2017 12 17 19.22.29

Transcription de la conférence de presse du Président de la République avec la Chancelière Allemande au Conseil européen.

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Rubrique : Europe

SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Madame la Chancelière, chère Angela et merci pour vos mots au début de cette conférence de presse auxquels je suis extrêmement sensible et je veux en effet avant tout ici dire la tristesse, la profonde émotion de la Nation française après le terrible accident survenu hier soir dans les Pyrénées orientales. Je veux ici dire aux familles de toutes les victimes la solidarité, les condoléances de la Nation et leur dire que l’Etat et les services de l’Etat font tout pour être à leurs côtés. Je veux ici aussi remercier non seulement le gouvernement qui s’est mobilisé dès après l’accident terrible mais l’ensemble des services de l’Etat qui pour soigner, pour tout de suite réagir, pour encadrer les enfants et je pense aussi aux personnels enseignants ce matin ont été présents et au rendez-vous. En tout cas merci pour vos mots !

Nous venons d’achever un Conseil européen important, la Chancelière vient ici d’en retracer les grandes lignes et, en effet, ce sommet n’était pas uniquement consacré au Brexit. Nous avons passé une phase et je partage totalement ce qui a été expliqué sur les décisions prises sur le Brexit et sur tous les enjeux. Nous avons su sur ce sujet maintenir l’unité des 27, l’intégrité du marché unique et le respect de nos règles communes, et nous veillerons dans la deuxième phase à maintenir ces mêmes principes. Et je veux ici aussi m’associer aux remerciements de la Chancelière à l’égard de Michel BARNIER et de la bonne négociation de première phase.

Mais je ne voudrais pas que l’on résume ce sommet, ce dernier sommet de l’année à ce simple enjeu. En six mois, en tant que président de la République, c’est le 5ème sommet européen auquel je participe et c’est en soi un indice. Cela montre l’activité qui est la nôtre au niveau européen et l’intensité de ces réunions alors même qu’il n’y a pas de crise à régler, mais bien parce que nous voulons préparer l’avenir et c’est ce qui d’ailleurs préside à l’amitié et la coordination entre la France et l’Allemagne et je veux vraiment remercier la Chancelière pour la qualité du travail et des relations que nous avons sur tous ces sujets. Comme cela a été dit, nous ne suffisons pas ensemble à régler tous les problèmes mais quand nous ne savons pas les régler ensemble, il n’y a aucune chance qu’ils soient réglés par ailleurs. Et donc l’amitié se marie en la matière au pragmatisme et précisément, cette intensité de réunion, c’est la preuve que rien n’est jamais gagné, rien n’est jamais acquis mais que le climat de résignation se dissipe et qu’il y a bien un volontarisme commun que nous voulons ensemble promouvoir.

Ce volontarisme, il s’illustre parfaitement sur les sujets de défense qu’a rappelés la Chancelière. Nous avons hier mis en place cette feuille de route ambitieuse à 25 Etats membres, la coopération structurée permanente, 17 projets concerts sont déjà lancés. Le Conseil s’est aussi entendu cette semaine, conformément à notre demande à tous deux, sur la première étape du fonds européen de défense qui permettra de financer dès 2019 des projets. Et donc ce qui paraissait impossible à beaucoup il y a un an, parce que la Commission a fait une proposition, parce que nous l’avons ensemble soutenue et nous avons largement réuni devient aujourd’hui une réalité.

J’ai pour ma part proposé que nous puissions continuer à avancer sur le plan stratégique et nous continuerons donc à avancer ensemble pour avoir une culture stratégique commune et aller encore plus loin. Nous avons aussi réalisé hier un progrès décisif en matière d’éducation avec des engagements clairs et concrets, le renforcement d’Erasmus, qui sera une priorité du prochain budget européen, le développement d’universités européennes, une vingtaine d’ici 2024, et le lancement d’un processus de reconnaissance mutuelle des diplômes de l’enseignement secondaire. Là-dessus, nous retrouvons beaucoup des propositions que nous avons également faites ensemble, c’est que j’avais préparé en concertation étroite avec la Chancelière en vue du discours de La Sorbonne, et les propositions que la Chancelière a pu faire sur ces sujets ont aussi été retenues et je m’en félicite. Ce que nous avons aussi décidé sur le plan de la culture, l'action commune à laquelle nous tenons pour défendre les droits d'auteur, est extrêmement important, compte tenu de la transformation en particulier liée au numérique.

Nous avons également rappelé nos engagements en matière sociale, à la suite du sommet de Göteborg avec deux clauses de revoyure, l'une en mars 2018 et l'autre en juin 2018 : c'est la première fois que le Conseil décide avec autant de régularité d'aborder les sujets de convergence sociale en son sein, ce qui me paraît extrêmement important. Le leadership européen dans la lutte contre le changement climatique après la COP 23 à Bonn et le One Planet Summit à Paris mardi dernier a été aussi réaffirmé, ce qui était important.

La Chancelière vient de rappeler le débat sur l'immigration, je n’ai absolument rien à retirer à ce qui a été dit. Nous nous activons beaucoup sur les sujets internationaux ensemble et je crois que nous sommes l'un et l’autre satisfaits des avancées qu'il faut consolider ; par contre, il faut de la solidarité sur le plan interne, c'est indispensable et on ne peut pas limiter la solidarité sur le plan des interventions internationales et nous sommes l'un et l'autre d'accord et nous avons une perspective, celle de juin 2018, pour des conclusions du Conseil européen. Nous travaillerons donc ensemble pour avoir un véritable accord sur le plan externe et interne ; en particulier il y a 7 textes en discussion qui doivent trouver leur aboutissement dans cette perspective.

Sur la zone euro, la discussion a permis aujourd'hui de voir l'étendue du sujet, à la fois de court et de moyen terme ; je crois que ce qui est important c'est que dans le contexte actuel, nous ayons défini des étapes de rendez-vous.

Il y aura d'abord un travail des ministres de l'Economie des Finances sur les sujets techniques de très court terme dans le cadre de ce qui a été arrêté mais nous nous retrouverons dans les prochains mois en format zone euro pour avoir un sommet en bonne et due forme qui permettra d'avoir une première discussion vraiment stratégique et politique sur ce que nous voulons faire à cinq ans, dix ans de la zone euro. Nous n'avons pas eu depuis bien longtemps une telle discussion, elle est indispensable et nous nous sommes donné la perspective du mois de juin pour finaliser une feuille de route commune de court, moyen, long termes avec la volonté que nous avons l'un et l'autre de converger dès le mois de mars conformément à la méthode que nous avons exposée et que nous avons adoptée.

Vous le voyez donc, les sujets ne manquent pas et je crois que ce Conseil a vraiment été l'occasion d'avancer sur beaucoup de points.

Nous avons eu aussi un échange nourri sur le sujet russe et ukrainien et nous avons pu adopter hier une formule très claire sur la situation de Jérusalem ; nous pourrons y revenir si vous le souhaitez dans les questions.

Je veux vraiment ici défendre en tout cas la méthode qui est la nôtre et le fait qu'elle permet d'avoir des avancées. Nous débattons sans tabous des sujets de manière prospective et sans conclusions ; nous construisons ensuite une vraie convergence de vues entre nous, avec la volonté de rassembler plus largement, et nous arrivons à des résultats concrets.

Le 15 mai dernier à Berlin, je faisais une première visite à la Chancelière et nous avons tenu notre première conférence de presse commune, c'était il n’y a pas si longtemps. Nous avions évoqué ensemble les quatre thèmes de l'Europe qui protège : la Défense où nous avions une volonté commune, les résultats sont là et ils sont très concrets ; l'immigration, nous avons relancé le débat, obtenu des premiers succès en particulier au Sahel, en Libye, et nous sommes déterminés ensemble à agir pour avoir des succès sur le plan intérieur ; le travail détaché et depuis le dernier Conseil européen un accord que certains disaient impossible a été trouvé et devrait être finalisé avec le Parlement européen dans les toutes prochaines semaines, il change profondément la donne ; la réforme de la politique commerciale où nous avons mis en place un dispositif de contrôle des investissements stratégiques proposé par la Commission. Nous y travaillons ensemble et il devra être finalisé pour 2018 et nous avons aussi abouti à un renforcement significatif des instruments européens contre le dumping, réforme adoptée il y a quelques jours et qui permet de combiner notre attachement à la compétitivité, à l'ouverture de nos économies et la protection juste de nos intérêts.

Plusieurs sujets très concrets progressent aussi : la force européenne de protection civile que la Commission a proposée il y a quelques jours ; le projet d'Agence européenne de l'innovation, une DARPA européenne que nous poussons l'un et l'autre, ou l'Académie européenne du Renseignement et ce sont des projets qui verront le jour, j'en suis persuadé, durant le premier semestre 2018.

Donc pour toutes ces raisons, je suis convaincu que nous pouvons aborder l'année qui vient, avec la même détermination et le même volontarisme. Et nous aurons le même engagement sur les sujets environnementaux, sur lesquels nous voulons agir de concert.

Tout cela forme un agenda concret, ambitieux qui avance et j'ai pu hier soir rappeler aussi, je terminerai sur ce point, la méthode que je propose pour les consultations citoyennes : un cahier des charges a été partagé avec l'ensemble des États membres et Donald TUSK rassemblera les commentaires des uns et des autres pour pouvoir finaliser une méthode dans le premier trimestre de l'année prochaine et pouvoir avancer de concert sur cette démarche nouvelle et nécessaire avant l'été.

Pour conclure, permettez-moi d'avoir un mot de remerciement pour Donald TUSK, pour Jean-Claude JUNCKER et pour le Premier ministre estonien, Jüri RATAS, qui a conduit avec beaucoup de talent et d'engagement sa présidence. Je souhaite le même succès au Premier ministre bulgare Boïko BORISSOV, qui assurera la relève à partir du 1er janvier prochain. Merci beaucoup !

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