Déplacement international

Déplacement à Bruxelles à l'invitation du Président de la Commission européenne, M. José-Manuel BARROSO

15 Mai 2013

Lieu : Bruxelles, Belgique

Rubrique : Europe, International, développement et francophonie

Type de contenu : Communiqué de presseLe communiqué de presse

Déplacemen​t à Bruxelles

Le président de la République, François HOLLANDE, se rendra à Bruxelles à l'invitation du Président de la Commission européenne, M. José-Manuel BARROSO, le mercredi 15 mai 2013.

A cette occasion, le Chef de l’Etat sera reçu par le collège des 27 Commissaires européens.

Il participera ensuite à la Conférence des donateurs pour le développement du MALI, co-présidée par M. José-Manuel BARROSO et M. Dioncounda TRAORE, Président de la République du Mali.

 

Entretien avec M. José-Manuel BARROSO, président de la Commission européenne, suivi d’un déjeuner avec le collège des 27 Commissaires européens

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Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse du président de la République à Bruxelles

LE PRESIDENT - Mesdames, Messieurs, j’ai répondu ce matin à l’invitation que m’avait lancé il y a déjà plusieurs semaines, le président de la Commission européenne et j’ai donc rencontré le « Collège ». C’est-à dire l’ensemble des Commissaires européens.

Cela faisait 16 ans je crois, 1997, qu’un président de la République française s’était rendu à une réunion de la Commission. 16 ans. Je voulais donc rattraper le temps perdu.

J’ai d’ailleurs dit aux Commissaires européens que j’étais même prêt, l’année prochaine, pas forcément le 15 mai, car je ne voudrais pas qu’il y ait un rite d’anniversaire, ici, à la Commission pour rappeler que j’ai été investi un 15 mai Président de la République, mais que j’étais donc prêt à venir régulièrement devant la Commission. Pour plusieurs raisons :

La première, c’est pour marquer l’attachement que je porte aux Institutions européennes. Au mois de février, j’étais devant le Parlement européen, aujourd’hui, je suis devant la Commission. Car nous avons besoin d’Europe, nous avons besoin de la méthode communautaire, celle qui a été inventée pour que notre continent puisse avancer. C’est parce qu’il est en difficulté, notre continent, que nous avons encore besoin davantage d’Europe et de méthode communautaire.

La seconde raison, c’est qu’il y a un bilan à tirer de ces derniers mois, de ce qui a été fait pour sortir la zone euro de la crise, pour mettre l’Union européenne sur de bons rails, sur le plan financier, et je voulais en remercier la Commission, qui a joué son rôle avec les chefs d’Etat et de Gouvernement et aussi avec la Banque Centrale Européenne.

Plusieurs grandes décisions ont été prises depuis un an : le Pacte de croissance, c’était au Conseil européen du mois de juin ; le mécanisme européen de stabilité qui a été ratifié en même temps que le pacte budgétaire européen.

 

Il y a eu des efforts pour que la Grèce puisse rester dans la zone euro et c’est la raison pour laquelle aujourd’hui la zone euro a retrouvé une stabilité et la confiance. A tel point, le président BARROSO l’a rappelé, que les taux d’intérêts ont partout baissé. Plus dans les pays au cœur, mais aussi dans les pays qui étaient les plus menacés par la spéculation il y a un an.

Nous avons même introduit à quelques pays une taxe sur les transactions financières. Et il y a eu l’Union bancaire, décidée, engagée.

Si nous avons été capables de faire tous ces choix, d’approfondir l’Union économique et monétaire pour sortir de la crise financière, nous devons aujourd’hui faire les mêmes efforts pour sortir l’Europe de la récession. Car elle est en récession, nous en avons eu la confirmation. Elle l’est depuis plusieurs mois, pour certains pays depuis plusieurs années. Tous les Etats membres sont touchés. La France, comme les autres, moins que les autres, mais comme les autres.

Notre seule ambition doit être la croissance. La croissance d’aujourd’hui et de demain. Cette croissance, elle ne viendra pas d’un abandon des règles ou des disciplines. Ce n’est pas plus de déficit qui fait plus de croissance. Ce qui est vrai, c’est que, moins de déficit très vite, cela fait très vite moins de croissance.

Je salue le pragmatisme de la Commission européenne de considérer que les Etats membres qui ne sont pas encore en dessous de la règle des 3%, pour leur déficit budgétaire puissent atteindre avec un rythme différent ce même objectif. Parce que cela donnera plus de souplesse et permettra plus d’initiatives, mais à une condition : c’est que le temps qui est donné - et je salue le délai qui a été accordé à la France - le temps qui est donné doit être mis au service de réformes, de compétitivité et donc de croissance.

La France, si elle a pu obtenir ce délai, c’est parce qu’elle a réussi, notamment depuis un an - et cela vaudra pour l’année 2013 aussi, c’est-à-dire 2 ans - à faire les efforts de réduction de son déficit structurel. Si je veux prendre les 4 dernières années, nous allons atteindre 4% de réduction du déficit structurel, dont la moitié depuis que je suis élu. Et c’est parce qu’il y a eu cet effort qu’il y a cette confiance.

Nous avons, nous en France, engagé des réformes de compétitivité : le pacte de compétitivité, la réforme du marché du travail. Et nous allons continuer. Nous allons poursuivre, non pas parce que l’Europe nous le demanderait, mais parce que c’est l’intérêt de la France. Et parce que le problème de l’Europe, c’est qu’il y a des écarts de compétitivité, et notamment dans la zone euro, qui empêchent qu’il y ait cette cohérence dans la politique économique. Ce n’est pas tant les déficits budgétaires – bien sûr, qu’il faut corriger – que les déficits de compétitivité qu’il faut résorber.

Le président BARROSO a dit qu’il faut rattraper vingt ans en France. C’est parce qu’il a une vision rétrospective longue et qu’il voulait ne pas prendre parti et entrainer toutes les majorités précédentes. Mais c’est vrai qu’il y a un écart de compétitivité qui s’est créé ces dernières années. Et donc la responsabilité, ma responsabilité, c’est de prendre, avec le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT, les décisions pour la croissance et pour la compétitivité, et je l’ai rappelé devant le Collège des Commissaires.

Sur le plan européen, nous avons aussi à agir pour la croissance. Ce qui veut dire, d’abord, pour l’emploi des jeunes et je rappelle que, dans le cadre financier européen, il y a six milliards d’euros qui ont été dégagés sur la proposition de la Commission et du président VAN ROMPUY pour que nous puissions agir pour l’emploi des jeunes.

Mais nous devons faire davantage, et notamment ce sur quoi nous avons échangé entre nous au cours de ce déjeuner :

- une politique industrielle. Aussi bien des secteurs comme l’aéronautique et l’automobile que des nouvelles technologies. C’est cela le rôle de l’Europe. Elle doit veiller à la concurrence mais elle doit aussi donner l’impulsion nécessaire, et la France y prendra toute sa part.

- la politique énergétique. Je veux que ce soit un domaine d’action majeur pour l’Europe : énergies renouvelables, action sur les prix, préparation de l’avenir, efficacité énergétique, lutte contre le réchauffement climatique et l’enjeu, là encore, de compétitivité.

- Nous avons aussi évoqué la fiscalité. Parce que l’Europe, sans qu’il en coûte quoi que ce soit au contribuable, peut permettre aux Etats d’avoir plus de recettes si nous luttons contre la fraude, si nous agissons contre les paradis fiscaux, si nous permettons la bonne application des lois que nous votons - ce qui peut également se faire dans le cadre d’une harmonisation fiscale. La lutte contre la fraude fiscale, c’est donc d’abord la lutte contre les distorsions de concurrence et c’est aussi un moyen de donner aux Etats des recettes qu’il leur manque aujourd’hui.

Je veux terminer sur deux notations. La première, sur ce qui doit être notre engagement commun. La France est un pays européen, un pays fondateur de l’Europe. La France veut que l’Europe se fasse respecter. L’Europe, c’est la première puissance économique du monde. L’Europe a pu avoir des difficultés - qui ne venaient d’ailleurs pas d’elle au départ - elle est en train de les régler. Et maintenant, elle doit franchir une nouvelle étape.

Notre objectif de croissance, c’est d’abord pour l’emploi, mais c’est aussi pour la préparation de l’avenir. Le président de la Commission européenne avait raison de dire que nous devons redonner espoir, fierté dans l’Europe. Car ce qui nous menace, c’est la désaffection des peuples. Et si les peuples s’éloignent de l’Europe, c’est l’idée européenne même qui disparaîtra. Et ce sont les nationalismes qui prévaudront, avec le rejet de l’autre. L’autre lointain d’abord, plus proche ensuite. C’est pour cela que nous devons avoir une haute conscience de notre responsabilité le jour où est annoncée une récession en Europe qui bien sûr inquiète les peuples européens.

Quand l’Europe est capable de prendre des responsabilités, et cela a été le cas au Mali avec l’intervention de la France appuyée par l’Europe, elle est respectée et attendue. Et c’est ce que nous allons constater pour la conférence dont nous allons assurer la conclusion, le président BARROSO et moi-même.

Un dernier mot sur la culture. La culture, ce n’est pas une obsession française. La culture, ce n’est pas non plus une prérogative européenne. La culture, ce sont des créations que tous les continents, que tous les peuples portent. Quand nous parlons d’exception culturelle, ce n’est pas une exception pour la France ou une exception pour l’Europe : c’est d’avoir le maintien de mécanismes de financement, de soutien à la création, de protection des œuvres, qui permettent à l’Europe, mais aussi au monde, de vivre avec cette belle idée que nous pouvons encore inventer, que nous pouvons donner du bonheur, de l’espoir et de la fierté aux Européens et, au-delà des Européens, au monde entier. C’est pourquoi je suis très attaché à l’exception culturelle qui pour moi est un principe fondamental, j’ai entendu ce qu’a dit le président BARROSO sur cette exception culturelle, qui ne peut pas être négociée dans l’accord commercial.

Conférence des donateurs pour le développement du Mali

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Type de contenu : VidéoL'intervention du président de la République en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral de l'intervention

Discours du président de la République lors de la Conférence "Ensemble pour le renouveau du Mali"

Monsieur le Président du Conseil européen,

Monsieur le Président de la Commission européenne,

Monsieur le Président du Mali,

Messieurs les Présidents, je vous vois nombreux ici présents, c’est un signe de solidarité supplémentaire que vous nous apportez,

Mesdames et Messieurs les Ministres et commissaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

 

Cette conférence, ici à Bruxelles, est un évènement important. Chacun le mesure. Pas simplement au montant des sommes collectées, même si c’est déjà un premier signal. Mais parce que nous faisons la preuve que nous pouvons nous réunir, Européens et Africains, autour d’une cause qui nous intéresse tous parce qu’elle constitue, à la fois, notre inquiétude et notre espoir.

C’est un sentiment de confiance que nous avons aujourd’hui, en voyant toutes ces délégations, près d’une centaine, qui viennent de toutes les parties du monde. Mais, en même temps, nous ne pouvons pas nous dispenser de revenir à ce qu’était la situation du Mali, au début de l’année 2013.

Des groupes terroristes s’y étaient installés au Nord, depuis plusieurs mois, et se considéraient chez eux, soumettaient les populations, détruisaient des monuments, enrôlaient des enfants, violentaient des femmes... Devant, disons-le aussi, une certaine inertie de la communauté internationale. Non pas qu’elle n’était pas consciente du danger – je me souviens encore de l’Assemblée générale des Nations Unies où nous avions pu faire, à l’initiative du Secrétaire général BAN Ki-moon, une réunion qui n’a pas été pour rien dans la suite des opérations… Mais nous n’avions pas le calendrier à l’esprit, nous n’imaginions pas que nous aurions à intervenir.

Et pourtant, au mois de janvier, nous avons pris la décision, la France, de venir en aide au Mali, à la demande de son Président. Parce que les groupes terroristes avaient eux-mêmes pris l’initiative. Non pas de rester là où ils étaient, mais de conquérir l’ensemble du Mali. Et leur intention allait sans doute au-delà et les chefs d’Etat africains l’avaient compris.

Ce qu’ils voulaient, ces groupes terroristes, c’était d’être les maîtres, d’une certaine façon, du Sahel ; organiser comme ils l’entendaient les trafics – trafic de drogue, trafic d’armes, trafic d’êtres humains ; mener leurs opérations, souvent lucratives ; faire trembler les Etats africains eux-mêmes et menacer directement la sécurité de l’Europe.

Quelques mois plus tard, nous avons libéré le Mali. Je salue le courage des soldats maliens, africains et français. Six soldats français sont morts pour le Mali. Je pense aujourd’hui à leurs familles. J’ai reçu du peuple malien, lorsque je suis allé à Bamako et à Tombouctou, le plus beau des hommages qui soit : la reconnaissance, la gratitude, qui ne m’étaient pas adressées en tant que président de la République française mais qui étaient d’abord tournées vers l’armée française et les soldats qui avaient donné le sacrifice de leur vie.

Rien n’aurait été possible non plus, si des contingents africains n’étaient pas venus, dans un délai qui n’a pas été aussi court que nous l’aurions imaginé, et qui en dit long sur tous les efforts que nous avons encore à mener pour améliorer nos systèmes de défense. Mais les Africains ont été là et c’est l’Afrique qui a libéré le Mali.

Aujourd’hui, la MISMA s’efface, l’armée française se retire avec un calendrier que nous faisons en sorte de respecter, en fonction des risques. Une opération de maintien de la paix, sous l’égide des Nations Unies, va prendre le relai au début du mois de juillet. Je veux en remercier le ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, qui y a beaucoup contribué.

Alors, nous pourrions nous dire, au cours de cette conférence : « nous en avons donc terminé ». Eh bien, vous avez compris qu’il n’en était rien ! D’abord parce que le terrorisme n’a pas disparu du Sahel. Certes, des coups sévères ont été portés contre Al-Qaida et contre Aqmi, l’organisation qui représente, en Afrique, ses intérêts. Certes, des groupes ont été durement touchés. Nous avons découvert d’ailleurs des capacités militaires assez invraisemblables, des armes qui étaient cachées, des nourritures qui étaient stockées et des matériels pour mener de véritables combats de longue durée.

Nous savons donc qu’il y a encore des moyens pour le terrorisme d’agir. Nous savons qu’un certain nombre d’individus se sont « réfugiés », pour ainsi dire, en dehors du Mali et ont d’ailleurs commencé à porter des coups. Je veux ici rappeler ce qui s’est passé en Algérie, avec une attaque terroriste de grande ampleur. Là encore, l’Algérie a réagi comme il convenait.

Nous n’en avons donc pas terminé. Mais notre réponse ne peut pas être entièrement sécuritaire. C’est le sens de cette conférence : le développement, le dialogue politique, la démocratie sont maintenant nos armes pour prévenir le retour des terroristes, en travaillant contre les causes mêmes qui ont permis l’enracinement de ces groupes.

C’est la voie que le Mali a choisi : agir quand il en était temps, une fois retrouvée l’intégrité territoriale pour organiser, d’abord, des élections. La date qui a été prévue doit être tenue. Je sais que c’est difficile et notamment au Nord. Nous devons veiller à ce que les autorités du Mali puissent avoir l’effectivité du contrôle de ses territoires pour organiser ces élections partout. Aucune fraction du Mali ne peut être détachée du processus électoral.

Mais, je le disais, en même temps que le Mali retrouve son intégrité territoriale et qu’il va organiser ces élections, nous, ces amis, nous devons répondre à trois exigences.

- D’abord, les urgences du court terme. Près d’un tiers de la population du Nord du Mali avait préféré s’enfuir plutôt que de subir l’ordre moyenâgeux qui lui était imposé. Un certain nombre de pays voisins ont donc accueilli des réfugiés. Ensuite, les groupes terroristes avaient détruit bon nombre d’infrastructures essentielles à la vie de tous les jours : groupes électrogènes détruits, pompes à eau mises hors d’usage, bâtiments publics, marchés, écoles et centres de santé démolis. Notre premier devoir, c’est assurer l’accueil des réfugiés, permettre le retour à une vie normale. La France apportera sa contribution, notamment par le financement de travaux pour rétablir l’eau, l’électricité, approvisionner la population en médicaments, ouvrir des pharmacies…, bref assurer l’essentiel.

- Deuxième exigence, préparer l’avenir. Le Plan pour la relance durable du Mali a été élaboré par les autorités maliennes souveraines. Je dois dire que ce Plan a le mérite de dire les choses avec franchise et avec lucidité, sur les insuffisances de la période passée. Les priorités d’action que retient le Plan vont dans la bonne direction. D’abord, parce que c’est essentiellement dans la relance de l’économie du pays que vous voulez agir. Ensuite, parce que vous vous attaquez au défi de la gouvernance et que vous faites un effort pour que la décentralisation puisse être un appui pour le développement du Mali, en confiant aux collectivités locales 30% des recettes du pays.

Nous-mêmes nous devons engager notre soutien, avec l’Etat et avec les collectivités locales du Mali. Nous pensons aussi qu’il est nécessaire, dans ce Plan, de renforcer toutes les infrastructures du pays : je pense au grand projet de station à Kabala, pour l’eau potable qui permettra d’approvisionner un million d’habitants de Bamako ; je pense au renforcement de l’agriculture, notamment de la filière coton ; je pense également au secteur de la Micro finance et au développement du secteur privé. Enfin, l’éducation et la promotion des droits des femmes devront faire l’objet d’une attention particulière, dans le cadre de l’aide que la France apportera.

- La dernière exigence, c’est la transparence et le dialogue.

J’ai dit que les élections devraient se tenir à leur date. J’ai dit que les autorités maliennes devraient avoir le contrôle total de leur territoire pour assurer la conduite de ce processus, à la fin du mois de juillet. Je dis aussi – et avec le même rapport de confiance et de vérité – qu’il doit y avoir une assurance, une exigence de transparence et de bonne gouvernance. Chaque euro dépensé au service du développement du Mali doit être efficacement utilisé.

Nous le devons aux Maliens. Nous le devons aussi aux contribuables qui vont apporter, via les Etats, leur aide au Mali. Parce que nous devons faire de la bonne gestion des finances publiques, de la lutte contre la corruption un moyen d’accroître la confiance entre nos pays.

Nous, en France, nous ferons en sorte d’accompagner le Mali à travers des dispositifs pour repérer, identifier, retracer l’utilisation et l’usage de l’aide que nous apporterons. L’aide sera pour la France, à destination du Mali, à hauteur de 280 millions d’euros. C’est un effort important dans un moment où nous connaissons nos propres difficultés budgétaires. Je n’ai pas encore demandé que ces sommes soient défalquées des exigences que la Commission européenne nous impose pour la réduction de nos déficits. Mais vos encouragements sont un argument de plus !

Mais je veux surtout saluer l’engagement de l’Union européenne : près de 520 millions d’euros pour le Mali. L’Europe qui est parfois décriée, l’Europe qui est parfois jugée absente, quand on regarde l’ensemble des conflits dans le monde, c’est l’Europe qui apporte le soutien, c’est l’Europe qui apporte la solidarité aux peuples. Et c’est parfois le cas pour d’autres situations, souvent l’Europe est mieux jugée en dehors de l’Europe qu’en Europe. Je voudrais que les Européens soient fiers de ce que fait l’Europe pour l’Afrique.

Car au-delà du Mali, c’est l’ensemble du Sahel qui est concerné. Je veux ici, je le disais, saluer les pays voisins du Mali, tous représentés au plus haut niveau. Ces pays ont ouvert, sans réserve, leurs frontières pour accueillir les réfugiés, et ont su faire preuve de grande solidarité dans les heures sombres de l’année 2012. Ils connaissent, eux-aussi, des défis, sur le plan de la sécurité ou du développement économique. Eux-aussi sont menacés par le terrorisme.

Ils doivent être alors des pays prioritaires de l’aide de la France et de l’Europe. Nous faisons en sorte que nous puissions poursuivre ce que nous faisons, au Mali, à destination de l’ensemble du Sahel.

Il m’est donc confirmé que plus de 3 milliards deux cinquante millions d’euros ont pu être mobilisés, à l’occasion de cette conférence. Comme le disait Laurent FABIUS, elle aurait dû se tenir pendant une semaine, si nous avions l’ambition de faire des contributions encore supplémentaires ! Mais je ne doute pas qu’il y aura encore d’autres apports et d’autres soutiens.

Ce chiffre néanmoins nous engage, nous les donateurs. Mais il revient aussi aux Maliens des respecter les engagements pour la réconciliation, pour la sécurité, pour l’Etat de droit, pour la bonne gouvernance. C’est un contrat que nous passons ensemble, un beau contrat. Un contrat d’amitié, de solidarité autour de l’idée de développement.

Parce que, si nous avons été capables d’être unis pendant la période de la guerre – et il y a eu la guerre –, nous devons maintenant êtes unis pour réussir la paix. C’est pourquoi votre mobilisation est si importante aujourd’hui. Je ne doute pas qu’au Mali notre conférence sera reçue comme autant d’espoir pour la population, qui doit se dire que, non seulement la guerre est finie, mais que la paix doit être réussie. Merci.

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse conjointe en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse à Bruxelles à l'issue de la conférence des donateurs pour le développement du Mali

LE PRESIDENT –Mesdames, Messieurs,

Cette conférence pour le Mali est une grande réussite. C’est une réussite parce que nous avons pu rassembler autour du président du Mali, des pays africains, l’Europe et également de nombreuses organisations internationales et des pays venus du monde entier, près de cent délégations.

C’est une réussite parce que nous avons pu mobiliser trois milliards, je dis bien milliards, pour le Mali et faire en sorte que ces sommes puissent être affectées aux réels besoins de la population.

C’est une grande réussite parce qu’il est arrivé dans l’histoire récente, qu’une intervention militaire puisse connaître un succès, mais qu’en revanche, la paix ne puisse jamais être rétablie dans de bonnes conditions. Quand la France a décidé d’intervenir, à la demande du président TRAORE, pour chasser les terroristes du Mali, nous avions une double volonté. La volonté de redonner au Mali son intégrité territoriale, mais la volonté aussi d’assurer au Mali son développement dans la démocratie.

Et cette conférence va y contribuer. Parce que nous devons réussir la paix. Nous le pourrons parce que les maliens eux-mêmes vont organiser les élections à la date prévue. Nous le pourrons parce que la bonne gouvernance a été le pacte autour duquel les Maliens se sont réunis et, encore aujourd’hui, avec les européens. Nous le pourrons parce que les moyens qui vont être alloués au développement, seront suivis, seront accompagnés et seront donc affectés là où ils sont les plus nécessaires : l’eau, les infrastructures, l’accueil de la population.

Ce sera également une réussite parce que c’est tout le Mali qui est concerné, pas simplement le Nord, tout le Mali. Et enfin, parce que le Sahel doit être également concerné, non pas par le plan lui-même, mais par l’ensemble des actions que l’Europe, la France et les pays donateurs considèrent comme nécessaires d’engager pour l’Afrique.

Voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, cette conférence pour le Mali vient non pas clore une période, mais vient ouvrir maintenant le temps du dialogue, de la reconstruction, de la démocratie et donc de l’avenir du Mali.

Merci.

QUESTION – M. le président HOLLANDE, concernant l’élection présidentielle à venir au Mali, vous avez redit votre attachement à deux principes, le fait qu’elle se déroule à la date prévue, à la fin juillet et le fait qu’aucune fraction du Mali ne puisse échapper au processus électoral.

Aujourd’hui, la situation dans le Nord et notamment à Kidal, rend difficile la conciliation de ces deux principes, dès lors la question se pose, auxquels des deux êtes-vous le plus attaché ? Seriez-vous prêt à envisager un report des élections, justement au nom du respect de l’intégrité du territoire malien ?

LE PRESIDENT – On peut atteindre deux principes sans avoir à en abandonner un en chemin. Premier principe : Les élections doivent se tenir à la date prévue. Le président l’a confirmé.

C’est une vraie responsabilité qu’il a prise, parce que c’est difficile d’y parvenir, mais c’est un engagement et il doit être tenu. Parce que c’est la légitimité, c’est l’autorité des représentants du Mali qui est en cause.

Est-ce que nous pouvons libérer tout le territoire malien ? Il est libéré. L’administration malienne doit pouvoir venir partout, y compris, pour être précis, à Kidal.

Les forces françaises, les forces africaines, doivent contribuer à cette installation pour l’organisation des élections. Je rappelle que les deux principes auxquels je tiens peuvent être tenus et seront tenus.


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