Voeux du président aux armées

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Rubrique : Défense

Saint-Cyr Coëtquidan – Jeudi 14 janvier 2016

Monsieur le ministre de la Défense,

Monsieur le secrétaire d’Etat,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires, les Elus,

Monsieur le Chef d’Etat-major de nos armées,

Messieurs les Chefs d’Etat-major,

Messieurs les Officiers généraux,

Mesdames, Messieurs.

Je présente cette année mes vœux ici à Coëtquidan, en Bretagne. Sans doute la présence de Jean-Yves LE DRIAN peut expliquer que cette cérémonie se déroule ici, mais la raison est plus forte encore : je suis ici parce que c’est à Saint-Cyr Coëtquidan que sont formés les futurs chefs militaires de notre pays.

C’est aussi un lieu symbolique puisqu’il incarne l’histoire de notre pays. Je n’oublie pas ce que les saint-cyriens ont donné par le sang à la France. Depuis la création de l’école il y a plus de 200 ans, 10 000 saint-cyriens sont morts au combat ou en service et nous pensons à eux.

Mais, nous sommes aujourd’hui dans une autre époque avec des conflits d’une toute autre configuration. Néanmoins, des militaires français continuent de donner leur vie pour notre patrie. Au cours de l’année dernière, un homme du rang et un sous-officier sont morts pour la France, ils étaient engagés au Mali.

Et puis, je pense aussi à ceux qui sont décédés dans l’exercice de leur mission et notamment aux neuf aviateurs qui ont péri à Albacete, nous ne les oublions pas. J’ai également une pensée particulière pour les blessés qui vivent courageusement cette période trop longue de convalescence et qui pensent intimement qu’ils pourront revenir, et le plus tôt possible, pour servir leur pays.

Nos armées en ce début d’année sont sur de multiples fronts, partout en France. Au moment où je parle, des soldats patrouillent en arme pour protéger nos concitoyens et pour intervenir, le cas échéant, aux côtés des forces de sécurité face à la menace terroriste.

Plus loin, beaucoup plus loin, d’autres soldats veillent à la paix à Bangui, en Centrafrique, et permettent à ce pays qui, il y a trois ans, était déchiré par une guerre civile, d’élire maintenant démocratiquement le futur président. Dans les déserts du Sahel, nos forces spéciales traquent les groupes armés qui avaient envahi le Nord Mali en 2013.

Pendant ce temps-là, à N’djamena d’autres militaires organisent le ravitaillement et la logistique. Dans une autre partie du monde, au Moyen-Orient, nos avions mènent des missions périlleuses, neutralisent des positions terroristes, appuient les forces irakiennes et l’opposition syrienne et cette nuit même, le ministre LE DRIAN l’a confirmé ce matin, il y a eu des frappes, comme il y en a eu d’ailleurs ces jours derniers bombardant un centre de télécommunications de Daech, un centre de propagande, de manière à ce que nous puissions faire reculer ce groupe. Et il recule, en Irak et en Syrie.

Sous les mers, quelque part en Atlantique ou en Méditerranée à bord de nos sous-marins, des hommes prennent le quart tandis qu’en Manche ou au large des départements d’Outremer des patrouilleurs, des frégates assurent la défense maritime du territoire. Et, à tout instant, nos radars surveillent l’espace aérien français et les avions d’interception sont en alerte. Quand dans le même temps depuis Balard, nouveau siège de nos Etats-majors, il y a des hommes et des femmes dans les centres opérationnels qui préparent les actions de demain.

Voilà, j’ai décrit en quelques phrases, en situant quelques lieux, l’importance de la mobilisation de nos armées : elle est forte, elle est intense, elle est même exceptionnelle. Parce que la France doit jouer son rôle, doit prendre sa place dans le monde, elle y est attendue, et parce que la France doit se protéger.

Mesdames et Messieurs les élèves de nos écoles militaires, demain c’est vous qui serez en mission, c’est vous qui prendrez en charge la sécurité des Français, c’est vous qui aurez à obéir à vos chefs mais aussi à commander de manière à agir le plus efficacement possible sur les différents théâtres d’opérations, intérieurs comme extérieurs, selon les défis que nous aurons à relever et les missions que j’aurai à fixer.

Vous devrez le faire avec discernement, avec compétence, avec sang-froid, avec courage, car vous êtes l’armée d’un pays qui incarne la liberté et qui respecte le droit et vous ne devez pas simplement être des combattants, vous devez être des défenseurs d’un idéal, celui de votre patrie.

Vous venez de toute la France, de l’Hexagone comme des Outremers, vous avez des origines, des itinéraires, des parcours différents, certains d’entre vous rêvaient dès le plus jeune âge d’être militaires, d’autres ont découvert cette vocation plus tard. Certains étaient déjà dans une famille de militaires, d’autres n’avaient aucun lien avec l’armée. Mais vous avez tous fait le choix de l’engagement.

Vous avez décidé à un moment de votre vie de défendre votre patrie par les armes. C’est une mission d’autant plus exigeante que nous sommes aujourd’hui confrontés à la gravité et à la dureté du monde. Vous vous apprêtez à devenir officiers, sous-officiers, marins, aviateurs, gendarmes, médecins militaires, commissaires des armées, ingénieurs de l’armement, bref, toutes les fonctions et spécialités qu’exige notre défense nationale si elle veut être fiable et donc respectée.

Votre formation va bien au-delà de la science militaire ou de l’entraînement au combat. Vous devez être aguerris à d’autres disciplines et notamment celles qui sont dispensées dans nos universités et dans nos grandes écoles. Parce que vous devez être ouverts au monde pour mieux le comprendre et, demain, agir dans des circonstances que vous aurez maîtrisées.

J’ai eu l’occasion, à travers cette visite, de rencontrer d’autres étudiants d’autres écoles venant d’HEC ou de l’ESSEC, du campus de Redon ou du lycée de Brocéliande, ce qui m’a convaincu que l’armée, même si la conscription n’existe plus depuis près de 20 ans, a été capable de garder un lien avec la Nation.

Mieux encore, la Nation cherche à être en adhésion avec son armée. Et des formations qui sont dispensées dans les écoles les plus prestigieuses, des écoles civiles, ne suffisent pas. Il faut aller chercher ici, finalement, ce qui n’existe nulle part ailleurs : l’apprentissage du courage, l’expérience de situations difficiles et la capacité de commander. Commander suppose d’abord de se commander soi-même, d’avoir suffisamment de force à l’intérieur pour donner de l’énergie à ceux qui vous suivent et vous accompagnent. Commander, c’est une responsabilité, ce n’est pas décider simplement pour les autres, c’est décider avec les autres et emmener les autres vers les choix que vous aurez à faire.

Alors, il était important que votre école, vos écoles, soient à ce point ouvertes vers l’extérieur et que se mêlent ici des filières d’enseignement, civiles comme militaires. Il existe en effet de multiples façons de servir son pays, la France, mais elles réclament toujours la même exigence. Celle, d’abord, d’être capable d’aller au-delà de soi-même, de dépasser son intérêt particulier, de porter un idéal qui rassemble. Servir la France n’est pas réservé aux seuls militaires ou aux seuls fonctionnaires civils, c’est l’affaire de tous. Tout citoyen peut être utile à son pays où qu’il soit, d’où qu’il vienne, quelles que soient ses origines.

Et c’est la raison pour laquelle j’ai demandé au gouvernement de généraliser le service civique de manière à ce que la jeunesse puisse avoir un cadre qui lui permette de s’accomplir pour être utile à elle-même et aux autres et aussi pour faire l’apprentissage du vivre ensemble. Vivre ensemble c’est un choix de chaque jour, c’est une volonté qui n’efface pas les différences mais les met au service du bien commun. Vivre ensemble, c’est une fierté d’appartenir à une nation comme la France. Il faut aimer la France. Vous l’aimez puisque vous avez décidé de la servir au prix du risque pour votre propre vie.

Regardez les messages qui nous viennent lorsque la France est touchée par les épreuves, comme l’année dernière : des messages de soutien, des messages de solidarité, mais bien davantage : des messages d’estime, de reconnaissance, d’admiration, d’amitié. Parce que la France occupe, aux yeux du monde, une place singulière. Parce que la France est aimée dès lors qu’elle est généreuse et qu’elle porte des valeurs universelles, et qu’elle prend des risques pour la défense de la liberté.

Alors, pour que la France reste la France, elle doit être forte économiquement, juste socialement et respectée militairement. Et elle ne peut y parvenir que par l’engagement de sa jeunesse.

J’ai évoqué les drames, les tragédies, les attentats de l’année dernière. Ils ont suscité un formidable élan citoyen. Nous l’avons vu dans les rues de notre pays, mais nous le voyons aussi à travers ces milliers de candidats qui se proposent chaque jour pour le recrutement de nos armées. C’est un signe de confiance dans le pays et dans l’institution militaire.

J’ai également voulu que certains jeunes puissent faire un service militaire volontaire et l’Armée de Terre – et je la salue – s’est investie dans cette opération en accueillant des jeunes en difficulté, en leur dispensant des formations qui conjuguent le savoir-faire et le savoir-être, et donnent à ces jeunes une nouvelle chance.

Je veux aussi, toujours dans cette même notion d’engagement et de lien entre l’armée et la Nation, évoquer l’importance du rôle des réservistes. La réserve opérationnelle assure des déploiements permanents et renforce l’armée d’active face aux menaces les plus fortes. J’ai donc demandé au ministre de la Défense Jean-Yves LE DRIAN que le nombre de réservistes passe à 40 000, contre 28 000 aujourd’hui.

L’objectif est de déployer 1 000 réservistes en permanence pour la protection de nos concitoyens. L’enjeu, c’est d’améliorer le maillage territorial de la réserve pour qu’elle soit au plus près des populations et puisse devenir à terme une véritable garde nationale. Et je sais que le Parlement travaille aussi sur ce sujet.

Nous devons mobiliser, non seulement les anciens militaires, mais tous ceux qui ont justement ce lien avec l’armée et cette volonté de servir le pays.

Après les attentats de janvier 2015, les armées ont été capables de déployer les effectifs en trois jours. Je tiens à féliciter ici le chef d’Etat-major des Armées, le Général Pierre de VILLIERS d’avoir su, en si peu de temps, reconfigurer l’ordre de bataille et permettre à nos concitoyens d’avoir le plus haut niveau de protection.

Depuis plus d’un an, 10 000 militaires sont déployés aux côtés de nos forces de sécurité dans le cadre de l’opération Sentinelle. Je sais que certains d’entre vous ont pu, un moment, être déroutés par cette nouvelle mission. Mais vous avez parfaitement compris la gravité de la menace et ce que pouvait causer le terrorisme, mais aussi les risques encourus dans l’exercice de cette mission – encore récemment l’attaque contre une patrouille de militaires à Valence qui protégeait un lieu de culte, en l’occurrence une mosquée, nous l’a confirmé.

Donc, vous vous êtes préparés avec dévouement et compétence à l’exercice de cette responsabilité. L’Armée de Terre est fortement sollicitée, c’est vrai, par cette opération, mais elle n’est pas la seule. Et je veux saluer aussi les acteurs de la sauvegarde maritime, de la sureté aérienne, du renseignement, de la cyberdéfense et je n’oublie pas le rôle de la dissuasion avec ses deux composantes. C’est ainsi près de 13 000 hommes et femmes qui sont engagés sur le territoire national pour nous protéger à chaque instant et pour faire face aux menaces.

Le rythme qui est imposé à nos forces est très dense. Je sais que la moitié de nos militaires, en l’occurrence 100 000, auront passé en 2015 plus de 200 jours en opérations intérieures ou extérieures. C'est-à-dire plus de six mois hors du domicile. Peu de métiers sont aussi exigeants.

J’ai donc demandé au ministre de la Défense d’étudier rapidement les compensations à apporter pour mieux reconnaitre les fortes obligations qui pèsent sur vous. Je veillerai personnellement à ce que la condition militaire soit améliorée car elle est un élément fondamental de l’efficacité opérationnelle. Les familles notamment doivent être aidées et les militaires qui sont déployés doivent bénéficier de leurs permissions annuelles. C’est leur droit et c’est notre devoir. Le protocole sur les rémunérations et les carrières des fonctionnaires sera applicable aux militaires dans les mêmes termes et dans les mêmes échéances que pour les fonctionnaires civils. Là aussi, c’est un devoir moral et j’y veillerai.

En 2016, je ne vais pas vous dissimuler la vérité, nous sommes encore face à une menace très grave. Nous devons déjouer des attentats, lutter contre le terrorisme, ici et sur des théâtres extérieurs. Nous devons assumer nos missions partout dans le monde. Alors, les armées seront fortement sollicitées.

Au Moyen-Orient avec le groupe aéronaval, 3 800 miliaires participent à l’opération Chammal. C’est un effort qui va durer et qui est considérable, mais il est nécessaire si la France veut lutter contre le groupe terroriste Daech, celui-là même qui a commis les attentats à Paris et à Saint-Denis. C’est un rôle nécessaire si la France veut jouer sa partie, et elle doit le faire pour une transition politique en Syrie. Notre diplomatie est aussi conditionnée par notre capacité de défense.

Au Sahel, nous n’en avons pas terminé. La force Barkhane connait de beaux succès, mais en même temps elle doit continuer à neutraliser les groupes armés, ceux-là même qui occupaient le Nord Mali avant que je ne décide d’intervenir.

Grâce à l’effort de solidarité des Européens, nous pourrons nous désengager d’un certain nombre de tâches dans cette partie de l’Afrique. Mais nous aurons aussi à continuer d’autres opérations.

En République Centrafricaine, je l’ai évoqué, la force Sangaris - elle doit en être fière - a contribué à apporter la stabilité après avoir empêché les massacres. Des élections ont lieu et nous pourrons donc nous désengager maintenant rapidement.

La France est également, et elle l’oublie, engagée dans d’autres théâtres. Au Liban, dans le cadre de la FINUL ; en Méditerranée pour sauver des vies et lutter contre les odieux trafics, ceux des passeurs ; dans le Golfe de Guinée nous agissons contre la piraterie maritime comme en Océan indien ; et puis nos forces spéciales sont là où nous les envoyons, et je veux leur dire mon admiration pour ce qu’elles font.

Alors pour répondre à toutes ces sollicitations, celles que je vous demande d’accomplir pour la sécurité de nos concitoyens, mais aussi pour l’affirmation de la France, j’ai été conduit à procéder à des choix.

D’abord, réviser la Loi de programmation militaire : mettre les ressources de la Nation au niveau correspondant à l’ampleur, à la diversité des missions, celles que je vous confie.

J’ai également décidé d’arrêter toute déflation d’effectifs ; mieux même, en 2016, cette année, il y aura la création nette de 2 300 postes dans nos armées, permettant la montée en puissance de la force opérationnelle terrestre. Il y avait des années qu’il n’y avait pas eu de création de postes dans nos armées. Il y avait au contraire une diminution constante des effectifs.

Le budget de la Défense, malgré toutes les contraintes que vous connaissez, en 2016, progressera par rapport à la trajectoire initiale qui avait été fixée par la Loi de programmation militaire : 700 millions d’euros de crédits supplémentaires. Et le budget de la Défense sera au-dessus de 32 milliards d’euros.

C’est beaucoup – pour beaucoup ce ne même pas suffisant –, c’est nécessaire. Et j’ai donc fait ce choix.

Cet effort se traduira aussi en matière d’équipement. Ainsi en 2016 seront livrés 11 hélicoptères Tigre et NH90, 9 Rafale, 3 A400-M, une frégate multi-missions et d’autres encore.

Ces matériels sont fabriqués pour l’essentiel en France. Ce sont aussi des produits d’exportation. Le ministre de la Défense, chaque fois qu’il se déplace, vante la qualité de nos armées. Il a raison parce que sans nos armées, les matériels que nous pouvons proposer par nos industriels à des pays amis ne pourraient pas être à ce point promus. Et si nous avons des succès commerciaux, je pense au Rafale mais pas seulement, c’est grâce à vous, et je veux vous en remercier car vous savez utiliser ces matériels, montrer leur efficacité et ainsi vous contribuez à la création d’emplois et à la promotion de la technologie française.

Je veux également saluer les industriels et les ingénieurs de l’armement qui participent à cette réussite, car c’est l’action de tous qui permet d’avoir ces résultats.

Je veux conclure en évoquant les grandes commémorations de l’année 2016. 2016 sera le centenaire de Verdun. Pour beaucoup de familles, Verdun reste encore dans les mémoires avec la transmission génération après génération de ce qu’avait été cet enfer. Il y aura aussi la commémoration de la bataille de la Somme. Donc la Première Guerre mondiale. La plupart des jeunes hommes qui ont fait cette guerre n’avaient pas eu le choix. Ils avaient été mobilisés et ils ont rencontré l’inimaginable, l’horreur.

A Verdun, 300 000 soldats français et allemands sont morts entre février et décembre 1916. Ces hommes avaient le sens du sacrifice pour leur pays. Mais, si nous devons rappeler leur mémoire, nous devons également nous souvenir du message qu’ils nous ont laissé. Ce message est celui de la paix que nous devons défendre partout. C’est celui de la concorde nationale, qui est indispensable si nous voulons rester ce que nous sommes. Et c’est celui de la solidarité européenne, au moment même où elle est fragilisée avec le retour des nationalismes, la peur d’autres, et également la question terrible des réfugiés.

Alors nous devons être à la hauteur de ce que nous ont laissé ceux qui ne sont plus là. Nous devons être à la hauteur de ce qu’était leur espérance quand ils étaient dans les tranchées et qu’ils ne savaient pas de quoi demain serait fait. Nul doute qu’ils pensaient à leurs enfants, s’ils en avaient, et à leurs petits enfants s’ils pouvaient un jour les revoir ou les voir tout simplement. Donc, nous devons penser à ce qu’ils avaient à l’esprit : un monde différent. C’est celui que nous sommes aujourd’hui dans le devoir de le construire.

Le 29 mai prochain je présiderai avec la Chancelière MERKEL une cérémonie franco-allemande. Il y aura 4 000 jeunes français et allemands à Douaumont et ils évoqueront leurs espoirs. Car l’histoire doit toujours être convoquée pour préparer l’avenir et non pour chercher dans le passé un impossible refuge. Et c’est vers l’avenir que je vous demande de regarder, vous les militaires qui servez depuis des années votre pays, vous les jeunes en formation.

Je n’étais pas revenu à Coëtquidan depuis quarante ans. Il y a quarante ans, jeune élève de l’ENA, j’étais en stage, on peut dire, ici à Coëtquidan car j’étais élève officier de réserve. J’avais passé un mois dans cette école, premier contact avec l’institution militaire. Le service durait 12 mois donc après un mois à Coëtquidan où je n’ai pas pu visiter toutes les installations, ni aller dans toutes les forêts – je m’y serais perdu et c’eut été dommage – donc après un mois de classe j’ai quitté Coëtquidan pour Angers et puis ensuite pour Rouen, finissant ainsi ce qu’on appelait le service militaire, puisque j’étais appelé.

J’ai appris dans ce mois très court à Coëtquidan, mais aussi durant toute cette année de service militaire, des raisonnements, une connaissance aussi des autres, de ce que le service pouvait offrir, justement : ce brassage. Et puis également une découverte : l’institution militaire. Et ce passage, cette expérience, j’allais dire ce séjour, pendant un an dans nos armées, m’a poursuivi tout au long de ma vie. Et finalement m’a permis, peut-être, d’accéder à la fonction que j’occupe aujourd’hui.

Donc, je veux ici remercier Coëtquidan, l’armée, de m’avoir donné ces rudiments de comportement et cette connaissance de l’institution militaire dont j’ai aujourd’hui, comme Chef des armées, la charge.

Et je le dis aux jeunes, ceux qui sont ici, ceux qui viennent là encore en stage, comme moi il y a quarante ans. C’est une chance de vous avoir dans nos écoles, c’est une chance aussi pour vous d’apprendre, de comprendre, et de servir votre pays.

Je veux ici vous dire toute ma reconnaissance pour le choix que vous avez fait, l’engagement, et vous dire que la France a confiance en vous, parce que vous avez confiance en elle. C’est vous maintenant, jeunes, élèves, qui allez prendre la relève et qui, à votre tour, allez assurer la défense du pays et même la responsabilité de son avenir.

Alors je félicite vos formateurs, tous vos cadres, tous ceux qui vous accompagnent. Je dis aux officiers, aux sous-officiers, soldats, marins, aviateurs et gendarmes ma reconnaissance, au nom de la Nation toute entière, mes vœux de réussite pour l’année 2016. Car ce que vous réussirez nous le réussirons.

Vive la République et vive la France !

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