Déplacement international

Déplacement à Berlin pour le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée

21 Janvier 2013

Lieu : Berlin, Allemagne

Rubrique : Europe, International, développement et francophonie

Type de contenu : Communiqué de presseLe programme

Déplacement du Président de la République à Berlin pour le cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée

Le Président de la République, François HOLLANDE, se rendra à Berlin, lundi 21 et mardi 22 janvier pour célébrer le cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée avec la Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne, Angela MERKEL.

PROGRAMME

LUNDI 21 JANVIER

17h15 Entretien du président de la République avec Mme Angela MERKEL, Chancelière de la République fédérale d’Allemagne (Chancellerie fédérale)

17h30 Rencontre du président de la République et de la Chancelière avec des représentants de la jeunesse française et allemande (Chancellerie fédérale)

19h30 Dîner de travail

 

MARDI 22 JANVIER

9h30 Rencontre du président de la République et de la Chancelière avec des personnalités du monde de la culture (Ambassade de France)

10h40 Entretien du président de la République avec M. Joachim GAUCK, président de la République fédérale d’Allemagne (Château de Bellevue)

11h35 15ème Conseil des ministres franco-allemand (Chancellerie fédérale)

13h30 Conférence de presse conjointe (Chancellerie fédérale)

14h10 Séance plénière du Bundestag en présence d’une délégation du Bundesrat et de représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat (Reichstag)

· Allocutions de :

- M. Norbert LAMMERT, président du Bundestag

- M. François HOLLANDE, président de la République

- Mme Angela MERKEL, Chancelière de la République fédérale d’Allemagne

- M. Claude BARTOLONE, président de l’Assemblée nationale

- Les présidents des groupes parlementaires du Bundestag et de l’Assemblée nationale

· Adoption d’une déclaration conjointe

17h00 Concert à la Philharmonie de Berlin

18h15 Réception offerte par M. Joachim GAUCK, président de la République fédérale d’Allemagne

Type de contenu : VidéoLe reportage

Première journée

Type de contenu : Album photosLes photos de la première journée

Type de contenu : VidéoLe débat "Le Président et la Chancelière face aux jeunes" en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral de la déclaration face aux jeunes

Déclaration introductive du Président de la République lors de la rencontre avec des représentants de la jeunesse française et allemande

Merci d’abord Angela de nous accueillir ici dans cet amphithéâtre improvisé, heureusement que c’est à Berlin car à l’Elysée, ça n’aurait pas été possible. Nous n’avons pas des lieux qui permettent ce type de réunion. Enfin nous allons essayer de les aménager.

Je voulais à mon tour vous remercier d’avoir fait le choix de l’amitié franco-allemande parce que c’est un choix, on ne naît pas amis, on le devient. Et donc il y a 50 ans, Angela a dit c’était tout récemment, 50 ans c’est très jeune, surtout quand on a 58 ans. Donc il y a 50 ans, deux hommes qui pouvaient apparaitre âgés eux, l’un avait 72 ans, l’autre 87 ans, avaient fait le choix de regarder l’avenir et de tourner les pages douloureuses du passé. Et ils avaient pris comme première priorité pour ce traité de l’Elysée, la jeunesse et c’est ce qui est resté au-delà de tout, c’est-à-dire cette volonté de permettre à la génération qui est la vôtre aujourd'hui et à toutes les générations qui vous ont précédé, d’avoir confiance dans l’avenir.

Et aujourd’hui encore, nous devons adresser le même message, oui notre responsabilité, l’Allemagne, la France, c’est de donner à la jeunesse de nos deux pays et à la jeunesse européenne, confiance, espérance dans l’avenir.

Il y a 50 ans, ce n’était pas si évident d’avoir confiance, il y avait, Angela l’a rappelé, une Allemagne et une France qui avaient souffert de la guerre, une Allemagne qui était divisée et pourtant, le message était un message de confiance dans notre avenir. 50 ans après, nous sommes touchés par une crise dure, profonde, nous avons failli avoir même une monnaie qui a connu des épreuves et qui aurait pu être mise en cause et nous sommes donc en face de nos responsabilités. Les dirigeants, mais également votre génération.

Qu’est-ce que nous voulons faire ensemble la France et l’Allemagne ? Est-ce que nous sommes porteurs encore de la même volonté ? Ma réponse est oui. Nous devons, la France et l’Allemagne, continuer à bâtir une amitié exceptionnelle et emmener l’Europe vers son destin qui est celui d’une unité plus profonde encore. Et est-ce que nous pouvons entre Européens, porter un message qui est celui d’un continent qui doit être encore une référence ? Et c’est la raison pour laquelle nous avons des responsabilités particulières vous et nous, parce que les Européens regardent l’amitié franco-allemande avec une attitude paradoxale. Quand nous nous entendons trop bien ils craignent que ce soit à leurs dépends et quand nous ne nous entendons pas assez bien, ils voient que c’est à leurs dépends.

Donc nous avons l’obligation et surtout la volonté de bien nous entendre, d’abord les dirigeants et les peuples, parce que nous avons une responsabilité particulière en Europe qui est de faire en sorte que nous retrouvions confiance en nous dans le progrès et dans le modèle que nous représentons dans le monde. Merci.

Deuxième journée

Type de contenu : Album photosLes photos de la seconde journée

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse avec Mme Merkel en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse du Président de la République, à Berlin

M. LE PRESIDENT -

Madame la Chancelière, chère Angela, je veux d’abord vous remercier pour l’accueil que vous nous avez réservé pendant ces deux jours, pour célébrer un traité, signé il y a plus de cinquante ans par Charles De GAULLE et Konrad ADENAUER, et dont nous sommes les héritiers, les lointains héritiers, mais nous avons cette amitié en partage. Et nous devons la faire vivre, c’est-à-dire l’intensifier. Et pendant ces deux jours, nous avons voulu marquer ce que devait être la priorité, c’est-à-dire : la Jeunesse, l’Education, la Culture, bref, tout ce qui concourt à rendre plus simple la vie entre nos deux pays, et plus forte l’espérance dans l’avenir. C’est vrai que la relation franco-allemande, l’amitié franco-allemande est exceptionnelle, nous, la France, nous n’avons pas de relations à ce niveau avec aucun autre pays du monde et aucun autre pays d’Europe. Certes, nous avons de très bonnes relations, de très bons rapports avec beaucoup de pays, soit parce qu’ils sont proches géographiquement, soit parce qu’ils correspondent à notre histoire, soit parce qu’ils partagent notre langue. Mais il y a entre la France et l’Allemagne, et notamment par ce qui s’est passé après ces deux guerres mondiales, une volonté, qui a d’abord été celle de responsables politiques, puis ensuite, un échange, un réseau de relations unique en Europe. Nous avons parlé de l’OFAJE, sans doute pour la jeunesse, mais il y a beaucoup de comités qui réunissent Français et Allemands en matière de culture, nous avons rencontré ce matin des cinéastes, des hommes et des femmes de théâtre, de danse, des auteurs de livres, bref, de musique. Nous avons, là encore, des relations exceptionnelles sur le plan culturel, de la même façon, sur la question des diplômes, de l’Education, de la Recherche, nous avons, entre la France et l’Allemagne, sûrement la meilleure coopération – même si nous pouvons encore l’améliorer – qui existe en Europe. Et ce dont nous avons décidé aujourd’hui, c’est d’amplifier, ça ne demande pas des moyens, des ressources supplémentaires, ça demande surtout un état d’esprit. Mais cette amitié, aussi forte soit-elle, aussi intense, même si l’histoire a changé, nous ne sommes plus du tout dans le contexte des années 60, l’Allemagne s’est réunifiée, l’Europe s’est élargie, il y a une mondialisation, nous sommes bien loin de ce qu’était la configuration politique, économique du début des années 60, et peut-être même les intentions des signataires. Mais si nous sommes aussi conscients de la force de cette relation, c’est parce que nous voulons la porter pour faire avancer l’Europe. Et là encore, nous avons pu regarder ce que pouvaient être les prochaines étapes, nous avons progressé ces derniers mois sur la stabilité financière, sur les règles budgétaires, sur l’union bancaire, nous travaillons sur la compétitivité par exemple, comme le rappelait Angela MERKEL, nous voulons que les partenaires sociaux soient pleinement partie prenante de cette discussion. Et nous avons même confié à des chefs d’entreprise le soin de regarder ce que nous pouvons faire ensemble, parce que cette compétitivité, nous avons des mesures à prendre dans chacun de nos pays, peut-être davantage en France encore qu’en Allemagne, mais nous avons aussi une compétitivité à rechercher ensemble, et notamment dans des filières d’avenir, la transition énergétique, l’efficacité énergétique, les nouvelles technologies, la Santé. Donc nous avons à donner à l’Europe confiance en son avenir. Des décisions seront à prendre dans les prochains mois pour approfondir l’union économique et monétaire, nous y travaillons, et nous essayerons d’être le plus concrets possible, c’est-à-dire le plus utiles pour que la croissance puisse être renforcée, et pour que la stabilité soit garantie. Et puis, nous aurons aussi à régler la question du budget de l’Europe, et c’est vrai qu’il y a une part de responsabilité entre la France et l’Allemagne. Les pays européens regardent ce que nous faisons, et n’ont aucune appréhension chaque fois que nous nous mettons d’accord, dès lors que notre relation n’est pas exclusive. Elle n’est pas simplement pour les intérêts de la France et de l’Allemagne, nous avons par notre histoire, par notre responsabilité économique et politique, à parler pour l’Europe, mais avec les Européens. Donc je me félicite de cette célébration, que nous allons poursuivre devant les parlementaires de nos deux pays, c’est assez exceptionnel, ça ne se fait qu’entre la France et l’Allemagne, à ce niveau, à cette ampleur. Alors après, il y a toujours des questions : est-ce que cette relation est aussi forte que par le passé ? J’invite les historiens à regarder les cinquante ans qui viennent de se dérouler pour comprendre que ce que nous vivons est plutôt un point haut de l’amitié entre la France et l’Allemagne.

 

QUESTION -

Bonjour. Valérie NATAF, TF1. Nous célébrons aujourd’hui un anniversaire qui est très institutionnel, et sans les populations, croyez-vous que c’est ainsi que la relation franco-allemande peut trouver un nouveau souffle ? Et par ailleurs, sur un plan plus personnel, depuis l’entrée en fonction du président HOLLANDE, on nous répète de part et d’autre que cette relation va très bien, qu’est-ce qui fait alors qu’on a l’impression que le courant ne passe pas toujours entre vous ?

 

M. LE PRESIDENT -

D’abord… mais ce n’est pas facile, je vais laisser la parole à Angela là-dessus, mais ce qui n’est pas facile, c’est de vous convaincre, mais entre nous, le courant passe sans qu’il y ait besoin de mettre de l’électricité.

 

M. LE PRESIDENT -

Je vais d’abord répondre à la question sur nos sociétés, nos opinions publiques, nos concitoyens, c’est eux qui ont dans leurs mains l’avenir de la relation entre la France et l’Allemagne, et donc ce que nous avons à faire, c’est de leur donner tous les instruments pour prendre leur part, pour participer, déjà, ils le font, il y a 4.000 manifestations qui vont avoir lieu en France et en Allemagne pour célébrer le traité, mais surtout parler de l’avenir, et nous le devons, ce succès, à toutes les associations, tous les jumelages et toutes les collectivités locales qui y contribuent. Je veux aussi saluer les artistes, les hommes et les femmes de culture qui participent également à tous ces événements. Mais nous devons faire plus fort encore, d’où l’appel que nous avons lancé hier à la jeunesse, l’élargissement que nous voulons faire de l’OFAJ, pour que cet office s’adresse à tous les jeunes et pas simplement à ceux qui font des études supérieures. Donc ça, c’est notre devoir. Mais vous avez raison, une célébration, ce n’est pas simplement des dirigeants qui se rencontrent, des Conseils des ministres qui se tiennent ensemble, ou des Parlements qui siègent communément, c’est un ensemble d’initiatives. Pour ce qui est de la relation entre la chancelière et moi-même, il ne vous a pas échappé – car je connais votre connaissance de la vie politique – que nous n’appartenons pas aux mêmes formations politiques. Mais il n’empêche….

Il n’empêche, moi je constate les faits. Depuis huit mois, je peux me féliciter de ce qu’a été la contribution de la France et de l’Allemagne à la sortie de la crise de la zone euro. Prenons ce qui a été obtenu. Le mécanisme européen de stabilité : rien n’aurait été possible si la relation entre la France et l’Allemagne n’avait pas été claire. Le pacte budgétaire et sa ratification aussi bien en France qu’en Allemagne : là aussi, c’était un signe de confiance. L’union bancaire dont nous avons fixé les principes, même si les modalités vont prendre encore du temps : ce n’était pas facile ni pour les Allemands, ni pour les Français ; et pourtant, nous allons être en avance par rapport aux règles européennes. Enfin, nous avons travaillé ensemble pour que la Grèce reste dans la zone euro. Écoutez, franchement, jugez les résultats et vous verrez que le courant passe.

 

QUESTION -

J’ai une question pour le Président et la Chancelière. Vous avez manifesté la volonté d’une coopération encore plus profonde à l’avenir, mais il y a des divergences entre les deux pays. Vous pourriez peut-être nous dire de façon plus précise quelle est la volonté de coopération à propos du Mali par exemple ou la politique étrangère, mais aussi pour ce qui est de l’approfondissement de l’union économique et monétaire. Est-ce que maintenant l’Allemagne est prête à accepter davantage de solidarité ? et est-ce que la France est prête à s’engager pleinement sur le terrain de la compétitivité ?

 

M. LE PRESIDENT -

D’abord sur l’union économique et monétaire, nous en avons parlé la Chancelière et moi-même et nous nous trouvons d’accord sur la coordination des politiques économiques, sur également la compétitivité, comment pourrait-on définir davantage les critères de cette compétitivité, faire un effort de convergence et également d’amélioration d’un certain nombre de situations de distorsion de concurrence qui existent encore, y compris sur le plan social. Nous avons aussi cette même volonté qu’il y ait à la fois du sérieux budgétaire, c'est indispensable, et une place qui doit être toujours donnée à la lutte contre le chômage, notamment le chômage des jeunes. Là-dessus, il y aura des propositions qui viendront de la France et de l’Allemagne. Sur le Mali, moi je veux remercier l’Allemagne, la Chancelière, le gouvernement, qui ont immédiatement apporté la solidarité politique et l’aide matérielle qui était attendue. La solidarité politique parce que la France, si elle est intervenue suite à la décision que j’ai prise il y a maintenant près de dix jours au Mali, c'est au nom de la communauté internationale et à la demande d’un pays ami qui est l’un des plus pauvres du monde et qui était victime d’une agression terroriste. Je n’avais pas de doute sur la solidarité politique qui pouvait venir de l’Allemagne et des pays européens, mais elle a été là du début jusqu’à aujourd'hui, et elle sera présente jusqu’au terme de l’opération. L’opération, c'est de permettre à la MISMA, la force internationale composée essentiellement de forces africaines, de pouvoir permettre au Mali de retrouver son intégrité territoriale. C'est là que les soutiens sont précieux, notamment de transport - ce qu’a fait l’Allemagne avec deux avions - et soutiens de formation, soutiens matériels et soutiens financiers puisqu’il y aura une conférence des donateurs et je sais que l’Allemagne, et d’ailleurs l’Europe, sera présente lors de cette conférence et contribuera autant qu’il sera possible. On me dit : « Pourquoi c'est la France qui est intervenue ? » Mais tout simplement parce qu’elle était en capacité de le faire en ayant des troupes qui n’étaient pas loin et qui pouvaient être immédiatement mobilisées. C’est ce que nous avons fait. Aujourd'hui, il ne s’agit pas de demander à des Européens de venir participer à une force internationale, mais plutôt d’aider les Africains parce que ce sont les Africains qui vont apporter au Mali les conditions du retour à la stabilité et la possibilité de retrouver son intégrité territoriale. Je l’ai toujours dit : ce sont les Africains qui ont la réponse pour les questions africaines. Mais lorsque la France est appelée et qu’elle peut intervenir, elle le fait et elle le fait en plein accord, en plein soutien des Européens.

 

QUESTION -

Madame la Chancelière, Monsieur le Président, Emmanuel JARRY, agence REUTERS. Continuons avec les travaux pratiques après les déclarations d’intention. Sur les perspectives financières européennes, il y a la question des rabais notamment du rabais allemand. Est-ce que là vous pensez parvenir à un accord d’ici le conseil du 7 février ? Et puis certains noms circulent pour la présidence de l’Eurogroupe ; est-ce que vous êtes déjà d’accord pour soutenir un de ces noms pour la future présidence de l’Eurogroupe ? Concernant le Mali enfin, question plus spécifiquement adressée à Madame la Chancelière, est-ce qu’il y a des chances un jour que l’on voit la brigade franco-allemande, puisqu’il existe une brigade franco-allemande, intervenir soldats français et soldats allemands cote à cote, dans un pays comme le Mali pour les raisons que l’on sait ? et est-ce que dans un avenir proche on peut penser voir des soldats allemands effectivement sur le terrain aux côtés des soldats français au Mali ?

 

M. LE PRESIDENT -

Sur le budget européen, j’ai dit quelle était notre volonté d’aboutir à un accord. Ça suppose de regarder les dépenses et les recettes et d’avoir un sens de la solidarité et de l’intérêt national. Il faut trouver l’équilibre. Sur l’Eurogroupe, il a déjà trouvé son président et là encore, ça s’est fait en plein accord entre la France et l’Allemagne. En revanche, il y a une réunion de l’ECOFIN qui a débouché sur un vote pour l’introduction de la taxe sur les transactions financières. C’était aussi une proposition commune de la France et de l’Allemagne qui se trouve maintenant adoptée à l’échelle d’un grand nombre de pays européens. L’ECOFIN a donné sa validation à cette taxe. Enfin sur le Mali, j’ai dit ce que j’avais à dire, c'est-à-dire qu’aujourd'hui ce sont les Africains qui doivent permettre au Mali de retrouver sa souveraineté.

Type de contenu : Déclaration/DiscoursDéclaration de Berlin

Déclaration de Berlin à l'occasion du cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée

1. Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer signaient un traité entré dans l’histoire sous le nom de Traité de l’Elysée, consacrant l’engagement irrévocable de la France et de l’Allemagne pour la paix, l’amitié de leurs peuples et l’Europe. C’est avec une grande fierté que nous célébrons aujourd’hui le cinquantième anniversaire de ce texte audacieux.

Les deux conflits mondiaux dévastateurs ont montré l’horreur de la guerre et les souffrances incommensurables infligées par la barbarie. Le souvenir de ces affrontements constitue le socle de notre réconciliation.

Le Traité de l’Élysée a marqué un nouveau départ dans notre relation. Il est plus que jamais indispensable.

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la remise du prix Nobel de la paix à l’Union européenne, le 10 décembre 2012, Thorbjørn Jagland, le président du comité Nobel, a qualifié la réconciliation entre l’Allemagne et la France « d’exemple vraisemblablement le plus spectaculaire de l’histoire montrant comment un continent de guerre et de conflits peut se transformer si rapidement en un continent de paix et de coopération ». La relation entre nos deux pays constitue le cœur de l’Europe et nous confère une responsabilité exceptionnelle.

 

2. La jeunesse représente l’avenir de l’amitié franco-allemande. Elle forme la priorité de nos relations. Depuis 1963, plus de huit millions de jeunes ont participé aux pro¬grammes d’échanges de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse. Nous avons décidé de renforcer notre soutien à l’action de l’OFAJ en lui accordant des moyens à la hauteur de notre ambition. Notre jeunesse doit pouvoir avoir la chance de réaliser ses projets et d’y consacrer son énergie et le désir d’épanouissement qui l’anime. A cette fin, nous déploierons tous les efforts nécessaires pour qu’elle ait accès à la meilleure éducation, à des emplois et qu’elle puisse bénéficier de l’ensemble des possibilités offertes dans nos deux pays et en Europe. Nous avons décidé de mettre en place des mesures concrètes pour développer la formation et les compétences professionnelles des jeunes y compris par des filières bilingues.

 

3. Une communauté de destins et une véritable citoyenneté européenne ne peuvent se développer sans un espace commun de l'éducation, du savoir et de la culture. Dans cette perspective, la France et l’Allemagne développeront des coopérations concrètes qui auront vocation à inspirer des initiatives européennes. Dans le domaine culturel, elles promouvront des partenariats dans tous les domaines et l’approfondissement d’un système économique et fiscal européen protégeant le droit d’auteur, y compris dans le domaine numérique. Fortes de la promesse suscitée par le rapprochement de leurs sociétés civiles, elles s’engagent à favoriser une conscience citoyenne européenne, respectueuse des spécificités de chacun, à travers la promotion de l’enseignement de l’histoire de l’Europe, de l’apprentissage de la langue des autres Etats membres, de la préservation et la mise en valeur du patrimoine européen.

 

4. Sous l’impulsion conjointe de la France et de l’Allemagne, l’Union européenne a porté un projet fort pour la démocratie, les libertés, le progrès économique et social des peuples européens, tenant compte du principe du développement durable et de l’achèvement du marché intérieur et du renforcement de la cohésion et de la protection de l’environnement.

Nous, Allemands et Français, au même titre que tous les Européens, pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. Notre modèle européen, conciliant d’une manière unique la réussite économique et la solidarité sociale, conserve toute sa force. Néanmoins, nous ne pourrons jouer ce rôle d’exemple à l’avenir que si nous partageons la volonté de renouveler continuellement notre modèle européen en maintenant ses fondements.

La coopération entre nos deux pays, à l’origine même de la construction européenne, traduit l’importance du rôle moteur du couple franco-allemand. Alors que l’Europe fait face à une crise qui frappe durement les Européens, nous sommes déterminés à développer encore la coopération franco-allemande et à la mettre au service de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire afin que l’Europe surmonte les difficultés et nous permette de sortir de la crise plus forts.

 

5. La compétitivité de nos économies est l’une des clés de notre prospérité et de la préservation de notre modèle économique et social. Elle constituera un thème important de notre coopération. Nous intensifierons nos échanges avec les partenaires sociaux, afin de prendre des initiatives communes pour renforcer la compétitivité de nos économies tout en assurant un haut niveau de protection sociale. A cette fin, nous invitons les représentants des employeurs, les syndicats et les représentants des salariés à créer un groupe de travail consultatif franco-allemand qui proposera des initiatives conjointes.

 

6. Ensemble, la France et l’Allemagne ont porté et défendu la monnaie unique. Elles s’accordent sur l’importance décisive de la stabilité et de la croissance au sein de l’Union économique et monétaire pour l’avenir de nos deux pays et de l’Union européenne. C’est une condition indispensable pour que notre modèle économique et social européen puisse s’affirmer dans le monde. La France et l’Allemagne sont conscientes de leur responsabilité particulière à cet égard.

Elles prendront des initiatives ambitieuses pour définir les étapes de cet approfondissement et établir les politiques, les instruments et le cadre institutionnel démocratique nécessaire à sa réalisation. La France et l’Allemagne présenteront une contribution commune en mai prochain visant à contribuer aux travaux engagés dans la perspective du Conseil européen de juin.

 

7. Au-delà, elle porteront également de nouvelles ambitions pour les politiques européennes, notamment dans le domaine de la recherche et de l’innovation, de l’énergie, des transports, de la politique industrielle, de l’économie numérique, de l’espace de liberté, de sécurité et de justice, y compris par l’instauration d’un parquet européen, de la défense.

 

8. Nos sociétés sont caractérisées par de profonds changements démographiques. Elles doivent s’adapter pour relever ce défi. La solidarité entre les générations, la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et l’intégration de tous dans nos sociétés revêtent dans ce contexte une impor¬tance décisive. Aussi ces enjeux constituent-ils un axe prioritaire de la coopération franco-allemande.

 

9. Nous sommes déterminés à réussir la transition énergétique et écologique dans nos deux pays et à travailler ensemble au déploiement des énergies renouvelables, au renforcement de l’efficacité énergétique, au développement des nouvelles technologies, à la mise en place de nouveaux modes de financement des investissements et à l’approfondissement du marché intérieur de l’énergie. Nous devons avancer résolument vers une véritable politique européenne de l’énergie. C’est ainsi que nous tiendrons notre rang dans la compétition mondiale et que nous contribuerons à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

10. La France et l’Allemagne poursuivront leur concertation étroite sur toutes les questions importantes de politique étrangère. Elles entendent renforcer le rôle, les objectifs et la voix de l’Europe dans le monde pour promouvoir la paix et la sécurité, faire progresser les droits de l’Homme, soutenir le développement, lutter contre la pauvreté, protéger l’environnement, réguler les échanges internationaux. Le développement d’une politique extérieure et de sécurité commune renforcée, y compris à travers une politique de sécurité et de défense commune, devra répondre à ces objectifs. La France et l’Allemagne contribueront à l’émergence d’une véritable culture de sécurite et défense commune en Europe grâce au développement des échanges entre jeunes officiers et à l’établissement d’une analyse stratégique convergente. Elles développeront des options d’actions conjointes et les moyens et capacités nécessaires au travers de l’harmonisation des besoins militaires. Dans ce contexte, elles souhaitent renforcer l’industrie de défense européenne.

 

11. En cette année de souvenir autant que d’engagement pour l’avenir, la France et l’Allemagne sont conscientes de l’importance de leur relation dans la définition et la mise en œuvre des orientations qui dessineront l’Europe de demain. Le Traité de l’Élysée est une source d’inspiration pour notre action.

La coopération de la France et de l’Allemagne doit engager également les Parlements, qui ont décidé aujourd’hui même d’une nouvelle étape de leur travail commun. Les initiatives d’échange issues de la société civile doivent aussi se poursuivre afin de prolonger le rapprochement engagé par les générations précédentes.

Nos deux pays s’engagent à honorer le Traité de l’Elysée en œuvrant, dans un rapprochement toujours plus étroit entre leurs autorités et entre leurs citoyens, à la construction d’une Union qui préserve notre idéal européen de société dans l'intérêt de tous les citoyens de l'Union européenne.

Type de contenu : Déclaration/DiscoursDéclaration du Conseil des ministres franco-allemand

Déclaration du Conseil des ministres franco-allemand à l’occasion du cinquantième anniversaire du Traité de l’Élysée

En ce 50e anniversaire de la signature du Traité de l’Élysée, les Gouvernements de la République fédérale d’Allemagne et de la République française ont fixé ensemble, lors de leur Conseil des ministres commun tenu à l’occasion du cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée, les grands axes politiques suivants de leur action commune.

Les deux Gouvernements poursuivront leur coopération selon ces grands axes. Leurs initiatives conjointes devront être ouvertes aux autres Etats membres de l’UE et s’inscrire dans le processus d’intégration européenne. Elles seront précisées par des accords élaborés séparément suivant les autorités et les secteurs concernés, notamment en matière de coopération transfrontalière et dans les domaines de la sécurité et de la défense. 

 

Mobiliser la jeunesse au bénéfice de l’amitié franco-allemande

1. Notre partenariat ne sera couronné de succès que si nous parvenons à mobiliser l’enthousiasme des jeunes pour l’idée franco-allemande. Dans cette perspective, nous souhaitons poser un nouveau jalon dans notre partenariat en faveur notamment de la jeunesse, de l’éducation, y compris non formelle, de la formation et de la mobilité, et de tout ce qui peut mobiliser les générations nouvelles pour la relation franco-allemande.

 

2. Reconnaissant l’importance particulière de la mobilité des élèves et des personnels enseignants entre nos deux pays, nous souhaitons poursuivre le rapprochement de nos systèmes éducatifs, y compris à travers la reconnaissance mutuelle des diplômes et le développement de diplômes et de certifications binationaux. Nous encourageons une coopération plus étroite entre établissements d’enseignement et de formation, notamment au moyen de partenariats entre établissements des deux pays, ainsi qu’entre les services chargés de l’éducation.

3. Nous réaffirmons l’importance majeure de l’apprentissage de la langue du partenaire, au bénéfice d‘une meilleure compréhension et du rapprochement de nos sociétés, mais également de l’employabilité des jeunes et des compétences professionnelles de tous. Nous soutenons l’accès à la langue du partenaire dès le plus jeune âge, dans le cadre notamment des maternelles bilingues, mais également dans les établissements d’enseignement supérieur, ainsi que dans les lycées et centres de formation technique, professionnelle et d’apprentissage. Nous soulignons par ailleurs le rôle majeur des filières bilingues de l’enseignement général, et plus particulièrement des sections Abibac et examineront les possibilités de les développer dans les autres types de formations initiales, notamment sous la forme d’un cursus Abibac à vocation technologique et/ou professionnelle.

 

4. Nous rendons un hommage particulier à l’excellent travail de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, en faveur duquel nous renforçons notre soutien politique et financier pour lui permettre de s’adapter aux exigences nouvelles de nos sociétés.

 

5. L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et le Secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (SFA) développeront leurs activités dans le domaine de l’orientation, de la formation et de la mobilité professionnelles dans un souci de complémentarité, dans le respect de leurs vocations et attributions respectives. De plus, un brevet franco-allemand pour les animateurs de jeunes sera mis en place sous l’égide de l’OFAJ.

 

6. Nous souhaitons renforcer la coopération dans le domaine de la formation et de l’enseignement professionnel pour mettre en place une véritable filière de réussite,  avec la création d’un lycée professionnel franco-allemand à Bordeaux et le développement des filières bilingues dans les centres de formation technique ou d’apprentissage. D’autres opérations semblables seront encouragées dans les deux pays.

 

7. Dans ce même objectif, nous appelons les régions et les Länder à développer davantage leur coopération dans le domaine de la formation générale et professionnelle, en particulier les possibilités de stage dans le pays partenaire.

 

8. Nous nous félicitons par ailleurs du lancement, par l’Office franco-allemand pour la jeunesse, du statut du stagiaire professionnel franco-allemand dans le cadre de « Praxes ».

 

9. Avec l’Université franco-allemande, dont les moyens se sont accrus ces dernières années, les deux Etats se sont dotés d’un outil essentiel pour développer les partenariats entre établissements d’enseignement supérieur, pour multiplier les filières binationales de formation et favoriser la circulation des étudiants et de jeunes scientifiques. Au cours des prochaines années, l’Université franco-allemande s’ouvrira encore davantage aux étudiants de pays tiers et contribuera ainsi au rayonnement extérieur de l’amitié franco-allemande. Plus généralement nous souhaitons renforcer la coopération dans le domaine de la formation et de l’enseignement professionnel pour mettre en place une véritable filière bilingue. Nos deux pays s’engagent à inciter leurs universités et organismes de recherche à développer et enrichir leurs liens partenariaux réciproques au bénéfice de leurs étudiants, chercheurs et enseignants-chercheurs, notamment sous forme de séjours croisés et de certifications binationales.

 

La culture comme socle de la relation franco-allemande

10. Les relations culturelles entre la France et l’Allemagne constituent un puissant vecteur d’échange et de compréhension entre nos sociétés. La France et l’Allemagne renforceront leur coopération autour des priorités suivantes: l’approfondissement d’un système économique et fiscal européen protégeant le droit d’auteur y compris dans le domaine numérique, la conclusion de partenariats entre institutions culturelles et collectivités territoriales (notamment entre les régions et les Länder), la promotion des coproductions dans les industries de la communication (cinéma, télévision) ainsi que le développement de projets communs en matière d’enseignement artistique.

 

11. Au niveau européen, nous décidons de renforcer notre coopération pour que le cadre réglementaire européen soit favorable à la création artistique, à la diversité culturelle, à la mobilité des artistes et des œuvres, ainsi qu’au développement et à la diffusion des biens et services culturels.

 

12. Fondé en 1988, le Haut-Conseil culturel franco-allemand (HCCFA) doit éclairer les décisions de nos gouvernements sur tous les grands dossiers bilatéraux et européens en matière culturelle.

 

13. La France et l’Allemagne continueront d’intensifier leur coopération fructueuse au sein de la chaîne culturelle européenne ARTE. Le grand potentiel de cette chaîne unique pour la création, la culture et la compréhension mutuelle entre les deux pays et en Europe sera exploité davantage dans le domaine des productions conjointes franco-allemandes. 

 

14. Nous réaffirmons l’importance du Fonds culturel franco-allemand en pays tiers, qui a été renforcé à l’occasion de l’Année franco-allemande et permet de faire rayonner notre amitié au-delà de nos frontières et de diffuser une image de modernité et de dynamisme culturel.

 

15. La France et l’Allemagne s’engagent en faveur du développement d’une identité européenne, qui commence par un enseignement scolaire dans tous les Etats membres portant sur la construction européenne et ses réalisations. Nous interviendrons auprès des institutions européennes en faveur de l’élaboration d’un manuel portant sur l’histoire de l’Union européenne.

 

Un partenariat au bénéfice de la croissance, la stabilité, la compétitivité et la cohésion sociale

16. La dimension économique et sociale de la relation franco-allemande doit être renforcée pour mieux faire face à nos défis communs en matière de stabilité financière, de croissance et d’emploi, notamment des jeunes, de travail et de dialogue social. Dans cet esprit, nous contribuerons à mettre en œuvre et à renforcer le « Pacte pour la croissance et l’emploi » adopté à l’occasion du Conseil européen de juin 2012. Conscients de notre responsabilité historique, nous agirons ensemble en faveur de l’approfondissement de l’UEM.

 

17. Nous saluons le rôle du Conseil économique et financier franco-allemand et de l’unité franco-allemande créée au sein des ministères des finances des deux pays, qui contribuent à rapprocher nos positions sur les dossiers économiques européens. Cette coopération permanente continuera à favoriser l’élaboration de solutions dans le contexte de l'approfondissement de la zone euro. En particulier, nous accueillons favorablement les propositions du groupe à haut niveau sur les réformes structurelles du secteur bancaire et la consultation lancée par la Commission européenne, à laquelle nous avons apporté une contribution conjointe. Elles fournissent une contribution utile pour introduire une séparation juridique des activités bancaire particulièrement risquées tout en préservant les activités utiles aux clients et plus généralement à l'économie. Nous nous attacherons à mettre en œuvre ce type de mesures au plan européen et national dans le but d'atténuer les risques liés aux activités spéculatives, de préserver la stabilité financière et de financer efficacement l'économie.

 

18. Nous décidons d’intensifier les échanges sur nos modèles sociaux respectifs dans le cadre d’un groupe de travail ministériel franco-allemand sur les questions sociales, associant les ministères compétents.

 

19. L’élargissement du dialogue aux partenaires sociaux est de nature à enrichir la réflexion sur les réponses à apporter à nos défis communs et à favoriser le renforcement du dialogue social européen. Nous invitons les représentants des employeurs, les syndicats et les représentants des salariés à créer un groupe de travail consultatif franco-allemand, qui proposera des initiatives conjointes dans le domaine de la compétitivité ainsi que du modèle social dans nos deux pays.

 

20. S’agissant de la politique industrielle, il est avant tout nécessaire de mettre l’ensemble des politiques européennes au service de l’objectif de compétitivité et de croissance. Le groupe de travail sur la compétitivité industrielle européenne, conduit par MM. Beffa et Cromme, dont la restitution finale devrait être présentée en avril 2013 assurera un suivi de sa mission et présentera, le cas echéant, un nouveau rapport dans les 12 à 18 mois comprenant d’éventuelles propositions additionnelles en tenant compte du nouveau groupe créé entre les partenaires sociaux français et allemands.

 

21. Notre coopération ministérielle contribuera à rechercher des synergies et à créer les conditions favorables à la coopération entre industriels. Nos efforts s’articuleront principalement autour des axes suivants : matières premières, énergie, économie numérique, communications électroniques et nanotechnologies, agroalimentaire, santé et transport.

 

22. Reconnaissant les difficultés semblables rencontrées par les industries allemande et française pour l'accès aux matières premières, nos deux gouvernements s’engagent à renforcer la concertation franco-allemande dans le but d’assurer à nos économies respectives un accès compétitif et durable aux matières premières stratégiques. Nos deux pays partageront leurs retours d'expérience dans la mise en œuvre de politiques industrielles sur ces thèmes, travailleront à la convergence des positions allemande et française sur les travaux menés aux niveaux européen et international, chercheront à renforcer les coopérations dans le domaine de la recherche et, plus généralement, encourageront les opérateurs, organismes et entreprises privées du domaine minier à initier de nouvelles coopérations.

 

23. La France et l’Allemagne saluent la contribution du centre Bruegel, créé en 2005 sur la base d’une initiative franco-allemande, aux débats sur les politiques économiques, financières et commerciales en Europe.

 

24. La France et l’Allemagne mettront en œuvre les conclusions du Conseil ministériel de l’ESA tenu à Naples les 20 et 21 novembre 2012, et en particulier: la consolidation de la filière lanceur, grâce au programme Ariane 5ME adapté/Ariane 6, pour un accès autonome à l’espace, l’investissement majoritaire à parité entre la France et l’Allemagne pour le développement des satellites météorologiques du programme METOP de seconde génération, et enfin l’exploitation de la Station spatiale internationale (ISS) jusqu’en 2020. Nous assurerons un suivi régulier au niveau ministériel, pour donner une nouvelle impulsion à la filière spatiale européenne, grâce à ces investissements majeurs, et préparer dans les meilleures conditions le prochain conseil ministériel de l’ESA en 2014. Par ailleurs nous approfondirons notre relation bilatérale en œuvrant à la réussite de notre programme conjoint de surveillance des émissions de méthane « Merlin ». 

 

25. Une réglementation intelligente et une réduction effective des charges administratives non nécessaires contribuent à l’amélioration de la croissance et à la compétitivité, notamment en faveur des PME. La France et l´Allemagne échangeront les approches ainsi que les expériences ci-dessus et intensifieront la coordination franco-allemande, en particulier en ce qui concerne des initiatives au niveau européen.

 

26. Avec l’objectif de l’intégration de nos marchés du travail, et pour donner à tous les citoyens des chances optimales sur le marché du travail européen, nos deux pays ont l’intention de développer des outils franco-allemands d’aide à la recherche d’emploi. La coopération déjà existante entre Pôle emploi et l’Agentur für Arbeit sera amplifiée par la création d’une première agence franco-allemande pour l’emploi en zone frontalière, qui aura son bureau dans la ville de Kehl, avec pour objectif, à terme, le développement d’un réseau d’agences franco-allemandes dans l’espace frontalier. Nos deux pays partagent par ailleurs l’objectif de lutter contre le détournement des règles de détachement au sein de l’Union européenne.

 

27. L’égalité entre les femmes et les hommes figure au nombre des droits fondamentaux consacrés par l’UE, et au respect desquels la France et l’Allemagne s’engagent. La France et l’Allemagne intensifieront leurs efforts pour l’égalité des hommes et des femmes dans tous les aspects de la vie sociale, et affirmeront clairement au niveau international que la remise en question de l’égalité des sexes est incompatible avec notre système de valeurs. Nos deux pays entreprendront les actions nécessaires à une participation plus équilibrée des femmes et des hommes à la vie professionnelle, et à un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

 

28. Compte tenu du défi que représente le changement démographique pour nos sociétés, la France et l’Allemagne poursuivront leurs échanges sur les questions ayant trait à la démographie, notamment celle de la politique familiale, et mèneront le cas échéant des actions communes.

 

29. La France et l’Allemagne conviennent de renforcer encore leur coopération dans les domaines de la recherche, de la technologie et de l’innovation afin de promouvoir l’espace européen de la recherche. L’exploitation du potentiel de recherche et d’innovation des deux pays, à travers l’identification de priorités communes, la création d’équipes de recherche mixtes et de réseaux, la promotion de la coopération entre universités, centres de recherche et entreprises ainsi que la création d’entités de recherche communs, apportera une contribution importante à la croissance économique des deux pays et de l’Europe.

 

30. Nous mettrons en œuvre des initiatives de coopération ambitieuses, non seulement dans les domaines de la recherche médicale, des biotechnologies, et des sciences humaines et sociales mais aussi sur les matières premières, la recherche énergétique, les nanotechnologies et les technologies clés génériques.

 

31. Les perspectives de croissance dans le domaine de l’économie numérique sont considérables. Afin de pouvoir en tirer pleinement profit, une mission d’expertise franco-allemande sur les conditions de réalisation d’une académie numérique pour contribuer à la mobilité des futurs diplômés et jeunes chercheurs de ce secteur sera lancée. Le financement de cette structure sera assuré par les entreprises intervenant dans le secteur.

 

32. Un système de transport performant, efficace et respectueux de l’environnement est une condition essentielle à la croissance économique, à l’emploi et à la prospérité dans une société moderne. Il rend possible mobilité professionnelle et privée, et représente un avantage important dans un environnement international concurrentiel. La France et l’Allemagne souhaitent par conséquent améliorer la coopération, bilatérale et à l’échelle européenne, en matière de transport, afin que nos systèmes de transport soient à la hauteur des grands défis à venir. Dans le secteur du transport ferroviaire, nous encourageons le renforcement des coopérations industrielles, afin de faciliter la reconnaissance mutuelle des décisions d’homologation des matériels roulants, de favoriser le développement d'un réseau européen et de faciliter les interconnexions. Le groupe de haut niveau sur le ferroviaire formulera des propositions en ce sens et veillera à une meilleure coopération entre les opérateurs, les gestionnaires d’infrastructures ainsi qu’entre les fédérations industrielles. Dans le domaine aérien, la France et l'Allemagne poursuivront les efforts pour la mise en place du bloc d’espace aérien commun.

 

33. Dans le cadre du projet pilote transfrontalier "Electro-mobilité", les possibilités de rechargement électrique et de tarification compatibles entre les 2 pays seront étudiées en faveur des véhicules engagés dans le trafic régional.

 

Énergie et climat

34. L’Allemagne et la France estiment que l’objectif de faire de l’Europe le continent de la transition énergétique réussie exige une coopération bilatérale approfondie pour le développement de nouvelles technologies, le déploiement des énergies renouvelables, la modernisation des réseaux de même que l’amélioration de l’efficacité énergétique.

 

35. La France et l’Allemagne développeront une approche conjointe de la politique énergétique européenne assurant l’atteinte des objectifs de compétitivité, de lutte contre le changement climatique et de sécurité des approvisionnement.

 

36. Dans le respect des choix nationaux en matière de „bouquet énergétique“, la France et l’Allemagne continueront de se mobiliser en faveur de l’adoption de stratégies conjointes dans le domaine des énergies renouvelables et des technologies « intelligentes ». Le renforcement de la coopération bilatérale doit favoriser l’émergence d’entreprises européennes compétitives dans les secteurs d’avenir que sont les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie, les réseaux intelligents, le captage, le transport et le stockage de carbone.

 

37. Dans le domaine des énergies renouvelables, ils ont pour ambition une coordination et une coopération renforcées dans la définition des politiques et des mesures de soutien aux énergies renouvelables au niveau de l’UE, afin de continuer à diminuer le coût de ce soutien et d’intégrer davantage les énergies renouvelables sur le marché.

 

38. L’Allemagne et la France ont pour objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables dans leur mix énergétique. Les énergies renouvelables offrent des opportunités économiques importantes pour nos deux pays et posent de nouveaux défis, face auxquels les instruments existants doivent être renforcés et de nouveau mis en place, en particulier la gestion de l’approvisionnement et de la charge des réseaux. Nos deux pays réfléchiront aux moyens de partager au niveau européen leurs analyses prospectives des capacités de production et des flux transfrontaliers notamment en période de pointe. L’enjeu des interconnexions électriques et gazières est central: la France et l’Allemagne soutiendront une meilleure interconnexion transfrontalière des réseaux d’infrastructure. Alors que la responsabilité principale du financement de ces projets doit revenir aux opérateurs, le recours à de nouveaux instruments financiers, comme des obligations de projet (« project bonds »)  sera encouragé.

 

39. Des efforts conjoints de rénovation énergétique et d’efficacité énergétique seront réalisés, grâce à une coopération entre la Caisse des Dépôts et Consignations et Kreditanstalt für Wiederaufbau. Cette coopération accompagnera les initiatives d’investissement privé visant à l’investissement dans les infrastructures locales favorables à la transition énergétique.

 

40. Un travail commun sera engagé, par la France et l'Allemagne pour préparer une vision commune des actions menant à la transition vers une économie sobre en carbone. Cette démarche contribuera à préparer l'adoption au niveau européen d'un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2030, cohérent avec la feuille de route de la Commission et et les engagements de l'UE.

 

Agriculture

41. Conscients de son rôle dans la réconciliation franco-allemande et la construction européenne et de la nécessité d'une Politique Agricole renouvelée afin de mieux répondre aux attentes de la société européenne, nous allons coordonner nos positions sur la réforme de la Politique Agricole Commune afin de permettre à l'Union européenne de participer aux équilibres alimentaires mondiaux,  d'améliorer la croissance et l'emploi et de préserver l'environnement et les paysages dans les territoires ruraux. Conscients de l'importance de l'enjeu, un budget européen qui consacre à la Politique Agricole Commune des moyens à la hauteur de nos ambitions est indispensable.

 

42. Par ailleurs, soucieux de la nécessité d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale, nous nous engageons à porter des positions communes pour augmenter les investissements dans le domaine agricole et lutter contre la volatilité excessive des prix agricoles dans les enceintes internationales, notamment dans le cadre du G20.

 

Diplomatie, défense et sécurité.

43. La France et l’Allemagne s’engagent expressément pour la mise en oeuvre d’une véritable politique étrangère européenne. L’Union européenne doit renforcer sa position d’acteur majeur sur la scène internationale. Dans le contexte de la mondialisation, les Etats européens doivent unir leur forces pour défendre au mieux leurs valeurs et leurs intérêts. C’est pourquoi nous devons  renforcer la cohérence de l’action extérieure de l’Union européenne. La France et l’Allemagne s’engagent expressément pour le renforcement du rôle du Haut représentant de l’Union pour la politique extérieure et de sécurité, ainsi que du Service européen pour l’action extérieure.

 

44. Les ministères des Affaires étrangères sont engagés dans une logique de rapprochement, notamment par les consultations régulières entre services, la formation conjointe des diplomates français et allemands ainsi que les échanges de diplomates, entre les administrations centrales et en poste. Nous voulons poursuivre notre concertation sur tous les grands dossiers de politique étrangère et dans toutes les enceintes préalablement à la définition de nos positions nationales.

 

45. Au-delà, la mise en commun de services entre nos postes, en particulier dans le domaine consulaire, sera recherchée avec notamment l’objectif d’un rapprochement de nos services de visa, préfigurant une évolution européenne dans ce sens.

 

46. Dans les domaines de la sécurité et de la défense, notre coopération bilatérale s’appuie sur le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, dont nous célébrons cette  année le vingt-cinquième anniversaire.

 

47. Nous souhaitons que cette coopération continue de jouer un rôle d’avant-garde, en lien avec d’autres Etats membres, dans la construction de la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC), en complémentarité avec notre engagement dans l’OTAN. Nous sommes convaincus que la PSDC constitue un instrument crédible et efficace de la gestion des crises internationales, grâce à une panoplie complète d’instruments, allant des outils civils aux moyens militaires robustes.

 

48. Nous nous félicitons des conclusions du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2012 sur la PSDC.  Par des propositions et initiatives communes dans le cadre de notre coopération bilatérale, nous sommes disposés à développer d’une manière significative les capacités d'action de l'Union européenne dans le domaine de la PSDC. Dans le cadre de l’approche globale, nous devons travailler à une articulation plus étroite et plus cohérente de ses instruments dans l’avenir. Le Conseil européen de décembre 2013 fera le point des progrès accomplis. Dans ce contexte, et à plus long terme, nos deux pays chercheront à contribuer à l’émergence d’une véritable culture de défense commune en Europe grâce notamment à l’approfondissement des échanges entre nos jeunes officiers, entre nos parlements ainsi que par une réflexion commune sur la place de nos armées dans la nation.

 

49. Pour l’avenir, nous voulons porter notre dialogue stratégique à un niveau qui nous permettra de nous engager ensemble pour prendre notre part de responsabilité dans la gestion de crises au travers de l’action de l’Union européenne, de l’Alliance atlantique et des Nations Unies, y compris grâce aux unités prêtes à intervenir que sont la Brigade franco-allemande, les Groupements tactiques de l’Union européenne, la Force de réaction de l’OTAN et le Corps européen.

50. Nous chercherons à établir une analyse stratégique convergente, pré-requis d’une capacité d’action commune. Sur cette base, nous pourrons développer des options d’actions conjointes et les moyens et capacités nécessaires au travers de l’harmonisation des besoins militaires.

 

51. L'Allemagne et la France s’engagent en particulier à renforcer la capacité de l'Union européenne à déployer sur le terrain, de manière rapide et efficace, nos instruments civils et militaires, permettant ainsi d'accroître la crédibilité de l’UE dans des zones d'intérêt stratégique pour l'Europe.

 

52. Cette ambition en matière de politique de sécurité et de défense est d’autant plus indispensable dans le contexte de la crise économique et financière. Ainsi, en cohérence avec les initiatives de Gand et de Weimar, nous appelons à une mutualisation et à un partage accru des ressources et des capacités, sur le modèle du Commandement européen de transport aérien (EATC).

 

53. Notamment, l’Allemagne et la France entendent se doter d'une capacité de reconnaissance, de surveillance et de renseignement construite au travers du partage de capacités d’observation spatiale et de la recherche de coopérations, avec d’autres partenaires européens, sur les drones Moyenne Altitude - Longue Endurance (MALE), afin d'approfondir la coopération en matière d'armement en Europe, notamment dans une perspective de plus long terme. De même, nous affirmons notre soutien aux initiatives de l’Agence européenne de Défense et souhaitons renforcer l’industrie de défense européenne, notamment dans les domaines déjà identifiés par nos deux pays.

 

54. En ce qui concerne l’industrie de défense européenne, la France et l’Allemagne ont réaffirmé en décembre 2012 leur engagement conjoint en faveur d’EADS. Le groupe européen dispose ainsi d’un actionnariat stable qui lui permettra de poursuivre le développement exceptionnel qui a été le sien depuis sa création il y a douze ans. 

 

Développement

55. Le partenariat franco-allemand en matière de coopération au développement repose sur une base solide depuis la signature du Traité de l’Élysée en 1963 et s’est depuis lors continuellement renforcé. Face à la multiplication des défis globaux pressants auxquels nous devons répondre tant au niveau européen qu’international, notre action conjointe est d’autant plus décisive que la France et l’Allemagne figurent aux premiers rangs des donateurs européens. Les deux parties affirment leur intention de poursuivre et d’accroître ce partenariat dans leur coopération bilatérale à destination des pays tiers, ainsi que dans les processus de concertation européens et internationaux.

 

56. Dans de nombreux pays, nous avons choisi de mettre en œuvre des cofinancements de projets entre nos agences de développement, initiatives qui ont vocation à s’accroître dans les années à venir compte tenu des résultats probants obtenus sur le terrain et des nombreuses synergies entre nos acteurs.

 

57. Afin d’atteindre des synergies supplémentaires, en particulier au niveau européen, et d’améliorer la coordination de l’ensemble des donateurs européens, nos deux pays se prononcent en faveur d’une programmation conjointe de la coopération au développement.

 

58. Nous nous attacherons en outre à contribuer concrètement dans les années à venir à une plus grande efficacité de la politique de développement de nos deux pays, dans l’esprit des conférences de Paris et Busan. Nous entendons également réaffirmer notre engagement en faveur de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et l’élaboration d’un système intégré d’objectifs du développement durable au-delà de 2015 (OMD post-2015/ODD). Enfin, nos deux pays entendent coopérer étroitement dans le domaine de la modernisation des systèmes de mesure des performances du développement au-delà de l’APD et du recours accru à des mécanismes de financement innovants pour promouvoir le développement durable dans nos pays partenaires.

 

Renforcer la citoyenneté européenne et agir pour un espace de justice, de liberté et de sécurité

59.  Au niveau national et européen nous nous engagerons ensemble contre le populisme qui cherche à mettre en cause les valeurs fondamentales de la construction européenne. Dans ce contexte nos deux pays s’engageront également de toutes leurs forces afin que  le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et toute autre discrimination n’aient plus leur place en Europe et dans le monde.

 

60. La coopération entre la France et l’Allemagne en matière de justice et de sécurité a déjà atteint un haut degré d’intensité et de confiance. Nos deux pays souhaitent approfondir encore ce travail, par des échanges soutenus dans tous les domaines notamment ceux des valeurs démocratiques et des libertés, les droits minimaux en matière de procédure pénale et d’incarcération, les droits minimaux sur l’asile et les migrations, la sécurité publique et privée, la sécurisation des données personnelles ainsi que la recherche dans ces différents domaines. Ils oeuvreront également à la mise en place d’un parquet européen dans le cadre d’un groupe de travail ouvert aux autres Etats-membres et développeront des actions de formation conjointe de magistrats français et allemands.

 

61. Le renforcement de la citoyenneté de l’Union reste un objectif commun. La France et l’Allemagne soulignent leur attachement à la libre circulation des citoyens de l’Union européenne comme l’un des plus importants acquis du processus d’unification européenne. Le droit des citoyens de circuler et séjourner librement dans nos pays est une condition essentielle des échanges intensifs mutuels entre Allemands et Français et revêt, spécialement pour nos jeunes, une signification particulière. 

 

62. Nos deux pays approfondiront leur coopération dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de drogues, la traite des êtres humains ainsi que la cybercriminalité, non seulement sur leurs propres territoires nationaux, mais aussi en Europe ou ailleurs dans le monde, lorsque cela sera nécessaire.

 

63. De même, les commissariats européens seront multipliés et renforcés pour servir de cadre à l'engagement conjoint de policiers allemands et français lors d'évènements festifs ou lors des périodes estivales. Fortes de leur tradition démocratique, les forces de sécurité françaises et allemandes se rapprocheront pour former des pôles d'excellence dans les domaines de la prévention, de la relation de la police à la population et de la gestion démocratique des foules, de recherche en sécurité intérieure.


64. En matière d'immigration, la France et l'Allemagne amélioreront leur coordination en matière de gestion des flux de population. L'intégration des populations immigrées revêt une importance capitale pour l'avenir de nos deux pays et demeurera un axe essentiel de la coopération franco-allemande. Les deux pays soutiendront les initiatives de la société civile pour donner un sens concret à cet objectif. Nous travaillerons sur l'échange d'expérience et le développement d'outils favorisant l'intégration des nouveaux migrants ainsi que la promotion d'une culture d'accueil. Les deux pays coopéreront étroitement à la mise en œuvre du règlement commun sur les migrations et la mobilité ainsi que sur la réintégration sociale et économique de ressortissants étrangers rentrés volontairement dans leur propre pays.

 

65. Dans le respect de leurs engagements internationaux et de leurs traditions d'accueil des personnes  exposées à des risques pour leur vie ou leur liberté, l'Allemagne et la France rappellent leur attachement à l'aboutissement rapide d'un régime d'asile européen commun  fondé sur un haut degré de protection des personnes  et l'approfondissement de l'harmonisation des politiques des Etats membres. Le droit d'asile sera durablement protégé s'il existe une politique européenne de l'asile, solidaire, responsable et respectueuse des droits des personnes en besoin de protection.

 

Développer le réflexe franco-allemand dans notre dialogue politique, dans notre coopération administrative et entre nos sociétés civiles.

66. Depuis 10 ans, l’organisation de Conseils des ministres franco-allemands et la création, dans chaque pays, des fonctions de Secrétaire général pour la coopération franco-allemande, a permis de réaliser des progrès considérables dans notre dialogue politique.

 

67. Les Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande participeront en particulier à la veille de chaque Conseil des ministres franco-allemand, au Conseil des ministres national de l’autre pays. Nous encourageons les ministres à participer aux séances du Conseil des ministres du pays partenaire.

 

68. Nous décidons d’accroître les échanges de fonctionnaires, y compris dans les établissements publics, et encourageons les collectivités territoriales à faire de même. Nous favoriserons la création d’un réseau des fonctionnaires d’échanges, notamment pour constituer un vivier de compétences susceptibles d’être utilisées au niveau européen. La formation conjointe des fonctionnaires français et allemands sera, par ailleurs, étendue au-delà de la formation commune des diplomates français et allemands déjà dispensée par les deux ministères des Affaires étrangères. Nous réaffirmons notre soutien au Master d’administration et de gouvernance européenne (MEGA), qui permet de former des cadres de la fonction publique et du secteur privé aux réalités de la coopération franco-allemande, dans une perspective européenne. 

 

69. Les jumelages et partenariats entre collectivités territoriales apportent une contribution essentielle à une meilleure connaissance du pays partenaire ; ils ont permis de tisser des liens d’amitié personnelle entre des dizaines de milliers de Français et d’Allemands, dans la vie politique, culturelle et associative et dans le cadre de rencontres individuelles et familiales. Nous reconnaissons la valeur de ces innombrables initiatives bénévoles et encourageons la poursuite de cet « engagement civique » franco-allemand.

 

70. Les initiatives issues de la société civile ont joué un rôle déterminant dans la réconciliation franco-allemande. Il est essentiel que les citoyens, et en particulier les nouvelles générations de nos deux pays, poursuivent l’œuvre de rapprochement des générations précédentes. Nous encourageons les échanges entre les deux sociétés civiles, notamment entre les organisations de jeunes, y compris en dehors du cadre scolaire et universitaire.

 

Promouvoir une plus grande intégration de notre espace frontalier

71. Sous la coordination des Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande la France et l’Allemagne s’engageront à ce que les régions transfrontalières franco-allemandes se rapprochent davantage, notamment dans les secteurs de l’économie, du marché du travail, de la santé, de la formation, de l’éducation et de la sécurité.

 

72. Entre les régions frontalières françaises et allemandes, la coopération est exemplaire, qu’il s’agisse des relations nouées entre les collectivités territoriales, les services de chaque Etat, les institutions publiques, les entreprises ou les populations. Cette intégration s’illustre par de nombreuses réalisations communes, comme la création de groupements européens de coopération transfrontalière (GECT), la mise en place de la Région métropolitaine tri-nationale (avec la Suisse) du Rhin supérieur (RMT) et de la Grande Région, et l’établissement de lignes de transports en commun. Plusieurs domaines offrent des possibilités de la renforcer, en réponse aux préoccupations de nos concitoyens, notamment au bénéfice de l’apprentissage de la langue du partenaire et de l’emploi. L’approfondissement de notre coopération visera également l’accès aux soins de part et d’autre de la frontière, un système de transport performant, efficace et respectueux de l’environnement, la connexion des réseaux électriques et gaziers, l’utilisation de véhicules électriques compatibles, ainsi que la prévention et la lutte contre la délinquance.

 

73. Au-delà de la très bonne coopération existante entre nos agences pour l’emploi, notre coopération dans le domaine du marché du travail transfrontalier sera renforcée via la création de « guichets » communs pour répondre aux questions  qui se posent le plus fréquemment aux travailleurs transfrontaliers.

 

74. En matière de sécurité civile, les deux pays uniront leurs efforts en zone frontalière et répondront positivement aux demandes du partenaire en cas de circonstances exceptionnelles, comme par exemple des inondations. Ils coordonneront leurs réponses en cas de soutien à des populations frappées par des catastrophes naturelles ou technologiques dans des pays tiers.

 

 

75. En matière de sécurité publique, les outils de la coopération en zone frontalière (notamment Centre de Coopération Policière et Douanière, police ferroviaire, réseaux de communication) seront consolidés et développés, tout en les mettant en cohérence avec les structures de coopération administratives et politiques existant par ailleurs.

 

*  *  *

 

Compte-tenu du rôle décisif de la réconciliation franco-allemande dans la construction de l’Union européenne qui vient d’être distinguée par le prix Nobel de la Paix, et pour témoigner de l’importance de cet accord, la France et l’Allemagne demandent l’inscription du traité de l’Elysée par l’UNESCO, comme document d’archive méritant une protection particulière en raison de son impact pour l’histoire de l’Humanité (« Mémoire du monde »).

Type de contenu : VidéoLe discours du Président devant les membres des Parlements français et allemands en vidéo

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral du discours

Allocution du Président de la République au Bundestag

Monsieur le président de la République,

Madame la Chancelière,

Monsieur le président du Bundestag,

Monsieur le président de l’Assemblée nationale,

Monsieur le président du Sénat,

Mesdames, Messieurs les parlementaires de nos deux pays,

Je mesure le moment exceptionnel que nous vivons : la réunion de nos deux Parlements avec les responsables des gouvernements, les deux présidents de la République et le privilège qui m’est donné de m’exprimer ici, au nom de la France, au Bundestag. Je veux une nouvelle fois saluer Madame la Chancelière pour l’accueil qu’elle nous a réservé pendant ces deux jours, pour célébrer un Traité signé il y a 50 ans par deux hommes d’Etat, Konrad ADENAUER et le Général de GAULLE qui avaient eu l’audace, le courage, la passion de penser qu’il était possible – non seulement de réconcilier nos deux peuples – mais d’unir les destins de la France et de l’Allemagne dans un Traité qui pouvait, en lui-même, offrir les conditions de l’amitié. Ce pari a été réussi au-delà même des intentions de ceux qui l’avaient signé.

Tout au long de ces 50 ans, ceux qui leur ont succédé – les chefs de Gouvernement, les présidents de la République – ont veillé à cultiver, à entretenir l’amitié entre nos deux pays et d’y ajouter à chaque étape de nouveaux projets, pas simplement conçus pour la France et l’Allemagne, mais pour l’Europe elle-même. C’est-à-dire faire que ce qui nous avait permis de nous retrouver puisse être l’occasion de réunir aussi l’Europe.

Cette amitié a été motrice durant ces 50 dernières années. Cela ne veut pas dire qu’elle n’ait pas connu des vicissitudes ou des orages ! Il faut cesser de voir l’amitié franco-allemande comme un long parcours tranquille !

Dès le Traité de l’Elysée signé, le Général DE GAULLE – dont chacun connaissait la hauteur de vue, mais aussi le caractère – avait considéré que le Bundestag avait pour une part dénaturé le Traité en y ajoutant un préambule qui rappelait la force de la relation transatlantique. C’est vous dire si l’amitié franco-allemande mérite à chaque étape d’être entretenue et comprise !

Je dis souvent que cette amitié doit être offerte à tous les pays européens. Certains s’inquiètent quand notre relation n’est pas au niveau que nous souhaitons tous. Mais ils se préoccupent aussi lorsque nous sommes trop unis, de crainte que cela vienne peser sur leurs propres choix. Or, en réalité, cette amitié entre la France et l’Allemagne a toujours été au service de la construction européenne et des valeurs que nous partageons, mais que nous avons pu étendre et élargir à mesure que l’Europe elle-même a pu accueillir de nouveaux pays.

C’est notre amitié qui a prévalu quand la sécurité de l’Europe a pu être menacée, comme en 1983 lorsque la France proclama ici au Bundestag, par la voix de François MITTERRAND, sa solidarité sans faille avec l’Allemagne fédérale.

C’est cette amitié qui a déterminé l’appui sans réserve de la France pour la réunification de l’Allemagne.

C’est cette amitié aussi qui a permis de faire des choix audacieux dans le domaine économique et industriel, des réalisations exceptionnelles comme Airbus, comme Ariane que nous devons encore amplifier.

C’est l’amitié entre la France et l’Allemagne qui a permis, étape par étape, la création de l’euro.

C’est encore l’amitié entre la France et l’Allemagne qui a permis ces derniers mois de préserver l’intégrité de la zone euro.

Cette amitié nous est donc précieuse ; elle nous est indispensable ; elle est indissociable de la construction européenne.

Mais aujourd’hui, Madame la Chancelière, nous avons à ouvrir de nouvelles perspectives, à la hauteur de l’héritage que nous avons reçu. Nous devons le faire – et c’était l’esprit originel du Traité de l’Elysée – pour la jeunesse, car elle est la grande affaire dans notre relation.

Parce que la jeunesse est à la fois notre avenir mais aussi l’enjeu des politiques que nous engageons. Parce que la jeunesse de nos deux pays a la chance inestimable de n’avoir jamais rien connu d’autre que la paix et la démocratie. Et parce que la jeunesse d’aujourd’hui affronte une crise économique, sociale d’une durée inédite et qui assombrit donc l’espoir qu’elle peut nourrir par rapport à son propre avenir.

C’est la raison pour laquelle, dans la déclaration que nous avons adoptée, nous avons donné une large place à la jeunesse, à travers l’élargissement des moyens qui sont donnés à l’OFAJ qui célèbrera son cinquantième anniversaire au mois de juillet et qui a permis depuis sa création – je le rappelle – à huit millions de jeunes français et de jeunes allemands –– de pouvoir bénéficier de son soutien. Nous avons décidé de multiplier les filières linguistiques, d’aller encore plus vite sur la reconnaissance des diplômes, de rapprocher nos systèmes de formation professionnelle, pour que tous les jeunes se voient offrir la possibilité de suivre une partie de leur parcours ici en Allemagne, ou de jeunes allemands en France.

Nous ferons en sorte – la France et l’Allemagne – dans la discussion qui va se prolonger sur le futur budget européen, que le programme Erasmus non seulement soit consolidé, mais élargi à des jeunes qui, aujourd’hui, n’y ont pas accès et notamment des milieux populaires, ou issus des filières de l’apprentissage.

Nous aurons aussi à cœur de défendre un projet commun entre la France et l’Allemagne, celui qui serait une garantie pour les jeunes – pour chaque jeune – de pouvoir accéder à un stage, à une formation, à un apprentissage et si possible à un emploi. Pour chercher les financements correspondants nous pourrons utiliser une partie des recettes obtenues grâce à l’introduction de la taxe sur les transactions financières que la France et l’Allemagne ont porté ensemble et qui aujourd’hui a été reconnue comme effective par le Conseil économique et financier (ECOFIN).

C’est pour la jeunesse – toujours pour la jeunesse ! – que nous devons poursuivre cette aventure exceptionnelle qu’est l’Europe, cette innovation institutionnelle qu’aucun continent au monde n’a pu créer.

Oui, nous avons ce devoir, de faire que cela reste une utopie pour les générations qui vont nous succéder : cette idée européenne - pas simplement de faire la paix entre nous - mais de réussir à créer un espace de droit, de liberté, de prospérité et de solidarité.

La France et l’Allemagne ont une responsabilité particulière, par leur place, leur histoire, leur géographie, leur puissance économique mais surtout par l’attente qui est placée en nos deux pays. De la qualité de notre relation, de la confiance qui nous unit, de la capacité à fixer un cap pour notre continent, dépend l’avenir de l’Europe.

Cette amitié, je l’ai dit, n’est pas exclusive. Elle est ouverte et n’écarte personne. Elle doit entraîner l’Europe qui veut avancer avec nous. « Avec nous » ne veut pas dire « derrière nous » ; mais c’est nous qui devons montrer la voie.

Notre amitié n’est pas non plus une confusion, un alignement, un renoncement, bien au contraire : c’est en restant eux-mêmes que nos pays peuvent aller plus sûrement vers ce qui les rapproche. Pour nous rassembler, il n’est pas demandé de nous ressembler. Il est demandé de nous réunir pour une volonté commune, pour promouvoir un modèle économique et social original, pour protéger l’environnement, pour partager une même vision du monde, car l’Europe est une puissance. C’est une puissance ! Mais une puissance différente des autres, une puissance qui veut contribuer à la paix et veut servir des valeurs universelles.

C’est ce qu’entreprend aujourd’hui la France au Mali, face à une agression terroriste qui met en péril l’avenir de ce pays - l’un des plus pauvres du monde -, qui met aussi en cause la stabilité de l’Afrique de l’Ouest et donc la sécurité même de notre continent.

Je remercie l’Allemagne pour son soutien et son appui.

Son soutien politique qui a été à la hauteur de notre relation, et qui est d’ailleurs celui de toute l’Europe à notre initiative, mais aussi pour son appui logistique, matériel, financier, humanitaire. Il y aura dans quelques jours une conférence des donateurs ; l’Allemagne comme l’Europe y joueront tout leur rôle.

Cette intervention était nécessaire. Plus tard aurait été trop tard. Elle s’inscrit dans la légalité internationale et vise à permettre l’adoption, mais surtout la traduction de la volonté qui a été celle du Conseil de sécurité d’assurer le retour de l’intégrité du Mali, grâce à une force africaine qui, elle, stabilisera pour longtemps le Mali et donc cette région du monde.

La France a pu prendre cette responsabilité parce qu’elle était présente en Afrique. Elle n’est pas là pour chercher un intérêt, une influence. Elle est là pour porter secours et donc nous faisons en sorte que cette intervention soit utile. Utile au Mali - elle le sera -, utile à l’Afrique pour qu’elle prenne conscience de ses propres responsabilités, utile à l’Europe pour qu’elle aille plus loin vers ce qui peut la rapprocher en matière de défense. Je souhaite que la France et l’Allemagne reprennent les objectifs qui étaient prévus dans le Traité de l’Elysée, il y 50 ans, pour une politique étrangère commune, pour rapprocher nos doctrines, pour mettre en œuvre des projets communs et notamment en matière d’industrie de défense.

Notre rencontre d’aujourd’hui est l’occasion d’affirmer, au-delà de notre amitié, une ambition.

Nous devons d’abord travailler pour faire sortir l’Europe de la crise. De la crise de la zone euro, je pense que nous y sommes déjà, même s’il faut y travailler encore et être vigilant et attentif. Mais nous avons introduit les mécanismes qui permettent la stabilité. Nous avons dégagé un pacte de croissance, nous avons fait en sorte aussi de venir en soutien à des pays qui nous le demandaient et qui avaient fait un effort pour solliciter notre concours. Il nous reste aussi à adopter un budget pour l’Europe. Je parle devant des parlementaires qui y sont attentifs et le président du Parlement européen qui aura aussi à faire en sorte que ce budget puisse être approuvé.

Quelles sont nos intentions ?

Maîtriser la dépense - comme partout et nous le faisons, sûrement -, mais dégager des moyens pour préparer l’avenir. Etre attentifs à nos politiques communes : je ne parle pas seulement de la politique agricole commune qui est souvent identifiée à la France - à tort car elle est au service de toute l’Europe - mais je pense aussi aux pays dits de la cohésion qui ont besoin d’un budget européen.

Nous avons aussi à donner à l’Europe les moyens de ne plus connaître les crises qu’elle a traversées et notamment sur le plan de ses banques ; d’où le projet d’Union bancaire que nous avons adopté et qui va se traduire dans les prochains mois par des décisions concrètes et des institutions qui vont assurer cette supervision des banques. Là encore, nous devons aller plus loin, faire qu’il y ait des disciplines – des disciplines budgétaires mais des disciplines aussi sur les comportements bancaires.

Nous devons une fois encore, France et Allemagne - à travers l’approfondissement de l’Union économique et monétaire et le projet sur lequel nous sommes d’accord -, faire en sorte que cette Union économique et monétaire débouche aussi sur l’Union politique. Je suis prêt à recevoir toutes les propositions et la France sera à l’écoute de toutes les Nations qui voudront aller plus loin dans l’engagement européen, à la condition que nous portions ensemble des projets d’avenir.

Ces projets ne peuvent plus être ceux qui avaient été définis au début des années 60 ; pas davantage ceux des années 70 ou 80 ; pas même la seule monnaie unique. Nous devons rénover le modèle européen et donc la perspective européenne.

L’économie sociale de marché qui a fondé cette union conserve toute sa pertinence, là où d’autres modèles ont échoué. Mais ce modèle-là doit aussi évoluer face aux pays émergents, à l’exigence environnementale, au réchauffement climatique, à nos évolutions démographiques, au vieillissement de la population, à la nécessité d’intégrer des personnes d’origine étrangère qui sont aujourd’hui citoyennes de nos deux pays. Nous devons lutter encore davantage contre les inégalités de toute sorte. Notre modèle doit donc de nouveau connaître des mutations, des évolutions et nous en avons la responsabilité.

Sur quoi pouvons-nous nous retrouver pour les prochaines années ?

Je ne dis pas les 50 prochaines, je ne sais pas où nous serons dans 50 ans - enfin si, j’ai quelques idées ! Nous avons justement à faire en sorte que sur l’Europe de l’énergie, nous puissions avancer ensemble. Nous n’avons pas la même politique énergétique, mais en même temps nous avons la même exigence par rapport au réchauffement climatique. Donc nous sommes prêts – la France est prête – avec l’Allemagne et tous les pays qui le voudront à définir cette Europe de l’énergie : innovation, recherche, indépendance de nos approvisionnements, préservation de la planète, voilà un premier sujet sur lequel nous pouvons coopérer davantage.

Le deuxième sujet est l’Europe des transports, à la fois sur le plan du ciel européen, de l’espace ferroviaire, des véhicules propres. Tout cela nous pouvons le faire ensemble. Autre domaine : l’Europe du numérique, pour prendre de l’avance, équiper nos territoires, assurer de nouvelles régulations, éviter que les biens culturels soient des marchandises comme les autres, empêcher que les droits d’auteurs ne soient pas reconnus. Europe enfin des générations futures : éducation, recherche, enseignement supérieur, formation professionnelle.

Voilà les domaines que je propose pour les prochaines décennies de l’amitié franco-allemande et de l’Union européenne.

Mesdames et Messieurs,

L’amitié que nous célébrons aujourd’hui est un hommage à l’Histoire, aux hommes et aux femmes qui l’ont réalisée, au peuples qui y ont adhérée, à toutes ces initiatives citoyennes qui ont permis que notre amitié soit renforcée année après année, génération après génération.

Mais notre amitié doit aujourd’hui être un appel : un appel à nos deux pays pour qu’ils se rapprochent encore davantage. Un appel aux citoyens, pour qu’ils prennent en main leur destin. Un appel aussi à la jeunesse, pour qu’elle ait confiance en son avenir.

L’Union de la France et de l’Allemagne, disait Victor HUGO, ce serait la paix du monde. Victor HUGO pouvait être prophétique. Nous avons fait la paix en Europe, mais pas encore la paix dans le monde.

Nous devons donc saluer ce qu’a été cette histoire et le prix Nobel qui a été remis à l’Europe – à l’idée européenne, à la construction européenne et qui a été regardé comme presqu’un anachronisme –, nous devons le savourer, parce qu’il récompense les efforts des générations qui nous ont précédés pour faire que l’Europe soit aujourd’hui un destin commun. Ce prix nous oblige, nous conduit à aller de l’avant, à porter de nouveaux projets, à prendre de nouvelles initiatives.

Cette ambition, donc, c’est celle que je veux offrir avec vous. C’est la confiance que nous devons retrouver : confiance dans notre monnaie, confiance dans notre économie, confiance dans notre modèle social, confiance dans les valeurs que nous portons, confiance dans la jeunesse. Et comment être plus confiants que lorsque nous sommes ici réunis, Français et Allemands, pour parler de notre amitié ?

 

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