Avril 2014

Type de contenu : Communiqué de presseLe communiqué de presse

Déplacement du président de la République à Bordeaux

Type de contenu : VidéoLa vidéo du discours pour l’inauguration du pont Jacques CHABAN-DELMAS

Type de contenu : Album photosLes photos de la cérémonie

Type de contenu : Déclaration/DiscoursL'allocution du président

Allocution du président de la République lors de l'inauguration du pont Jacques CHABAN-DELMAS

Monsieur le Premier ministre, Maire de Bordeaux, Je vous remercie pour votre accueil.

 

Monsieur le Président de la Communauté urbaine, je vous salue pour la réalisation que vous avez engagée pour Bordeaux.

 

Monsieur le Président du Conseil régional et le représentant du Conseil général, je veux remercier la contribution de vos collectivités à cet ouvrage.

 

Mesdames et messieurs les parlementaires élus, vous marquez par votre présence la cohérence et la continuité pour la réalisation d’un tel équipement.

 

Je veux avoir une pensée pour la famille CHABAN-DELMAS, ici réunie, parce que donner le nom de Chaban-Delmas à ce pont est un symbole qui ici aussi réuni et rassemble.

 

Je veux enfin saluer toutes les Bordelaises et tous les Bordelais venus très nombreux pour cette manifestation.

 

Un nouveau pont, c’est toujours un événement. Et à Bordeaux, un nouveau pont, c’est un événement exceptionnel. Cela a été rappelé par le maire de Bordeaux, Alain JUPPE. Il avait fallu attendre 1822 pour qu’il y ait un premier franchissement. Et NAPOLEON en avait été à l’origine. Et après, il a fallu attendre un siècle et demi pour que les ponts suivants puissent être réalisés : 1960 pour le pont Saint-Jean, 1967 pour le pont d’Aquitaine, 1993 pour le pont François MITTERRAND.

 

Le pont Chaban Delmas est donc le cinquième.

 

Les Bordelais ne cessent de fêter cet événement. Le 1er janvier, Vincent FELTESSE le rappelait, vous étiez très nombreux à découvrir cette ouvrage avec cette perspective exceptionnelle sur le fleuve et sur la ville. Hier encore, fort tard, vous étiez encore plus nombreux pour fêter l’événement, je vous comprends.

 

Cette réalisation vient couronner tant d’années de réflexion, de débats, de discussions, mais également un chantier de trois ans, où des centaines d’hommes et de femmes de tous les corps de métier se sont mobilisés pour aboutir à ce très beau résultat.

 

C’est un investissement dont le coût est important, 156 millions d’euros pris en charge, pour les deux tiers, par la Communauté urbaine, mais où l’Etat a apporté sa part, plus de 18 millions d’euros comme le département et comme la région.

 

C’est surtout une très grande réussite technique, exceptionnelle. Un ouvrage long de 433 mètres. Je salue tous ceux qui y ont contribué : architectes, bureaux d’étude, ingénieurs, ouvriers qui ont conçu, dessiné et construit sur un site qui était pourtant très contraint, non pas tant par la Garonne qui se laisse franchir maintenant plus facilement, mais par la reconnaissance par l’UNESCO de ce site classé au Patrimoine mondial et qui entraîne nécessairement un certain nombre de contraintes pour en avoir tout le prestige.

 

C’est le plus grand pont levant d’Europe et c’est à Bordeaux. Et vous pouvez en être légitimement fiers.

La travée centrale de 117 mètres peut s’élever, et nous en avons fait le constat, en 11 minutes, pas davantage. Elle s’élève jusqu’à 53 mètres au-dessus des eaux afin de permettre le passage des très grands voiliers. Aujourd’hui le Belem en a fait la démonstration, mais aussi de grands paquebots venant de l’estuaire. Il m’a été expliqué qu’un savant système de poulies et de contrepoids permettait sans aucun risque, je veux ici en donner la garantie, de faire ce mouvement pour réduire au minimum, en plus, la dépense d’énergie. Vous avez pensé à tout.

 

Mais au-delà de cette prouesse technique, et c’en est une exceptionnelle, le pont Jacques Chaban-Delmas apportera de profonds changements dans la vie de l’agglomération bordelaise. Et ce fut le choix des élus.

D’abord de rendre attractive la cité portuaire qui profite d’un marché en plein essor : la croisière. Bordeaux a accueilli 35 escales de paquebots l’année dernière, 40 sont attendus cette année. Et voilà que cette ville de Bordeaux s’affirme après Le Havre, comme le deuxième port de croisière de la façade atlantique. Et le Port de la Lune, au cœur historique de la ville, est une escale particulièrement éblouissante. Voilà déjà une des raisons qui justifiaient ce franchissement.

 

Mais le pont Chaban Delmas est un exemple, aussi, de combinaison des modes de déplacement. Il accueille en effet trois lignes de bus -et ainsi assure la continuité du réseau de transport en commun- et attend le tramway. J’ai bien compris que ma présence était souhaitée par un grand nombre, pas par tous, mais par un grand nombre, mais aussi pour annoncer sans doute qu’un jour il y aurait le tramway et que l’Etat aurait à y prendre sa part. Mais parce qu’ici -et la communauté y est pour beaucoup- vous avez bien fait les choses, puisque vous avez aussi permis, par des passerelles latérales, que la circulation des cyclistes et des piétons puisse être également assurée. Modèle, là encore, de développement durable.

 

Enfin, la troisième raison, c’est que le pont Jacques Chaban-Delmas rapproche les quartiers de la rive droite et le centre historique de Bordeaux et c’était un projet, depuis longtemps conçu, de rassemblement, de réunion, de l’unité de l’agglomération bordelaise.

 

*****

 

Mais aussitôt un équipement achevé, d’autres exigences apparaissent et j’ai bien entendu ceux qui m’ont précédés, aussi bien le maire que le président de la communauté urbaine. La rocade, chaque jour, les 45 kilomètres de la rocade supportent un trafic considérable : entre 80 000 et 150 000 véhicules. Je sais ce que cette situation génère de désagréments, de nuisances et de perte de temps.

 

Alors, l’Etat continuera à prendre sa part pour le financement des travaux d’élargissement de cet équipement.

 

C’est une nécessité locale, c’est une priorité nationale.

 

Les infrastructures, nous en avons besoin et nous en avons encore besoin pour l’aménagement du territoire, pour l’économie, mais aussi pour les liaisons européennes. Et c’est la raison pour laquelle l’Europe a dégagé, à l’initiative de la France, en juin dernier, 120 milliards d’euros pour le pacte de croissance. Et dans ces dépenses, beaucoup seront consacrées au financement de grands projets.

 

Le budget qu’a adopté le Conseil européen pour la période 2014-2020 pour l’Europe, prévoit une enveloppe spécifique de 23 milliards d’euros pour les transports. Et cela aura des conséquences pour le financement de grandes liaisons. J’ai entendu là encore, les opérations ferroviaires que vous avez ici à l’esprit, le président de la région et tous les élus, à la fois Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Hendaye, avec la coopération qui s’est engagée avec la région espagnole voisine.

 

Nous avons cette obligation de réaliser des équipements, mais aussi de faire en sorte que la modernisation du réseau ferroviaire soit poursuivie : 1 000 kilomètres le seront par an.

 

De la même manière nous moderniserons les trains Téoz et Corail  pour qu’il n’y ait pas que les TGV, mais aussi qu’il y ait un développement des territoires harmonieux.

 

Pour les autoroutes, j’ai demandé au ministre des Transports de négocier avec les sociétés concessionnaires pour qu’il y ait des travaux qui puissent être engagés et donc que l’économie nationale puisse en être bénéficiaire.

 

Je sais ce que représente pour les collectivités locales le financement de telles infrastructures. C’est la raison pour laquelle nous avons dégagé à la Caisse des Dépôts 20 milliards d’euros pour financer tous ces équipements. C’est 20 milliards d’euros à des taux très bas pour que les collectivités puissent s’endetter dans des conditions raisonnables.

 

Mais au-delà de ces équipements, de ces infrastructures, nos collectivités ont besoin d’un développement harmonieux du territoire.

 

La dynamique bordelaise, dont nous avons ici encore une illustration, témoigne du renouveau exceptionnel des grandes villes de France depuis une vingtaine d’années. Partout ici nous en avons le témoignage, partout des espaces publics reconquis, des centres historiques redécouverts, partout des équipements culturels et sportifs, partout la circulation douce.

 

Alors, nous devons donner à ces villes, à ces métropoles tous les moyens pour agir et le temps est venu de franchir une nouvelle étape avec la décentralisation. Je suis ici en Gironde. Je sais ce que représente ce processus tant il a été voulu par l’Histoire, mais également par la volonté des hommes et des femmes.

Alors franchir une nouvelle étape, c’est d’abord faire confiance au territoire. La République n’a rien à craindre, elle est solide. Donc, il peut y avoir plus de liberté donnée aux collectivités pour imaginer des configurations adaptées à la réalité des besoins.

 

L’idée, c’est de favoriser une coopération entre les différents échelons et de clarifier les compétences de chacun.

 

Le projet de loi de décentralisation reconnaîtra donc le fait métropolitain, le rôle crucial des agglomérations en matière de cadre de vie et de logement. Le projet de loi consacrera la région pour le développement économique, la formation, l’aménagement du territoire. Et l’Aquitaine a pris les devants : elle est la première région en France en termes de création d’emplois depuis trois ans.

 

Et enfin, le projet de décentralisation rappellera l’exigence de solidarité entre les territoires urbains et ruraux, que nous ne devons jamais opposer. Et la solidarité entre les générations, et c’est la tâche qui incombe aux départements.

 

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Mesdames et messieurs, le pont que nous inaugurons aujourd’hui est l’exemple même de la coopération qui s’est établie entre les collectivités, entre les territoires. Et c’est l’esprit que nous devons garder pour l’avenir, agir plus efficacement, mobiliser toutes les forces, être plus rapides dans la réalisation des projets.

 

J’insiste sur le temps, parce que celui de la décision publique n’est plus adapté à celui de notre société. La vie va très vite et celle de l’action publique paraît plus lente quand elle n’est pas arrêtée. Alors il nous faut réduire les délais, alléger les procédures, hâter les choix. Nous changeons d’époque. Non pas parce qu’il y a la crise, mais parce que nous sommes face à une mutation du monde. Et que la France a tous les atouts pour réussir. A condition qu’elle les saisisse et même qu’elle prenne de l’avance. C’est également la signification de ce pont, par ce qu’il représente, par ce qu’il permet.

 

Ce point, il est tout neuf et en même temps il a déjà toute une histoire. Elle a été rappelée, celle de sa conception et de sa construction. Celle du grand dessein qui a conduit à son édification. Celle qu’exprime à travers le nom qui lui est donné aujourd’hui, Jacques Chaban-Delmas. Je suis heureux de l’occasion qui m’est donnée de rendre hommage à cette grande figure de la République.

 

Plus jeune général de l’armée française, grand Résistant, libérateur de Paris. Ministre à moins de 35 ans sous la IVème République, inamovible président de l’Assemblée Nationale, avant de devenir premier ministre de Georges POMPIDOU en 1969 et de mettre en œuvre sa « Nouvelle Société ». Il voulait à l’époque, déjà, incarner un Etat capable de se réformer. Il prétendait pouvoir lever tous les blocages. Il n’a pas réussi en tout. Il en reste beaucoup. Il voulait relever le défi, et il avait raison de la modernité.

 

Et il fut, pendant cinquante ans, maire de cette ville, maire de Bordeaux. Il demandait souvent à ceux qui le rencontraient « comment ne pas aimer Bordeaux ? ». Bordeaux a encore embelli depuis sa disparition. Et cette grande agglomération démontre, avec ce pont exceptionnel, l’excellence de son industrie, de sa technologie, de ses entreprises, le dynamisme de la population, l’envie de participer à l’avenir.

 

Un pont est toujours un symbole : symbole de liberté, symbole de mobilité, d’ouverture, de modernité. Le plus beau des symboles qui s’ajoute à tous les autres, c’est la beauté, la beauté qui permet de faire que Bordeaux, comme le souhaitait Jacques CHABAN-DELMAS, soit toujours davantage aimée, non pas simplement des Bordelais, non pas simplement des Français, mais de tous ceux qui, grâce à ce pont, auront à regarder, à admirer Bordeaux dans sa nouvelle perspective.

 

Merci pour votre accueil, pour cette belle réalisation.

Type de contenu : VidéoLe reportage exclusif sur l'inauguration


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