait été confiée.

Depuis, c’est-à-dire en 16 ans, des progrès considérables ont été faits. D’abord, 190 Etats sont aujourd’hui parties prenantes à la Convention. Il en reste six, je dis bien six, dans le monde qui n’en sont pas encore membres. Je leur conseille vivement d’y adhérer. Nous ferons tout, avec notre diplomatie, pour les convaincre parce que c’est un enjeu qui ne peut pas ne pas être partagé. Il est mondial, il est global.

Seconde preuve de votre succès, c’est la destruction par les Etats possesseurs d’armes chimiques de leurs stocks. C’est en bonne voie. Votre organisation veille aussi à ce que les armes chimiques ne puissent plus réapparaître, ce qui pourrait être un nouveau risque. Vous avez donc assuré la pleine effectivité, la pleine universalité de la mise en œuvre de la Convention de Paris.

Mais, je le dis, s’est produit, le 21 août 2013 en Syrie, un acte innommable, inqualifiable, l’utilisation des armes chimiques. Une mission a été mandatée par le Secrétaire général des Nations Unies et a été menée par le Docteur SELLSTRÖM – ses préparatifs ont été assurés ici-même. Cette mission est parvenue à des conclusions accablantes avec une responsabilité évidente du régime. C’est pourquoi, il ne pouvait pas être question de rester sans réponse face à un tel acte.

La France a exercé la pression qu’il convenait de mener, c’est-à-dire y compris avec la menace du recours à la force. Cette action, conduite avec d’autres et la communauté internationale dans son ensemble, a permis d’aboutir au résultat que l’on sait, c’est-à-dire l’adhésion de la Syrie à l’OIAC et son engagement de détruire ou de faire détruire par votre organisation l’ensemble de l’arsenal chimique d’ici mi-2014.

Je rappelle que le Conseil de sécurité des Nations Unies a apporté sa garantie à ce processus en reconnaissant qu’en cas de manquement aux obligations fixées, ce serait le chapitre VII de la Charte de l’ONU qui serait invoqué, c’est-à-dire l’usage de la force.

Votre organisation travaille donc sans relâche pour atteindre les objectifs qui ont été fixés par la communauté internationale. Puisque je suis ici, je veux saluer tous les inspecteurs, tous les agents, tous les scientifiques qui apportent leurs concours à cette entreprise (parce qu’elle est essentielle pour la paix du monde) : procéder au désarmement chimique d’un pays, la Syrie, alors que le conflit est encore, hélas, en cours.

A ce propos, puisque j’évoque la Syrie, la Conférence de Genève qui doit se tenir le 22 janvier ne peut porter que sur la transition politique. Tout autre objectif – c’est-à-dire pour le régime la perpétuation de son système – ne peut pas être envisagé. Tous les pays qui doivent être membres ou qui ont été invités à y venir doivent accepter l’ordre du jour et seulement cet ordre du jour, c’est-à-dire la transition politique. Aucun pays ne peut venir à la Conférence de Genève, s’il n’a pas pleinement adhéré à l’objectif qui doit être celui de la Conférence.

Pour terminer, vous montrez qu’il est possible d’agir, que les périls peuvent être conjurés, que des armes peuvent être détruites. Quand beaucoup s’interrogent sur le rôle des organisations internationales, sur la capacité de pouvoir faire prévaloir le droit, votre organisation fait la démonstration que, quand il y a une mobilisation internationale, quand il y a une volonté portée par la communauté mondiale, et quand il y a un instrument et une organisation pour traduire les engagements, nous pouvons réussir. C’est cet hommage à votre organisation qui nous rend confiants dans les possibilités de paix dans notre pays et dans notre monde. Merci.

Type de contenu : VidéoIntervention lors du forum économique avec les chefs d’entreprise français et néerlandais

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe script de l'intervention

Discours lors du forum économique avec les chefs d’entreprise français et néerlandais à Amsterdam

Monsieur le Premier ministre, cher Mark,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise,

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’être accueilli comme chef d’Etat dans cette visite exceptionnelle qui m’est accordée par les autorités néerlandaises. Je m’exprime ici, dans un lieu magnifique qui est chargé d’histoire et, en même temps, porteur d’avenir.

La rencontre que nous avons eue cet après-midi entre les chefs d’entreprise de France, des Pays-Bas, me confirme une nouvelle fois que nous avons beaucoup plus d’intérêts communs que nous le croyons.

C’est souvent vrai en amitié. On pense que l’on n’a pas besoin de se donner des preuves tellement elle est évidente. Il est nécessaire à certains moments, à certaines époques - et pas forcément tous les 14 ans puisque cela fait 14 ans qu’un chef d’Etat français n’est pas venu ici aux Pays-Bas - il est bon qu’à certains moments, nous nous rappelions ce que nous avons déjà fait ensemble et ce que nous pouvons faire encore, nos deux pays réunis.

Il y a un nouveau contexte économique qui s’ouvre en Europe. Pendant des mois et des mois, la seule préoccupation qui animait les chefs d’Etat et de Gouvernement, ainsi que la Banque centrale européenne, c’était de savoir si nous pourrions sortir la zone euro de son instabilité, préserver l’intégrité-même de cette zone euro, dès lors que certains pays paraissaient incapables de pouvoir y rester.

La seule question qui nous occupait, c’était de mettre en place des instruments de stabilité, ce que nous avons fait. Pendant des mois, nous avons construit l’union bancaire, qui paraissait une utopie dans le cadre d’une crise financière qui avait frappé les établissements et qui avait conduit un certain nombre d’Etats à, même, nationaliser des banques pour éviter le pire. Nous avons réussi. Tout n’est pas réglé mais l’essentiel est fait.

Quelle est notre responsabilité désormais ? C’est de mettre l’Europe sur le chemin de la croissance et de la compétitivité. La question qui est posée aux Européens, c’est de savoir s’ils resteront une zone qui, sans doute a un passé glorieux, a un présent plus difficile et s’il est possible de faire de cette zone un leader du monde. Car nous ne devons jamais oublier que l’Union européenne, c’est la première puissance économique du monde.

Je sais que nos deux pays sont profondément européens. Nous sommes les fondateurs, mais nous sommes aussi des pays où le scepticisme est grand et où nos peuples se posent toujours la question de savoir si l’Europe nous entraîne ou si elle nous entrave. Alors, nous devons montrer qu’un nouveau temps est venu et que les Européens vont construire ensemble un destin commun, mais fondé sur une économie dynamique.

Nos deux pays ont également eu à faire face à un redressement, un rétablissement des comptes publics et également à un effort de compétitivité. Nous n’avons pas encore atteint tous nos objectifs mais nous sommes sur le bon chemin.

Si je viens ici devant vous, ce n’est pas pour parler simplement du passé ou des liens qui nous unissent. C’est pour proposer une forme de nouvelle alliance entre les Pays-Bas et la France, pour porter un message européen. C’est aussi pour nous mettre le plus possible en capacité, nos deux pays, de sortir le plus vite possible de cette croissance trop faible, pour montrer que nous avons de grandes entreprises qui travaillent ensemble et qui sont des leaders mondiaux.

Je veux souligner l’importance de nos échanges. Mark a rappelés ces chiffres : la France est le troisième client des Pays-Bas, les Pays-Bas sont notre septième fournisseur. Le volume de nos commerces extérieurs bilatéraux dépasse 40 milliards d’euros. Les investissements français aux Pays-Bas sont de l’ordre de 38 milliards d’euros et ce que les Néerlandais font en France en termes d’investissement, est proche de 34 ou 35 milliards d’euros. C’est considérable. Nous pourrions d’ailleurs considérer que nous avons atteint nos objectifs, sauf la France parce que nous avons un déficit du commerce extérieur avec les Pays-Bas. Mais je ne suis pas venu ici pour simplement demander que l’on achète davantage français, même s’il faut y songer.

Je pense que nous devons ensemble élever encore le niveau de nos échanges et de nos investissements. Je sais que l’économie néerlandaise est très ouverte, très dynamique avec un port, Rotterdam, qui est le premier port européen et qui permet d’avoir la moitié de notre commerce extérieur qui passe par ce port.

Les entreprises françaises doivent donc venir aux Pays-Bas pour tirer tout le bénéfice de cette situation. A l’inverse, j’invite les entreprises néerlandaises, et elles sont nombreuses - 500 sont déjà implantées en France - à participer aussi au renouveau industriel que nous voulons promouvoir et à la compétitivité que nous devons rétablir. C’est le sens du pacte de responsabilité que j’ai annoncé et qui doit mobiliser tous les acteurs, qui doit convaincre tous les partenaires, que la France est un terrain d’investissement possible, une source de création de richesse. Il doit y avoir de la visibilité.

Nous avons, je l’ai dit, déjà des coopérations industrielles ou économiques tout à fait significatives. Nous avons tous cité, Mark et moi-même, d’autres tout au long de la journée, la référence, l’exemple, d’Air France KLM. Mais on aurait pu également parler de Schiphol et Aéroports de Paris, de Connexion et Transdev et tant d’autres entreprises. Nos énergéticiens, Total, GDF Suez, occupent un rôle de premier plan ici en matière d’exploration, de production de gaz naturel, notamment dans la mer du Nord. J’aurai pu également parler d’Alstom sur le marché des transports, puisqu’il y a 1 000 entreprises françaises qui sont présentes sur le marché néerlandais.

Mais ce que je souhaite, c’est que l’on puisse constituer davantage de partenariats. Dans quels domaines ? Cela a été l’objet de votre séminaire. Nous pouvons évoquer l’aéronautique, le transport, les biotechnologies, l’énergie, les nouvelles économies numériques. Tout cela fait partie de ce que nous avons à faire ensemble.

L’intérêt de cette réunion, ce n’est pas simplement de nouer des alliances pour nos marchés respectifs. C’est d’être capable d’être présents sur les marchés extérieurs partout dans le monde.

Je suis pour que, dans l’Europe, il y ait des leaders mondiaux, c’est-à-dire que des entreprises puissent se former sans crainte pour la concurrence et avoir la capacité de pouvoir peser sur le marché mondial. C’est cela l’enjeu. L’innovation dont nous avons parlé est l’élément essentiel si nous voulons y parvenir.

Dès lors, nous devons regarder ce que nous pouvons faire ensemble. Vous avez choisi deux sujets.

Le premier, c’est l’énergie. C’est la grande question pour les prochaines années. Nous savons tous qu’il va y avoir une transition à accomplir, à la fois fondée sur une certaine sobriété dans la consommation, économiser l’énergie, sur la recherche de nouvelles sources d’énergie, le renouvelable, sur la capacité qu’à chaque pays d’avoir ses propres facteurs énergétiques, ici le gaz, en France, le nucléaire. Mais être capable de pouvoir avoir cette sécurité énergétique avec des prix et des coûts les moins élevés possibles c’est un élément essentiel pour la compétitivité.

Je suggère donc que sur ce sujet-là - il y a de grandes entreprises néerlandaises, de grandes entreprises françaises - nous puissions être les plus dynamiques pour convaincre l’Europe de faire cette communauté de l’énergie.

Le second sujet que vous avez évoqué, c’est la ville durable, c’est-à-dire qu’est-ce que nous allons imaginer comme développement urbain dans les prochaines années ? Comment allons-nous vivre ? Nous pouvons avoir des expériences que nous pouvons partager. Il y a des entreprises, en France, aux Pays-Bas, qui sont les meilleures en termes de transports, de mobilité, de traitement des déchets, de traitement de l’eau. Je crois que nous pouvons aller vers la conquête de marchés extérieurs.

Tout pays doit se demander sur quel secteur il sera, demain, l’un des premiers au monde. Les Pays-Bas ont fait cet effort, ont choisi 9 secteurs. Le dixième étant les sièges sociaux, où vous avez une certaine force compétitive - je le reconnais - qui doit nous amener aussi à réfléchir. Vous avez choisi 10 secteurs où vous pensez pouvoir être les meilleurs. Ce sont souvent d’ailleurs les mêmes que ceux que nous avons choisi : l’énergie, la chimie, l’économie du vivant, les biotechnologies et, d’une manière générale, le numérique ainsi que tout ce qui est relatif aux transports.

Mais qu’importe, chaque pays doit se dire : sur quoi nous pouvons faire la différence. Et nous pouvons à partir de cette sélection, de ces priorités, nous retrouver. Car je l’ai dit, il y a des domaines communs et nous pouvons apporter à chacun de nos pays nos propres expériences.

Les Etats sont forcément concernés, les gouvernements, en faisant en sorte d’apporter des soutiens pour l’innovation, la recherche, la formation. C’est ce que nous faisons. Les villes peuvent également apporter leur réflexion et je me suis réjoui qu’il y ait eu un accord entre les maires de Paris et d’Amsterdam pour ouvrir la voie à une coopération.

Nous avons adopté une déclaration bilatérale sur notre partenariat. Mark RUTTE et moi-même avons voulu qu’il y ait une dimension économique qui soit forte dans cette volonté commune d’action. Ce qui nous importe c’est d’insister sur le rôle des PME, parce que nous voulons qu’il y ait plus de PME qui soient dans le courant de nos échanges et également sur la priorité qui doit être donnée à l’innovation. Partout, dans tous les domaines, les pays les plus performants seront les pays où l’innovation aura été le plus développée.

On m’a posé beaucoup de questions au cours de cet après-midi, beaucoup de chefs d’entreprise ont voulu en savoir davantage sur le pacte de responsabilité. Mais vous savez vous ce que c’est un pacte de responsabilité, parce que si Louis Bonaparte vous a apporté le Code civil, vous vous nous avez apporté une forme de compromis social que vous avez expérimentée pendant des années, et plus récemment que l’expérience que vous avez pu connaitre d’un monarque français.

J’en ai donc tiré des leçons. Nous devons faire en sorte à un certain moment d’avoir un objectif commun. Quel est cet objectif pour un pays : l’emploi, la capacité d’avoir plus de croissance, la compétitivité et donc de rassembler les forces vives autour de cet objectif, c’est ce que vous faites et c’est ce que nous avons aussi à faire.

Je veux terminer sur deux sujets dont on ne parle pas assez souvent dans ce type de réunion et qui pourtant sont essentiels. Le premier c’est le tourisme, parce que c’est un facteur aussi de création de richesse. Nous, nous sommes très fiers, les Français, d’accueillir trois millions de Néerlandais chaque année. Ce qui fait qu’il y en a quinze millions qui ne viennent pas, ce qui est quand même un problème. Mais c’est la première destination, pour les Néerlandais, venir en France.

Maintenant je comprends pourquoi - Mark a donné la raison - c’est parce que la Tour Eiffel est éclairée par une société néerlandaise, mais nous devons faire en sorte et c’est vrai également que plus de touristes français viennent ici ils, sont déjà nombreux au Pays-Bas.

Nous devons considérer cet enjeu non pas simplement de manière bilatérale, non pas simplement comme une volonté européenne, c’est un enjeu mondial le tourisme, parce qu’il y aura des millions et des millions de citoyens qui viendront partout dans le monde, notamment des pays émergents, Chinois, Indiens, Brésiliens et tant d’autres, qui voudront venir connaitre notre Europe. Et nous devons les accueillir de la meilleure des façons.

Deuxièmement, si nous voulons - et cela a été marqué par des accords qui ont été signés - que nos peuples se connaissent davantage, que nos étudiants travaillent ensemble, portent des recherches communes, alors nous devons multiplier les échanges et faire en sorte que nos universités françaises, néerlandaises, puissent être des lieux d’excellence. Et je crois que c’est la perspective que nous avons ouverte.

Voilà Mesdames et Messieurs, cher Mark, ce que je voulais dire devant vous. La France et les Pays-Bas, je l’ai dit sont deux pays fondateurs de l’Europe, cela nous crée des responsabilités.

D’abord, de faire aimer l’Europe, vaste tâche, immense travail, et pourtant c’est absolument indispensable si on veut lutter contre le populisme. Faut-il encore que cette Europe soit aimable, c’est-à-dire qu’elle soit capable d’être plus cohérente, plus claire, plus efficace, plus orientée vers la croissance et l’emploi.

Mais nous devons toujours parler de cette grande idée qui est née ici aux Pays-Bas, en 1948 au Congrès de La Haye, après la guerre, où des jeunes parlementaires - François Mitterrand en était un à cette époque - étaient venus témoigner de leur engagement pour l’Europe.

Cette belle idée elle ne doit pas s’éteindre, elle doit se travailler, elle doit se façonner avec les défis d’aujourd’hui et surtout de demain. C’est parce que nous sommes deux vieilles nations, deux grands peuples avec une grande histoire, pour chacun d’entre nous, que nous devons avoir une volonté pour cette Europe de demain.

J’ai été heureux de participer à cette journée où, plusieurs fois, il a été évoqué la culture française et parlé la langue française. Et quand il y a ce souci de nous faire cette élégance, je vous donne toute ma reconnaissance et – hélas - je n’aurai pas la politesse de vous parler en néerlandais, mais simplement en européen.

Merci.

Type de contenu : VidéoAllocution du chef de l’Etat devant la communauté française à Amsterdam

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe script de l'intervention

Discours devant la communauté française à Amsterdam

Mesdames, Messieurs, qui représentez la communauté française, ici, aux Pays-Bas,

Je tenais à vous saluer et à vous rencontrer. Je suis venu pour cette visite d’Etat avec trois ministres, de nombreux chefs d’entreprise, également des parlementaires, des présidents de groupes d’amitié, le député qui représente cette circonscription.

Il y avait 14 ans qu’un Président de la République française n’était pas venu ici aux Pays-Bas. Comment expliquer cette longue absence ? Tout simplement parce que, quand deux pays sont à ce point amis, il est tentant de penser qu’il n’est pas besoin de venir le rappeler.

Pourtant, si cela avait duré trop longtemps, on aurait pu s’interroger. J’ai souhaité faire cette visite et j’ai été, c’est-à-dire vous, parce que je vous représente, j’ai été très bien accueilli. D’abord par le Roi, la Reine, par le Premier ministre, Mark RUTTE, par les deux présidentes des assemblées des Pays-Bas. Deux présidentes, ce n’est pas en France que l’on verrait une chose pareille. Enfin, pas pour le moment, cela viendra, surtout si demain la loi sur le non-cumul des mandats est enfin votée.

J’ai été reçu par les chefs d’entreprise de la chambre de commerce, et d’autres qui ont bien voulu les rejoindre, entreprises néerlandaises, entreprises françaises, dans ce lieu magnifique. Je vous retrouve à l’instant, vous qui êtes les Français qui à la fois servez les Pays-Bas. Par vos activités, parce que vous êtes des représentants d’entreprises, parce que vous êtes aussi des enseignants qui permettez l’échange des savoirs, parce que vous êtes aussi des professions libérales, parce que vous êtes venus comme touristes et vous êtes restés. Cela peut arriver, il y a de nombreux binationaux. Parce que vous êtes fonctionnaires au service de la France, mais vous permettez aussi aux Pays-Bas de mieux connaître notre pays.

Bref, vous servez le pays qui vous accueille et vous servez la Nation française. C’est la raison pour laquelle, à chacun de mes déplacements, et même si je suis toujours en retard, je tiens à avoir ce moment - trop bref - de reconnaissance à l’égard des Français de l’étranger.

Entre nos deux pays, je l’ai dit, nous avons des échanges multiples : culturels, touristiques, économiques. Sur le plan commercial, c’est vrai que nous sommes, les Pays-Bas comme pour la France, de bons clients. Nos échanges représentent à peu près 40 milliards d’euros, c’est considérable. Nous avons également des investissements nombreux d’entreprises françaises, ici aux Pays-Bas, et nous avons de même des investissements néerlandais en France, autour de 35 à 40 milliards d’euros.

1 000 entreprises françaises sont présentes aux Pays-Bas, et 500 entreprises néerlandaises en France. Alors, nous pourrions nous satisfaire de cette situation mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, nous avons encore plein de projets, notamment dans le domaine de l’énergie, de l’agroalimentaire, de l’économie du vivant, bref autour de l’innovation. C’est vrai qu’il y a des symboles, ici, de ce que nous pouvons faire ensemble sur le plan économique et Air France KLM a été cité abondamment. C’est une grande entreprise européenne, franco-néerlandaise mais de taille mondiale. C’est ce que nous devons d’ailleurs faire.

Si nous voulons que l’Europe reste la première puissance économique du monde, elle doit avoir des leaders à l’échelle de la planète et ne pas craindre pour la concurrence, parce que cela ne doit pas être un critère qui doit nous empêcher de grossir, de prospérer et de nous regrouper.

Nous avons aussi évoqué tout ce que nous pouvons faire sur le plan de l’innovation, de la science, parce que nos deux pays investissent dans ces domaines. Il y a eu des accords tout à fait intéressants qui ont été passés entre des instituts de recherche français et néerlandais. Je veux saluer ici, j’imagine, un certain nombre de ceux qui se dévouent pour cette cause.

Nous avons également souhaité qu’il y ait beaucoup plus d’échanges universitaires car si nous voulons qu’il y ait, là-encore à l’échelle du monde, des grandes universités qui pèsent, nous devons aussi rapprocher les nôtres entre la France et les Pays-Bas.

Je dois dire que la Francophonie trouve sa place ici, et que toutes les autorités qui m’ont reçu ont veillé à parler le français, créant une certaine gêne de ma part de ne pouvoir leur répondre dans la langue du pays, malgré le nom que je porte, ce qui est quand même un comble. J’ai mis cela sur le compte qu’un Président de la République française ne s’exprime qu’en français. Je suis resté sur des exigences protocolaires.

Cela prouve aussi l’intérêt et la curiosité à l’égard de la culture, de la langue française que vous devez aussi promouvoir Je remercie tous ceux qui la servent, les alliances françaises, le réseau des établissements d’enseignement. On m’a dit qu’il y avait un grand lycée. Il y a toujours des grands lycées français, le lycée Van Gogh. Je pense qu’il y a ici des enseignants et des personnels qui s’y dévouent. Au premier rang comme de bons élèves. Je les en remercie parce que, contrairement à bien des idées reçues, les élèves qui sont accueillis ne sont pas seulement des enfants des Français qui vivent ici. Nous faisons en sorte, précisément, de permettre à des Néerlandais ou à des familles d’autres nationalités, de pouvoir avoir l’accès à notre système d’éducation, qui est excellent. Quand je regarde les résultats des lycées français de l’étranger, je devrais dire à certains parents d’aller mettre leurs enfants dans ces écoles. Mais ils n’en n’ont pas les moyens parce que c’est cher. Je sais que c’est aussi une de vos préoccupations.

Je suis également allé visiter une organisation internationale qui est présente, ici aux Pays-Bas, et qui lutte contre la prolifération chimique. C’est pour nous une grande satisfaction. Pourquoi ? Parce que c’est à Paris qu’a été signée la Convention sur l’interdiction et surtout la destruction des armes chimiques. Cette organisation, l’OIAC, s’est installée aux Pays-Bas mais a comme vocation de détruire, non seulement les stocks qui existaient de par le monde, mais également de lutter contre ceux qui étaient supposés les utiliser.

Or, c’est bien ce qui s’est passé en août 2013 où un régime qui n’écoutant que sa lâcheté a utilisé ces armes. C’est parce qu’il y a eu la pression française, pas seulement française -j’étais fier de pouvoir dire que nous étions prêts à recourir à la force pour mettre un terme à ces exactions- c’est parce qu’il y a eu la pression internationale, y compris avec cette menace, que la Syrie, enfin le régime, a fini par adhérer à cette organisation et maintenant le processus de destruction des armes chimiques est engagé. C’est aussi cela la diplomatie française. C’est aussi cela la communauté internationale. Elle est ici représentée.

Elle est représentée aussi par la Cour internationale de justice. Je n’oublie pas que c’est un hollandais, GROTIUS, qui a posé les principes du droit international, ce qui permet aujourd’hui à Jean-Pierre COT de pouvoir être membre de cette intuition.

Mais il y a également la Cour pénale internationale, qui est aussi une œuvre non pas de la diplomatie française - c’est une œuvre de la communauté internationale - mais à laquelle la diplomatie française a travaillé pendant des années et des années. Nous devons défendre ces lieux du droit international, notamment pour la Cour pénale, parce qu’elle punit des dictateurs par rapport à des crimes qui ont pu être commis.

L’Europe, c’est une économie. Nous devons la redresser. L’Europe, c’est une zone monétaire, nous devons, et nous y avons réussi, la stabiliser. Mais l’Europe, c’est aussi une communauté de valeurs, ce sont des principes, ce sont des références. Nous ne devons jamais perdre cette belle idée qui a fait que, au lendemain de la guerre, il y a eu cette utopie qui est devenue réalité.

J’ai rappelé au cours de cette journée que ce fût à La Haye en 1948, qu’un congrès avait réuni des parlementaires venant des pays qui s’étaient pourtant affrontés quelques années plus tôt et qui a posé les bases de ce que pouvait être le projet européen.

Parmi ces parlementaires, il y avait un jeune qui s’appelait François MITTERRAND et qui avait exprimé là son enthousiasme pour l’Europe et qui, des décennies plus tard, à Maastricht, a voulu, toujours aux Pays-Bas, qu’il y ait la création de la monnaie unique. En France, ce fût un projet controversé mais aujourd’hui, cette monnaie unique, même s’il a fallu se battre pour en préserver la qualité et surtout l’intégrité de la zone euro, c’est ce qui nous réunit, c’est ce qui nous permet de fédérer cette zone euro qui doit devenir demain une Europe d’avant-garde.

Alors, ne perdons jamais confiance dans les principes de l’Europe. Vous qui vivez ici, vous êtes encore plus animés que d’autres de cette exigence, de cette volonté, qu’il faudra faire partager au moment des élections pour le renouvellement du Parlement européen.

Quand je rencontre les chefs d’Etat et de gouvernement, ils sont tous en train de se dire : « cela arrive, comment on y va devant ces élections », en disant que nous ne sommes pas fiers de l’Europe, de ce qu’elle a fait depuis des décennies. On y va en s’excusant, en demandant pardon, en tendant la joue. Cela n’est pas forcément ce qui fait venir les électeurs.

Si l’on veut qu’il y ait un Parlement européen animé de convictions fortes, il faut proposer des ambitions élevées. Qu’est-ce que l’on veut faire sur le plan économique ? Est-ce que l’on veut rester la première puissance du monde ? Qu’est-ce que l’on veut faire sur le plan énergétique ? Qu’est-ce que l’on veut essayer de faire de cette transition pour devenir une référence - notamment par rapport à la question du réchauffement climatique ? Qu’est-ce que l’on veut faire de nos citoyens ? Est-ce que l’on veut échanger sur le plan universitaire, sur le plan de la formation, de la qualification ? Est-ce que l’on veut défendre l’exception culturelle qui n’est pas une exception pour un pays, qui est finalement une liberté pour toutes les cultures du monde ? Est-ce que nous voulons continuer à porter un idéal ? Voilà ce qui va être en cause au moment de l’élection pour le Parlement européen.

Je veux terminer sur le rôle de la France. Nous avons à faire encore notre part du chemin pour retrouver un bon niveau de croissance parce que l’Institut national de la statistique, qui nous fait des prévisions, nous a dit que nous allions avoir une croissance poussive. J’ai trouvé que l’expression n’était pas forcément très heureuse. Je me suis posé la question : comment faire ? Au moment où nous sommes, avec un niveau de chômage qui, même si nous faisons tout pour le stabiliser puis le diminuer, reste trop élevé, que devons-nous faire ? Attendre, attendre que cela aille mieux dans le monde. Mais cela ne va pas si mal quand on regarde ce qui se passe du côté des pays émergents ou des Etats-Unis.

Attendre que l’Europe sorte de ses politiques d’austérité. Il faudra un certain temps. Attendre que la confiance revienne. Comment la stimuler ? Il y a un moment où il faut prendre ses responsabilités. Je les ai prises. J’ai proposé ce pacte de responsabilité, c’est le mot. Tous ceux qui veulent s’engager pour l’emploi et chacun aura à faire leur part d’effort : l’Etat, en diminuant un certain nombre de charges sur les entreprises, les entreprises en embauchant et en investissant. Puis les partenaires sociaux, en s’engageant dans de nouvelles étapes pour le dialogue et pour l’amélioration des conditions de travail et de l’emploi.

Je ne force personne, c’est une affaire maintenant d’intérêt national, parce que nous devons avoir la croissance la plus forte possible. Nous devons donner un espoir aux Français. C’est vrai que nous sommes un peuple curieux, paradoxal. Nous sommes toujours très fiers de nous-mêmes. Certains disent que nous sommes orgueilleux. Pourquoi pas ? S’il est bien placé cet orgueil. Et de l’autre, nous avons tendance à nous dénigrer, à penser que l’histoire est un âge d’or, qu’avant c’était mieux. Il faut demander aux anciens, ils vous diront si c’était mieux.

Il faut que cette France, cette grande France, cette belle France puisse se mettre de nouveau à croire en son destin. Elle a plein d’atouts, je ne vais pas ici les développer, vous en êtes finalement les représentants de ces atouts. Mais pour s’engager dans le progrès, parce que ce sont les Nations qui ont confiance en elles-mêmes qui avancent plus vite, celles qui se regardent, s’observent, se commentent, restent de côté. Voilà l’idée.

Enfin, la France sait aussi prendre ses responsabilités dans le monde. Cela s’est produit en 2013, d’abord dans une intervention au Mali pour lutter contre le terrorisme. Nous étions appelés par les amis africains, soutenus par les Européens et je remercie les Pays-Bas qui ont envoyé plus de 400 hommes au Mali. Nous avons réussi en un an. Personne n’imaginait que cela puisse aller si vite et avec des institutions qui ont été rétablies et un Président qui a été élu démocratiquement au Mali.

Voilà que cette opération paraissait s’achever et un drame surgit en Centrafrique. Que fallait-il faire ? Le Conseil de sécurité des Nations Unies venait de nous donner mandat. Nous aurions pu attendre. Chaque jour qui passait, c’était des dizaines de morts, centaines même qui étaient hélas constatées.

Alors, nos soldats sont repartis en Centrafrique. Ils n’étaient pas loin, ils étaient positionnés au Tchad, au Gabon. Ils sont venus en Centrafrique faire, non pas un combat, mais empêcher des groupes qui ont encore envie d’en découdre. Aujourd’hui, un peu plus d’un mois et demi après la décision que j’ai prise, difficile, avec toujours les mêmes commentaires. Aussitôt venus, on nous demande : « quand est-ce que vous allez partir ? », alors même que la mission n’est qu’à peine commencée. Aujourd’hui, il y a eu deux décisions importantes qui ont été prises.

D’abord par les Centrafricains, qui se sont dotés de nouvelles autorités de transition, choisi un Président, en l’occurrence une Présidente, la maire de Bangui, qui aura à agir pour faciliter la réconciliation et permettre le rétablissement de l’Etat. Nous la soutiendrons. Ce sont les Centrafricains qui ont choisi, sans déterminer, vous savez, d’un temps où - Jean-Pierre COT doit s’en souvenir - c’était la France qui choisissait les départs ou les arrivées de chefs d’Etat africains. C’est fini.

Puis il y a une autre décision, très importante, qui a été prise qui est celle de l’Europe. Vous savez on nous avait dit : « mais la France est seule ». Au mois de décembre, dans un Conseil européen, j’ai dit : « non la France n’est pas seule, elle sera soutenue par l’Europe ». C’est fait. L’Europe vient de décider une opération militaire en appui de celle que nous avons engagée et de la mission africaine. Nous aurons là un apport, et pour la sécurité, et pour l’accès à l’aide humanitaire. Merci l’Europe. Une fois encore, elle a été présente même si la France a été la première.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j’étais venu vous dire. Vous parler de la France, parce que peut-être n’avez-vous pas encore toutes les informations. Vous parler de la France, vous parler de l’amitié entre la France et les Pays-Bas, vous dire combien nous sommes mobilisés, vous et nous, pour faire que notre pays soit reconnu comme un pays utile au monde et un pays capable d’avoir une belle et grande économie. Un pays qui doit avoir confiance en lui-même et c’est vous qui nous donnez cette crédibilité.

Je vous exprime ici ma reconnaissance, ma gratitude et je salue l’amitié entre la France et les Pays-Bas en vous disant : Vive la République ! Vive la France !


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