Avril 2014

Toast prononcé par M. le Président de la République lors du dîner officiel offert par le président de la République de Pologne

Monsieur le Président,
Madame la Maréchale de la Diète,
Monsieur le Maréchal du Sénat,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs,

Monsieur le Président, je voulais d’abord vous exprimer toute ma gratitude pour l’accueil que vous m’avez réservé tout au long de la journée. Sachez bien que c’est un honneur pour le président de la République française de venir ici en Pologne.

Nous partageons, en effet, tant d’histoire commune, tant de valeurs qui nous unissent, tant de références qui nous mobilisent encore aujourd’hui, la liberté – d’abord la liberté, toujours la liberté – mais aussi la solidarité.

La solidarité, je prends le mot à dessein ce soir, ici, parce que c’est le mot qui a réveillé l’Europe, le mot qui l’a libérée, c’est le mot qui l’a réunie. Et ce mot-là est polonais.

Je sais ce que l’Europe vous doit : son honneur, sa dignité, son unité. Elle doit ce mouvement à des hommes et à des femmes exceptionnels.

Lech WALESA restera une référence pour le monde. Mais il y a un homme – que je veux saluer ici ce soir – qui a fait de la Pologne ce qu’elle est aujourd’hui, c’est Tadeusz MAZOWIECKI. J’ai également une pensée pour un homme de grande culture qui parlait le français mieux que moi et qui s’appelait Bronislaw GEREMEK. Mais il y a tant de grandes personnalités qui nous unissent. NAPOLEON que vous citez souvent et qui, ici, représente un symbole de libération, même si ce n’est pas le cas dans tous les pays du monde. Vous avez évoqué aussi la grande figure du maréchal PONIATOWSKI. Une statue le représente devant votre palais.

Vous avez souligné la grande figure de Marie CURIE. Je vous remercie d’avoir rappelé que le jour où je me suis installé dans ma nouvelle responsabilité de président de la République, je suis allé dans le laboratoire où elle avait travaillé. J’ai eu beaucoup de plaisir de retrouver ici, à Varsovie, la représentation presque fidèle du même laboratoire avec beaucoup d’enfants qui reprenaient les expériences de Marie CURIE.

La France et la Pologne sont des pays de culture et nous avons en partage, là encore, des hommes et des femmes qui ont créé : des musiciens – vous avez parlé de CHOPIN – mais également des peintres, des cinéastes de très grande réputation… Nous avons des liens qui vont au-delà de notre histoire et qui se reproduisent génération après génération.

Ce que nous avons aussi à bâtir, c’est une économie commune, ce sont des échanges, ce sont des investissements, ce sont des activités qui peuvent être utiles aux Polonais comme aux Français. C’est pourquoi je remercie les plus grands chefs d’entreprise française d’être venus à Varsovie pour ce déplacement. Ils ont compris qu’il ne s’agissait pas ici simplement de présenter des produits, d’aller chercher des contrats, mais de montrer que nous pouvions ensemble développer nos économies de la meilleure des manières.

Car ce qui est attendu de l’Europe aujourd’hui, dans la situation où elle se trouve, dans le doute qu’elle suscite parfois, c’est de créer des emplois et de soutenir la croissance. Seules les entreprises ont la réponse. Nous, les Etats, nous devons créer le meilleur environnement, soutenir leurs investissements, permettre leur bonne localisation, accompagner la formation de leur personnel, favoriser les échanges. Mais ce sont les entreprises qui peuvent demain créer les emplois dont nous avons besoin.

Mais nos responsabilités, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, ne s’arrêtent pas là. Nous avons voulu aujourd’hui relancer la relation entre la France et la Pologne, la placer au niveau le plus élevé, montrer que l’Histoire nous obligeait à préparer l’avenir.

Notre responsabilité est de faire avancer l’Europe, de construire le budget dont elle a besoin pour sept ans. Grâce à cette journée faite de rencontres aussi bien avec le gouvernement qu’avec le Parlement, nous avons pu nous retrouver sur les mêmes positions :  une conception élevée de l’action européenne, maîtrisée quant à sa dépense et organisée autour de ces deux piliers que sont les fonds structurels – et donc les politiques de cohésion – et la politique agricole commune. C’est sur cette base là que nous irons ensemble au Conseil européen la semaine prochaine.

De la même manière, nous avons vocation à renforcer l’union économique et monétaire dans laquelle la Pologne doit prendre toute sa part. Même si elle n’est pas encore dans la zone euro, elle a vocation à la rejoindre. Dès lors, elle doit être associée à toutes les grandes décisions qui organiseront son architecture, son fonctionnement et donc son avenir.

Enfin, cette visite a permis de relancer le triangle de Weimar. L’idée avait été portée en 1991. Les ministres des affaires étrangères avaient alors donné une première traduction à ce triangle de Weimar. Ensuite, l’idée a gardé sa force, mais n’a pu avoir sa traduction concrète. Notre responsabilité, avec nos amis allemands, sera de donner à ce triangle de Weimar tout son contenu et donc tout son avenir.

Voilà ce qui nous attend. Et je vous attends personnellement, le 8 mai prochain à Paris, pour cette rencontre du triangle de Weimar et cette manifestation que nous pourrions faire, ensemble, pour célébrer le jour de la Victoire de 1945.

Alors d’ici le 8 mai, je vous souhaite une très bonne santé et je lève mon verre à l’amitié et à l’avenir de la relation franco-polonaise.

Merci.


 

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